כֹּל שֶׁקּוֹרִין לָהּ ״אִמָּא אִמָּא״ וְאֵינָהּ בּוֹשָׁה. רַבִּי זֵירָא וְרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק — חַד אָמַר: כֹּל שֶׁאֵינָהּ מַקְפֶּדֶת, וְחַד אָמַר: כֹּל שֶׁאֵינָהּ בּוֹשָׁה. מַאי בֵינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵינַיְיהוּ: בּוֹשָׁה וְאֵינָהּ מַקְפֶּדֶת.
C’est toute femme qui est assez âgée pour que les gens l’appellent : Mère [Imma], Mère, et elle n’en a pas honte. Rabbi Zeira et Rabbi Shmuel bar Rav Yitzḥak sont en désaccord à ce sujet. L’un dit que la définition est toute femme qui ne se vexe pas lorsqu’on l’appelle : Mère, Mère. Et l’autre dit que c’est toute femme qui n’en a pas honte. La Guemara demande : Quelle est la différence entre leurs définitions ? La Guemara répond : La différence pratique entre eux est dans un cas où une femme est gênée mais ne se vexe pas lorsqu’on l’appelle : Mère.
וְכַמָּה עוֹנָה? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה: עוֹנָה בֵּינוֹנִית שְׁלֹשִׁים יוֹם, וְרָבָא אָמַר רַב חִסְדָּא: עֶשְׂרִים יוֹם. וְלָא פְּלִיגִי, מָר קָחָשֵׁיב יְמֵי טוּמְאָה וִימֵי טׇהֳרָה, וּמָר לָא חָשֵׁיב יְמֵי טוּמְאָה.
La Guemara demande : Et combien de temps dure un cycle menstruel typique ? Reish Lakish dit au nom de Rabbi Yehuda Nesia : Le cycle menstruel moyen dure trente jours. Et Rava dit que Rav Ḥisda dit : il dure vingt jours. La Guemara note : Et ils ne sont pas en désaccord. Un Sage, Rav Yehuda Nesia, compte tous les jours de son cycle, y compris les jours d’impureté et les jours de pureté. Et l’autre Sage, Rav Ḥisda, ne compte pas les jours d’impureté, c’est-à-dire les sept jours d’impureté d’une femme menstruée et les trois jours de l’observation de ziva.
תָּנוּ רַבָּנַן: זְקֵנָה שֶׁעָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת, וְרָאֲתָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ. וְעוֹד עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת, וְרָאֲתָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ. וְעוֹד עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת, וְרָאֲתָה — הֲרֵי הִיא כְּכׇל הַנָּשִׁים, וּמְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת וּמִפְּקִידָה לִפְקִידָה.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne une femme âgée pour qui trois cycles menstruels typiques de trente jours se sont écoulés et ensuite elle a vu un écoulement de sang menstruel, son heure lui suffit. Et si trois autres cycles menstruels typiques de trente jours se sont écoulés pour elle et elle a ensuite vu un écoulement de sang menstruel, son heure lui suffit. Et si encore trois autres cycles menstruels typiques de trente jours se sont écoulés pour elle et ensuite elle a vu un écoulement de sang menstruel, après cette troisième fois elle est désormais comme toutes les femmes normales, et elle transmet l'impureté rétroactivement pendant une période de vingt-quatre heures ou d'examen à examen.
וְלָא (מִיבַּעְיָא) שֶׁכִּוְּונָה, אֶלָּא אֲפִילּוּ פִּיחֲתָה, וַאֲפִילּוּ הוֹתִירָה.
La baraita continue : Et il n’est pas nécessaire d’enseigner cette halakha dans un cas où elle a connu les trois apparitions à des intervalles égaux de quatre-vingt-dix jours, car dans un tel cas il est évident qu’elle prend le statut d’une femme normale qui transmet l’impureté rétroactivement. Au contraire, même si elle a eu des intervalles qui diminuaient, c’est-à-dire qu’elle a eu des saignements à des intervalles plus courts que cela, ou même si elle a augmenté et a eu des saignements à des intervalles plus longs, elle prend malgré tout le statut d’une femme qui transmet l’impureté rétroactivement.
