דְּכֹל גְּרִיוָא דְּבָעֵינָא שָׁקֵילְנָא. שְׁקַל דִּיקּוּלָא רַבָּה, חַפְיֵיהּ כּוּפְרָא וְסַחְפֵיהּ עַל רֵישֵׁיהּ, וַאֲזַל וַאֲמַר לֵיהּ: לֵיכִיל לִי מָר אַרְבְּעִין גְּרִיוֵי חִיטֵּי דְּרָשֵׁינָא בָּךְ. אַחוּךְ רַבִּי. אֲמַר לֵיהּ: לָאו אַזְהַרְתָּךָ דְּלָא תְּבַדְּחַן? אֲמַר לֵיהּ: חִיטֵּי דְּרָשֵׁינָא קָא נָסֵיבְנָא.
que toute séa que je souhaiterai, je prendrai. Il prit un grand panier de palmier, l’enduisit de goudron, le renversa sur sa tête, puis alla dire à Rabbi Yehouda HaNassi : Que le Maître mesure pour moi les quarante séa de blé que tu me dois. Rabbi Yehouda HaNassi rit de cela et lui dit : Ne t’avais-je pas averti de ne pas me faire rire ? Il lui dit : Ce que je prends de toi, c’est simplement le blé que tu me dois.
אֲמַר לַהּ בַּר קַפָּרָא לְבַרְתֵּיהּ דְּרַבִּי: לִמְחַר שָׁתֵינָא חַמְרָא בְּרִיקּוּדָא דַּאֲבוּךְ וּבְקִירְקָנֵי דְאִמִּךְ. בֶּן אֶלְעָשָׂה חַתְנֵיהּ דְּרַבִּי הֲוָה, וְעָשִׁיר גָּדוֹל הֲוָה. אַזְמְנֵיהּ לְבֵי הִילּוּלָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי.
La Guemara raconte une autre histoire. Bar Kappara dit à la fille de Rabbi Yehouda HaNassi, dont le mari s'appelait ben Elasa : Demain, je boirai du vin à la danse de ton père et au chant de ta mère [kirekanei]. Ben Elasa était le gendre de Rabbi Yehouda HaNassi et était un homme très riche. Rabbi Yehouda HaNassi l'invita au mariage de Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehouda HaNassi.
אֲמַר לֵיהּ בַּר קַפָּרָא לְרַבִּי: מַאי ״תּוֹעֵבָה״? כֹּל דַּאֲמַר לֵיהּ רַבִּי דְּהָכֵין הוּא ״תּוֹעֵבָה״, פַּרְכַהּ בַּר קַפָּרָא. אֲמַר לֵיהּ: פָּרְשֵׁיהּ אַתְּ. אֲמַר לֵיהּ: תֵּיתֵי דְּבֵיתְכִי תִּירְמֵי לִי נַטְלָא. אֲתָת רָמְיָא לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ לְרַבִּי: קוּם רְקוֹד לִי, דְּאֵימַר לָךְ: הָכִי אָמַר רַחֲמָנָא: ״תּוֹעֵבָה״ — תּוֹעֶה אַתָּה בָּהּ.
Bar Kappara dit à Rabbi Yehouda HaNasi lors du mariage : Quel est le sens du mot to’eva, abomination, employé par la Torah pour décrire les rapports homosexuels (voir Lévitique 18:22) ? Quelle que soit l’explication que Rabbi Yehouda HaNasi donna à Bar Kappara, en affirmant que c’est là le sens de to’eva, Bar Kappara la réfuta en prouvant le contraire. Rabbi Yehouda HaNasi lui dit : Explique-le toi-même. Bar Kappara lui dit : Que ta femme vienne et me verse une coupe de vin. Elle vint et lui versa du vin. Alors Bar Kappara dit à Rabbi Yehouda HaNasi : Lève-toi et danse pour moi, afin que je te dise le sens du mot : Voici ce que le Miséricordieux dit dans la Torah par le mot to’eva : Tu t’égares après cela [to’e ata bah], c’est-à-dire après un partenaire atypique.
לְכָסָא אַחֲרִינָא אֲמַר לֵיהּ: מַאי ״תֶּבֶל״? אֲמַר לֵיהּ כִּי עִנְיָינָא קַדְמָאָה. אֲמַר לֵיהּ: עִיבֵיד לִי דְּאוֹמַר לָךְ. עֲבַד. אֲמַר לֵיהּ: ״תֶּבֶל הוּא״ — תַּבְלִין יֵשׁ בָּהּ. מִי שָׁנְיָא הָדָא בִּיאָה מִן כּוּלְּהוֹן בִּיאוֹת?
