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וְהָא קַשִּׁישׁ מִינֵּיהּ טוּבָא! אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָאֵי רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל בְּשִׁיטְתֵיהּ.
La Guemara demande : Mais Rabbi Eliezer n’était-il pas bien plus âgé que Rabbi Ḥanina ben Gamliel ? Comment Rabbi Eliezer aurait-il pu citer l’opinion de Rabbi Ḥanina ben Gamliel ? La Guemara répond : Au contraire, la raison pour laquelle Rabbi Elazar a statué que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer dans ce cas était parce que Rabbi Ḥanina ben Gamliel soutenait son opinion.
וּמִי קָאֵי? וְהָתַנְיָא: אוֹר יוֹם הַכִּפּוּרִים — מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה, שַׁחֲרִית — מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה, מוּסָף — מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה, מִנְחָה — מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה, בִּנְעִילָה — מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וּמִתְוַדֶּה, בְּעַרְבִית — מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע מֵעֵין שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה.
Rabbi Ḥanina ben Gamliel soutient-il vraiment l’opinion de Rabbi Eliezer ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : La nuit de Yom Kippour, on récite sept bénédictions dans la prière de la Amida et on se confesse ; à la prière du matin, on récite sept bénédictions et on se confesse ; à la prière additionnelle, on récite sept bénédictions et on se confesse ; à la prière de l’après-midi, on récite sept bénédictions et on se confesse ; et dans la prière de ne’ila, on récite également sept bénédictions et on se confesse. Pour la prière du soir à la conclusion de Yom Kippour, on récite sept bénédictions dans une version abrégée des dix-huit bénédictions de la prière de semaine de la Amida. On récite les trois premières bénédictions, les trois dernières, et une bénédiction centrale qui comprend une forme abrégée des autres bénédictions de semaine.
רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל מִשּׁוּם אֲבוֹתָיו אוֹמֵר: מִתְפַּלֵּל שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר הַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדָּעַת״. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אִיהוּ אָמַר מִשּׁוּם אֲבוֹתָיו, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.
Rabbi Ḥanina ben Gamliel dit au nom de ses ancêtres : On récite les dix-huit bénédictions au complet, en raison du fait qu’il est tenu de réciter la havdala dans la quatrième bénédiction de la Amida : Qui accorde gracieusement la connaissance. La havdala ne peut pas être insérée dans la version abrégée. Il est évident que Rabbi Ḥanina ben Gamliel n’est pas d’accord avec la décision de Rabbi Eliezer selon laquelle on récite la havdala dans la bénédiction de remerciement, l’une des trois dernières bénédictions de la prière de la Amida. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit en explication : Rabbi Ḥanina ben Gamliel a dit cet avis au nom de ses ancêtres, mais lui-même ne le soutient pas.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: וְאַתְּ לָא תִּסְבְּרַאּ דְּמַאן תְּנָא קִטְפָא פֵּירָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הוּא? וְהָתְנַן: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַמַּעֲמִיד בִּשְׂרַף עָרְלָה אָסוּר!
§ Auparavant, Rabbi Zeira a contesté l’affirmation de Rabbi Pedat, fils de Rabbi Eliezer, selon laquelle le Sage qui soutient que le baume est considéré comme un fruit et possède donc la sainteté de l’Année sabbatique est Rabbi Eliezer. Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : Et toi ? Ne soutiens-tu pas que le tannaqui a enseigné que la sève du baume a le statut de fruit est Rabbi Eliezer ? Car, n’avons-nous pas appris dans une michna (Orla 1:7) que Rabbi Eliezer dit : En ce qui concerne celui qui fait cailler du fromage avec la sève de orla, le fromage est interdit, car la sève est considérée comme le fruit de l’arbre.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן, עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא בְּקִטְפָא דִּגְוָוזָא, אֲבָל בְּקִטְפָא דְּפֵירָא מוֹדוּ לֵיהּ, דִּתְנַן: אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: שָׁמַעְתִּי בְּפֵירוּשׁ שֶׁהַמַּעֲמִיד בִּשְׂרַף הֶעָלִין בִּשְׂרַף הָעִיקָּרִין מוּתָּר, בִּשְׂרַף הַפַּגִּין אָסוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֶּרִי.
