(רַבָּן) שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בְּכֵלִים טְמֵאִין, בְּקַרְקַע טְהוֹרִין.
Rabban Shimon dit : Si les liquides étaient dans des récipients, ils sont rituellement impurs ; cependant, s’ils étaient dans le sol, ils sont rituellement purs, comme expliqué ci-dessous.
אָמַר רַב פָּפָּא: אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר טוּמְאַת מַשְׁקִין דְּאוֹרָיְיתָא — מַשְׁקֵי בֵּית מַטְבְּחַיָּא הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן לְרַב פָּפָּא: וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אֵין טוּמְאָה לְמַשְׁקִין כׇּל עִיקָּר, תֵּדַע, שֶׁהֲרֵי הֵעִיד (יוֹסֵף) בֶּן יוֹעֶזֶר אִישׁ צְרֵידָה עַל מַשְׁקֵי בֵּית מַטְבְּחַיָּא דְּכַן.
Rav Pappa a dit : Même selon celui qui dit qu’en général l’impureté rituelle des liquides est selon la loi de la Torah, la pureté des liquides de l’abattoir du Temple est une halakha transmise à Moïse au Sinaï, que les Sages ont apprise par tradition. Rav Houna, fils de Rav Natan, dit à Rav Pappa : Mais en ce qui concerne ce que Rabbi Eliezer a dit : Il n’y a aucune impureté pour les liquides selon la loi de la Torah, sache qu’il en est ainsi, car Yosei ben Yo’ezer de Tzereida a témoigné au sujet des liquides dans l’abattoir du Temple, qu’ils étaient rituellement purs. Cette déclaration indique que les liquides ne deviennent impurs que par décret rabbinique, un décret qui n’est pas en vigueur dans le Temple.
וְאִי הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ — מִי גָּמְרִינַן מִינַּהּ?
Rav Houna, fils de Rav Natan, poursuivit : Et s’ils ont appris la pureté rituelle des liquides de l’abattoir comme une halakha transmise à Moïse au Sinaï par tradition, en déduisons-nous d’autres halakhot ? Il existe un principe selon lequel on ne peut pas déduire des principes halakhiques de halakhot transmises à Moïse au Sinaï. Comment, dès lors, Rabbi Eliezer pouvait-il citer cette halakha comme preuve de son opinion ?
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָא רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר טוּמְאַת מַשְׁקִין דְּאוֹרָיְיתָא, דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: לְכֵלִים טְהוֹרִין, לָאוֹכָלִין טְמֵאִין.
De plus, Ravina dit à Rav Ashi, également pour rejeter la déclaration de Rav Pappa : N’est-ce pas Rabbi Shimon, qui a dit qu’en général l’impureté rituelle des liquides est selon la loi de la Torah ? Comme cela a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yosei et Rabbi Shimon disent : En ce qui concerne les récipients qui sont entrés en contact avec un liquide impur, les récipients sont purs, car selon la loi de la Torah les liquides ne transmettent pas l’impureté aux récipients. Cependant, en ce qui concerne les aliments qui sont entrés en contact avec un liquide impur, les aliments sont impurs, car selon la loi de la Torah les liquides transmettent l’impureté aux aliments.
וְהָכָא קָאָמַר (רַבָּן) שִׁמְעוֹן: בְּכֵלִים טְמֵאִין, בְּקַרְקַע טְהוֹרִין. וְאִי הִלְכְתָא הִיא, מָה לִי בְּכֵלִים מָה לִי בְּקַרְקַע? קַשְׁיָא.
Ravina poursuit : Et pourtant, ici, en ce qui concerne les liquides dans le Temple, Rabban Shimon a dit : Les liquides dans des récipients sont rituellement impurs, et les liquides sur le sol sont purs. Et si vous dites que la pureté des liquides de l’abattoir du Temple est une halakha transmise à Moïse au Sinaï, quelle différence y a-t-il pour moi si les liquides sont dans des récipients et quelle différence y a-t-il pour moi si les liquides sont sur le sol ? S’il existe une tradition halakhique acceptée selon laquelle l’impureté rituelle ne s’applique pas à ces liquides, il ne devrait y avoir aucune différence selon que le liquide est dans des récipients ou sur le sol. La Guemara commente : En effet, cela est difficile selon l’opinion de Rav Pappa.
אָמַר רַב פָּפָּא: הָא דְּאָמְרַתְּ בְּקַרְקַע טְהוֹרִין — לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מַיִם, אֲבָל דָּם — לֹא.
