שְׁתֵּי פָרוֹת הָיוּ חוֹרְשׁוֹת בְּהַר הַמִּשְׁחָה. כׇּל זְמַן שֶׁשְּׁתֵּיהֶן חוֹרְשׁוֹת — כׇּל הָעָם אוֹכְלִין. נִיטֶּלֶת אַחַת מֵהֶן — תּוֹלִין; לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין. נִיטְּלוּ שְׁתֵּיהֶן — הִתְחִילוּ כׇּל הָעָם שׂוֹרְפִין.
Deux vaches labouraient sur le mont des Oliviers la veille de Pessa'h. Tant que toutes deux labouraient, toute la nation continuait à manger du pain levé. Lorsqu'une d'entre elles était retirée, le peuple savait que le moment était venu de mettre son levain en suspens, c'est-à-dire qu'ils ne le mangeaient ni ne le brûlaient. Lorsque toutes deux furent retirées, toute la nation commença à brûler son levain.
מַתְנִי׳ רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים אוֹמֵר: מִימֵיהֶם שֶׁל כֹּהֲנִים לֹא נִמְנְעוּ מִלִּשְׂרוֹף אֶת הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְולַד הַטּוּמְאָה עִם הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה, אַף עַל פִּי שֶׁמּוֹסִיפִין טוּמְאָה עַל טוּמְאָתוֹ.
MICHNA : À propos de l’élimination du levain la veille de Pessa'h, y compris les pains consacrés des offrandes de remerciement et la terouma, la michna cite une halakha connexe. Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, dit : Durant tous les jours des prêtres, ils ne s’abstenaient pas de brûler de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source secondaire d’impureté rituelle, c’est-à-dire un objet qui avait été en contact avec une source primaire d’impureté, avec de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source primaire d’impureté. Ils agissaient ainsi bien qu’ils ajoutent ainsi un degré d’impureté à l’impureté du premier morceau de viande, qui était auparavant impur à un degré moindre.
הוֹסִיף רַבִּי עֲקִיבָא וְאָמַר: מִימֵיהֶם שֶׁל כֹּהֲנִים לֹא נִמְנְעוּ מִלְּהַדְלִיק אֶת הַשֶּׁמֶן שֶׁנִּפְסַל בִּטְבוּל יוֹם בְּנֵר שֶׁנִּטְמָא בִּטְמֵא מֵת, אַף עַל פִּי שֶׁמּוֹסִיפִין טוּמְאָה עַל טוּמְאָתוֹ.
Rabbi Akiva ajouta à la déclaration de Rabbi Ḥanina, le grand prêtre adjoint, et dit : Pendant tous les jours des prêtres, ils ne s’abstenaient pas d’allumer de l’huile de teruma qui avait été rituellement disqualifiée par contact avec quelqu’un qui s’était immergé ce jour-là et qui ne devient pas complètement pur avant la tombée de la nuit dans une lampe devenue rituellement impure d’une impureté de premier degré par contact avec quelqu’un qui était devenu rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre. Ils faisaient cela même si ce faisant ils ajoutaient de l’impureté à l’impureté de l’huile. Une personne qui s’est immergée ce jour-là a le statut d’une impureté rituelle de second degré. Son contact rend l’huile rituellement impure d’une impureté rituelle de troisième degré. La lampe ayant une impureté rituelle de premier degré rend l’huile rituellement impure d’une impureté de second degré.
אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מִדִּבְרֵיהֶם לָמַדְנוּ שֶׁשּׂוֹרְפִין תְּרוּמָה טְהוֹרָה עִם הַטְּמֵאָה בַּפֶּסַח. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה.