La Guemara répond : Tu peux même dire que la michna qui traite du baume est conforme à l’opinion des Sages. Car les Sages ne sont en désaccord avec Rabbi Eliezer qu’au sujet de la sève de l’arbre, mais dans le cas de la sève du fruit ils sont d’accord avec lui. Comme nous l’avons appris dans une michna (Orla 1:7) où Rabbi Yehoshua a dit : J’ai entendu explicitement que dans le cas de quelqu’un qui fait cailler du fromage avec la sève des feuilles ou la sève des racines d’un arbre de orla, le fromage est permis. Mais s’il est caillé avec la sève de figues non mûres, il est interdit, parce que cette sève est considérée comme un fruit.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כִּי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — בְּאִילָן הָעוֹשֶׂה פֵּירוֹת, אֲבָל בְּאִילָן שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה פֵּירוֹת — מוֹדוּ דִּקְטָפוֹ זֶהוּ פִּרְיוֹ. דִּתְנַן: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֵין לַקְּטָף שְׁבִיעִית, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יֵשׁ לַקְּטָף שְׁבִיעִית, מִפְּנֵי שֶׁקְּטָפוֹ זֶהוּ פִּרְיוֹ.
Et si tu le souhaites, dis plutôt : Lorsque les Rabbins sont en désaccord avec Rabbi Eliezer, cela concerne un arbre qui porte des fruits. Mais dans le cas d'un arbre qui ne porte pas de fruits, ils conviennent que sa sève est considérée comme son fruit. Comme nous l'avons appris dans une michna (Shevi’it 7:6) où Rabbi Shimon dit : La sainteté de l'année sabbatique ne s'applique pas à la sève. Et les Rabbins disent : La sainteté de l'année sabbatique s'applique à la sève, parce que sa sève est son fruit.
מַאן חֲכָמִים? לָאו רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאן חֲכָמִים? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאָמַר: קְטָפוֹ זֶהוּ פִּרְיוֹ.
La Guemara explique la preuve : Qui sont ces Rabbins ? Ne sont-ce pas les Rabbins qui sont en désaccord avec Rabbi Eliezer ? Si c’est le cas, cela démontre qu’ils sont d’accord dans le cas d’un arbre qui ne porte pas de fruit. La Guemara rejette cette preuve : Un certain ancien dit à Rabbi Zeira que voici ce que dit Rabbi Yoḥanan : Qui sont les Rabbins dans cette michna ? C’est Rabbi Eliezer, qui a dit que sa sève est considérée comme son fruit.
אִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, מַאי אִירְיָא אִילָן שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה פְּרִי? אֲפִילּוּ אִילָן הָעוֹשֶׂה פְּרִי — קְטָפוֹ זֶהוּ פִּרְיוֹ! לְדִבְרֵיהֶם דְּרַבָּנַן קָאָמַר לְהוּ: לְדִידִי, אֲפִילּוּ אִילָן הָעוֹשֶׂה פֵּירוֹת נָמֵי — קְטָפוֹ זֶהוּ פִּרְיוֹ. לְדִידְכוּ, אוֹדוֹ לִי מִיהַת בְּאִילָן שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה פֵּירוֹת דִּקְטָפוֹ זֶהוּ פִּרְיוֹ. וְרַבָּנַן אָמְרִי לֵיהּ: לָא שְׁנָא.