Lorsqu’ils vinrent boire une autre coupe, bar Kappara lui dit : Quelle est la signification du mot tevel, perversion, comme dans le verset : « Aucune femme ne se tiendra devant une bête pour s’accoupler avec elle ; c’est une perversion [tevel] » (Lévitique 18:23) ? Rabbi Yehuda HaNasi lui donna diverses explications, comme il l’avait fait la fois précédente, et elles furent toutes de nouveau réfutées par bar Kappara. Bar Kappara lui dit alors : Fais pour moi comme tu l’as fait auparavant, afin que je te le dise. Rabbi Yehuda HaNasi fit ainsi. Bar Kappara lui dit alors que l’expression : « C’est tevel » signifie : Est-ce que cela a quelque assaisonnement [tevalin yesh bah] ? Cet acte de rapport sexuel avec un animal est-il différent de tous les autres actes de rapport sexuel, au point d’amener quelqu’un à commettre une action aussi répugnante ?
אֲמַר לֵיהּ: וּמַאי ״זִימָּה״? אֲמַר לֵיהּ: עִיבֵיד כִּי עִנְיָינָא קַדְמָאָה. עֲבַד וַאֲמַר לֵיהּ: זוֹ מָה הִיא. לָא יְכֵיל בֶּן אֶלְעָשָׂה לְמִיסְבַּל, קָם וּנְפַק הוּא וְאִינְתְּתֵיהּ מִתַּמָּן.
Rabbi Yehuda HaNasi dit à bar Kappara : Et quel est le sens du mot zimma, débauche, comme dans le verset : « Ce sont de proches parentes ; c’est une débauche [zimma] » (Lévitique 18:17), dit au sujet d’un homme qui a des rapports sexuels avec une femme et sa fille ? Il lui dit : Fais pour moi comme tu l’as fait la fois précédente. Rabbi Yehuda HaNasi fit ainsi, et bar Kappara lui dit que zimma signifie : Qu’est-ce qu’elle est [zo ma hi] ? Cet homme serait confus quant à la manière de désigner ses femmes ; sa femme est aussi la mère ou la fille de son autre femme. Ben Elasa ne put tolérer l’humiliation de Rabbi Yehuda HaNasi, alors lui et sa femme se levèrent et partirent du mariage.
מַאי בֶּן אֶלְעָשָׂה? דְּתַנְיָא: לֹא לְחִנָּם פִּיזֵּר בֶּן אֶלְעָשָׂה אֶת מְעוֹתָיו, אֶלָּא לְהַרְאוֹת בָּהֶן תִּסְפּוֹרֶת שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל.
Dans quel autre contexte ben Elasa est-il mentionné ? Il est mentionné dans une baraita, comme il est enseigné : Ben Elasa n’a pas dépensé son argent pour sa coupe de cheveux spéciale pour rien. Au contraire, il l’a dépensé pour montrer aux autres à quoi ressemblait la coupe de cheveux d’un Grand Prêtre.
דִּכְתִיב: ״כָּסוֹם יִכְסְמוּ אֶת רָאשֵׁיהֶם״. תָּנָא: כְּעֵין לוּלְיָנִית. מַאי ״לוּלְיָנִית״? אָמַר רַב יְהוּדָה: תִּסְפֻּרְתָּא יְחִידְתָּא. הֵיכִי דָּמֵי? אָמַר רָבָא: רֹאשׁוֹ שֶׁל זֶה בְּצַד עִיקָּרוֹ שֶׁל זֶה. וְהַיְינוּ תִּסְפּוֹרֶת שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל.
Comme il est écrit au sujet des prêtres : « Ils ne raseront pas leur tête » (Ézéchiel 44:20), et il est aussi enseigné dans une baraita : Cette coupe de cheveux est comme une luleyanit. La Guemara demande : Qu’est-ce qu’une luleyanit ? Rav Yehouda a dit : C’est une coupe de cheveux particulière. La Guemara demande : À quoi ressemble cette coupe de cheveux ? Rava a dit : Le bord de cette mèche de cheveux est au niveau des racines de cette autre mèche de cheveux. Les cheveux sont coupés sous forme de mèches qui ne se chevauchent pas. Et c’est la coupe de cheveux d’un Grand Prêtre, pour laquelle ben Elasa a payé une grande somme.
וּבַדַּלַּעַת הָרְמוּצָה. מַאי ״דַּלַּעַת הָרְמוּצָה״? אָמַר שְׁמוּאֵל: קַרָּא קַרְקוּזַאי. רַב אָשֵׁי אָמַר: דַּלַּעַת הַטְּמוּנָה בְּרֶמֶץ.
§ Il est énoncé dans la mishna que celui qui a dit : La nourriture cuite est konam pour moi, et pour cette raison je n’y goûterai pas, est autorisé à goûter un œuf turemita et la courge remutza. La Guemara demande : Qu’est-ce que la courge remutza ? Shmuel a dit : Un type de courge qui pousse à Karkuza [kara karkuzai], et qui ne cuit pas bien. Rav Ashi a dit : Une courge qui est enfouie dans des braises [remetz].
אֵיתִיבֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי, רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: דַּלַּעַת אֲרַמִּית הִיא דַּלַּעַת הַמִּצְרִית, כִּלְאַיִם עִם הַיְּוָנִית, כִּלְאַיִם עִם הָרְמוּצָה. תְּיוּבְתָּא.
Ravina a soulevé une objection à la définition donnée par Rav Ashi à partir d’une baraita : La halakha est que celui qui plante différents types de légumes à proximité les uns des autres enfreint, selon la loi rabbinique, l’interdit des espèces mélangées (voir Kilayim). Quant aux types de courges considérés comme des espèces différentes, Rabbi Neḥemya dit qu’une courge araméenne est identique à la courge égyptienne, et il est permis de les planter ensemble. Cependant, il y a un interdit d’espèces mélangées lorsqu’elle est plantée avec la courge grecque, et il y a un interdit d’espèces mélangées lorsqu’elle est plantée avec la courge remutza. Cela indique que la courge remutza est un type de courge plutôt qu’une courge préparée d’une certaine manière. C’est une réfutation concluante de l’opinion de Rav Ashi.
מַתְנִי׳ הַנּוֹדֵר מִמַּעֲשֵׂה קְדֵרָה — אֵין אָסוּר אֶלָּא מִמַּעֲשֵׂה רְתַחְתָּא. אָמַר ״קֻוֽנָּם הַיּוֹרֵד לִקְדֵרָה שֶׁאֲנִי טוֹעֵם״ — אָסוּר בְּכׇל הַנַּעֲשֶׂה בִּקְדֵרָה.
MICHNA : Dans le cas de celui qui fait le vœu que la nourriture cuite dans un récipient lui est interdite, il lui est interdit de manger seulement un aliment qui est cuit par ébullition dans un récipient, c’est-à-dire dont la préparation principale se fait dans un récipient. Cependant, si quelqu’un a dit : Ce qui entre dans un récipient est konam pour moi, et pour cette raison je n’y goûterai pas, il lui est interdit de goûter quoi que ce soit cuit dans un récipient, même si l’étape finale de la préparation de l’aliment ne se fait pas dans un récipient.
גְּמָ׳ תַּנְיָא: הַנּוֹדֵר מִן הַיּוֹרֵד לִקְדֵרָה — אָסוּר בַּיּוֹרֵד לְאִלְפָּס, שֶׁכְּבָר יָרַד לִקְדֵרָה קוֹדֶם שֶׁיּוֹרַד לְאִלְפָּס. מִן הַיּוֹרֵד לְאִלְפָּס — מוּתָּר בְּיוֹרֵד לִקְדֵרָה. מִן הַנַּעֲשֶׂה בִּקְדֵרָה — מוּתָּר בְּנַעֲשֶׂה בְּאִלְפָּס. מִן הַנַּעֲשֶׂה בְּאִלְפָּס — מוּתָּר בְּנַעֲשֶׂה בִּקְדֵרָה.
GUEMARA :Il est enseigné dans une baraita : Celui qui fait le vœu que ce qui entre dans un plat lui est interdit est aussi interdit de manger ce qui entre dans une marmite, car cela est déjà entré dans un plat avant d’entrer dans la marmite. La nourriture était cuite dans un plat, puis elle cuisait encore davantage dans une marmite. Cependant, si quelqu’un fait le vœu que ce qui entre dans la marmite lui est interdit, il lui est permis de manger ce qui entre dans un plat, c’est-à-dire une nourriture cuite seulement dans un plat ordinaire. Si quelqu’un fait le vœu que ce qui est cuit dans un plat lui est interdit, il lui est permis de manger ce qui est cuit dans une marmite, car il ne faisait référence qu’aux aliments dont la préparation principale se fait dans un plat. De même, si quelqu’un fait le vœu que ce qui est cuit dans une marmite lui est interdit, il lui est permis de manger ce qui est cuit dans un plat.
הַנּוֹדֵר מִן הַיּוֹרֵד לְתַנּוּר — אֵין אָסוּר אֶלָּא בְּפַת. וְאִם אָמַר: ״כׇּל מַעֲשֵׂה תַנּוּר עָלַי״ — אָסוּר בְּכׇל הַנַּעֲשִׂים בְּתַנּוּר.
Celui qui fait le vœu que ce qui entre dans un four lui soit interdit à lui n’est interdit que de manger du pain, car c’est l’aliment principal qui est cuit dans un four. Mais si quelqu’un a dit : Tout ce qui est fait dans un four est interdit pour moi, il lui est interdit de manger tout ce qui est fait dans un four.