שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת, מַנִּיחַ יָדוֹ עַל כֶּתֶף חֲבֵירוֹ, וְיַד חֲבֵירוֹ עַל כְּתֵיפוֹ, וְתוֹלֶה וּמַפְשִׁיט. קְרָעוֹ, וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרָיו. נְתָנוֹ בְּמָגֵיס, וְהִקְטִירָן עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ.
cela s’est produit pendant le Chabbat, lorsqu’il est interdit de déplacer les perches (Rambam), il posait sa main sur l’épaule d’un autre et la main de l’autre sur sa propre épaule, suspendait l’offrande et la dépouillait. Il déchirait la chair de l’offrande et en retirait ses parties sacrificielles, c’est-à-dire les graisses et les autres parties offertes sur l’autel. Il plaçait les parties sacrificielles dans un grand bassin [mageis] et les brûlait sur l’autel.
יָצְתָה כַּת הָרִאשׁוֹנָה וְיָשְׁבָה לָהּ בְּהַר הַבַּיִת. שְׁנִיָּה בַּחֵיל, וְהַשְּׁלִישִׁית בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת. חָשֵׁיכָה — יָצְאוּ וְצָלוּ אֶת פִּסְחֵיהֶן.
Si cela avait lieu pendant le Shabbat, lorsqu’il est interdit de porter, le premier groupe sortirait et resterait sur le mont du Temple ; le deuxième groupe resterait à l’intérieur de la balustrade, qui était une zone située à l’extérieur de la cour des femmes ; et le troisième groupe se tiendrait à sa place dans le Temple. Ils y attendraient jusqu’à la tombée de la nuit et, dès qu’il ferait sombre, ils tous sortiraient et feraient rôtir leurs agneaux pascals, chacun à sa propre place.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵין הַפֶּסַח נִשְׁחָט אֶלָּא בְּשָׁלֹשׁ כִּתּוֹת שֶׁל שְׁלֹשִׁים שְׁלֹשִׁים בְּנֵי אָדָם. מַאי טַעְמָא? ״קָהָל״ וְ״עֵדָה״ וְ״יִשְׂרָאֵל״. מְסַפְּקָא לַן אִי בְּבַת אַחַת אִי בְּזֶה אַחַר זֶה,
GUEMARA :Rabbi Yitzḥak a dit : L’agneau pascal n’est abattu que dans trois groupes d’au moins trente personnes chacun. Quelle est la raison de cette règle ? Le verset dit : Assemblée, congrégation et Israël, et chacun de ces termes renvoie à un groupe d’au moins dix personnes. Nous ne savons pas avec certitude si cela signifie qu’il faut trois groupes de dix personnes en même temps ou l’un après l’autre.
הִלְכָּךְ בָּעֵינַן שָׁלֹשׁ כִּתּוֹת שֶׁל שְׁלֹשִׁים שְׁלֹשִׁים בְּנֵי אָדָם. דְּאִי בְּבַת אַחַת — הָא אִיכָּא, וְאִי בָּזֶה אַחַר זֶה — הָא אִיכָּא, הִלְכָּךְ בְּחַמְשִׁין נָמֵי סַגִּיא, דְּעָיְילִי תְּלָתִין וְעָבְדִי, עָיְילִי עַשְׂרָה וְנָפְקִי עַשְׂרָה, עָיְילִי עַשְׂרָה וְנָפְקִי עַשְׂרָה.
Par conséquent, afin de satisfaire les deux interprétations possibles, nous avons besoin de trois groupes de trente personnes chacun. Car, si vous dites que nous avons besoin des trente en même temps, nous avons cela, et si nous avons besoin d’eux l’un après l’autre, nous avons cela aussi. Par conséquent, dans des circonstances pressantes, lorsqu’il n’y a pas assez de personnes présentes, même cinquante personnes suffisent. Comment cela ? Trente entrent et accomplissent le rite nécessaire, dix autres entrent et dix du groupe initial sortent de sorte que les personnes présentes soient considérées comme un nouveau groupe, puis dix autres entrent et dix autres encore sortent de sorte que les personnes présentes constituent désormais un troisième groupe. De cette manière, l’agneau pascal est abattu en trois groupes de trente personnes chacun, bien que le nombre total de personnes impliquées ne soit que de cinquante.
נִכְנְסָה כַּת רִאשׁוֹנָה וְכוּ׳. אִיתְּמַר, אַבָּיֵי אָמַר: נִנְעֲלוּ תְּנַן. רָבָא אָמַר: נוֹעֲלִין תְּנַן.
