הָא מִדְּקָאָמַר ״וּבַלַּיְלָה יְהִי כַגַּנָּב״ — אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָתָם הָכִי קָאָמַר: אִי פְּשִׁיטָא לָךְ מִילְּתָא כִּנְהוֹרָא דְּאַנְּפָשׁוֹת קָאָתֵי — רוֹצֵחַ הוּא, וְנִיתָּן לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ. וְאִי מְסַפְּקָא לָךְ מִילְּתָא כְּלֵילְיָא — יְהִי בְּעֵינֶיךָ כְּגַנָּב, וְלֹא נִיתָּן לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ.
Du fait que la fin du verset déclare : « Et dans la nuit il est comme un voleur », apparemment le mot or au début du verset est une référence au jour, puisque le verset établit un contraste entre la nuit et or. La Guemara rejette cette affirmation. Là, voici ce que le verset dit : Si la chose est aussi claire pour toi que la lumière, à savoir que le voleur est venu dans la maison prêt à prendre une vie, il est un meurtrier ; et le propriétaire de la maison peut se sauver en prenant la vie de l’intrus. Dans ce cas, on peut se protéger d’un voleur qui s’introduit dans sa maison, même en tuant l’intrus si nécessaire. Et si la chose est aussi peu claire pour toi que la nuit, il ne doit être rien de plus qu’un voleur à tes yeux et non un meurtrier ; et par conséquent on ne peut pas se sauver en prenant la vie du voleur. Ce verset ne fait pas référence au jour et à la nuit au sens littéral ; il emploie plutôt ces termes comme des métaphores de la certitude et de l’incertitude.
מֵיתִיבִי: ״יֶחְשְׁכוּ כּוֹכְבֵי נִשְׁפּוֹ יְקַו לְאוֹר וָאַיִן וְאַל יִרְאֶה בְּעַפְעַפֵּי שָׁחַר״, מִדְּקָאָמַר ״יְקַו לְאוֹר וָאַיִן״ אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָתָם מֵילָט הוּא דְּקָא לָיֵיט לֵיהּ אִיּוֹב לְמַזָּלֵיהּ, אָמַר: יְהֵא רַעֲוָא דְּלִיצְפֵּיהּ הָךְ גַּבְרָא לִנְהוֹרָא, וְלָא לַישְׁכְּחֵיהּ.
La Guemara soulève une objection à l’opinion selon laquelle or signifie le soir : « Que les étoiles du crépuscule s’obscurcissent ; qu’il attende or sans qu’il y en ait ; et qu’il ne voie pas les paupières du matin » (Job 3:9). Du fait que le verset déclare : « qu’il attende or sans qu’il y en ait », apparemment or signifie le jour. La Guemara rejette cette affirmation. En réalité, il est possible que or, dans ce contexte, signifie la lumière en général, et non spécifiquement le jour. Là, Job maudit son sort. Il a dit : Que ce soit Sa volonté que cet homme, en parlant de lui-même, cherche la lumière et ne la trouve pas.
מֵיתִיבִי: ״וָאוֹמַר אַךְ חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי וְלַיְלָה אוֹר בַּעֲדֵנִי״, אַלְמָא ״אוֹר״ יְמָמָא הוּא! הָתָם, הָכִי קָאָמַר דָּוִד: אֲנִי אָמַרְתִּי אַךְ חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי לָעוֹלָם הַבָּא שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְיוֹם, עַכְשָׁיו, הָעוֹלָם הַזֶּה שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְלַיְלָה — אוֹר בַּעֲדֵנִי.
La Guemara soulève une objection : « Et je dis : pourtant les ténèbres m’envelopperont, et la or autour de moi sera nuit » (Psaumes 139:11). Apparemment, or signifie le jour. La Guemara rejette cette preuve. Voici ce que David dit là-bas : J’ai dit après avoir péché que les ténèbres m’envelopperont dans le Monde à Venir, qui est comme le jour. Maintenant que je sais que j’ai été pardonné, même ce monde-ci, qui est comme les ténèbres, est lumière pour moi. Dès lors, on ne peut pas déduire d’ici que le mot or décrit le jour.
