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וְשַׁרְקֵיהּ טִינָא, וְאַתְיֵיהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא. אָמַר רָבָא: מַאן חַכִּים לְמִיעְבַּד כִּי הָא מִילְּתָא אִי לָאו דְּרַב אַחָא בַּר רַב הוּנָא, דְּגַבְרָא רַבָּה הוּא. דְּקָסָבַר דְּכִי הֵיכִי דִּפְלִיגִי רַבָּנַן וְרַבִּי נָתָן בַּהֲפָרָה — הָכִי נָמֵי פְּלִיגִי בִּשְׁאֵלָה.
Et alors Rav Aḥa bar Rav Huna l’enduisit d’argile pour le protéger des intempéries, car il lui était désormais interdit de tirer profit du monde en portant des vêtements. Et ensuite il l’amena devant Rav Ḥisda, afin de dissoudre son vœu. Rava dit : Qui est assez sage pour agir de cette manière, sinon Rav Aḥa bar Rav Huna, qui est un grand homme ? Car il soutient que, de même que les Rabbins et Rabbi Natan sont en désaccord au sujet de l’annulation, à savoir s’il est possible d’annuler un vœu qui n’est pas encore entré en vigueur, de même ils sont en désaccord au sujet d’une demande adressée à une autorité halakhique pour dissoudre un vœu, à savoir s’il est possible de demander la dissolution d’un tel vœu. Le plan de Rav Aḥa bar Rav Huna était de faire entrer le vœu en vigueur, afin que l’homme puisse demander qu’il soit dissous.
וְרַב פַּפִּי אָמַר: מַחֲלוֹקֶת בַּהֲפָרָה, דְּרַבִּי נָתָן סָבַר: אֵין הַבַּעַל מֵיפֵר אֶלָּא אִם כֵּן חָל נֶדֶר, דִּכְתִיב: ״וְחָפְרָה הַלְּבָנָה״. וְרַבָּנַן סָבְרִי: בַּעַל מֵיפֵר אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא חָל נֶדֶר, דִּכְתִיב: ״מֵפֵר מַחְשְׁבוֹת עֲרוּמִים״.
Et Rav Pappi dit au sujet de cette question : Le différend entre Rabbi Natan et les Sages porte uniquement sur l’annulation, car Rabbi Natan soutient qu’un mari peut annuler un vœu seulement une fois que le vœu a pris effet, comme il est écrit : « Et la lune sera confuse [ḥafera] » (Isaïe 24:23). Il emploie cette expression comme une allusion, interprétant le mot ḥafera comme s’il s’agissait de hafara, annulation, et il en conclut que seul un vœu qui existe déjà, comme la lune, peut être annulé. Et les Sages soutiennent qu’un mari peut annuler un vœu même si le vœu n’a pas encore pris effet, comme il est écrit : « Il annule les pensées des rusés » (Job 5:12), ce qui implique que l’annulation s’applique même aux pensées, afin de les empêcher de prendre effet.
אֲבָל בִּשְׁאֵלָה — דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין חָכָם מַתִּיר כְּלוּם אֶלָּא אִם כֵּן חָל נֶדֶר, דִּכְתִיב: ״לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ״.
Mais en ce qui concerne une demande adressée à une autorité halakhique pour dissoudre un vœu, tout le monde, aussi bien Rabbi Natan que les Sages, convient qu’une autorité halakhique ne peut rien dissoudre à moins que le vœu ne soit déjà entré en vigueur, comme il est écrit : « Il ne profanera pas sa parole » (Nombres 30:3), ce qui indique que la personne elle-même qui a fait le vœu ne peut pas profaner ses paroles et dissoudre son vœu, mais une autorité halakhique peut le faire. Cela, toutefois, ne s’applique que si le vœu est déjà entré en vigueur, comme il est dit : « sa parole ».
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: ״קֻוֽנָּם שֶׁאֵינִי נֶהֱנֶה לִפְלוֹנִי, וּלְמִי שֶׁאֶשָּׁאֵל עָלָיו״ — נִשְׁאָל עַל הָרִאשׁוֹן, וְאַחַר כָּךְ נִשְׁאָל עַל הַשֵּׁנִי. וְאִי אָמְרַתְּ נִשְׁאָל אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא חָל נֶדֶר, אִי בָּעֵי — עַל הַאי נִיתְּשִׁיל בְּרֵישָׁא, אִי בָּעֵי — עַל הַאי נִיתְּשִׁיל בְּרֵישָׁא.