La michna enseigne que le premier groupe entra, après quoi ils fermèrent les portes de la cour du Temple. Il a été déclaré que les amora’im étaient en désaccord sur la formulation précise de la michna. Abaye a dit : Nous avons appris dans la michna que les portes de la cour du Temple se fermèrent d’elles-mêmes miraculeusement. Rava a dit : Nous avons appris dans la michna que les gens fermaient les portes de la cour du Temple au moment approprié.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ לְמִסְמַךְ אַנִּיסָּא. אַבָּיֵי אָמַר: נִנְעֲלוּ תְּנַן, כַּמָּה דַּעֲיַילוּ מְעַלּוּ, וְסָמְכִינַן אַנִּיסָּא. רָבָא אָמַר: נוֹעֲלִין תְּנַן, וְלָא סָמְכִינַן אַנִּיסָּא.
Quelle est la différence pratique entre eux ? La différence pratique entre eux est de savoir si nous nous fions à un miracle. Abaye a dit : Nous avons appris dans la michna que les portes se fermaient d’elles-mêmes ; autant de personnes qu’il en entrait, entraient, et nous nous fions à un miracle pour fermer les portes afin qu’un nombre excessif de personnes n’entre pas et ne crée ainsi un danger (Rabbeinu Ḥananel). Rava a dit : Nous avons appris dans la michna que les gens fermaient les portes, et nous ne nous fions pas à un miracle pour garantir que la cour ne devienne pas trop encombrée.
וְהָא דִּתְנַן, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: חַס וְשָׁלוֹם שֶׁעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל נִתְנַדָּה, שֶׁאֵין עֲזָרָה נִנְעֶלֶת עַל כׇּל אָדָם בְּיִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל. אַבָּיֵי מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרָבָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. אַבָּיֵי מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: אֵין בָּעֲזָרָה בְּשָׁעָה שֶׁנִּנְעֲלָה עַל כׇּל אָדָם בְּיִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל: רָבָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: אֵין בָּעֲזָרָה בְּשָׁעָה שֶׁנּוֹעֲלִין אוֹתָהּ עַל כׇּל יִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל.
Et ce que nous avons appris ailleurs dans une michna au sujet du bannissement imposé à Akavya ben Mahalalel pour avoir parlé durement de Shemaya et Avtalyon, à savoir que Rabbi Yehouda a dit : À Dieu ne plaise qu’Akavya ben Mahalalel ait été banni ; ce devait être quelqu’un d’autre, car même lorsque tout le peuple juif venait à Jérusalem pour la fête, la cour du Temple ne se fermait sur aucun homme d’Israël aussi rempli de sagesse et de crainte du péché qu’Akavya ben Mahalalel ; Abaye peut expliquer cette déclaration selon son opinion, et Rava peut aussi l’expliquer selon son opinion. Abaye peut l’expliquer selon son opinion ainsi : Il n’y avait aucun homme d’Israël dans la cour du Temple lorsqu’elle se ferma d’elle-même qui fût aussi rempli de sagesse et de crainte du péché qu’Akavya ben Mahalalel. Rava aussi peut l’expliquer selon son opinion ainsi : Il n’y avait aucun homme d’Israël dans la cour du Temple lorsqu’ils la fermèrent qui fût aussi rempli de sagesse et de crainte du péché qu’Akavya ben Mahalalel.
תָּנוּ רַבָּנַן: מֵעוֹלָם לָא נִתְמַעֵךְ אָדָם בָּעֲזָרָה, חוּץ מִפֶּסַח אֶחָד שֶׁהָיָה בִּימֵי הִלֵּל, שֶׁנִּתְמַעֵךְ בּוֹ זָקֵן אֶחָד, וְהָיוּ קוֹרְאִין אוֹתוֹ ״פֶּסַח מְעוּכִין״.
Les Sages ont enseigné : jamais personne ne fut écrasé par les grandes foules de gens dans la cour du Temple, sauf lors d’une Pâque à l’époque de Hillel, où un vieil homme fut écrasé, et ils appelèrent cette Pâque la Pâque de l’écrasé.