מֵיתִיבִי, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בּוֹדְקִין אוֹר (לְאַרְבָּעָה) עָשָׂר וּבְאַרְבָּעָה עָשָׂר שַׁחֲרִית וּבִשְׁעַת הַבִּיעוּר. מִדְּקָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בּוֹדְקִין אוֹר אַרְבָּעָה עָשָׂר וּבְאַרְבָּעָה עָשָׂר שַׁחֲרִית, אַלְמָא ״אוֹר״ אוּרְתָּא הוּא. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara soulève une objection à partir d’une michna. Rabbi Yehouda dit : On recherche au or du quatorze nissan, le quatorze au matin, et au moment de l’élimination du pain levé. La Guemara déduit de l’enseignement de Rabbi Yehouda : Du fait que Rabbi Yehouda dit qu’on recherche au or du quatorze et le quatorze au matin, apparemment or est le soir. Dans l’ordre de la liste de Rabbi Yehouda, or du quatorze précède le matin du quatorze. Par conséquent, or doit désigner le soir. La Guemara conclut : En effet, apprends-en que tel est le cas.
מֵיתִיבִי: מֵאֵימָתַי אַרְבָּעָה עָשָׂר אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: מִשְּׁעַת הָאוֹר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִשְּׁעַת הָנֵץ הַחַמָּה.
La Guemara soulève une objection à partir d’une autre source : À partir de quand, le quatorzième de Nisan, est-il interdit d’effectuer un travail, pour ceux qui ont l’habitude de ne pas travailler la veille de Pessa'h ? Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : À partir du moment de or. Rabbi Yehouda dit : À partir du lever du soleil.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב לְרַבִּי יְהוּדָה: וְכִי הֵיכָן מָצִינוּ יוֹם שֶׁמִּקְצָתוֹ אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה וּמִקְצָתוֹ מוּתָּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה? אֲמַר לֵיהּ: הוּא עַצְמוֹ יוֹכִיחַ, שֶׁמִּקְצָתוֹ מוּתָּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ וּמִקְצָתוֹ אָסוּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ.
Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit à Rabbi Yehouda : Et où avons-nous trouvé un précédent pour un jour dont une partie, l’accomplissement du travail est interdit, et dont une autre partie, l’accomplissement du travail est permis ? Si, comme tu l’affirmes, l’interdiction d’accomplir un travail ne prend effet qu’au lever du soleil, alors que le quatorze nissan commence avec l’apparition des étoiles la veille au soir, il est permis d’accomplir un travail pendant la première partie du quatorze, tandis que pendant la seconde partie du même jour le travail est interdit. Il lui dit : Le quatorzième jour lui-même peut servir de preuve comme précédent, car dans une partie de celui-ci, depuis le début jusqu’à la sixième heure du jour, la consommation de pain levé est permise, et pendant une autre partie de celui-ci la consommation de pain levé est interdite.
מִדְּקָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה מִשְּׁעַת הָנֵץ הַחַמָּה, אַלְמָא ״אוֹר״ דְּקָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב — אוּרְתָּא הוּא! לָא, מַאי ״אוֹר״ — עַמּוּד הַשַּׁחַר.
Concernant la question en discussion, la Guemara déduit : Du fait que Rabbi Yehouda dit qu’il est interdit d’accomplir un travail à partir du lever du soleil, apparemment le mot or que Rabbi Eliezer ben Ya’akov emploie, fait référence au soir. C’est une preuve supplémentaire que or signifie nuit. La Guemara rejette cette affirmation : Non, ce n’est pas une preuve. Que signifie or ? Cela signifie aube. Le différend entre les tannaïm ne porte pas sur la question de savoir si l’interdiction de travailler commence la nuit ou le matin. Ils sont plutôt en désaccord sur le point de savoir si le travail est interdit dès l’aube ou seulement à partir du lever du soleil.
