תָּנָא: שֵׁן תּוֹתֶבֶת הָיְתָה לָהּ, וְעָשָׂה לָהּ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל שֵׁן שֶׁל זָהָב מִשֶּׁלּוֹ. כִּי שְׁכֵיב רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, פְּתַח עֲלֵיהּ הַהוּא סַפְדָנָא הָכִי: ״בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל עַל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּכֶינָה הַמַּלְבִּישְׁכֶן וְכוּ׳״.
On enseigna : Elle avait une fausse dent [shen totevet], qui la défigurait, et Rabbi Yishmael lui fit une dent en or de sa propre bourse, l’embellissant ainsi. Lorsque Rabbi Yishmael mourut, un certain orateur funèbre commença son éloge à son sujet ainsi : Filles d’Israël, pleurez Rabbi Yishmael, qui vous a vêtues.
הָהוּא דַּאֲמַר לַהּ לִדְבֵיתְהוּ ״קֻוֽנָּם שֶׁאִי אַתְּ נֶהֱנֵית לִי עַד שֶׁתַּטְעִימִי תַּבְשִׁילֵךְ לְרַבִּי יְהוּדָה וּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן״. רַבִּי יְהוּדָה טְעֵים, אֲמַר, קַל וָחוֹמֶר: וּמָה לַעֲשׂוֹת שָׁלוֹם בֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ אָמְרָה תּוֹרָה שְׁמִי שֶׁנִּכְתַּב בִּקְדוּשָּׁה יִמָּחֶה עַל הַמַּיִם הַמְאָרְרִים בְּסָפֵק, וַאֲנִי עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
§ La Guemara raconte : Il y avait un certain homme qui dit à sa femme : Tirer profit de moi est konam pour toi jusqu’à ce que tu fasses goûter à Rabbi Yehuda et à Rabbi Shimon ton plat cuisiné, afin qu’ils voient par eux-mêmes quelle mauvaise cuisinière tu es. Elle leur apporta le plat, et Rabbi Yehuda y goûta, sans se soucier de son honneur. Il dit : C’est un raisonnement a fortiori : Et si l’on voit que pour faire la paix entre un homme et sa femme, la Torah a dit : Mon nom, qui est écrit en sainteté, sera effacé dans les eaux amères, puisque les paroles écrites sur un rouleau, y compris le nom de Dieu, étaient effacées pendant la cérémonie de préparation de l’eau que la sota devait boire. Et cela même dans un cas où il est incertain que cela apportera la paix entre eux, puisqu’elle peut être coupable d’adultère ou non. Moi, à plus forte raison, je dois renoncer à mon honneur afin d’apporter la paix à ce couple.
רַבִּי שִׁמְעוֹן לָא טְעֵים, אֲמַר: יָמוּתוּ כׇּל בְּנֵי אַלְמָנָה, וְאַל יָזוּז שִׁמְעוֹן מִמְּקוֹמוֹ. וְעוֹד: כִּי הֵיכִי דְּלָא לִתְרַגְּלִי לְמִינְדָּר.
Au contraire, Rabbi Shimon n’y goûta pas. Il dit : Que tous les enfants de la veuve meurent, et Shimon ne bougera pas de sa place. En d’autres termes, le mari peut mourir et laisser sa femme veuve et ses enfants orphelins, et qu’ils meurent eux aussi, plutôt que de laisser les gens rabaisser la dignité des érudits de la Torah en faisant de tels vœux. Et de plus, il y a une autre raison à mon refus : Afin qu’ils ne s’habituent pas à faire des vœux.
הַהוּא דְּאָמַר לִדְבֵיתְהוּ ״קֻוֽנָּם שֶׁאִי אַתְּ נֶהֱנֵית לִי עַד שֶׁתָּרוֹקִּי בּוֹ בְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל״. אֲתָת וּרְקַק אַלְּבוּשֵׁיהּ. אָמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּפְתִּי לְרָבִינָא: וְהָא הַאי לְזִילוּתָא קָא מִיכַּוֵּין! אָמַר לֵיהּ: מִירָק עַל מָנֵי דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל זִילוּתָא רַבְּתָא הִיא.
La Guemara rapporte : Il y avait un certain homme qui dit à sa femme : Tirer bénéfice de moi t’est konam jusqu’à ce que tu craches sur Rabban Shimon ben Gamliel. Elle vint voir Rabban Shimon ben Gamliel et cracha sur son vêtement. Rav Aḥa de Difti dit à Ravina : Mais cet homme avait l’intention de l’humilier, Rabban Shimon ben Gamliel, ce qui n’est pas accompli en crachant sur son vêtement. Ravina lui dit : Cracher sur le vêtement de Rabban Shimon ben Gamliel constitue une grande humiliation pour lui, et elle a ainsi accompli le vœu.
הָהוּא דַּאֲמַר לִדְבֵיתְהוּ ״קֻוֽנָּם שֶׁאִי אַתְּ נֶהֱנֵית לִי עַד שֶׁתַּרְאִי מוּם יָפֶה שֶׁבִּיךְ לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי״.
La Guemara raconte : Il y avait un certain homme qui dit à sa femme : Tirer profit de moi est konam pour toi jusqu’à ce que tu montres une belle [yafeh] partie de toi à Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei. Rabbi Yishmaël tenta de trouver quelque chose de beau chez cette femme.