״אֲפִילּוּ פִּיחֲתָה״, וְלָא מִבָּעֲיָא כִּוְּונָה? אַדְּרַבָּה, כִּי כִּוְּונָה — קָבְעָה לָהּ וִסְתָּהּ, וְדַיָּה שְׁעָתָהּ!
La Guemara déduit : La formulation de la baraita : Même si elle avait des intervalles où elle a diminué, indique qu'il n'est pas nécessaire d'enseigner la halakha dans le cas d'une femme qui a eu des saignements à des intervalles égaux. Cela est déroutant, car au contraire, si elle a eu des saignements à des intervalles égaux, elle fixe son cycle menstruel comme étant tous les trente jours, et selon Rabbi Dosa (4b), la halakha est que son temps lui suffit.
וְכִי תֵּימָא, רַבָּנַן הִיא, דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי דּוֹסָא, דְּאָמְרִי: אִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ וֶסֶת מְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת, אִיפְּכָא מִבְּעֵי לֵיהּ, וְלֵימָא: וְלֹא שֶׁפִּיחֲתָה וְהוֹתִירָה, אֶלָּא אֲפִילּוּ כִּוְּונָה!
Et si tu disais que cela est conforme à l’opinion des Sages, qui sont en désaccord avec Rabbi Dosa, puisqu’ils disent qu’une femme qui a un cycle menstruel fixe transmet l’impureté rétroactivement pendant une période de vingt-quatre heures, alors la baraitaaurait dû être rédigée de la manière opposée : Qu’elle dise : Et la halakha selon laquelle une femme âgée qui voit du sang menstruel à intervalles revient au statut des femmes ordinaires et transmet l’impureté rétroactivement s’applique non seulement à un cas où elle a eu des intervalles dans lesquels elle a diminué ou augmenté, c’est-à-dire qu’elle a eu des saignements à moins de quatre-vingt-dix jours d’intervalle ou à plus de quatre-vingt-dix jours d’intervalle, mais cette halakha s’applique même si elle a eu des saignements à des intervalles égaux.
תְּנִי: לֹא שֶׁפִּיחֲתָה וְהוֹתִירָה, אֶלָּא אֲפִילּוּ כִּוְּונָה. וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָכִי קָאָמַר: וְלֹא שֶׁכִּוְּונָה, אֶלָּא שֶׁפִּיחֲתָה וְהוֹתִירָה, אֲבָל כִּוְּונָה — קָבְעָה לָהּ וֶסֶת, וְדַיָּה שְׁעָתָהּ. וּמַנִּי? רַבִּי דּוֹסָא הִיא.
La Guemara répond : Enseigne dans la baraita conformément à cette version modifiée : Et la halakha s’applique non seulement à un cas où elle avait des intervalles au cours desquels elle diminuait ou augmentait, mais telle est la halakhamême si elle a eu des saignements à des intervalles égaux. Et si tu veux, dis plutôt que voici ce que la baraitadit : La halakha selon laquelle une femme âgée est rétroactivement impure ne s’applique pas à un cas où elle a vu du sang menstruel à des intervalles égaux. Au contraire, elle ne s’applique que si elle diminuait ou augmentait, c’est-à-dire si elle a eu des saignements à des intervalles de moins ou de plus de quatre-vingt-dix jours. Mais si elle a vu du sang à des intervalles égaux, elle fixe ainsi un cycle menstruel établi de quatre-vingt-dix jours, et son heure lui suffit. La Guemara ajoute : Et si tel est le cas, conformément à l’opinion de qui est cette baraita ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Dosa.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כָּל אִשָּׁה שֶׁעָבְרוּ עָלֶיהָ וְכוּ׳. תַּנְיָא: אָמַר לָהֶם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לַחֲכָמִים: מַעֲשֶׂה בְּרִיבָה אַחַת בְּהַיְתָלוֹ, שֶׁהִפְסִיקָה שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת, וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי חֲכָמִים וְאָמְרוּ: דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ.