La Guemara suggère : Disons que la baraita suivante appuie l’opinion de Rav Pappi : Si quelqu’un dit : La propriété de untel est konam pour moi, et pour cette raison je n’en tirerai pas profit, et tirer profit de celui à qui je demanderai la dissolution du vœu est aussi konam pour moi, alors, s’il souhaite dissoudre les vœux, il doit d’abord demander la dissolution concernant le premier vœu, et ensuite il peut demander la dissolution concernant le second. Et si tu dis qu’on peut demander la dissolution d’un vœu même si le vœu n’est pas encore entré en vigueur, pourquoi doit-il demander la dissolution de ses deux vœux dans l’ordre indiqué ci-dessus ? S’il le souhaite, il peut d’abord demander la dissolution concernant celui-ci, et s’il le souhaite, il peut d’abord demander la dissolution concernant celui-là.
וּמִי יָדַע אִי הַאי קַמָּא אִי הַאי בָּתְרָא?
La Guemara réfute cet argument : Et sait-il si ce vœu est le premier ou si cet autre vœu est le dernier ? La baraita ne précise pas quel vœu est le premier et lequel est le dernier. Peut-être que premier et dernier ne renvoient pas à l’ordre dans lequel les deux vœux ont été prononcés, mais plutôt à l’ordre dans lequel ils sont dissous, de sorte que, s’il le souhaite, il peut d’abord demander la dissolution du vœu de ne pas tirer bénéfice de l’autorité halakhique à laquelle il demandera la dissolution de son vœu.
אֶלָּא לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: ״קֻוֽנָּם שֶׁאֵינִי נֶהֱנֶה לִפְלוֹנִי, הֲרֵינִי נָזִיר לִכְשֶׁאֶשָּׁאֵל עָלָיו״ — נִשְׁאָל עַל נִדְרוֹ, וְאַחַר כָּךְ נִשְׁאָל עַל נִזְרוֹ.
Disons plutôt qu’une baraita différente appuie l’opinion de Rav Pappi : Si quelqu’un dit : Le bien de untel est konam pour moi, et pour cette raison je n’en tirerai aucun bénéfice, et je suis par les présentes nazir pour le moment où je demanderai l’annulation de ce vœu, s’il souhaite dissoudre les vœux, il doit d’abord demander l’annulation à l’égard de son vœu de ne tirer aucun bénéfice d’une personne donnée, et ensuite il peut demander l’annulation à l’égard de son vœu de naziréat qu’il a accepté sur lui-même s’il demandait l’annulation de son premier vœu.
וְאִי אָמְרַתְּ נִשְׁאָל אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא חָל נֶדֶר, אִי בָּעֵי — עַל נִדְרוֹ אִיתְּשִׁיל בְּרֵישָׁא, אִי בָּעֵי — עַל נִזְרוֹ אִיתְּשִׁיל בְּרֵישָׁא! רַבִּי נָתָן הִיא.
Et si tu dis qu’on peut demander l’annulation d’un vœu même si le vœu n’est pas encore entré en vigueur, pourquoi les deux vœux doivent-ils être annulés dans cet ordre ? S’il le souhaite, il peut d’abord demander l’annulation concernant son vœu de ne tirer aucun bénéfice de cette autre personne, et s’il le souhaite, il peut d’abord demander l’annulation concernant son vœu de naziréat. La Guemara rejette cet argument : Ce n’est pas une preuve, car il est possible que la baraitasoit enseignée conformément à l’opinion de Rabbi Natan, qui soutient qu’un vœu ne peut être annulé qu’après être entré en vigueur. Les Sages, cependant, contestent cette opinion.
אָמַר רָבִינָא: אָמַר לִי מָרִימָר, הָכִי אֲמַר אֲבוּךְ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פַּפִּי: מַחֲלוֹקֶת בַּהֲפָרָה, אֲבָל בִּשְׁאֵלָה — דִּבְרֵי הַכֹּל מֵפֵר וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא חָל נֶדֶר, דִּכְתִיב ״לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ״.
Ravina dit : Mareimar m’a dit : Voici ce que ton père a dit au nom de Rav Pappi : Le différend entre Rabbi Natan et les Sages porte uniquement sur l’annulation, car Rabbi Natan soutient qu’un mari ne peut annuler un vœu qu’une fois que le vœu a pris effet, tandis que les Sages soutiennent qu’un mari peut annuler un vœu même si le vœu n’a pas encore pris effet. Mais en ce qui concerne une demande adressée à une autorité halakhique pour dissoudre un vœu, tout le monde, aussi bien Rabbi Natan que les Sages, est d’accord pour dire qu’il peut dissoudre le vœu même si le vœu n’a pas encore pris effet. Comme il est écrit : « Il ne profanera pas sa parole » (Nombres 30:3), ce que Ravina interprète ainsi :

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