תָּנוּ רַבָּנַן: פַּעַם אַחַת בִּיקֵּשׁ אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ לִיתֵּן עֵינָיו בְּאוּכְלוּסֵי יִשְׂרָאֵל. אֲמַר לֵיהּ לְכֹהֵן גָּדוֹל: תֵּן עֵינֶיךָ בַּפְּסָחִים. נָטַל כּוּלְיָא מִכׇּל אֶחָד, וְנִמְצְאוּ שָׁם שִׁשִּׁים רִיבּוֹא זוּגֵי כְלָיוֹת כִּפְלַיִם כְּיוֹצְאֵי מִצְרַיִם. חוּץ מִטָּמֵא וְשֶׁהָיָה בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה. וְאֵין לָךְ כׇּל פֶּסַח וּפֶסַח שֶׁלֹּא נִמְנוּ עָלָיו יוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם. וְהָיוּ קוֹרְאִין אוֹתוֹ ״פֶּסַח מְעוּבִּין״.
Les Sages ont enseigné : Une fois, le roi Agrippa voulut poser ses yeux sur les multitudes [ukhlosin] d’Israël afin de savoir combien elles étaient. Il dit au Grand Prêtre : Pose tes yeux sur les agneaux pascals ; compte combien d’animaux sont apportés afin d’estimer le nombre de personnes. Le Grand Prêtre prit un rein de chacun, car les reins sont brûlés sur l’autel, et l’on y trouva six cent mille paires de reins, le double du nombre de ceux qui sont sortis d’Égypte. Cela ne reflétait pas le total du peuple juif, car cela excluait ceux qui étaient rituellement impurs ou à grande distance, qui ne vinrent pas offrir le sacrifice. En outre, il s’agissait d’un décompte des agneaux pascals et non des personnes, et il n’y avait pas un seul agneau pascal qui n’eût plus de dix personnes inscrites pour lui. Ils appelèrent cette Pâque la Pâque des foules serrées, en raison du grand nombre de personnes.
נָטַל כּוּלְיָא? הָא בָּעֵי אַקְטוּרַהּ! דַּהֲדַר מַקְטֵיר לְהוּ. וְהָכְתִיב: ״וְהִקְטִירוֹ״, שֶׁלֹּא יְעָרֵב חֲלָבָיו שֶׁל זֶה בָּזֶה!
La Guemara remet en question l’un des détails de cette histoire : comment le Grand Prêtre pouvait-il prendre un rein ? Ne devait-il pas le brûler sur l’autel ? La Guemara répond : Il a d’abord pris les reins pour le compte, puis les a ensuite brûlés. La Guemara demande : N’est-il pas écrit : « Et le prêtre le fera brûler sur l’autel ; c’est la nourriture de l’offrande consumée par le feu pour le Seigneur » (Lévitique 3:11) ? Le singulier « le » indique apparemment qu’il ne doit pas mélanger les graisses de ce sacrifice avec celles d’un autre ; il doit plutôt brûler chaque ensemble séparément.
דַּהֲדַר מַקְטֵיר לְהוּ חֲדָא חֲדָא. וְהָתַנְיָא ״וְהִקְטִירָם״, שֶׁיְּהֵא כּוּלּוֹ כְּאֶחָד! אֶלָּא: תְּפִיסָה בְּעָלְמָא, דְּשָׁקֵיל מִינַּיְיהוּ עַד דְּיָהֲבִין לֵיהּ מִידֵּי אַחֲרִינָא.
La Guemara répond : Il les brûla ensuite un par un et non tous ensemble. La Guemara demande encore : N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que le pluriel « eux » dans le verset : « Et le prêtre les fera fumer sur l’autel ; c’est l’aliment de l’offrande consumée par le feu, en odeur agréable ; toute la graisse appartient au Seigneur » (Lévitique 3:16) indique que toutes les parties sacrificielles d’un sacrifice doivent être offertes en même temps ? Plutôt, il faut dire que lorsque le Grand Prêtre prit un rein pour le comptage, il ne s’agissait que d’une saisie momentanée ; c’est-à-dire qu’il le prit d’eux jusqu’à ce qu’ils lui apportent autre chose avec quoi suivre les nombres, et c’est cet autre objet qui fut compté ensuite.
כֹּהֲנִים עוֹמְדִין שׁוּרוֹת וְכוּ׳. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא דִּילְמָא שָׁקְלִי דְּדַהֲבָא וּמְעַיְּילִי דְּכַסְפָּא — הָכִי נָמֵי, דִּילְמָא שָׁקְלִי בַּר מָאתַן וּמְעַיְּילִי בַּר מְאָה! אֶלָּא, דְּהָכִי שַׁפִּיר טְפֵי.
