גּוּף כּוּלּוֹ לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! אָמְרִי: אִין, כְּבִיסָה אַלִּימָא לְרַבִּי יוֹסֵי. דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי עַרְבּוּבִיתָא דְרֵישָׁא — מַתְיָא לִידֵי עֲוִירָא, עַרְבּוּבִיתָא דְמָאנֵי — מַתְיָא לִידֵי שַׁעְמוּמִיתָא, עַרְבּוּבִיתָא דְגוּפָא — מַתְיָא לִידֵי שִׁיחְנֵי וְכִיבֵי.
n’est-ce pas à plus forte raison le cas que, si quelqu’un ne se baigne pas, ce qui affecte le corps tout entier, Rabbi Yossei conviendrait qu’il souffrira? La Guemara réfute cet argument : Les Sages disent en réponse : Oui, la douleur de s’abstenir de laver ses vêtements est plus grande, selon Rabbi Yossei, que la douleur de ne pas laver son corps. Comme l’a dit Shmouel : La saleté sur la tête d’une personne conduit à la cécité, et la saleté sur les vêtements d’une personne conduit à la folie, tandis que la saleté sur le corps d’une personne conduit à des furoncles et des plaies, qui sont moins graves que la folie et la cécité. Sur cette base, on peut suggérer que, selon Rabbi Yossei, des vêtements sales présentent un plus grand danger qu’un corps non lavé.
שְׁלַחוּ מִתָּם: הִזָּהֲרוּ בְּעַרְבּוּבִיתָא. הִזָּהֲרוּ בַּחֲבוּרָה. הִזָּהֲרוּ בִּבְנֵי עֲנִיִּים, שֶׁמֵּהֶן תֵּצֵא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִזַּל מַיִם מִדַּלָּיו״, שֶׁמֵּהֶן תֵּצֵא תּוֹרָה.
§ À propos de cette question, la Guemara rapporte que les Sages envoyèrent le message suivant de là-bas, c’est-à-dire d’Eretz Israël, en Babylonie : Prenez garde à la saleté, car elle peut conduire à la maladie et au mal. Prenez garde à étudier la Torah en compagnie d’autres personnes, plutôt que de l’étudier seul. Et prenez garde à l’éducation des fils des pauvres, car c’est d’eux que la Torah sortira. Comme il est dit : “L’eau coulera de ses seaux [midalyav]” (Nombres 24:7), ce qui est interprété comme signifiant : Des pauvres [midalim] parmi lui, car c’est d’eux que la Torah, qui peut être comparée à l’eau, sortira.
וּמִפְּנֵי מָה אֵין מְצוּיִין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים לָצֵאת תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מִבְּנֵיהֶן? אָמַר רַב יוֹסֵף, שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: תּוֹרָה יְרוּשָּׁה הִיא לָהֶם. רַב שֵׁשֶׁת בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי אוֹמֵר: כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְגַּדְּרוּ עַל הַצִּבּוּר. מָר זוּטְרָא אוֹמֵר: מִפְּנֵי שֶׁהֵן מִתְגַּבְּרִין עַל הַצִּבּוּר. רַב אָשֵׁי אוֹמֵר: מִשּׁוּם דְּקָרוּ לְאִינָשֵׁי ״חֲמָרֵי״.
À propos d’une question similaire, la Guemara demande : Et pour quelle raison n’est-il pas courant que des érudits de la Torah donnent naissance à des érudits de la Torah parmi leurs fils ? Pourquoi les érudits de la Torah naissent-ils généralement de pauvres, qui ne sont pas eux-mêmes des érudits de la Torah ? Rav Yosef dit : C’est afin qu’ils ne disent pas que la Torah est leur héritage. Il est donc inhabituel que tous les fils d’un érudit de la Torah soient eux aussi des érudits de la Torah. Rav Sheshet, fils de Rav Idi, dit : C’est afin qu’ils ne deviennent pas présomptueux [yitgadderu] envers la communauté, sachant qu’ils seront des érudits de la Torah comme leurs pères. Mar Zutra dit : Parce qu’ils profitent de la position de leurs pères pour dominer la communauté et sont punis pour leur conduite. Rav Ashi dit : Parce qu’ils appellent les gens ordinaires des ânes.
