כׇּל כִּינּוּיֵי נְזִירוּת — כִּנְזִירוּת.
MICHNA : On devient nazir en faisant un vœu de naziréat, par lequel on se déclare simplement nazir, comme cela est détaillé dans la Torah (Nombres 6:1–21). De plus, tous les substituts du langage des vœux de naziréat sont comme des vœux de naziréat et ont force obligatoire. En outre, les allusions aux vœux de naziréat, c’est-à-dire les déclarations incomplètes qui, d’après le contexte, sont comprises comme visant des vœux de naziréat, sont considérées comme des vœux de naziréat contraignants.
הָאוֹמֵר ״אֱהֵא״ — הֲרֵי זֶה נָזִיר, אוֹ ״אֱהֵא נָאֶה״ — נָזִיר, ״נָזִיק״, ״נָזִיחַ״, ״פָּזִיחַ״ — הֲרֵי זֶה נָזִיר. ״הֲרֵינִי כָּזֶה״, ״הֲרֵינִי מְסַלְסֵל״, ״הֲרֵינִי מְכַלְכֵּל״, ״הֲרֵי עָלַי לְשַׁלֵּחַ פֶּרַע״ — הֲרֵי זֶה נָזִיר.
Par conséquent, celui qui dit : Je serai, sans autre précision, est nazir, car telle est son intention implicite. Ou bien, s’il a dit : Je serai beau, il est nazir. Les substituts du langage des vœux de nazir sont les suivants : Si quelqu’un dit : Je serai un nazik, un nazi’aḥ, ou un pazi’aḥ, il est nazir. Si quelqu’un dit : Me voici comme ceci, me voici boucleur de cheveux, me voici laissant pousser mes cheveux ; ou : Il m’incombe de laisser pousser de longs cheveux, il est nazir.
״הֲרֵי עָלַי צִיפּוֹרִים״ — רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נָזִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ נָזִיר.
Si quelqu’un dit : Une obligation est par les présentes imposée sur moi concernant les oiseaux, Rabbi Meïr dit : Il est nazir. Un nazir apporte deux offrandes d’oiseaux s’il devient par inadvertance rituellement impur au contact d’un cadavre (Nombres 6:10), et l’on comprend que l’individu a utilisé cette formule indirecte pour faire un vœu de naziréat. Et les Sages disent : Il n’est pas nazir.
גְּמָ׳ מִכְּדֵי תַּנָּא בְּסֵדֶר נָשִׁים קָאֵי, מַאי טַעְמָא תָּנֵי נָזִיר?
GUEMARA : La Guemara commence par clarifier pourquoi ce traité apparaît dans l’ordre de Nashim parmi les six ordres de la Mishna. Or, le tanna est engagé dans l’étude de l’ordre de Nashim, qui traite des lois concernant le mariage et les obligations qui en découlent, ainsi que des relations sexuelles interdites. Quelle est donc la raison pour laquelle il enseigne ici les lois du naziréen ?
תַּנָּא אַקְּרָא קָאֵי: ״וְהָיָה אִם לֹא תִמְצָא חֵן בְּעֵינָיו כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר״. וְהָכִי קָאָמַר: מִי גָּרַם לָהּ לָעֲבֵירָה — יַיִן, וְקָאָמַר: כׇּל הָרוֹאֶה סוֹטָה בְּקִלְקוּלָהּ יַזִּיר עַצְמוֹ מִן הַיַּיִן.
La Guemara répond : Le tanna est engagé dans l’étude du verset relatif au divorce : « Alors il arrivera que, si elle ne trouve pas grâce à ses yeux, parce qu’il a trouvé chez elle quelque chose d’indécent » (Deutéronome 24:1). Et voici ce qu’il dit : Qu’est-ce qui a amené la femme à commettre la transgression de l’adultère, évoquée dans le verset par l’expression « quelque chose d’indécent » ? C’était le vin. Et le tanna dit : Quiconque voit une sota dans sa disgrâce doit s’abstenir de vin. Par conséquent, le traité Nazir est placé dans l’ordre de Nashim, immédiatement avant le traité Sota, qui traite d’une femme soupçonnée par son mari d’avoir été infidèle, et le traité Guittin, qui traite du divorce.
