רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: כְּגוֹן דִּנְדַר וְהוּא בְּבֵית הַקְּבָרוֹת.
Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : L’interdiction de retarder s’applique à un nazir dans le cas où quelqu’un a fait le vœu de devenir nazir alors qu’il se trouvait dans un cimetière. Puisqu’il est interdit à un nazir de se trouver dans un cimetière, sa période de naziréat ne prend effet qu’après qu’il a quitté le cimetière et s’est purifié rituellement. S’il retarde ce processus, il empêche le vœu de prendre effet et transgresse ainsi l’interdiction de retarder.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר לָא חָיְילָא עֲלֵיהּ נְזִירוּת מֵאַלְתַּר. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מֵאַלְתַּר חָיְילָא עֲלֵיהּ, מִי אִיכָּא ״בַּל תְּאַחֵר״? וְעוֹד: הָאָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: חָיְילָא נְזִירוּת עֲלֵיהּ מֵאַלְתַּר, וְכִי פְּלִיגִי — לְעִנְיַן מַלְקוֹת פְּלִיגִי!
La Guemara demande : Cela s’explique bien selon celui qui dit que si quelqu’un fait un vœu de naziréat alors qu’il se trouve dans un cimetière, le naziréat ne s’applique pas à lui immédiatement. Cependant, selon celui qui a dit que le naziréat s’applique à lui immédiatement, y a-t-il une violation de l’interdiction : Tu ne tarderas pas ? Et de plus, Mar bar Rav Ashi n’a-t-il pas dit que tous s’accordent à dire que le naziréat s’applique à lui immédiatement et qu’il n’a pas besoin de répéter son vœu de naziréat lorsqu’il sort, et lorsqu’ils sont en désaccord, ce n’est que concernant la question de la flagellation, et ce n’est qu’à ce sujet qu’ils sont en désaccord, c’est-à-dire si le nazir est flagellé s’il boit du vin ou viole autrement les interdictions du nazir.
אֲפִילּוּ הָכִי קָם לֵיהּ בְּ״בַל תְּאַחֵר״, מִשּׁוּם דְּקָא מְאַחַר נְזִירוּת דְּטָהֳרָה. אָמַר רַב אָשֵׁי: הוֹאִיל וְכֵן, נָזִיר שֶׁטִּימֵּא עַצְמוֹ בְּמֵזִיד — עוֹבֵר מִשּׁוּם ״בַּל תְּאַחֵר״ דִּנְזִירוּת טָהֳרָה.
La Guemara répond : Malgré cela, il est passible pour avoir transgressé l’interdiction : Tu ne tarderas pas, car en restant dans le cimetière il retarde un naziréat de pureté rituelle. Bien que les halakhot du naziréat prennent effet sur lui immédiatement, il demeure néanmoins tenu d’accomplir une période de naziréat dans un état de pureté rituelle, et s’il tarde à le faire, il transgresse l’interdiction de tarder. Rav Ashi a dit : Puisqu’il en est ainsi, un nazir qui se rend intentionnellement rituellement impur transgresse l’interdiction : Tu ne tarderas pas, en ce qui concerne un naziréat de pureté rituelle, car, ce faisant, il s’empêche d’achever son naziréat dans un état de pureté rituelle en temps voulu.
רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא אָמַר: עוֹבֵר בְּ״בַל תְּאַחֵר״ תִּגְלַחְתּוֹ.
Rav Aḥa, fils de Rav Ika, a déclaré une autre explication de la manière dont l’interdiction de retarder s’applique au naziréat : il est ordonné au nazir de se raser les cheveux à la conclusion de sa période, et s’il fait retarder ce rasage, il transgresse l’interdiction : Tu ne retarderas pas, en ce qui concerne son rasage.
וְלָא מִיבַּעְיָא לְמַאן דְּאָמַר תִּגְלַחַת מְעַכֶּבֶת, אֶלָּא אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר תִּגְלַחַת אֵינָהּ מְעַכֶּבֶת, מִצְוַת גִּילּוּחַ מִיהָא לָא מְיקַיֵּים.
La Guemara ajoute : Et cette explication n’est pas nécessaire à énoncer, c’est-à-dire que cela va de soi, selon celui qui dit que le rasage est indispensable pour un nazir et qu’il est soumis à toutes les interdictions du nazir jusqu’à ce qu’il se rase, mais même selon celui qui dit que le rasage n’est pas indispensable et que les halakhot du naziréat prennent fin pour lui immédiatement après qu’il a apporté ses offrandes, au moins on peut dire qu’il n’accomplit pas la mitsva du rasage tant qu’il ne se rase pas effectivement, et par conséquent, s’il tarde, il transgresse l’interdiction de retarder.
מָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב מָרִי אָמַר: עוֹבֵר בְּ״בַל תְּאַחֵר״ קָרְבְּנוֹתָיו.
Mar Zutra, fils de Rav Mari, a déclaré une autre explication de la manière dont l’interdiction de retarder s’applique à un vœu de nazir : Il transgresse l’interdiction : Tu ne tarderas pas, en ce qui concerne ses offrandes. Lorsqu’il achève sa période de naziréat, il est tenu d’apporter certaines offrandes, et s’il tarde à les apporter, il viole cette interdiction.