Rabbi Meir a dit : De leurs déclarations, nous avons appris que l’on peut brûler de la terouma rituellement pure avec de la terouma impure lors de l’élimination du levain la veille de Pessa'h. Le raisonnement qui s’applique aux deux cas précédents s’applique également ici. Puisque les deux éléments sont brûlés, on peut ne pas tenir compte du fait qu’un élément acquerra au cours du processus un degré plus élevé d’impureté rituelle. Rabbi Yossei a dit : Ce n’est pas l’inférence à partir de laquelle on peut apprendre la halakha dans le cas de la terouma rituellement pure et de la terouma rituellement impure. Dans ces deux premiers cas, les deux éléments sont rituellement impurs, bien qu’à des degrés différents d’impureté rituelle. Rabbi Meir parle de la combinaison de terouma impure avec de la terouma pure, ce qui rendrait la terouma pure rituellement impure.
וּמוֹדִים רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁשּׂוֹרְפִין זוֹ לְעַצְמָהּ וְזוֹ לְעַצְמָהּ. עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל הַתְּלוּיָה וְעַל הַטְּמֵאָה. שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תִּשָּׂרֵף זוֹ לְעַצְמָהּ וְזוֹ לְעַצְמָהּ, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: שְׁתֵּיהֶן כְּאַחַת.
Et en effet, Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua, qui sont en désaccord au sujet de la combustion de la terouma levée, conviennent néanmoins que l’on brûle cette terouma rituellement pure à part et cette terouma impure à part. Au sujet de quoi étaient-ils en désaccord ? Ils étaient en désaccord au sujet de la question de savoir si l’on peut brûler de la terouma en suspens, c’est-à-dire de la terouma dont la pureté est incertaine, avec de la terouma définitivement impure ensemble, comme le dit Rabbi Eliezer : Cette terouma en suspens doit être brûlée à part, et cette terouma impure doit être brûlée à part ; et Rabbi Yehoshua dit : Dans ce cas, toutes deux peuvent être brûlées ensemble.
גְּמָ׳ מִכְּדֵי בָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְולַד הַטּוּמְאָה מַאי הָוֵי — שֵׁנִי, כִּי שָׂרֵיף לֵיהּ בַּהֲדֵי בָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה מַאי הָוֵי — שֵׁנִי,
GUEMARA : La Guemara analyse la première déclaration de la michna : À présent, considérez quel est le statut de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source secondaire d’impureté ? On suppose qu’elle a un statut d’impureté rituelle de deuxième degré. Lorsqu’on brûle cette viande avec de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source primaire d’impureté rituelle, quel est le statut de ce premier morceau de viande ? On suppose qu’il a un statut d’impureté rituelle de deuxième degré. La viande qui touche une source primaire d’impureté acquiert un statut d’impureté rituelle de premier degré, qui transmet une impureté de deuxième degré à une autre viande.
שֵׁנִי וְשֵׁנִי הוּא. מַאי מוֹסִיף לוֹ טוּמְאָה עַל טוּמְאָתוֹ אִיכָּא?
La Guemara poursuit : Puisque, lorsque le premier morceau de viande est placé à côté de la viande qui est entrée en contact avec une source primaire d’impureté, il contracte une impureté de second degré, c’est un cas où la viande a un statut de second degré, et, par contact avec la source primaire, elle prendrait un statut de second degré. En quel sens y a-t-il ici un cas d’ajout d’impureté à son impureté ? Il n’y a absolument aucun changement dans le statut du premier morceau de viande.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הָכָא בִּוְולַד וְולַד עָסְקִינַן, דְּהָוֵי לֵיהּ שְׁלִישִׁי, וְקָסָבַר שְׁלִישִׁי מוּתָּר לַעֲשׂוֹתוֹ שֵׁנִי.
Rav Yehuda a dit : L’interprétation ci-dessus est incorrecte, car ici, nous traitons de la source secondaire d’une source secondaire d’impureté rituelle, c’est-à-dire de viande qui est entrée en contact avec une impureté rituelle de second degré. L’énoncé de la michna : Qui est devenue rituellement impure en entrant en contact avec une source secondaire d’impureté rituelle, ne doit pas être compris comme disant qu’elle est entrée en contact avec de la viande ayant un statut d’impureté rituelle de premier degré, car dans ce cas, la viande est entrée en contact avec de la viande ayant un statut d’impureté rituelle de second degré et est impure d’une impureté rituelle de troisième degré. Et Rabbi Ḥanina, l’adjoint du grand prêtre, soutient qu’il est permis de rendre impur au second degré un objet ayant une impureté rituelle de troisième degré en le brûlant avec de la viande qui est entrée en contact avec une source primaire d’impureté rituelle.