רָבִינָא אוֹמֵר: שֶׁאֵין מְבָרְכִין בַּתּוֹרָה תְּחִלָּה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַאי דִּכְתִיב: ״מִי הָאִישׁ הֶחָכָם וְיָבֵן אֶת זֹאת״ — דָּבָר זֶה נִשְׁאַל לַחֲכָמִים וְלַנְּבִיאִים וְלֹא פֵּירְשׁוּהוּ,
Ravina dit : Ils sont punis parce qu’ils ne récitent pas d’abord une bénédiction sur la Torah avant de commencer leur étude. Comme Rav Yehouda a dit que Rav a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Qui est l’homme sage qui puisse comprendre cela, et qui est celui à qui la bouche du Seigneur a parlé, afin qu’il le déclare, pourquoi le pays a péri et a été dévasté comme un désert, de sorte que personne n’y passe » (Jérémie 9:11) ? Cette question, la question de savoir pourquoi Eretz Yisrael a été détruite, a été posée aux Sages, c’est-à-dire « l’homme sage », et aux prophètes, « celui à qui la bouche du Seigneur a parlé », mais ils n’ont pas pu l’expliquer.
עַד שֶׁפֵּירְשׁוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעַצְמוֹ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ עַל עׇזְבָם אֶת תּוֹרָתִי וְגוֹ׳״. הַיְינוּ ״לֹא שָׁמְעוּ בְּקוֹלִי״, הַיְינוּ ״לֹא הָלְכוּ בָּהּ״! אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שֶׁאֵין מְבָרְכִין בַּתּוֹרָה תְּחִלָּה.
L’affaire demeura un mystère jusqu’à ce que le Saint, béni soit-Il, explique Lui-même pourquoi Eretz Yisrael fut dévastée, comme il est écrit dans le verset suivant : « Et le Seigneur dit : Parce qu’ils ont abandonné Ma Torah que J’ai placée devant eux, et n’ont pas obéi à Ma voix, ni marché en elle » (Jérémie 9:12). Il semblerait que « n’ont pas obéi à Ma voix » soit la même chose que « ni marché en elle ». Rav Yehuda dit que Rav dit : L’expression « ni marché en elle » signifie qu’ils ne récitent pas d’abord une bénédiction sur la Torah, et qu’ils sont donc passibles des sévères châtiments énumérés dans le verset.
אִיסִי בַּר יְהוּדָה לָא אֲתָא לִמְתִיבְתָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי תְּלָתָא יוֹמֵי. אַשְׁכְּחֵיהּ וַרְדִּימוֹס בְּרַבִּי יוֹסֵי, אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא לָא אָתֵי מָר לְבֵי מִדְרְשָׁא דְּאַבָּא הָא תְּלָתָא יוֹמִין? אֲמַר לֵיהּ: כִּי טַעְמֵיהּ דַּאֲבוּךְ לָא יָדַעְנָא, הֵיכָא אֵיתָאי? אֲמַר לֵיהּ: לֵימָא מָר מַאי קָאָמַר לֵיהּ, דִּלְמָא יָדַעְנָא טַעְמֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: הָא דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כְּבִיסָתָן קוֹדְמִין לְחַיֵּי אֲחֵרִים, קְרָא מְנָלַן?
§ Revenant à la question du lavage des vêtements, la Guemara rapporte qu’il arriva une fois que Isi bar Yehuda ne vint pas à l’académie de Rabbi Yossei pendant trois jours consécutifs. Vardimus, fils de Rabbi Yossei, le trouva et lui dit : Quelle est la raison pour laquelle le Maître n’est pas venu à l’académie de mon père ces trois jours ? Il lui dit : Lorsque je ne connais pas le raisonnement de ton père, comment puis-je venir ? Vardimus lui dit : Que le Maître dise ce que lui, mon père, lui dit ; peut-être que je connais son raisonnement. Il lui dit : En ce qui concerne ce qui est enseigné dans une baraita : Rabbi Yossei dit que leur propre lessive a priorité sur la vie des autres ; d’où avons-nous un verset qui enseigne cette halakha ?
