אִילֵימָא רַבִּי טַרְפוֹן — מִי הָוֵי נָזִיר? כֵּיוָן דִּבְשַׁעְתָּא דְּקָא נָזַר לָא יָדַע אִי פְּלוֹנִי הוּא וְאִי לָא, מִי חָלָה עֲלֵיהּ נְזִירוּת? וְהָתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי טַרְפוֹן: אֵין אֶחָד מֵהֶן נָזִיר, לְפִי שֶׁלֹּא נִתְּנָה נְזִירוּת אֶלָּא לְהַפְלָאָה!
Si nous disons qu’il s’agit de l’opinion de Rabbi Tarfon, même dans un cas où l’individu en question s’est présenté devant nous et s’est identifié, celui qui a prétendu connaître son identité est-il nazir ? Puisqu’au moment où il a fait son vœu, il ne savait pas si l’objet de leur débat était untel ou non, le naziréat prend-il effet à son égard ? Mais n’enseigne-t-on pas dans une baraita (Tosefta 3:19) que Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Tarfon : Dans le cas de la michna, pas un seul des six hommes n’est nazir, puisque le naziréat n’est imposé à quelqu’un que si le vœu est formulé avec précision [hafla’a]. La Torah dit qu’un vœu doit être prononcé « clairement », comme l’énonce le verset : « Lorsqu’un homme ou une femme exprimera clairement [yafli] un vœu, le vœu de nazir » (Nombres 6:2). Ce verset indique que son vœu n’est valable que s’il est explicite.
אֶלָּא רַבִּי יְהוּדָה דִּכְרִי הוּא. דְּתַנְיָא: ״הֲרֵינִי נָזִיר עַל מְנָת שֶׁיְּהֵא בַּכְּרִי הַזֶּה מֵאָה כּוֹר״, וְהָלַךְ וּמְצָאוֹ שֶׁנִּגְנַב אוֹ שֶׁאָבַד — רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹסֵר, וְרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר.
Au contraire, la michna représente l’opinion de Rabbi Yehouda, comme cela a été énoncé au sujet d’un tas de grain. Comme il est enseigné dans une baraita (Tosefta 2:9) : Si quelqu’un a dit : Je suis par la présente nazir à condition que ce tas de grain contienne cent kor, une mesure de volume, et lorsque il est allé le mesurer, il a découvert que le tas avait été volé ou perdu, de sorte qu’il est impossible de déterminer la quantité qu’il contenait, Rabbi Shimon le considère interdit selon toutes les halakhot du naziréat, car le tas pouvait avoir contenu cent kor. Et Rabbi Yehouda le considère permis, car il soutient que la halakha est indulgente dans les cas de naziréat incertain. Le raisonnement de Rabbi Yehouda s’applique également au cas de la michna.
רַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר כֵּיוָן דְּאִילּוּ לֹא נִגְנַב, דִּלְמָא הֲווֹ בֵּיהּ מְאָה כּוֹר וְהָוֵי נָזִיר — הַשְׁתָּא נָמֵי הָוֵי נָזִיר. וְהָכָא נָמֵי כֵּיוָן דְּאִי אֲתָא לְקַמַּן וְיָדְעִינַן דִּפְלוֹנִי הֲוַאי, הָוֵי נָזִיר — הַשְׁתָּא נָמֵי הָוֵי נָזִיר.
Quant à Rabbi Shimon, qui conteste la décision de la michna, il soutient au sujet du tas de grain : Puisque si le tas n’avait pas été volé, il aurait peut-être contenu cent kor et il aurait été nazir, maintenant aussi il est nazir en raison de l’incertitude. Et ici aussi, dans le cas de la michna, puisque si cette personne était venue devant nous et que nous avions su qu’il était untel, celui qui a fait le vœu aurait été nazir, par conséquent, maintenant aussi il est nazir en raison de l’incertitude créée par l’identité inconnue de l’individu.
מַתְנִי׳ רָאָה אֶת הַכּוֹי וְאָמַר: ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁזֶּה חַיָּה״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁזֶּה אֵינוֹ חַיָּה״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁזֶּה בְּהֵמָה״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁאֵין זֶה בְּהֵמָה״.
MISHNA : Quelqu’un a vu un animal casher présentant à la fois des caractéristiques d’un animal domestiqué et d’un animal non domestiqué [koy], et a dit : Je suis par les présentes nazir si c’est un animal non domestiqué ; et un autre individu a dit : Je suis par les présentes nazir si ce n’est pas un animal non domestiqué ; et une troisième personne a dit : Je suis par les présentes nazir si c’est un animal domestiqué ; et un quatrième a dit : Je suis par les présentes nazir si ce n’est pas un animal domestiqué.