§ La michna enseigne que Rabbi Eliezer dit : En ce qui concerne toute femme pour laquelle trois cycles menstruels typiques se sont écoulés sans qu’elle voie de sang menstruel, si elle a un saignement, son temps présent suffit. Rabbi Yossei dit : Dans le cas d’une femme enceinte et d’une femme qui allaite, pour lesquelles trois cycles menstruels se sont écoulés sans qu’elles voient de sang menstruel, si ensuite elle voit du sang, son temps présent suffit. Rabbi Eliezer cite une preuve à son opinion. Il est enseigné dans une baraita : Il y eut un incident concernant une certaine jeune fille dans le village de Hitlo qui cessa de menstruer pendant trois cycles menstruels typiques, après quoi elle eut ses règles. Et l’affaire fut portée devant les Sages, et ils dirent que son temps présent suffit et qu’elle ne transmet pas l’impureté rétroactivement.
אָמְרוּ לוֹ: אֵין שְׁעַת הַדְּחָק רְאָיָה. מַאי שְׁעַת הַדְּחָק? אִיכָּא דְאָמְרִי: שְׁנֵי בַצּוֹרֶת הֲווֹ, אִיכָּא דְאָמְרִי: טְהָרוֹת אַפֵּישׁ (לַעֲבִידָא) [וַעֲבַדָא], וְחַשּׁוּ רַבָּנַן לְהֶפְסֵד דִּטְהָרוֹת.
Les autres Sages dirent à Rabbi Eliezer : Les décisions rendues dans des circonstances pressantes ne constituent pas une preuve. La Guemara demande : Quelles étaient les circonstances pressantes ? Certains disent que c’était pendant les années de famine, et certains disent que la jeune fille avait manipulé de nombreux objets rituellement purs, et les Sages craignaient la perte de ces objets purs s’ils étaient rétroactivement déclarés impurs.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה, וְעָשָׂה רַבִּי כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר. לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר, אָמַר: כְּדַי הוּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לִסְמוֹךְ עָלָיו בִּשְׁעַת הַדְּחָק. מַאי ״לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר״? אִילֵּימָא לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא כְּרַבָּנַן, בִּשְׁעַת הַדְּחָק הֵיכִי עָבֵיד כְּוָותֵיהּ?
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Il y eut un incident dans lequel Rabbi Yehouda HaNassi agit en statuant que la halakhaest conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer. Après s’être souvenu que les collègues de Rabbi Eliezer sont en désaccord avec lui sur cette question, et qu’il avait apparemment statué incorrectement, il a néanmoins dit : Rabbi Eliezer est digne qu’on s’appuie sur lui dans des circonstances pressantes. La Guemara demande : Que signifie : Après s’être souvenu ? Si nous disons que cela signifie après s’être souvenu que la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer, mais conforme à l’opinion des Sages, dans ce cas, comment pouvait-il agir conformément à Rabbi Eliezer même dans des circonstances pressantes, puisque la halakha a été tranchée contre lui ?
אֶלָּא, דְּלָא אִיתְּמַר הִילְכְתָא לָא כְּמָר וָלֹא כְּמָר, וּמַאי ״לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר״? לְאַחַר שֶׁנִּזְכַּר דְּלָאו יָחִיד פְּלִיג עֲלֵיהּ, אֶלָּא רַבִּים פְּלִיגִי עֲלֵיהּ, אֲמַר: כְּדַי הוּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לִסְמוֹךְ עָלָיו בִּשְׁעַת הַדְּחָק.