Rav Pappa a dit : Cela que tu as dit, que les liquides dans le Temple sont rituellement purs lorsqu’ils sont sur le sol, les Sages n’ont enseigné cette halakhaque concernant l’eau, mais concernant le sang, non, cela ne s’applique pas. Selon Rabbi Shimon, le sang peut devenir impur même sur le sol.
וּמַיִם נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּהָוֵי רְבִיעִית, דְּחָזֵי לְהַטְבִּיל בֵּיהּ מְחָטִין וְצִינּוֹרוֹת. אֲבָל לָא הָוֵי רְבִיעִית — טְמֵאִין.
Et même en ce qui concerne l’eau, nous avons dit qu’elle est rituellement pure seulement lorsqu’elle contient un quart delog, ce qui est une mesure appropriée dans laquelle on peut immerger des aiguilles et des crochets. Selon la loi de la Torah, un quart de log d’eau rassemblée en un seul endroit peut servir de bain rituel dans lequel on peut immerger des objets pouvant être entièrement immergés dans cette quantité d’eau. Puisqu’elle a le statut de bain rituel, elle non plus ne devient pas rituellement impure. Bien que les Sages aient décrété qu’on ne doit pas immerger des ustensiles dans un quart de log d’eau, l’eau est pure selon la loi de la Torah. Par conséquent, les Sages n’ont pas étendu leur décret à cette mesure d’eau à l’intérieur du Temple. Cependant, si l’eau est inférieure à un quart delog, elle est rituellement impure même dans le sol, car cette eau ne peut pas être utilisée comme bain rituel.
אָמַר מָר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לַכֹּל טָמֵא. לְמֵימְרָא דְּסָבַר רַבִּי יְהוּדָה טוּמְאַת מַשְׁקִין לְטַמֵּא טוּמְאַת כֵּלִים דְּאוֹרָיְיתָא?
Le Maître a dit dans la baraita citée ci-dessus, au sujet de l’incertitude concernant le contact avec des liquides impurs, que Rabbi Yehuda dit : Ils sont impurs dans tous les cas. La Guemara demande : Cela veut-il dire que Rabbi Yehuda soutient que l’impureté des liquides quant à leur capacité à transmettre l’impureté aux récipients relève de la loi de la Torah ?
וְהָתְנַן: כׇּל הַכֵּלִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶן אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ, כְּגוֹן הַכָּרִים וְהַכְּסָתוֹת וְהַשַּׂקִּין וְהַמַּרְצוּפִין, נִטְמָא תּוֹכוֹ — נִטְמָא גַּבּוֹ, נִטְמָא גַּבּוֹ — לֹא נִטְמָא תּוֹכוֹ.
Mais n’avons-nous pas appris dans une michna : En ce qui concerne tous les ustensiles qui ont un extérieur pouvant être utilisé et un intérieur servant de réceptacle, comme les coussins, les couvertures, les sacs et les sacs à grain en cuir, si l’intérieur de l’un de ces ustensiles est devenu rituellement impur, son extérieur est également impur. Cependant, si son extérieur est devenu impur, son intérieur n’est pas impur, car l’usage principal de ces ustensiles est de servir de réceptacle.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁנִּטְמְאוּ מֵחֲמַת מַשְׁקִין, אֲבָל נִטְמְאוּ מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, נִטְמָא תּוֹכוֹ — נִטְמָא גַּבּוֹ, נִטְמָא גַּבּוֹ — נִטְמָא תּוֹכוֹ.
Rabbi Yehouda a dit : Dans quel cas cette déclaration est-elle dite ? Il s’agit d’un cas où les récipients sont devenus impurs à cause d’un contact avec des liquides impurs. Cependant, s’ils sont devenus impurs à cause d’un contact avec un animal rampant, alors, si l’intérieur est devenu impur, l’extérieur est impur, et de même, si l’extérieur est devenu impur, l’intérieur est aussi impur.
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ טוּמְאַת מַשְׁקִין לְטַמֵּא כֵּלִים דְּאוֹרָיְיתָא, מָה לִי נִטְמָא מֵחֲמַת מַשְׁקִין, מָה לִי נִטְמָא מֵחֲמַת שֶׁרֶץ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: חָזַר בּוֹ רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara explique la difficulté soulevée par la déclaration de Rabbi Yehouda dans cette michna : Et s’il te vient à l’esprit que l’impureté rituelle des liquides, en ce qui concerne leur capacité à transmettre l’impureté aux récipients, relève de la loi de la Torah, quelle différence y a-t-il pour moi si le récipient devient impur à cause de liquides, et quelle différence y a-t-il pour moi si le récipient devient impur à cause d’un animal rampant ? Au contraire, Rabbi Yehouda soutient que l’impureté des liquides relève de la loi rabbinique, et les Sages ont distingué entre l’impureté de l’extérieur et de l’intérieur d’un récipient afin de distinguer entre l’impureté selon la loi de la Torah et l’impureté selon la loi rabbinique, et d’empêcher que l’on brûle de la terouma devenue impure par une impureté relevant de la loi rabbinique. Rav Yehouda a dit que Shmuel a dit : Rabbi Yehouda s’est rétracté de sa déclaration précédente dans la baraita et a accepté la décision selon laquelle l’impureté des liquides n’existe que par décret rabbinique.