La Guemara demande : Si telle est l’opinion de Rabbi Eliezer, pourquoi discutent-ils précisément du cas d’un arbre qui ne porte pas de fruit ? Même dans le cas d’un arbre qui porte des fruits, Rabbi Eliezer soutient que sa sève est comme son fruit. La Guemara répond : Rabbi Eliezer a formulé son opinion à leur intention conformément à l’énoncé des Sages eux-mêmes, comme suit : Selon mon opinion, même en ce qui concerne un arbre qui porte des fruits, sa sève est aussi considérée comme son fruit. Mais selon votre opinion, vous devriez au moins être d’accord avec moi dans le cas d’un arbre qui ne porte pas de fruit, à savoir que sa sève est considérée comme son fruit. Et les Sages dirent en réponse à Rabbi Eliezer : Il n’y a pas de différence. La sève n’est pas considérée comme un fruit, qu’elle provienne d’un arbre fruitier ou d’un arbre stérile.
אֵיזוֹ הִיא בְּתוּלָה? כֹּל שֶׁלֹּא רָאֲתָה כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: נִשֵּׂאת וְרָאֲתָה דָּם מֵחֲמַת נִישּׂוּאִין, יָלְדָה וְרָאֲתָה דָּם מֵחֲמַת לֵידָה — עֲדַיִין אֲנִי קוֹרֵא לָהּ ״בְּתוּלָה״, שֶׁהֲרֵי ״בְּתוּלָה״ שֶׁאָמְרוּ — בְּתוּלַת דָּמִים, וְלֹא בְּתוּלַת בְּתוּלִים.
§ La michna enseigne : Qui est la femme caractérisée comme vierge dans ce contexte ? C’est toute femme qui n’a pas vu d’écoulement de sang menstruel de tous ses jours, même si elle a été mariée et a connu un saignement résultant du rapport sexuel ayant consommé son mariage. Les Sages ont enseigné : Si elle a été mariée et a vu un écoulement de sang dû à son mariage, c’est-à-dire du sang résultant de la déchirure de son hymen ; ou si elle a accouché et a vu du sang à cause de l’accouchement, je l’appelle encore vierge dans ce contexte. La raison est que lorsqu’ils ont dit : Vierge ici, ils voulaient dire une vierge de sang menstruel, c’est-à-dire une femme qui n’a pas encore vu d’écoulement menstruel, et non une vierge de sang de l’hymen, c’est-à-dire une femme qui n’a pas connu de saignement dû à un hymen déchiré.
אִינִי? וְהָאָמַר רַב כָּהֲנָא: תְּנָא, שָׁלֹשׁ בְּתוּלוֹת הֵן — בְּתוּלַת אָדָם, בְּתוּלַת קַרְקַע, בְּתוּלַת שִׁקְמָה. בְּתוּלַת אָדָם — כׇּל זְמַן שֶׁלֹּא נִבְעֲלָה, נָפְקָא מִינַּהּ לְכֹהֵן גָּדוֹל, אִי נָמֵי לִכְתוּבָּתָהּ מָאתַיִם.
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rav Kahana n’a-t-il pas dit qu’un Sage a enseigné : Il y a trois types de vierges : une vierge humaine, une terre vierge et un sycomore vierge. Une vierge humaine est une femme tant qu’elle n’a pas eu de rapports sexuels. La pertinence de cette désignation est que seule une vierge est autorisée à épouser un Grand Prêtre (voir Lévitique 21:13–14). Autrement, la pertinence est que son contrat de mariage est de deux cents dinars, au lieu des cent dinars du contrat de mariage d’une non-vierge.
בְּתוּלַת קַרְקַע — כׇּל זְמַן שֶׁלֹּא נֶעֶבְדָה. נָפְקָא מִינַּהּ לְנַחַל אֵיתָן, אִי נָמֵי לְמִקָּח וּמִמְכָּר.