וּמִן הָכָא נָפְקָא לֵיהּ? מֵהָתָם נָפְקָא לֵיהּ: ״כִּי דָרֹשׁ יִדְרְשֶׁנּוּ״ — אֵלּוּ חַטָּאֹת וַאֲשָׁמוֹת!
La Guemara demande : Cettehalakha, selon laquelle l’interdiction de retarder s’applique à un vœu de naziréat, est-elle dérivée d’ici, c’est-à-dire de la juxtaposition des vœux et du naziréat ? Elle est dérivée de là-bas, d’une autre explication fondée sur le verset : « Lorsque tu feras un vœu… tu ne tarderas pas à l’acquitter ; car l’Éternel ton Dieu ne manquera pas de l’exiger de toi » (Deutéronome 23:22). Ces éléments inclus dans l’expression « ne manquera pas de l’exiger » sont les sacrifices expiatoires et les sacrifices de culpabilité, y compris le sacrifice expiatoire et le sacrifice de culpabilité d’un nazir.
מַהוּ דְּתֵימָא: חִידּוּשׁ הוּא שֶׁחִידְּשָׁה תּוֹרָה בְּנָזִיר.
La Guemara explique : la déduction fondée sur la juxtaposition des vœux et du naziréat reste nécessaire, de peur que tu ne dises que ces offrandes sont une nouveauté que la Torah a instaurée concernant le nazir et que, par conséquent, leurs halakhot ne peuvent pas être déduites des halakhot d’autres offrandes.
מַאי חִידּוּשׁ? אִילֵּימָא דְּלָא מַתְפֵּיס לַיהּ לְחַטַּאת נָזִיר בְּנֶדֶר. הֲרֵי חַטַּאת חֵלֶב, שֶׁאֵין מַתְפִּיסָהּ בְּנֶדֶר, וְעוֹבֵר בְּ״בַל תְּאַחֵר״!
La Guemara demande : Quelle est la nouveauté que la Torah a introduite au sujet du naziréen ? Si l’on dit que c’est qu’il ne peut pas accepter sur lui-même l’offrande expiatoire d’un naziréen au moyen d’un vœu, c’est-à-dire, si quelqu’un qui n’est pas naziréen dit : Par le présent vœu, je m’engage à apporter l’offrande expiatoire d’un naziréen, son vœu n’a aucune validité, ce n’est pas une halakha propre aux offrandes expiatoires du naziréen. Il y a aussi le cas de l’offrande expiatoire pour graisse interdite, c’est-à-dire une offrande expiatoire ordinaire qu’une personne apporte lorsqu’elle transgresse involontairement certaines interdictions, dont l’une est de manger de la graisse interdite, qu’on ne peut pas accepter au moyen d’un vœu, puisque seule la personne qui a transgressé l’interdiction peut l’apporter ; et, malgré cela, on transgresse quand même l’interdiction : Tu ne tarderas pas, s’il retarde l’apport de l’offrande.
אֶלָּא: מַאי חִידּוּשֵׁיהּ — סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְאִם אָמַר ״הֲרֵינִי נָזִיר״ אֲפִילּוּ מִן חַרְצָן — הָוֵי נָזִיר לַכֹּל, אֵימָא לָא לַיעֲבוֹר עֲלֵיהּ מִשּׁוּם ״בַּל תְּאַחֵר״ — קָא מַשְׁמַע לַן.
Au contraire, quelle est sa nouveauté qui rend nécessaire la juxtaposition entre les vœux et le naziréat ? Il pourrait te venir à l’esprit de dire que puisque, s’il a dit : Me voici nazir, même s’il n’a accepté sur lui qu’un seul des interdits du nazir, par exemple l’obligation de s’abstenir des pépins de raisin, il est néanmoins nazir à l’égard de tous les aspects du naziréat ; par conséquent, dis qu’il ne transgresse pas l’interdiction : Tu ne tarderas pas. Puisque cette halakha est une nouveauté, peut-être que les principes des vœux ne s’appliquent pas. Le verset nous enseigne donc, par la juxtaposition des vœux et du naziréat, que l’interdiction de retarder s’applique même dans ce cas.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר כִּי נָזִיר מִן חַרְצָן הָוֵי נָזִיר לַכֹּל, אֶלָּא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר אֵין נָזִיר עַד שֶׁיַּזִּיר מִכּוּלָּן — מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? וְעוֹד: הַאי חִידּוּשׁ לְחוּמְרָא הוּא!
La Guemara demande : Cela s’explique bien selon celui qui a dit que lorsque quelqu’un fait le vœu d’être nazir à partir de pépins de raisin, il est nazir à tous égards. Cependant, selon l’opinion de Rabbi Shimon, qui a dit qu’il n’est pas nazir à moins qu’il ne fasse explicitement le vœu d’être nazir à tous égards, que peut-on dire ? Et de plus, cette nouveauté est rigoureuse, en ce qu’elle rend l’individu nazir même s’il n’a pas explicitement accepté toutes les halakhot du naziréat. Comment cette nouveauté pourrait-elle indiquer que l’interdiction de retarder ne s’applique pas dans ce cas, ce qui est une indulgence, de sorte que la juxtaposition serait nécessaire ?
אֶלָּא: מַאי חִידּוּשֵׁיהּ? דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל
Mais, quelle est sa nouveauté qui rend nécessaire la juxtaposition entre les vœux et le naziréat ? Il pourrait te venir à l’esprit de dire que, puisque