מִשּׁוּם בָּנָיו — אוֹרְחָא הוּא.
à cause de ses enfants, car c’est une pratique courante que les enfants montent.
וְהָכְתִיב: ״וְהִיא רֹכֶבֶת עַל הַחֲמוֹר״! הָתָם, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְלֵילְיָא — אוֹרְחָא הוּא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְלֵילְיָא — לֵיכָּא, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְּדָוִד — אִיכָּא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: בִּיעֲתוּתָא דְּדָוִד — נָמֵי לֵיכָּא, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְהַר — אִיכָּא.
La Guemara soulève une autre difficulté. Mais n’est-il pas écrit au sujet d’Abigaïl : « Et il arriva que, comme elle montait sur son âne et descendait par le versant caché de la montagne » (I Samuel 25:20). Ce verset emploie le langage de monter à cheval en référence à une femme sur un âne. La Guemara répond : Là-bas, en raison de la peur de la nuit, c’est la pratique habituelle pour une femme de monter et non pas simplement de s’asseoir sur l’âne. Et si tu veux, dis plutôt : Il n’y a pas de considération en raison de la peur de la nuit qui expliquerait pourquoi il lui était permis de monter de la manière habituelle ; plutôt, il y a une considération en raison de la peur de David. Et si tu veux, dis plutôt : Il n’y a pas de considération en raison de la peur de David non plus ; cependant, il y a une considération en raison de la peur de la pente en descendant la montagne.
וּבְאוֹרָיְיתָא מִי לָא כְּתִיב ״טָמֵא״? אֶלָּא: כֹּל הֵיכָא דְּכִי הֲדָדֵי נִינְהוּ — מִשְׁתַּעֵי בְּלָשׁוֹן נְקִיָּה, כֹּל הֵיכָא דִּנְפִישִׁין מִילֵּי — מִשְׁתַּעֵי בְּלָשׁוֹן קְצָרָה. כִּדְאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ, אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: לְעוֹלָם יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִידוֹ דֶּרֶךְ קְצָרָה.
La Guemara demande : Mais le mot impur n’est-il pas écrit dans la Torah ? Apparemment, la Torah n’emploie pas systématiquement des euphémismes, et en effet le mot impur y apparaît régulièrement. Au contraire, partout où deux expressions sont égales en longueur, le verset parle en employant un euphémisme. Partout où les mots de l’euphémisme sont plus nombreux, nécessitant une description plus longue, la Torah parle en employant un langage concis, conformément à ce qu’a dit Rav Huna que Rav a dit, et certains disent que c’était Rav Huna qui a dit que Rav a dit au nom de Rabbi Meir : Une personne doit toujours enseigner à son élève de manière concise.
וְכׇל הֵיכָא דְּכִי הֲדָדֵי נִינְהוּ מִשְׁתַּעֵי בִּלְשׁוֹן כָּבוֹד? וְהָא ״רוֹכֶבֶת״ וְ״יוֹשֶׁבֶת״ דְּכִי הֲדָדֵי נִינְהוּ, וְקָאָמַר ״רוֹכֶבֶת״! ״רֹכֶבֶת״ כְּתִיב.
La Guemara demande : Et partout où les expressions sont égales en longueur, le verset parle-t-il toujours en employant un langage digne ? N’est-ce pas que les mots hébreux pour monte [rokhevet], orthographié : Reish, vav, kaf, beit, tav ; et s’assied [yoshevet], orthographié : Yod, vav, shin, beit, tav, sont de même longueur, et pourtant le verset dit : Monte (I Samuel 25:20). La Guemara répond : Le mot hébreu pour monte est écrit sans vav, sous la forme défective, ce qui le rend plus court que le terme pour s’assied. La brièveté prime sur le langage digne.
הָנְהוּ תְּרֵי תַלְמִידֵי דַּהֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּרַב. חַד אָמַר: שַׁוִּיתִינַּן הַאי שְׁמַעְתָּא כְּדָבָר אַחֵר מְסַנְּקָן, וְחַד אָמַר: שַׁוִּיתִינַּן הַאי שְׁמַעְתָּא כִּגְדִי מְסַנְּקָן, וְלָא אִישְׁתַּעִי רַב בַּהֲדֵי דְּהַאיְךְ.