אָמַר לָהֶם: שֶׁמָּא רֹאשָׁהּ נָאֶה? אָמְרוּ לוֹ: סְגַלְגַּל. שֶׁמָּא שְׂעָרָהּ נָאֶה? דּוֹמֶה לַאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן. שֶׁמָּא עֵינֶיהָ נָאוֹת? טְרוּטוֹת הֵן. שֶׁמָּא אׇזְנֶיהָ נָאוֹת? כְּפוּלוֹת הֵן. שֶׁמָּא חוֹטְמָהּ נָאֶה? בָּלוּם הוּא. שֶׁמָּא שִׂפְתוֹתֶיהָ נָאוֹת? עָבוֹת הֵן. שֶׁמָּא צַוָּארָהּ נָאֶה? שָׁקוּט הוּא. שֶׁמָּא כְּרֵיסָהּ נָאֶה? צָבֶה הוּא. שֶׁמָּא רַגְלֶיהָ נָאוֹת? רְחָבוֹת כְּשֶׁל אֲווֹזָא. שֶׁמָּא שְׁמָהּ נָאֶה? ״לִכְלוּכִית״ שְׁמָהּ. אָמַר לָהֶן: יָפֶה קוֹרִין אוֹתָהּ לִכְלוּכִית, שֶׁהִיא מְלוּכְלֶכֶת בְּמוּמִין, וְשַׁרְיַיהּ.
Il dit à ses étudiants : Peut-être sa tête est-elle belle ? Ils lui dirent : Elle est ronde [segalgal]. Peut-être ses cheveux sont-ils beaux ? Ils répondirent : Ses cheveux ressemblent à des tiges de lin. Peut-être ses yeux sont-ils beaux ? Ils sont étroits [terutot]. Peut-être ses oreilles sont-elles belles ? Elles sont doubles en taille. Peut-être son nez est-il beau ? Il est camus. Peut-être ses lèvres sont-elles belles ? Elles sont épaisses. Peut-être son cou est-il beau ? Il est bas et court. Peut-être son ventre est-il beau ? Il est gonflé. Peut-être ses pieds sont-ils beaux ? Ils sont aussi larges que ceux d’une oie. Peut-être son nom est-il beau ? Son nom est Likhlukhit. Il leur dit : Il est approprié [yafeh] qu’elle soit appelée du nom de Likhlukhit, car elle est sale [melukhlekhet] de défauts, et il lui permit de tirer bénéfice de son mari, parce qu’elle avait bien un beau trait : son nom approprié.
הָהוּא בַּר בָּבֶל דִּסְלֵיק לְאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל, נְסֵיב אִיתְּתָא. אֲמַר לַהּ: בַּשִּׁילִי לִי תְּרֵי טַלְפֵי. בַּשִּׁילָה לֵיהּ תְּרֵי טַלְפֵי. רְתַח עֲלַהּ. לִמְחַר אֲמַר לַהּ: בַּשִּׁילִי לִי גְּרִיוָא. בַּשִּׁילָה לֵיהּ גְּרִיוָא. אֲמַר לַהּ: זִילִי אַיְיתִי לִי תְּרֵי בוּצִינֵי. אֲזַלַת וְאַיְיתַי לֵיהּ תְּרֵי שְׁרָגֵי.
La Guemara cite un autre incident : Il y avait un certain Babylonien qui monta en Terre d’Israël et épousa une femme là-bas. Il lui dit : Fais cuire deux lentilles pour moi, c’est-à-dire quelques lentilles. Elle fit cuire exactement deux lentilles pour lui. Il se mit en colère contre elle. Le lendemain, afin qu’elle ne répète pas ce qu’elle avait fait, il lui dit : Fais-moi cuire une se’a [geriva], voulant dire : une grande quantité. Elle lui fit cuire une véritable se’a, bien plus que ce qu’une seule personne pouvait manger. Il lui dit : Va me chercher deux butzinei, voulant dire de petites courges, car butzinei désigne de petites courges dans le dialecte araméen parlé en Babylonie. Elle alla et lui apporta deux lampes [sheraggei], appelées butzinei dans le dialecte araméen parlé en Terre d’Israël.
אֲמַר לַהּ: זִילִי תְּבַרִי יָתְהוֹן עַל רֵישָׁא דְבָבָא. הֲוָה יָתֵיב בָּבָא בֶּן בּוּטָא אַבָּבָא וְקָא דָאֵין דִּינָא. אֲזַלַת וּתְבַרַת יָתְהוֹן עַל רֵישֵׁיהּ. אֲמַר לַהּ: מָה הָדֵין דַּעֲבַדְתְּ? אֲמַרָה לֵיהּ: כָּךְ צִיוַּנִי בַּעְלִי. אֲמַר: אַתְּ עָשִׂית רְצוֹן בַּעְלִיךְ, הַמָּקוֹם יוֹצִיא מִמֵּךְ שְׁנֵי בָּנִים כְּבָבָא בֶּן בּוּטָא.
En colère, il lui dit : Va et casse-les sur la tête du bava, voulant dire la porte, car bava signifie porte dans le dialecte araméen parlé en Babylonie. Elle ne reconnut pas ce mot. À ce moment-là, le Sage Bava ben Buta siégeait comme juge à la porte. Elle alla et les cassa sur sa tête, puisque son nom était Bava. Il lui dit : Qu’est-ce que tu as fait ? Elle lui dit : C’est ce que mon mari m’a ordonné de faire. Il dit : Tu as accompli le désir de ton mari ; que l’Omniprésent fasse sortir de toi deux fils, correspondant aux deux bougies, comme Bava ben Buta.
הַדְרָן עֲלָךְ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר
נַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה, אָבִיהָ וּבַעְלָהּ מְפִירִין נְדָרֶיהָ.
MICHNA : En ce qui concerne une jeune femme fiancée, son père et son mari, ensemble annulent ses vœux.