וְהָא אֵין אוֹכֶל מְטַמֵּא אוֹכֶל! דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהֵא אוֹכֶל מְטַמֵּא אוֹכֶל, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִי יֻתַּן מַיִם עַל זֶרַע וְנָפַל מִנִּבְלָתָם עָלָיו טָמֵא הוּא״ — הוּא טָמֵא, וְאֵין עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בּוֹ טָמֵא.
La Guemara soulève une difficulté : N’y a-t-il pas un principe selon lequel la nourriture ne transmet pas l’impureté rituelle à une autre nourriture, comme cela a été enseigné dans une baraita : J’aurais pu penser que la nourriture transmet l’impureté à une autre nourriture ; c’est pourquoi le verset déclare : « Et si de l’eau est mise sur la semence, et qu’une partie d’une carcasse tombe dessus, elle est impure » (Lévitique 11:38). Les Sages ont déduit de ce verset : Elle, la nourriture exposée à la source d’impureté, est impure, mais elle ne rend pas impures des nourritures semblables. Apparemment, la nourriture ne transmet pas l’impureté à une autre nourriture.
הָנִיחָא לְאַבָּיֵי דְּאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּחוּלִּין, אֲבָל בִּתְרוּמָה וְקׇדָשִׁים — עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בּוֹ.
Cela s’accorde bien avec l’opinion de Abaye, qui a dit : Ils ont enseigné ce principe selon lequel un aliment ne transmet pas l’impureté rituelle à un autre aliment uniquement en ce qui concerne les aliments non sacrés ; cependant, en ce qui concerne la terouma et les aliments consacrés, un aliment transmet l’impureté aux autres aliments qu’il touche, et rend la terouma ou l’aliment consacré semblable à lui en termes d’impureté.
וּלְרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא נָמֵי דְּאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא חוּלִּין וּתְרוּמָה, אֲבָל בְּקָדָשִׁים — עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בָּהֶן, שַׁפִּיר.
Et c’est aussi le cas selon l’opinion énoncée par Rav Adda bar Ahava au nom de Rava, qui a dit : Ils ont enseigné ce principe, selon lequel la nourriture ne transmet pas l’impureté rituelle à une autre nourriture, uniquement en ce qui concerne la nourriture non sacrée et la terouma ; cependant, en ce qui concerne la nourriture consacrée, la nourriture transmet l’impureté aux autres aliments qu’elle touche, et rend la nourriture consacrée semblable à elle en termes d’impureté. Selon cette opinion, cela s’explique bien. Puisque la michna traite d’un cas de viande consacrée, l’impureté peut être transmise d’un aliment à un autre.
אֶלָּא לְרָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא דְּאָמַר: מִקְרָא מָלֵא דִּיבֵּר הַכָּתוּב, לָא שְׁנָא חוּלִּין, לָא שְׁנָא תְּרוּמָה, לָא שְׁנָא קָדָשִׁים — אֵינוֹ עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בּוֹ. מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Cependant, ce n’est pas le cas selon l’opinion énoncée par Ravina au nom de Rava, qui a dit : La Torah a énoncé ce principe dans un verset catégorique, sans aucune exception, ce qui signifie qu’il n’y a pas de différence en ce qui concerne la nourriture non sacrée, et qu’il n’y a pas de différence en ce qui concerne la teruma, et qu’il n’y a pas de différence en ce qui concerne la nourriture consacrée, car dans tous ces cas un type de nourriture ne rend pas une autre nourriture semblable à lui en matière d’impureté. Selon cette opinion, que peut-on dire pour comprendre l’énoncé de la michna : Bien qu’ils ajoutent ainsi de l’impureté à son impureté ?
הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן? דְּאִיכָּא מַשְׁקִין בַּהֲדֵי בָּשָׂר, דְּקָא מִיטַּמֵּא מֵחֲמַת מַשְׁקִין.
La Guemara répond pour défendre cette opinion : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas où il y a des liquides avec la viande lorsqu’elle entre en contact avec la source primaire d’impureté rituelle. Puisque l’autre morceau de viande entre en contact avec le liquide sur cette viande, il devient impur en raison du contact avec le liquide. Bien que la nourriture ne transmette pas l’impureté à la nourriture, un liquide transmet l’impureté à la nourriture.
אִי הָכִי, הַאי ״עִם הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה״ — ״עִם הַבָּשָׂר וּמַשְׁקִין״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא: נְהִי דְּאֵין אוֹכֶל מְטַמֵּא אוֹכֶל מִדְּאוֹרָיְיתָא, מִדְּרַבָּנַן מִיהוּ מְטַמֵּא.
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, cette expression : Avec de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source primaire d’impureté, est imprécise. Le tanna aurait dû dire : Avec de la viande et des liquides, car les liquides sont essentiels à la transmission de l’impureté. Au contraire, la Guemara explique : Bien que la nourriture ne transmette pas l’impureté à une autre nourriture selon la loi de la Torah, en tout état de cause, selon la loi rabbinique, la nourriture transmet l’impureté à une autre nourriture. La michna est fondée sur le décret rabbinique selon lequel la nourriture transmet l’impureté à une autre nourriture.
הוֹסִיף רַבִּי עֲקִיבָא: מִימֵיהֶן שֶׁל כֹּהֲנִים לֹא נִמְנְעוּ מִלְּהַדְלִיק כּוּ׳. מִכְּדֵי שֶׁמֶן שֶׁנִּפְסַל בִּטְבוּל יוֹם מַאי הָוֵי — שְׁלִישִׁי. וְכִי מַדְלֵיק לֵיהּ בְּנֵר שֶׁנִּטְמָא בִּטְמֵא מֵת מַאי הָוֵי — שֵׁנִי.
Il a été déclaré dans la michna que Rabbi Akiva a ajouté : Pendant tous les jours des prêtres, ils ne se sont pas abstenus d’allumer de l’huile de teruma qui avait été disqualifiée rituellement par contact avec quelqu’un qui s’était immergé ce jour-là, dans une lampe qui avait été rendue rituellement impure d’une impureté du premier degré par contact avec quelqu’un qui était devenu rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre. La Guemara demande : Maintenant, considérez, quel est le statut de l’huile qui a été disqualifiée par quelqu’un qui s’est immergé ce jour-là ? Puisque quelqu’un qui s’est immergé ce jour-là assume une impureté du deuxième degré, l’huile qu’il touche assume un statut d’impureté rituelle du troisième degré. Et lorsqu’il l’allume dans une lampe qui avait été rendue rituellement impure par contact avec quelqu’un qui était devenu rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre, qui a un statut d’impureté du premier degré, quel est le statut d’impureté de l’huile ? Elle assume un statut d’impureté rituelle du deuxième degré.
מַאי קָא מַשְׁמַע לַן — שְׁלִישִׁי מוּתָּר לַעֲשׂוֹתוֹ שֵׁנִי, הַיְינוּ הָךְ?! אָמַר רַב יְהוּדָה: הָכָא בְּנֵר שֶׁל מַתֶּכֶת עָסְקִינַן, דְּרַחֲמָנָא אָמַר:
Si tel est le cas, qu’est-ce que Rabbi Akiva nous enseigne par cette halakha ? Apparemment, cette déclaration nous enseigne que, concernant un objet rituellement impur ayant un statut d’impureté du troisième degré, il est permis de le rendre impur avec un statut d’impureté du deuxième degré. Pourtant, c’est la même halakha que celle enseignée par Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre. Quelle est la nouveauté de la halakha enseignée par Rabbi Akiva ? Rav Yehouda a dit : Ici, nous traitons d’une lampe en métal, qui a un statut halakhique unique. Comme l’affirme le Miséricordieux :