Au contraire, il faut dire que la halakha n’avait pas été établie sur cette question, ni conformément à l’opinion de ce Sage, Rabbi Eliezer, ni conformément à l’opinion de cet autre Sage, les Sages. Et que signifie : Après qu’il s’en est souvenu ? Après que Rabbi Yehouda HaNassi s’est souvenu que ce n’était pas une seule autorité qui était en désaccord avec Rabbi Eliezer, mais plusieurs Sages qui étaient en désaccord avec lui, et il existe un principe selon lequel la halakha suit l’opinion de la majorité plutôt que celle d’un individu, il a néanmoins dit : On peut s’appuyer sur Rabbi Eliezer dans des circonstances pressantes.
תָּנוּ רַבָּנַן: תִּינוֹקֶת שֶׁלֹּא הִגִּיעַ זְמַנָּהּ לִרְאוֹת וְרָאֲתָה, פַּעַם רִאשׁוֹנָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ, שְׁנִיָּה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ, שְׁלִישִׁית — הֲרֵי הִיא כְּכׇל הַנָּשִׁים, וּמְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת וּמִפְּקִידָה לִפְקִידָה.
La Guemara poursuit la discussion au sujet d’une femme qui ne connaît pas de menstruation pendant trois cycles menstruels typiques. Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne une jeune fille, âgée de moins de douze ans, dont le moment de voir l’écoulement du sang menstruel n’est pas encore arrivé et qui a vu du sang menstruel, après la première fois, son heure lui suffit. Après la deuxième fois, de nouveau son heure lui suffit. Après la troisième fois, elle est comme toutes les femmes adultes ordinaires, et par conséquent elle transmet l’impureté rétroactivement pendant une période de vingt-quatre-heures ou d’examen à examen.
עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת וְרָאֲתָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ, וְעוֹד עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת וְרָאֲתָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ, וְעוֹד עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת וְרָאֲתָה — הֲרֵי הִיא כְּכׇל הַנָּשִׁים, וּמְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת וּמִפְּקִידָה לִפְקִידָה.
La baraita continue : Si alors elle a laissé passer trois cycles menstruels attendus sans avoir de saignement, et ensuite elle a vu du sang menstruel, elle revient au statut d’une jeune fille et son temps suffit. Et s’il arrive en outre qu’elle ait de nouveau laissé passer trois cycles menstruels attendus sans avoir de saignement, et ensuite elle a vu du sang menstruel, son temps suffit. Et si elle a laissé passer trois autres cycles sans avoir de saignement, et elle a ensuite vu du sang menstruel, elle est comme toutes les femmes adultes normales. Elle est considérée comme une femme qui a des menstruations régulières à de longs intervalles avec des pauses de quatre-vingt-dix jours. Et par conséquent elle transmet l’impureté rétroactivement pendant une période de vingt-quatre heures ou d’examen à examen.
וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַנָּהּ לִרְאוֹת, פַּעַם רִאשׁוֹנָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ, שְׁנִיָּה — מְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת וּמִפְּקִידָה לִפְקִידָה, עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת וְרָאֲתָה — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ.
La baraita conclut : Et en ce qui concerne une jeune fille dont le moment de voir l’écoulement du sang menstruel est arrivé, c’est-à-dire qu’elle a atteint l’âge de douze ans, lorsqu’elle voit du sang menstruel pour la première fois, son heure lui suffit. Après la deuxième fois, elle transmet l’impureté rétroactivement pendant une période de vingt-quatre heures ou d’examen en examen. Si ensuite trois cycles menstruels se sont écoulés sans qu’elle ait eu de saignement, et qu’ensuite elle a vu du sang menstruel, son heure lui suffit. Cela est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer, qui soutient que toute femme chez qui trois cycles menstruels attendus se sont écoulés sans saignement est présumée ne pas être menstruée.
אָמַר מָר: עָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ.
Le Maître a dit dans la baraita : Si la jeune fille qui avait commencé à menstruer a passé trois cycles menstruels attendus sans avoir de saignement, puis a vu du sang menstruel, elle retourne au statut de jeune fille et son temps suffit.