רָבִינָא אָמַר: לְעוֹלָם לָא הָדַר, הָא — בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת יָדַיִם. הָא — בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ.
Ravina dit : En réalité, il est possible que Rabbi Yehouda ne se soit pas rétracté de sa déclaration précédente, car ce cas, où il distingue entre l’impureté à l’intérieur et à l’extérieur des récipients, a été énoncé au sujet de liquides qui parviennent à un état d’impureté en raison du contact avec des mains impures qui n’ont pas subi de lavage rituel. Des mains non lavées sont impures par décret rabbinique, et par conséquent l’impureté de ce liquide est elle aussi rabbinique. En revanche, cet autre cas, où l’impureté des liquides relève de la loi de la Torah, a été énoncé au sujet de liquides qui parviennent à un état d’impureté en raison du contact avec un animal rampant. Puisque cette impureté relève de la loi de la Torah, aucune distinction n’est faite entre l’intérieur et l’extérieur des récipients.
אִי הָכִי, אַדְּתָנֵי ״בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים שֶׁנִּטְמְאוּ מֵחֲמַת מַשְׁקִין״, לִיפְלוֹג וְלִיתְנֵי בְּדִידַהּ: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת יָדַיִם. אֲבָל בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, נִטְמָא תּוֹכוֹ — נִטְמָא גַּבּוֹ, נִטְמָא גַּבּוֹ — נִטְמָא תּוֹכוֹ! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּין מֵעִיקָּרָא: חָזַר בּוֹ רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, au lieu d’enseigner : Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite ? Dans un cas où les ustensiles sont devenus impurs à cause d’un contact avec des liquides, par opposition à l’autre cas où les ustensiles sont devenus impurs à cause d’un contact avec des animaux rampants, qu’il distingue et enseigne la distinction au sein du cas lui-même : Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite ? C’est dans un cas où ces ustensiles sont devenus impurs par contact avec des liquides qui parviennent à un état d’impureté à cause du contact avec des mains impures. Cependant, dans un cas où ces ustensiles sont devenus impurs par contact avec des liquides qui parviennent à un état d’impureté à cause du contact avec un animal rampant, si l’intérieur est devenu impur, l’extérieur est impur, et si l’extérieur est devenu impur, l’intérieur est également impur. Au contraire, la Guemara rejette l’explication de Ravina et affirme qu’il est clair, comme nous avons répondu au départ, que Rabbi Yehouda s’est rétracté de sa décision précédente.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מִכֵּלִים הוּא דַּהֲדַר בֵּיהּ, אֲבָל בָּאוֹכָלִין כְּרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ. אוֹ דִילְמָא: לִגְמָרֵי הֲדַר בֵּיהּ כְּרַבִּי מֵאִיר?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Rabbi Yehouda s’est-il seulement rétracté de sa décision concernant les liquides, qui transmettaient l’impureté rituelle aux ustensiles selon la loi de la Torah, mais, en ce qui concerne les aliments, il maintient-il encore l’avis de Rabbi Yossé et Rabbi Chimone, selon lequel les liquides transmettent l’impureté aux aliments selon la loi de la Torah ? Ou peut-être s’est-il complètement rétracté de son opinion précédente, et Rabbi Yehouda soutient en réalité l’avis de Rabbi Meïr, qui statue qu’il n’existe aucun fondement dans la Torah pour l’impureté des liquides.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, תָּא שְׁמַע: פָּרָה שֶׁשָּׁתְתָה מֵי חַטָּאת — בְּשָׂרָהּ טָמֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר:
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Viens et écoute une résolution à ce dilemme tirée d’une michna : En ce qui concerne une vache qui a bu des eaux de purification dans lesquelles les cendres de la génisse rousse avaient été mélangées et qui devaient être aspergées sur une personne rituellement impure d’une impureté transmise par un cadavre, et que la vache a été abattue avant d’avoir digéré l’eau, sa chair est impure en raison du contact avec cette eau. Les objets purs qui entrent en contact avec les eaux de purification deviennent impurs, comme on l’apprend d’un verset. Rabbi Yehouda dit :