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צְרִיךְ לְשַׁקּוֹעֵיהּ בַּחֲרוֹסֶת, מִשּׁוּם קָפָא. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לָא צְרִיךְ לְשַׁקּוֹעֵיהּ — נְטִילַת יָדַיִם לְמָה לִי? הָא לָא נָגַע! וְדִילְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: לָא צְרִיךְ לְשַׁקּוֹעֵיהּ, וְקָפָא מֵרֵיחָא מָיֵית. אֶלָּא לְמָה לִי נְטִילַת יָדַיִם — דִּילְמָא מְשַׁקְּעוּ לֵיהּ.
il faut la tremper dans le ḥaroset, à cause de l’amertume et du poison dans la laitue. Car si l’idée pouvait te venir à l’esprit qu’il n’est pas nécessaire de tremper complètement la laitue dans le ḥaroset, pourquoi ai-je besoin qu’il se lave les mains avant de manger des herbes amères ? Il n’a pas touché le liquide avec ses mains et, par conséquent, il ne l’a pas rendu rituellement impur. La Guemara rejette cette affirmation : En réalité, je te dirai : Selon la halakha, il n’est pas nécessaire de tremper la laitue dans le ḥarosetet le poison meurt. Le poison est annulé par l’odeur du ḥaroset. La Guemara demande : Mais dans ce cas, pourquoi ai-je besoin du lavage des mains avant de tremper ? La Guemara répond : Peut-être qu’on trempera la laitue, et il est donc nécessaire de se laver les mains pour éviter le possible transfert d’impureté rituelle.
וְאָמַר רַב פָּפָּא: לָא נִישַׁהֵי אִינִישׁ מָרוֹר בַּחֲרוֹסֶת, דִּילְמָא אַגַּב חַלְיֵיהּ דְּתַבְלִין מְבַטֵּיל לֵיהּ לִמְרוֹרֵיהּ, וּבָעֵינַן טַעַם מָרוֹר, וְלֵיכָּא. אַדְבְּרֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַבָּנָא עוּקְבָא, וּדְרַשׁ: נָטַל יָדָיו בְּטִיבּוּל רִאשׁוֹן — נוֹטֵל יָדָיו בְּטִיבּוּל שְׁנֵי.
Et Rav Pappa a dit : Une personne ne doit pas laisser des herbes amères dans le ḥaroset pendant une longue période, de peur que la douceur des épices dans le ḥaroset n’annule leur amertume. Et les herbes amères requièrent un goût amer, et elles ne sont pas amères lorsqu’elles sont marinées dans le ḥaroset. La Guemara rapporte : Rav Ḥisda a autorisé Rabbana Ukva à donner un cours, et il a enseigné : Si quelqu’un s’est lavé les mains pour la première trempette, il doit se laver les mains de nouveau pour la seconde trempette.
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא: הָא בְּעָלְמָא אִיתְּמַר. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הָכָא אִיתְּמַר, לְמָה לִי נְטִילַת יָדַיִם תְּרֵי זִימְנֵי? הָא מְשָׁא לֵיהּ יְדֵיהּ חֲדָא זִימְנָא!
Les Sages ont dit cette halakha devant Rav Pappa et ont ajouté : Cette halakha a été énoncée de manière générale, c’est-à-dire au sujet de celui qui trempe de la nourriture deux fois à n’importe quel moment, et non au sujet de la nuit de Pessa'h. Car si l’on pouvait penser que cela a été dit ici, au sujet de Pessa'h, pourquoi me faudrait-il un lavage des mains deux fois ? Cette personne s’est déjà lavé les mains une fois. Puisqu’elle sait qu’elle trempera de nouveau, elle prendra soin de conserver ses mains dans un état de pureté rituelle et, par conséquent, il n’est pas nécessaire qu’elle se lave les mains une seconde fois. Il n’en va pas de même en ce qui concerne le fait de tremper pendant le reste de l’année, lorsqu’on ne sait pas au départ qu’on trempera de nouveau.
אֲמַר לְהוּ רַב פָּפָּא: אַדְּרַבָּה, הָכָא אִיתְּמַר. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּעָלְמָא אִיתְּמַר, לְמָה לִי תְּרֵי טִיבּוּלֵי?
Rav Pappa leur dit : Au contraire, cette halakha a été énoncée spécifiquement ici, au sujet de la nuit de Pessa'h. Car si l'on pouvait concevoir qu'elle a été énoncée de manière générale, pourquoi ai-je besoin de deux trempages ? Une personne trempe habituellement une seule fois, soit au début, soit au milieu de son repas.
אֶלָּא מַאי, הָכָא אִיתְּמַר? נְטִילַת יָדַיִם תְּרֵי זִימְנֵי לְמָה לִי? הָא מְשָׁא לֵיהּ יְדֵיהּ חֲדָא זִימְנָא! אָמְרִי: כֵּיוָן דְּבָעֵי לְמֵימַר אַגָּדְתָּא וְהַלֵּילָא, דִּילְמָא אַסּוֹחֵי אַסְּחֵיהּ לְדַעְתֵּיהּ וּנְגַע.
La Guemara demande : Mais alors, que diras-tu ? Cette halakha a été énoncée précisément ici, au sujet de la nuit de Pessa'h ? Si c'est le cas, pourquoi ai-je besoin de deux lavages des mains ? Il s'est déjà lavé les mains une fois. Ils disent en réponse : Puisqu'il doit réciter la Haggadah et le hallel entre les deux trempages, peut-être détournera-t-il son attention et ses mains toucheront un objet rituellement impur.