אִי הָכִי, דְּקָאָמַר לֵיהּ: הֵיכָן מָצִינוּ יוֹם שֶׁמִּקְצָתוֹ מוּתָּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה וּמִקְצָתוֹ אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה, נֵימָא אִיהוּ לְנַפְשֵׁיהּ: הָא אִיכָּא לַיְלָה, דְּקָא שָׁרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב!
La Guemara conteste cette hypothèse : Si tel est le cas, considère ce que Rabbi Eliezer ben Ya’akov a dit à Rabbi Yehouda : Où avons-nous trouvé un précédent pour un jour, dont une partie où l’accomplissement d’un travail est interdit, et une autre partie où l’accomplissement d’un travail est permis ? Qu’il se dise à lui-même : N’y a-t-il pas la nuit, pendant laquelle même Rabbi Eliezer ben Ya’akov lui-même permet l’accomplissement d’un travail la nuit ? Il ne soulèverait certainement pas une difficulté contre l’opinion de Rabbi Yehouda, qui est tout aussi difficile selon sa propre opinion.
הָכִי קָאָמַר: בִּשְׁלָמָא לְדִידִי, אַשְׁכַּחְנָא דְּקָא פָּלְגִי רַבָּנַן בֵּין יְמָמָא לְלֵילְיָא. (דִּתְנַן) גַּבֵּי תַּעֲנִית צִבּוּר: עַד מָתַי אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה — עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עַד קְרוֹת הַגֶּבֶר. אֶלָּא לְדִידָךְ, הֵיכָא אַשְׁכַּחְנָא יְמָמָא גּוּפֵיהּ דְּפָלְגִי בֵּיהּ רַבָּנַן!
La Guemara rejette cette affirmation. Voici ce que dit Rabbi Eliezer ben Ya’akov : Soit, selon mon avis, je trouve des situations dans lesquelles les Sages ont distingué entre le jour et la nuit précédente, comme nous l’avons appris dans une michna au sujet d’un jeûne public allégé : Jusqu’à quand peut-on manger et boire avant le jeûne ? Il est permis de manger et de boire jusqu’à l’aube ; telle est la déclaration de Rabbi Eliezer ben Ya’akov. Rabbi Shimon dit : On peut manger jusqu’au chant du coq, qui précède l’aube. Dans ce cas, les Sages ont distingué entre le jour et la nuit. Cependant, selon votre avis, où trouvons-nous une halakha à propos de laquelle les Sages ont divisé le jour lui-même ?
אֲמַר לֵיהּ: הוּא עַצְמוֹ יוֹכִיחַ, שֶׁמִּקְצָתוֹ מוּתָּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ וּמִקְצָתוֹ אָסוּר בַּאֲכִילַת חָמֵץ. שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? הָכִי קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אָמֵינָא לָךְ אֲנָא מְלָאכָה דְּרַבָּנַן וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי חָמֵץ דְּאוֹרָיְיתָא?! דְּעַד הָכָא אֲסַר רַחֲמָנָא, וְעַד הָכָא שְׁרָא רַחֲמָנָא.
Rabbi Yehouda dit à Rabbi Eliezer ben Ya’akov : Le quatorzième jour lui-même peut prouver mon opinion, car pendant une partie de celui-ci, la consommation de pain levé est permise, et pendant une partie de celui-ci la consommation de pain levé est interdite. La Guemara commente : Rabbi Yehouda a bien parlé à Rabbi Eliezer ; comment Rabbi Eliezer ben Ya’akov peut-il répondre à cet argument ? La Guemara répond que voici ce que Rabbi Eliezer lui dit en réponse : Je t’ai parlé de l’interdiction du travail, qui relève de la loi rabbinique, et tu m’as parlé de l’interdiction du pain levé, qui relève de la loi de la Torah. En ce qui concerne une interdiction de la Torah, il est possible que jusqu’à ce point, Dieu ait interdit de le faire, et jusqu’à cet autre point, Dieu ait permis de le faire, puisque la halakha est déterminée par un décret de la Torah. En revanche, les interdictions rabbiniques sont édictées dans des catégories clairement définies ; dans ce cas, une journée entière.