Il a été déclaré dans la mishna que les prêtres se tenaient en rangées et qu’il y avait des rangées de prêtres tenant des bols d’argent et des rangées de prêtres tenant des bols d’or, mais qu’il n’y avait aucune rangée où se trouvaient à la fois des bols d’or et d’argent. Quelle est la raison pour laquelle il n’y avait pas de mélange de bols d’or et d’argent ? Si vous dites que c’était en raison de la crainte que peut-être un prêtre prendrait un bol d’or pour le garder pour lui et ensuite rendrait un bol d’argent à sa place, la solution décrite dans la mishna n’écarte pas cette crainte. Ici aussi, dans une rangée où tout le monde tient des bols d’or, il y a la crainte que peut-être un prêtre prendrait un bol de deux cents dinars, le garderait pour lui, et ensuite rendrait un bol de cent dinars à sa place (Rid). Au contraire, la raison est que cette disposition, dans laquelle tous les bols de chaque rangée sont de la même couleur, est esthétiquement plus attrayante.
וְלֹא הָיוּ לַבָּזִיכִין שׁוּלַיִים וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל הַבָּזִיכִין שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ לֹא הָיוּ לָהֶן שׁוּלַיִים, חוּץ מִבְּזִיכֵי לְבוֹנָה שֶׁל לֶחֶם הַפָּנִים — שֶׁמָּא יַנִּיחוּם וְיִפְרוֹס הַלֶּחֶם.
Il a en outre été déclaré dans la michna que les bols n’avaient pas de bases plates. La Guemara ajoute que les Sages ont enseigné une baraita qui déclare : Aucun des bols dans le Temple n’avait de bases plates pour la même raison, afin qu’on ne les pose pas, ce qui permettrait au sang de coaguler. Cela était à l’exception des bols d’encens qui étaient placés sur le pain de proposition, lesquels avaient bien des bases plates. Ils ne pouvaient pas avoir de fonds pointus, de crainte que peut-être les prêtres les posent sur le pain et que le pain se casse. Le pain de proposition avait une forme complexe et délicate, et un bol au fond pointu pouvait percer ou casser le pain.
שָׁחַט יִשְׂרָאֵל וְקִבֵּל הַכֹּהֵן וְכוּ׳. לָא סַגִּיא דְּלָאו יִשְׂרָאֵל?! הִיא גּוּפָא קָא מַשְׁמַע לַן, דִּשְׁחִיטָה בְּזָר כְּשֵׁירָה. וְקִבֵּל הַכֹּהֵן. הָא קָמַשְׁמַע לַן, מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהוּנָּה.
Il a été enseigné dans la michna : Un Israélite égorgerait l’offrande et un prêtre recevrait le sang et le transmettrait à d’autres prêtres. La Guemara demande : N’est-il pas suffisant que quelqu’un qui n’est pas Israélite égorge l’offrande ? L’abattage rituel doit-il être accompli spécifiquement par un Israélite, et non par un prêtre ou un Lévite ? La Guemara répond : La michna nous enseigne cette halakha elle-même, à savoir que même si l’abattage est effectué par quelqu’un qui n’est pas prêtre, il est valide. Et ce qui a été énoncé dans la michna, à savoir que le prêtre reçoit le sang, vient nous enseigner qu’à partir de la réception et au-delà le rite est un commandement imposé à la prêtrise, et quelqu’un qui n’est pas prêtre ne peut pas l’accomplir.
נוֹתְנוֹ לַחֲבֵירוֹ. שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ הוֹלָכָה שֶׁלֹּא בָּרֶגֶל — הָוְיָא הוֹלָכָה! דִּילְמָא הוּא נָיֵיד פּוּרְתָּא. וְאֶלָּא מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? הָא קָמַשְׁמַע לַן: ״בְּרׇב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״.
Il a également été enseigné dans la mishna que le prêtre passait le bol de sang à un autre prêtre. La Guemara suggère : Apprends de cela que transporter sans marcher, c’est-à-dire acheminer le sang jusqu’à l’autel en le faisant passer de main en main sans réellement marcher avec lui jusqu’à l’autel, est considéré comme un acte valide de transport du sang d’un sacrifice jusqu’à l’autel, l’un des quatre rites impliqués dans l’offrande d’un sacrifice. Cela résoudrait la même question restée sans réponse dans le traité Zevaḥim. La Guemara rejette cette preuve : Peut-être que le prêtre bougeait un peu les pieds lorsqu’il passait le bol au prêtre suivant, afin de satisfaire à l’exigence de marcher avec le sang jusqu’à l’autel. Plutôt, qu’est-ce que ce récit de la manière dont ils transportaient le sang jusqu’à l’autel nous enseigne ? La Guemara répond : Il nous enseigne que les prêtres étaient disposés en rangées afin d’augmenter le nombre de personnes participant au rite et d’accomplir le principe selon lequel « dans la multitude du peuple est la gloire du roi » (Proverbes 14:28).