Une terre vierge est une terre tant qu’elle n’a pas été travaillée. La pertinence de cette désignation est en ce qui concerne le torrent desséché et rugueux mentionné dans la Torah. Lorsqu’on trouve le corps d’une victime de meurtre entre deux villes et que le meurtrier est inconnu, la Torah déclare qu’on brise la nuque d’une génisse dans un endroit qui n’a pas été travaillé. Autrement, la pertinence est en ce qui concerne l’achat et la vente. Si quelqu’un stipule qu’il achète une terre vierge, elle est définie comme une terre qui n’a jamais été travaillée.
בְּתוּלַת שִׁקְמָה — כׇּל זְמַן שֶׁלֹּא נִקְצְצָה. נָפְקָא מִינַּהּ לְמִקָּח וּמִמְכָּר, אִי נָמֵי לְמִקְצְצַהּ בִּשְׁבִיעִית, כְּדִתְנַן: אֵין קוֹצְצִין בְּתוּלַת שִׁקְמָה בַּשְּׁבִיעִית מִפְּנֵי שֶׁהִיא עֲבוֹדָה. וְאִם אִיתָא, לִיתְנֵי נָמֵי הָא!
Enfin, un sycomore vierge est un sycomore tant qu’il n’a pas été abattu, c’est-à-dire coupé pour favoriser sa croissance. La pertinence de cette désignation est en matière d’achat et de vente. Si l’on stipule que l’on achète un sycomore vierge, il est défini comme un arbre qui n’a jamais été abattu. Autrement, la pertinence est en ce qui concerne l’interdiction de l’abattre pendant l’année sabbatique, comme nous l’avons appris dans une michna : (Shevi’it 4:5) : On ne peut pas abattre un sycomore vierge pendant l’année sabbatique, car cela est considéré comme un travail, puisque cela favorise la croissance de l’arbre. La Guemara explique sa question : Et s’il en est ainsi, qu’il existe un concept de virginité en ce qui concerne le sang menstruel, que le tanna de cette baraita enseigne aussi cela comme un type de vierge.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: כִּי קָתָנֵי מִידֵּי דְּלֵית לֵיהּ שֵׁם לְוַוי, אֲבָל מִידֵּי דְּאִית לֵיהּ שֵׁם לְוַוי — לָא קָתָנֵי. רַב שֵׁשֶׁת בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי אָמַר: כִּי קָתָנֵי מִידֵּי דִּתְלֵי בְּמַעֲשֶׂה, מִידֵּי דְּלָא תְּלֵי בְּמַעֲשֶׂה — לָא קָתָנֵי.
La Guemara cite plusieurs réponses. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Lorsque le Sage enseigne la liste des vierges, il n’inclut que un élément qui n’a pas de modificateur, mais il n’enseigne pas un élément qui a un modificateur. Une vierge humaine, une terre vierge et un sycomore vierge peuvent être désignés sans autre modificateur. En revanche, une vierge en ce qui concerne le sang menstruel ne peut pas être désignée simplement par le terme non modifié : Vierge. Rav Sheshet, fils de Rav Idi, dit : Lorsque le Sage enseigne la liste des vierges, il n’inclut que un élément qui dépend d’une action extérieure, par exemple un rapport sexuel dans le cas d’une vierge humaine ou l’abattage dans le cas d’un sycomore vierge. Mais il n’enseigne pas un élément qui ne dépend pas d’une action extérieure, comme le flux menstruel d’une femme.
רַבִּי חֲנִינָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא אָמַר: כִּי קָתָנֵי מִידֵּי דְּלָא הָדַר לִבְרִיָּיתוֹ, מִידֵּי דְּהָדַר לִבְרִיָּיתוֹ לָא קָתָנֵי. רָבִינָא אָמַר: כִּי קָתָנֵי מִידֵּי דְּקָפֵיד עֲלֵיהּ זָבוֹנָא, מִידֵּי דְּלָא קָפֵיד עֲלֵיהּ זָבוֹנָא לָא קָתָנֵי.