״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁזֶּה חַיָּה וּבְהֵמָה״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁאֵין זֶה לֹא חַיָּה וְלֹא בְּהֵמָה״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁאֶחָד מִכֶּם נָזִיר״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁאֵין אֶחָד מִכֶּם נָזִיר״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁכּוּלְּכֶם נְזִירִין״ — הֲרֵי כּוּלָּן נְזִירִין.
La michna continue : Une cinquième personne ajouta : Je suis par les présentes nazir si ceci est un animal non domestiqué et un animal domestiqué, et une sixième personne dit : Je suis par les présentes nazir si ceci n’est ni un animal non domestiqué ni un animal domestiqué. Quelqu’un qui entendit toutes les déclarations ci-dessus dit : Je suis par les présentes nazir si l’un de vous est nazir, et un autre déclara : Je suis par les présentes nazir si aucun de vous n’est nazir, et une dernière personne dit : Je suis par les présentes nazir si vous êtes tous nazirim. Dans ce cas, ils sont tous nazirim.
גְּמָ׳ תָּנֵי חֲדָא: תִּשְׁעָה נְזִירִים, וְתַנְיָא אִידַּךְ: תֵּשַׁע נְזִירִיּוֹת. בִּשְׁלָמָא תִּשְׁעָה נְזִירִין — כְּגוֹן דְּהָוֵי גַּבְרֵי טְפֵי, דְּאִיתְּפִיס וְאָזֵיל בֵּיהּ.
GUEMARA : En ce qui concerne la décision de la michna selon laquelle ils sont tous nazirs, il est enseigné dans une baraita que ce cas implique au total neuf nazirs, et il est enseigné dans l’autre baraita qu’il y a ici neuf ensembles de naziréat. La Guemara précise : Soit, on peut comprendre la baraita qui dit qu’il y a neuf nazirs, par exemple, s’il y avait beaucoup de personnes qui associaient leur naziréat au statut de ce koy, chacune avec l’une des déclarations énumérées ci-dessus.
אֶלָּא תֵּשַׁע נְזִירִיּוֹת לְחַד גַּבְרָא הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? בִּשְׁלָמָא שֵׁית מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ, כְּדִתְנַן.
Cependant, comment pouvez-vous trouver des circonstances de neuf cas de naziréat chez une seule personne ? Certes, vous en trouvez six, comme nous l’avons appris dans la michna, qu’il existe six manières d’exprimer la nature d’un koy : c’est un animal sauvage ; ce n’est pas un animal sauvage ; c’est un animal domestique ; ce n’est pas un animal domestique ; c’est à la fois un animal sauvage et un animal domestique ; ce n’est ni un animal sauvage ni un animal domestique. Une seule personne pourrait associer son acceptation du naziréat à toutes les possibilités ci-dessus.
אֲבָל תְּלָת הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ! אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: כְּגוֹן דְּאָמַר ״הֲרֵינִי נָזִיר, וּנְזִירוּת הַכֹּל עָלַי״.
Cependant, comment pouvez-vous trouver ces circonstances des trois autres ensembles de naziréat ? Les déclarations : Si l’un de vous est nazir, et : Si l’un de vous n’est pas nazir, sont nécessairement exprimées par des individus qui n’ont pas fait les six déclarations initiales, car ces trois dernières déclarations s’adressent au groupe de personnes qui a fait les six premières déclarations. Rav Sheshet a dit : Cela est possible dans un cas où neuf personnes ont fait les déclarations mentionnées dans la michna, et quelqu’un a dit : Me voici nazir, et le naziréat de tous repose sur moi. Puisque chacune des neuf personnes est tenue d’observer une période de naziréat, ce dernier est tenu d’en observer neuf.
הַדְרָן עֲלָךְ בֵּית שַׁמַּאי
שְׁלֹשָׁה מִינִין אֲסוּרִין בַּנָּזִיר: הַטּוּמְאָה, וְהַתִּגְלַחַת, וְהַיּוֹצֵא מִן הַגֶּפֶן. וְכׇל הַיּוֹצֵא מִן הַגֶּפֶן מִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. וְאֵין חַיָּיב עַד שֶׁיֹּאכַל מִן הָעֲנָבִים כַּזַּיִת.
MICHNA :Trois types d’actions sont interdits à un nazir : La contraction de l’impureté rituelle provenant d’un cadavre, et le rasage des cheveux, et le fait de manger ou de boire toute substance issue de la vigne. La michna ajoute : Et tous les produits issus de la vigne se combinent les uns avec les autres jusqu’à la quantité qui rend un nazir passible de flagellation. Et il n’est passible que s’il mange un volume d’olive de raisins.