קִבֵּל אֶת הַמָּלֵא וּמַחְזִיר אֶת הָרֵיקָן וְכוּ׳. אֲבָל אִיפְּכָא לָא — מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת.
Il a en outre été déclaré dans la michna que chaque prêtre recevait un récipient plein de sang et rendait un récipient vide. La Guemara en déduit : Mais l’inverse ne se faisait pas ; le prêtre ne rendait pas d’abord un récipient vide puis n’en recevait un plein. Cela confirme l’opinion de Rabbi Shimon ben Lakish, car Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Il ne faut pas retarder l’accomplissement des mitzvot. Lorsqu’une personne a l’occasion d’accomplir une mitzva, elle doit le faire immédiatement et ne pas tarder pour quelque raison que ce soit. Dans ce cas, puisque le fait d’apporter le sang à l’autel est une mitzva, le prêtre doit d’abord accomplir la mitzva qui se présente à lui et recevoir le récipient plein de sang, puis seulement rendre le récipient vide.
כֹּהֵן הַקָּרוֹב אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ וְכוּ׳. מַאן תָּנָא פֶּסַח בִּזְרִיקָה? אָמַר רַב חִסְדָּא: רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הִיא.
Il a également été déclaré dans la michna que le prêtre qui était le plus proche de l’autel aspergeait le sang sur l’autel. Qui est le tanna qui soutient que le sang de l’agneau pascal nécessite une aspersion à distance sur l’autel, et que verser le sang directement du récipient sur l’autel ne suffit pas ? Rav Ḥisda a dit : C’est Rabbi Yosei HaGelili.
דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: ״אֶת דָּמָם תִּזְרוֹק עַל הַמִּזְבֵּחַ וְאֶת חֶלְבָּם תַּקְטִיר״ — ״דָּמוֹ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״דָּמָם״. ״חֶלְבּוֹ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״חֶלְבָּם״. לִמֵּד עַל בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר וּפֶסַח, שֶׁהֵן טְעוּנִין מַתַּן דָּמִים וְאֵימוּרִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ.
Comme cela a été enseigné dans une baraita où Rabbi Yossei HaGelili dit : Le verset déclare : « Mais le premier-né d’un bœuf, ou le premier-né d’une brebis, ou le premier-né d’une chèvre, tu ne le rachèteras pas ; ils sont sacrés ; tu aspergeras leur sang sur l’autel et tu feras brûler leur graisse comme offrande consumée par le feu, en odeur agréable à l’Éternel » (Nombres 18:17). Il n’est pas dit : son sang, mais plutôt « leur sang ». De même, il n’est pas dit : sa graisse, mais plutôt « leur graisse ». Cela enseigne au sujet du premier-né animal, qui est mentionné explicitement dans le verset, ainsi que de l’animal de la dîme et de l’agneau pascal, qui ont un niveau de sainteté semblable à celui d’un premier-né, qu’ils tous requièrent le dépôt de leur sang et de leurs parties sacrificielles sur l’autel, bien que la Torah ne donne pas d’instructions explicites concernant cet aspect du rite pour l’animal de la dîme ou l’agneau pascal.
מְנָלַן דִּטְעוּנִין יְסוֹד? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״זְרִיקָה״ ״זְרִיקָה״ מֵעוֹלָה. כְּתִיב הָכָא: ״אֶת דָּמָם תִּזְרוֹק עַל הַמִּזְבֵּחַ״, וּכְתִיב הָתָם: ״וְזָרְקוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֶת דָּמוֹ עַל הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב״, מָה עוֹלָה טְעוּנָה יְסוֹד — אַף פֶּסַח נָמֵי טָעוּן יְסוֹד.
La Guemara demande : D’où déduisons-nous que leur sang requiert une aspersion sur l’autel du côté qui possède une base ? Rabbi Elazar a dit : Cela est déduit au moyen d’une analogie verbale entre le mot aspersion employé ici et le mot aspersion employé au sujet d’un holocauste. Ici, il est écrit : « Tu aspergeras leur sang sur l’autel ; » là, il est écrit au sujet d’un holocauste : « Il l’égorgera au côté nord de l’autel devant le Seigneur ; et les fils d’Aaron, les prêtres, aspergeront son sang tout autour sur l’autel » (Lévitique 1:11). De même que le sang d’un holocauste doit être aspergé sur l’autel à un endroit où il y a une base, de même aussi le sang d’un agneau pascal doit être aspergé à un endroit où il y a une base.