Rabbi Ḥanina, fils de Rav Ika, dit : Lorsque le Sage enseigne la liste des vierges, il n’inclut que ce qui ne reviendra pas ensuite à son état original . Mais il n’enseigne pas un élément qui reviendra ensuite à son état original , comme le flux menstruel d’une femme, qui cesse lorsqu’elle atteint la vieillesse. Ravina dit : Lorsque le Sage enseigne la liste des vierges, il n’inclut que ce au sujet de quoi un acheteur est exigeant, comme quelqu’un qui achète un sycomore vierge. Mais il n’enseigne pas un élément au sujet duquel un acheteur n’est pas exigeant, par exemple, le sang menstruel d’une femme.
וְלָא קָפְדִי? וְהָתַנְיָא: רַבִּי חִיָּיא אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁהַשְּׂאוֹר יָפֶה לָעִיסָּה, כָּךְ דָּמִים יָפִין לָאִשָּׁה. וְתַנְיָא מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: כׇּל אִשָּׁה שֶׁדָּמֶיהָ מְרוּבִּין — בָּנֶיהָ מְרוּבִּין! אֶלָּא, כִּי קָתָנֵי — מִידֵּי דְּקָפֵיץ עֲלֵיהּ זָבוֹנָא, מִידֵּי דְּלָא קָפֵיץ עֲלֵיהּ זָבוֹנָא — לָא קָתָנֵי.
La Guemara demande : Et un acheteur, c’est-à-dire un mari potentiel, n’est-il pas regardant au sujet de son sang menstruel ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Ḥiyya dit : De même que le levain est bénéfique pour la pâte, de même aussi le sang est bénéfique pour une femme ; et il est enseigné dans une autre baraita au nom de Rabbi Meir : Toute femme dont le sang est abondant, ses enfants sont abondants ? Un mari potentiel serait certainement regardant à l’égard de ce facteur. La Guemara propose une autre réponse : Plutôt, lorsque le Sage enseigne la liste des vierges, il n’inclut que ce que les acheteurs sont désireux d’acquérir. Mais il n’enseigne pas ce que les acheteurs ne sont pas désireux d’acquérir, par exemple, une femme sans sang menstruel.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזוֹהִי ״בְּתוּלַת קַרְקַע״? כֹּל שֶׁמַּעֲלָה רְשׁוּשִׁין, וְאֵין עֲפָרָהּ תִּיחוּחַ. נִמְצָא בָּהּ חֶרֶס — בְּיָדוּעַ שֶׁנֶּעֶבְדָה. צוּנְמָא — הֲרֵי זוֹ ״בְּתוּלַת קַרְקַע״.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Qu’est-ce qu’une terre vierge ? C’est toute terre qui fait remonter des mottes dures de terre et dont la poussière n’est pas meuble. Si quelqu’un trouve un tesson de poterie dans la terre, il est ainsi connu qu’elle a été autrefois travaillée et n’est pas une terre vierge. Si quelqu’un trouve de la roche dure, c’est une terre vierge.
מְעוּבֶּרֶת — מִשֶּׁיִּוָּדַע עוּבָּרָהּ. וְכַמָּה הַכָּרַת הָעוּבָּר? סוֹמְכוֹס אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי כְּמִשְׁלֹשׁ חֳדָשִׁים וְגוֹמֵר״.
§ La michna enseigne : Le temps d’une femme enceinte est suffisant à partir du moment de sa grossesse où l’existence de son fœtus est connue de tous ceux qui la voient. La Guemara demande : Et combien de temps doit passer pour que le fœtus soit connu ? Soumakhos dit au nom de Rabbi Meïr : Trois mois. Et bien qu’il n’y ait pas de preuve explicite à ce sujet, qu’un fœtus soit discernable après trois mois de grossesse, il y a une allusion à ce sujet, comme il est dit : « Et il arriva environ trois mois après qu’on informa Juda, en disant : Tamar, ta belle-fille s’est prostituée » (Torah 38:24).