La Guemara rapporte un incident concernant l’usage d’un langage approprié : Il y avait ces deux étudiants qui étaient assis devant Rav et qui étaient fatigués d’étudier une question complexe. L’un d’eux a dit : Cette halakha que nous étudions nous rend aussi fatigués qu’une autre chose fatiguée [mesankan], un euphémisme pour un porc. Et l’autre a dit : Cette halakha nous rend aussi fatigués qu’un chevreau fatigué. Rav ne parlait pas avec cet étudiant qui avait fait référence à un porc, car celui qui parle de manière inappropriée présente sans aucun doute un défaut de caractère.
הָנְהוּ תְּרֵי תַלְמִידֵי דַּהֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּהִלֵּל, וְחַד מִינַּיְיהוּ רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי. וְאָמְרִי לַהּ, קַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְחַד מִינַּיְיהוּ רַבִּי יוֹחָנָן. חַד אָמַר: מִפְּנֵי מָה בּוֹצְרִין בְּטָהֳרָה וְאֵין מוֹסְקִין בְּטָהֳרָה? וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי מָה בּוֹצְרִין בְּטָהֳרָה וּמוֹסְקִין בְּטוּמְאָה? אָמַר: מוּבְטָח אֲנִי בָּזֶה שֶׁמּוֹרֶה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל. וְלֹא הָיָה יָמִים מוּעָטִים עַד שֶׁהוֹרָה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל.
La Guemara rapporte en outre qu’il y avait ces deux étudiants qui étaient assis devant Hillel, et l’un d’eux était Rabban Yoḥanan ben Zakkai. Et certains disent qu’ils étaient assis devant Rabbi Yehuda HaNasi, et l’un d’eux était l’amoraRabbi Yoḥanan. L’un d’eux dit : Pour quelle raison faut-il qu’une personne veille à vendanger des raisins en état de pureté rituelle, en insistant sur l’usage de récipients purs, et il n’est pas nécessaire de récolter des olives en état de pureté rituelle ? Et l’autre dit la même chose, mais il la formula différemment : Pour quelle raison faut-il vendanger des raisins en état de pureté rituelle, mais on peut récolter des olives en état d’impureté rituelle ? Leur maître dit : Je suis certain que ce premier étudiant, qui s’est exprimé de manière pure, rendra des décisions halakhiques en Israël. La Guemara ajoute : Et ce ne fut pas même quelques jours plus tard qu’il rendit des décisions halakhiques en Israël.
הָנְהוּ תְּלָתָא כָהֲנֵי. חַד אֲמַר לְהוּ: הִגִּיעַנִי כְּפוֹל, וְחַד אָמַר: הִגִּיעַנִי כְּזַיִת, וְחַד אָמַר: הִגִּיעַנִי כִּזְנַב הַלְּטָאָה. בָּדְקוּ אַחֲרָיו, וּמָצְאוּ בּוֹ שֶׁמֶץ פְּסוּל.
La Guemara rapporte un incident concernant l’usage d’un langage approprié. Il y avait ces trois prêtres dans le Temple, chacun d’eux ayant reçu une portion du pain de proposition réparti entre les prêtres. Comme il y avait beaucoup de prêtres, chacun ne reçut qu’une petite quantité. L’un leur dit : J’ai reçu une portion de la taille d’une fève. Et l’un dit : J’ai reçu un volume de la taille d’une olive. Et l’un dit : J’ai reçu une portion de la taille d’une queue de lézard. Ils examinèrent l’origine du dernier prêtre, qui avait employé l’image d’un animal rampant impur, et ils trouvèrent une trace [shemetz] de disqualification dans son origine. La Guemara suppose qu’ils trouvèrent un problème dans sa lignée qui le disqualifiait de la prêtrise.
וְהָא (תַּנְיָא): אֵין בּוֹדְקִין מִן הַמִּזְבֵּחַ וּלְמַעְלָה!
La Guemara demande : Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita que l’on n’examine pas la lignée d’un prêtre au-delà de l’autel ? Lorsque le tribunal examinait la lignée d’un prêtre, il ne vérifiait son ascendance que jusqu’à découvrir un prêtre qui avait offert des sacrifices sur l’autel. À ce moment-là, il interrompait l’enquête. Un prêtre à la lignée douteuse n’aurait certainement pas été autorisé à servir sur l’autel. Cependant, dans cet incident, la lignée d’un prêtre qui avait apporté des offrandes fut effectivement mise en doute.