וְאִידַּךְ? שָׁעוֹת דְּרַבָּנַן.
La Guemara demande : Et quelle est la réponse de l'autre Sage, Rabbi Yehouda, à cette affirmation ? La Guemara répond : Rabbi Yehouda note que les heures pendant lesquelles l’interdiction du levain est en vigueur le matin du quatorzième sont déterminées par la loi rabbinique. Bien qu’il soit interdit par la loi de la Torah de manger du levain à partir de midi, la distinction, au sein des heures du matin, entre le moment où l’on peut consommer du levain et le moment où l’on peut tirer profit du levain sans le consommer, est déterminée par les Sages. Apparemment, les Sages instituent des ordonnances qui s’appliquent à une partie de la journée.
וְאִידַּךְ? הַרְחָקָה הוּא דַּעֲבוּד רַבָּנַן לִדְאוֹרָיְיתָא.
La Guemara demande : Et comment l’autre Sage, Rabbi Eliezer ben Ya’akov, peut-il répondre à cette affirmation ? La Guemara répond : Rabbi Eliezer ben Ya’akov dirait que, dans ce cas, les Sages ont établi une mesure préventive pour une loi de la Torah, et les décrets de ce type ne s’appliquent parfois que pendant une partie de la journée. En revanche, lorsque les Sages ont institué des ordonnances indépendantes, ils l’ont invariablement fait pour la journée entière. En tout état de cause, cette source ne prouve pas de manière concluante que or signifie le soir.
מֵיתִיבִי: אֵין מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת אֶלָּא עַל הַחֹדֶשׁ שֶׁנִּרְאָה בִּזְמַנּוֹ, לְקַדְּשׁוֹ. וְאֵימָתַי מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת — לְאוֹר עִבּוּרוֹ. אַלְמָא ״אוֹר״ אוּרְתָּא הוּא! שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara soulève une objection : Les messagers du tribunal allument des torches au sommet des montagnes comme signe que le tribunal a sanctifié et établi un nouveau mois uniquement pour un mois qui est apparu en son temps approprié, le trentième jour du mois précédent, afin de le sanctifier ce jour-là. Et quand les messagers allument-ils ces torches ? Ils les allument au or de son jour supplémentaire, à la fin du trentième jour depuis le début du mois précédent, à l’entrée dans la soirée du trente et unième jour. Le trentième jour est appelé le jour supplémentaire parce qu’il est parfois ajouté au mois précédent, qui autrement compterait vingt-neuf jours. Apparemment, or désigne le soir, car les messagers du tribunal n’allumeraient certainement pas les brasiers pendant la journée. La Guemara conclut : En effet, apprends-en que tel est le cas.
מֵיתִיבִי: הָיָה עוֹמֵד כׇּל הַלַּיְלָה וּמַקְרִיב עַל הַמִּזְבֵּחַ, לָאוֹרָה טָעוּן קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי. ״אוֹרָה״ שָׁאנֵי.
La Guemara soulève une objection : Si un prêtre est resté debout toute la nuit et a offert en sacrifice les membres des offrandes sur l’autel, dans l’ora il est tenu de sanctifier de nouveau ses mains et ses pieds, en les lavant avec l’eau du bassin ; telle est la déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi. Puisqu’un nouveau jour a commencé, le prêtre doit laver ses mains et ses pieds dans le bassin, condition préalable au service de chaque jour. En ce qui concerne la question en discussion, apparemment or signifie jour. La Guemara rejette cette affirmation : Ce n’est pas une preuve concluante, car ora est différent, et en effet cela renvoie au jour. Cependant, le mot or peut encore renvoyer au soir.
מֵיתִיבִי מָר זוּטְרָא:
Mar Zutra soulève une objection