אֲמַר לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״וּמִגְרְשֵׁיהֶם יִהְיוּ לִבְהֶמְתָּם וְגוֹ׳״. מַאי ״חַיָּיתָם״? אִילֵּימָא חַיָּה — וַהֲלֹא חַיָּה בִּכְלַל בְּהֵמָה הִיא. אֶלָּא מַאי ״חַיָּיתָם״ — חַיּוּתָא מַמָּשׁ. פְּשִׁיטָא! אֶלָּא לָאו כְּבִיסָה, דְּהָא אִיכָּא צַעְרָא דְעַרְבּוּבִיתָא.
Vardimus lui dit : Comme il est écrit au sujet des villes des Lévites : « Et leurs terrains vagues seront pour leurs animaux, pour leurs biens, et pour toutes leurs bêtes » (Nombres 35:3). Quel est le sens de « leurs bêtes » ? Si nous disons une bête au sens littéral, il y a une difficulté, car une bête n’est-elle pas incluse dans la catégorie de l’animal, déjà mentionnée dans le verset ? Plutôt, quel est le sens de « leurs bêtes [ḥayyatam] » ? Cela signifie leurs vies mêmes [ḥiyyuta]. Cependant, cela aussi est difficile, car il est évident que les Lévites ont reçu leurs villes afin d’y vivre leur vie. Plutôt, cela ne fait-il pas référence au lavage des vêtements, puisqu’il y a la souffrance causée par la saleté sur les vêtements non lavés d’une personne ? Puisque cela est vitalement nécessaire à leur bien-être, le lavage des vêtements des habitants de la ville prime sur la vie des autres.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵין אֵלּוּ נִדְרֵי עִינּוּי נֶפֶשׁ. אִיבַּעְיָא לְהוּ: לְרַבִּי יוֹסֵי, מַהוּ שֶׁיָּפֵר מִשּׁוּם דְּבָרִים שֶׁבֵּינוֹ לְבֵינָהּ? תָּא שְׁמַע, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵין אֵלּוּ נִדְרֵי עִינּוּי נֶפֶשׁ. אֲבָל דְּבָרִים שֶׁבֵּינוֹ לְבֵינָהּ הָוַיִין.
§ En ce qui concerne les vœux : Si je me baigne, et : Si je ne me baigne pas, et : Si je me pare, et : Si je ne me pare pas, Rabbi Yosei a dit dans la michna que ce ne sont pas des vœux d’affliction. Un dilemme a été soulevé devant les Sages : Selon Rabbi Yosei, quelle est la halakha quant à savoir si le mari peut annuler ces vœux comme des questions qui nuisent à la relation entre lui et elle ? La Guemara suggère : Viens et écoute une résolution à cette question à partir de ce que Rabbi Yosei a dit : Ce ne sont pas des vœux d’affliction, ce qui indique, cependant, que ce sont des questions qui affectent la relation entre lui et elle.
דִּלְמָא לְדִידְהוּ קָאָמַר לְהוּ. לְדִידִי אֲפִילּוּ דְּבָרִים שֶׁבֵּינוֹ לְבֵינָהּ לָא הָוַיִין. לְדִידְכוּ, דְּאָמְרִיתוּ הָוַיִין נִדְרֵי עִינּוּי נֶפֶשׁ — אוֹדוֹ לִי דְּאֵין אֵלּוּ נִדְרֵי עִינּוּי נֶפֶשׁ.
La Guemara réfute cette preuve : Peut-être Rabbi Yossei parlait-il aux Sages conformément à leur propre opinion, comme suit : Selon mon opinion, ce ne sont même pas des questions qui affectent la relation entre lui et elle. Mais selon votre opinion, vous qui dites que ce sont des vœux d’affliction, accordez-moi au moins que ceux-ci ne sont pas des vœux d’affliction. En d’autres termes, il ne faut pas déduire de la formulation de la réponse de Rabbi Yossei aux Sages qu’il estime que ces vœux concernent des questions qui affectent la relation entre lui et elle, car il ne faisait que répondre à l’affirmation des Sages selon laquelle ce sont des vœux d’affliction.
מַאי? רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אוֹמֵר: מֵפֵר, רַב הוּנָא אוֹמֵר: אֵין מֵפֵר,
La question demeure donc : Que soutient Rabbi Yosei à cet égard ? Rav Adda bar Ahava dit : Il peut annuler ces vœux en tant que questions entre lui et elle, tandis que Rav Huna dit : Il ne peut pas annuler ceux-ci.