לָא תֵּימָא ״שֶׁמֶץ פְּסוּל״, אֶלָּא אֵימָא ״שַׁחַץ פְּסוּל״. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִיהוּ דְּאַרַּע נַפְשֵׁיהּ.
La Guemara rejette cette affirmation : Ne dis pas qu’ils ont trouvé une trace [shemetz] de disqualification, en référence à sa lignée. Dis plutôt qu’ils ont trouvé de l’arrogance [shaḥatz] de disqualification, et c’est pour cette raison qu’il a été disqualifié de la prêtrise. Et si tu veux, dis à la place : Là-bas, c’est différent, car il a jeté le discrédit sur lui-même. Bien qu’on suppose généralement que tout prêtre qui participe au service du Temple est qualifié pour le faire, ce prêtre a discrédité sa propre lignée par sa conduite.
הָהוּא אַרְמָאָה דַּהֲוָה סָלֵיק וְאָכֵיל פְּסָחִים בִּירוּשָׁלַיִם. אֲמַר: כְּתִיב ״כׇּל בֶּן נֵכָר לֹא יֹאכַל בּוֹ״, ״כׇּל עָרֵל לֹא יֹאכַל בּוֹ״, וַאֲנָא הָא קָאָכֵילְנָא מִשׁוּפְרֵי שׁוּפְרֵי.
Concernant l’enquête sur la lignée sacerdotale, la Guemara raconte : Un certain gentil montait en pèlerinage à Jérusalem, prétendant être juif, et mangeait de l’agneau pascal à Jérusalem. Il rentrait ensuite chez lui et se vantait d’avoir trompé les Juifs. Il disait : Il est écrit : « Voici la loi de l’agneau pascal ; aucun étranger n’en mangera » (Exode 12:43), et un autre verset dit : « Aucun homme incirconcis n’en mangera » (Exode 12:48). Et pourtant, j’ai mangé des portions les plus fines entre les plus fines de l’agneau pascal.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא: מִי קָא סָפוּ לָךְ מֵאַלְיָה? אֲמַר לֵיהּ: לָא. כִּי סָלְקַתְּ לְהָתָם אֵימָא לְהוּ: סְפוֹ לִי מֵאַלְיָה. כִּי סְלֵיק, אֲמַר לְהוּ: מֵאַלְיָה סְפוֹ לִי! אֲמַרוּ לֵיהּ: אַלְיָה לְגָבוֹהַּ סָלְקָא.
Rabbi Yehuda ben Beteira lui dit, dans une tentative d’empêcher toute répétition de cet acte : T’ont-ils donné à manger de la queue grasse de l’agneau ? Penses-tu vraiment qu’ils t’ont donné la meilleure part ? Le gentil ignorait que la queue grasse est sacrifiée sur l’autel et non consommée. Le gentil lui dit : Non. Rabbi Yehuda ben Beteira répondit : Dans ce cas, quand tu monteras là-bas la prochaine fois, dis-leur : Donnez-moi à manger de la queue grasse. L’année suivante, lorsqu’il monta, il dit aux autres membres du groupe qu’il rejoignit : Donnez-moi à manger de la queue grasse. Ils lui dirent : La queue grasse est offerte à Dieu.
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאן אֲמַר לָךְ הָכִי? אֲמַר לְהוּ: רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא. אֲמַרוּ: מַאי הַאי דְּקַמַּן? בְּדַקוּ בָּתְרֵיהּ, וְאַשְׁכְּחוּהוּ דְּאַרְמָאָה הוּא וְקַטְלוּהוּ. שְׁלַחוּ לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא: שְׁלָם לָךְ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא! דְּאַתְּ בִּנְצִיבִין וּמְצוּדָתְךָ פְּרוּסָה בִּירוּשָׁלַיִם.