זֵכֶר לַדָּבָר? קְרָא כְּתִיב, וּרְאָיָה גְּדוֹלָה הִיא! מִשּׁוּם דְּאִיכָּא דְּיָלְדָה לְתִשְׁעָה, וְאִיכָּא דְּיָלְדָה לְשִׁבְעָה.
La Guemara demande : Pourquoi Rabbi Meir appelle-t-il cela une simple allusion à la question ? Un verset explicite est écrit, et c’est une preuve significative. La Guemara répond : Ce n’est qu’une allusion parce qu’il y a des femmes qui accouchent après neuf mois et il y en a d’autres qui accouchent après sept mois. Bien que le verset indique qu’un fœtus est connu de tous après trois mois, il est possible que cela ne s’applique qu’à une grossesse de neuf mois. Puisque, dans le cas d’une grossesse de neuf mois, le fœtus est reconnaissable après un tiers du terme complet, en ce qui concerne une grossesse de sept mois, le fœtus serait également perceptible après un tiers de la grossesse complète, c’est-à-dire à deux mois et un tiers. Par conséquent, Rabbi Meir enseigne que dans tous les cas le fœtus n’est connu qu’après trois mois.
תָּנוּ רַבָּנַן: הֲרֵי שֶׁהָיְתָה בְּחֶזְקַת מְעוּבֶּרֶת, וְרָאֲתָה דָּם, וְאַחַר כָּךְ הִפִּילָה רוּחַ אוֹ כׇּל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁל קְיָימָא — הֲרֵי הִיא בְּחֶזְקָתָהּ, וְדַיָּה שְׁעָתָהּ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne une femme qui avait le statut présumé qu'elle était enceinte et a vu du sang, puis a expulsé de l'air, ou quoi que ce soit qui ne soit pas un fœtus viable, elle conserve son statut présumé, et par conséquent son heure lui suffit à partir de cet écoulement de sang, c'est-à-dire qu'il la rend impure seulement à partir de ce moment-là et non rétroactivement, car même un fœtus non viable lui confère un plein statut de grossesse.
וְאַף עַל גַּב שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָרִינוּ חַלְנוּ כְּמוֹ יָלַדְנוּ רוּחַ״. מַאי זֵכֶר לַדָּבָר? הֲרֵי רְאָיָה גְּדוֹלָה הִיא! כִּי כְּתִיב הַאי קְרָא, בִּזְכָרִים כְּתִיב.
Et bien qu’il n’y ait pas de preuve explicite pour cette question, à savoir que même une grossesse qui se termine par une fausse couche est considérée comme une grossesse à part entière, il y a une allusion à la question, comme il est dit : « Nous avons été enceintes, nous avons souffert, comme si nous avions enfanté du vent » (Isaïe 26:18). Ce verset indique que même celle qui fait une fausse couche de vent est considérée comme ayant été enceinte. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle cela n’est appelé qu’une simple allusion à la question ? Ce verset explicite constitue une preuve importante. La Guemara répond : Lorsque ce verset a été écrit, il a été écrit au sujet des hommes comme engendrant des enfants. L’allusion à l’enfantement dans le verset est symbolique, de sorte qu’on ne peut pas en tirer des déductions halakhiques.
וּרְמִינְהִי: קִשְּׁתָה שְׁנַיִם, וְלַשְּׁלִישִׁי הִפִּילָה רוּחַ אוֹ כׇּל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁל קְיָימָא — הֲרֵי זוֹ יוֹלֶדֶת בְּזוֹב, וְאִי אָמְרַתְּ לֵידָה מְעַלַּיְיתָא הִיא,
Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une baraita : Si une femme a ressenti des douleurs de travail pendant deux jours, au cours desquels elle a vu un écoulement de sang, et le troisième jour a expulsé de l’air ou quoi que ce soit qui ne soit pas un fœtus viable, cette femme accouche comme une zava, et le sang est traité comme le sang d’une zava à tous égards. La Guemara explique la contradiction : Et si vous dites qu’expulser un fœtus non viable est considéré comme un véritable accouchement, cela pose problème,

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