אָמַר רָבָא: בָּלַע מַצָּה — יָצָא, בָּלַע מָרוֹר — לֹא יָצָא. בָּלַע מַצָּה וּמָרוֹר, יְדֵי מַצָּה — יָצָא, יְדֵי מָרוֹר — לֹא יָצָא. כְּרָכָן בְּסִיב וּבְלָעָן — אַף יְדֵי מַצָּה נָמֵי לֹא יָצָא.
Rava a dit : Si quelqu’un a avalé de la matza sans la mâcher, il s’est acquitté de l’obligation de manger de la matza, puisqu’il l’a consommée. Cependant, si quelqu’un a avalé des herbes amères sans les mâcher, il ne s’est pas acquitté de son obligation, car il n’en a pas goûté l’amertume. En outre, si quelqu’un a avalé de la matza et des herbes amères ensemble, il s’est acquitté de l’obligation de manger de la matza, mais il ne s’est pas acquitté de l’obligation de manger des herbes amères. Si quelqu’un a enveloppé de la matza et des herbes amères dans un treillis de palmier, le fin entrelacement de vrilles qui pousse autour d’un palmier, et les a avalées, il ne s’est pas acquitté de son obligation même de manger de la matza. Lorsque la matza et les herbes amères sont consommées de cette manière, la matza ne touche pas la bouche de la personne. Cela n’est pas considéré comme le fait de manger.
אָמַר רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: מַצָּה לִפְנֵי כׇּל אֶחָד וְאֶחָד, מָרוֹר לִפְנֵי כׇּל אֶחָד וְאֶחָד, וַחֲרוֹסֶת לִפְנֵי כׇּל אֶחָד וְאֶחָד. וְאֵין עוֹקְרִין אֶת הַשֻּׁלְחָן אֶלָּא לִפְנֵי מִי שֶׁאוֹמֵר הַגָּדָה.
Rav Shimi bar Ashi a dit : matsa doit être placée devant chacun et chacune des participants au séder. Chaque participant à un séder s’accoudait sur une couche auprès de sa propre table personnelle. De même, des herbes amères doivent être placées devant chacun et chacune des participants, et le ḥaroset doit être placé devant chacun et chacune des participants. Et pendant le séder, avant le repas, on ne retirera la table que de devant celui qui récite la Haggada. Les autres tables, qui correspondent aux plateaux du séder utilisés de nos jours, restent à leur place.
רַב הוּנָא אוֹמֵר: כּוּלְּהוּ נָמֵי לִפְנֵי מִי שֶׁאוֹמֵר הַגָּדָה. וְהִלְכְתָא כְּרַב הוּנָא.
Rav Houna dit : Tous les aliments susmentionnés, c’est-à-dire la matsa, les herbes amères et le harosset, doivent aussi être placés uniquement devant celui qui récite la Haggada. Lorsque vient le moment de manger ces aliments, tous les autres participants reçoivent de lui une portion. La Guemara commente : Et la halakha est conforme à l’opinion de Rav Houna.
לָמָּה עוֹקְרִין אֶת הַשּׁוּלְחָן? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: כְּדֵי שֶׁיַּכִּירוּ תִּינוֹקוֹת וְיִשְׁאֲלוּ. אַבָּיֵי הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבָּה, חֲזָא דְּקָא מַדְלִי תַּכָּא מִקַּמֵּיהּ, אֲמַר לְהוּ: עֲדַיִין לָא קָא אָכְלִינַן, אָתוּ קָא מְעַקְּרִי תַּכָּא מִיקַּמַּן?! אֲמַר לֵיהּ רַבָּה: פְּטַרְתַּן מִלּוֹמַר ״מָה נִּשְׁתַּנָּה״.
La Guemara demande : Pourquoi retire-t-on la table ? L’école de Rabbi Yannai dit : Afin que les enfants remarquent qu’il y a quelque chose d’inhabituel et demandent : Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? La Guemara raconte : Abaye était assis devant Rabba alors qu’il était encore enfant. Il vit qu’on retirait la table de devant lui, et il dit à ceux qui la retiraient : Nous n’avons pas encore mangé, et vous nous enlevez déjà la table ? Rabba lui dit : Tu nous as dispensés de réciter les questions de : Pourquoi cette nuit est-elle différente [ma nishtana], puisque tu as déjà demandé ce qui est particulier dans la nuit du séder.
אָמַר שְׁמוּאֵל: ״לֶחֶם עוֹנִי״ כְּתִיב — לֶחֶם שֶׁעוֹנִין עָלָיו דְּבָרִים. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֶחֶם עוֹנִי״ — לֶחֶם שֶׁעוֹנִין עָלָיו דְּבָרִים הַרְבֵּה. דָּבָר אַחֵר: ״לֶחֶם עוֹנִי״ — ״עֹנִי״ כְּתִיב, מָה עָנִי שֶׁדַּרְכּוֹ בִּפְרוּסָה,
Shmuel a dit que l’expression : « le pain d’affliction [leḥem oni] » (Deutéronome 16:3) signifie un pain sur lequel on répond [onim] des paroles, c’est-à-dire qu’on récite la Haggada sur la matza. Cela a également été enseigné dans une baraita : Leḥem oni est un pain sur lequel on répond à de nombreuses choses. Alternativement, dans le verset, « leḥem oni » est en fait écrit sans vav, ce qui signifie une personne pauvre. De même que c’est la manière d’une personne pauvre de manger un morceau de pain, faute d’un pain entier,

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