Ils lui dirent : Qui t’a dit cela, pour demander cette portion ? Il leur dit avec irritation : C’était rabbi Yehuda ben Beteira. Ils dirent : Qu’est-ce que cet incident qui est parvenu devant nous ? Rabbi Yehuda ben Beteira aurait-il pu lui dire de manger la graisse de la queue ? Cette affaire doit être examinée plus en profondeur. Ils enquêtèrent sur ses origines et découvrirent qu’il était un gentil, et alors ils le tuèrent. Ils envoyèrent un message à rabbi Yehuda ben Beteira : Paix sur toi, rabbi Yehuda ben Beteira, car tu es à Netzivin et ton filet est déployé à Jérusalem. Malgré ton éloignement de Jérusalem, tu nous as permis d’appréhender une personne qui nous a trompés.
רַב כָּהֲנָא חֲלַשׁ. שַׁדְּרוּהּ רַבָּנַן לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי, אֲמַרוּ לֵיהּ: זִיל בְּדוֹק מַאי דִּינֵיהּ. אֲתָא, אַשְׁכְּחֵיהּ דְּנָח נַפְשֵׁיהּ. קַרְעֵיהּ לִלְבוּשֵׁיהּ, וְאַהְדְּרֵיהּ לְקִרְעֵיהּ לַאֲחוֹרֵיהּ, וּבָכֵי וְאָתֵי. אֲמַרוּ לֵיהּ: נָח נַפְשֵׁיהּ? אֲמַר לְהוּ: אֲנָא לָא קָאָמֵינָא. ״וּמוֹצִיא דִבָּה הוּא כְסִיל״.
La Guemara rapporte un autre incident à la louange de celui qui veille à s’abstenir d’un langage impropre ou négatif. Rav Kahana tomba malade, et les Sages envoyèrent Rabbi Yehoshua, fils de Rav Idi, comme leur émissaire auprès de lui. Ils lui dirent : Va et évalue quel est l’état de Rav Kahana à présent. Rabbi Yehoshua, fils de Rav Idi, alla et trouva que Rav Kahana était décédé. Il déchira son vêtement et le tourna de sorte que la déchirure soit derrière lui et ne soit pas immédiatement apparente, et il pleurait tandis qu’il revenait. Ils lui dirent : Rav Kahana est-il décédé ? Il leur dit : Je n’ai pas dit cela, comme l’énonce le verset : « Et celui qui profère la médisance est un insensé » (Proverbes 10:18). Ce verset indique qu’il est indésirable d’être porteur de mauvaises nouvelles et, si l’on doit informer d’autres personnes de cette triste nouvelle, on doit le faire de manière indirecte.
יוֹחָנָן חָקוֹקָאָה נְפַק לְקִרְיָיתָא. כִּי אֲתָא, אֲמַרוּ לֵיהּ: חִיטִּין נַעֲשׂוּ יָפוֹת? אָמַר לָהֶם: שְׂעוֹרִים נַעֲשׂוּ יָפוֹת. אֲמַרוּ לֵיהּ: צֵא וּבַשֵּׂר לַסּוּסִים וְלַחֲמוֹרִים, דִּכְתִיב: ״הַשְּׂעֹרִים וְהַתֶּבֶן לַסּוּסִים וְלָרָכֶשׁ״. מַאי הֲוֵי לֵיהּ לְמֵימַר? אֶשְׁתָּקַד נַעֲשׂוּ חִיטִּין יָפוֹת. אִי נָמֵי: עֲדָשִׁים נַעֲשׂוּ יָפוֹת.
La Guemara continue de citer des exemples de langage raffiné : Yoḥanan de Ḥakuk se rendit dans les villages. Lorsqu’il revint, on lui dit : La récolte de blé a-t-elle bien poussé ? Réticent à dire que la récolte de blé n’avait pas bien poussé, il leur dit : La récolte d’orge a bien poussé, les laissant tirer leur propre conclusion. Ils lui dirent, avec moquerie : Va donc l’annoncer aux chevaux et aux ânes au sujet de l’orge, comme il est écrit : « De l’orge et du fourrage pour les chevaux et les coursiers rapides » (I Rois 5:8). La Guemara demande : Qu’aurait-il pu dire pour mieux exprimer la mauvaise nouvelle de manière euphémistique ? La Guemara répond : Il aurait pu dire : La récolte de blé de l’année dernière a bien poussé. Sinon, il aurait pu dire que la récolte de lentilles de cette année, qui est aussi une nourriture pour les gens, a bien poussé.