פָּתַח בְּכִינּוּיִין, וּמְפָרֵשׁ יָדוֹת.
§ La Guemara pose une question concernant la manière dont la michna présente les différents sujets qu’elle traite : le tannaa commencé par l’affirmation selon laquelle tous les substituts du langage des vœux de naziréat sont considérés comme des vœux de naziréat, mais ensuite elle explique la halakha des allusions aux vœux de naziréat en donnant des exemples d’allusions plutôt que des exemples de substituts pour les vœux de naziréat. Pourquoi la michna n’a-t-elle pas donné des exemples de substituts immédiatement après avoir énoncé la halakha concernant les substituts ?
אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא כְּדִי: חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: כׇּל כִּינּוּיֵי נְזִירוּת — כִּנְזִירוּת, וִידוֹת נְזִירוּת — כִּנְזִירוּת, וְאֵלּוּ הֵן יָדוֹת: הָאוֹמֵר ״אֱהֵא״ — הֲרֵי זֶה נָזִיר.
Rava a dit, et certains disent cette déclaration sans attribution [kedi] : La michna est incomplète et enseigne ce qui suit : Tous les substituts du langage des vœux de naziréat sont comme des vœux de naziréat. Et de même, toutes les allusions aux vœux de naziréat sont comme des vœux de naziréat. Et voici des exemples d’allusions : Celui qui dit : Je serai, est nazir.
וְלִפְרוֹשׁ כִּינּוּיֵי בְּרֵישָׁא! תַּנָּא מֵהָהוּא דְּסָלֵיק — הָהוּא מְפָרֵשׁ בְּרֵישָׁא. כְּדִתְנַן: בַּמֶּה מַדְלִיקִין וּבַמָּה אֵין מַדְלִיקִין, וּמְפָרֵשׁ ״אֵין מַדְלִיקִין״ בְּרֵישָׁא.
La Guemara demande : Mais, malgré tout, que le tannaexplique d’abord les cas de substituts, avant de donner des exemples d’allusions, puisque la halakha des substituts est mentionnée avant la halakha des allusions. La Guemara répond : Le tanna emploie le style général de la Mishna, selon lequel le sujet par lequel elle conclut est celui qu’elle explique d’abord, comme nous l’avons appris dans une mishna (Shabbat 20b) : Avec quoi peut-on allumer la lampe de Shabbat et avec quoi ne peut-on pas l’allumer ? Et la mishna explique d’abord les détails de ce avec quoi on ne peut pas allumer d’abord, avant de donner des exemples de combustible pouvant être utilisé pour allumer la lampe de Shabbat.
בַּמֶּה טוֹמְנִין וּבַמָּה אֵין טוֹמְנִין, וּמְפָרֵשׁ ״אֵין טוֹמְנִין״ בְּרֵישָׁא.
De même, une autre michna (Shabbat 47b) déclare : Avec quoi peut-on envelopper une marmite de nourriture cuite la veille de Chabbat, et avec quoi ne peut-on pas l’envelopper ? Et la michna explique d’abord les cas de matériaux avec lesquels on ne peut pas l’envelopper d’abord, avant de donner des exemples de matériaux avec lesquels on peut envelopper une marmite de nourriture cuite.
בַּמָּה אִשָּׁה יוֹצְאָה וּבַמָּה אֵינָהּ יוֹצְאָה, וּמְפָרֵשׁ ״לֹא תֵּצֵא אִשָּׁה״ בְּרֵישָׁא.
Un troisième exemple de ce style se trouve dans la michna suivante (Shabbat 57a) : Avec quels objets une femme peut-elle sortir dans le domaine public pendant le Chabbat et avec quels objets ne peut-elle pas sortir ? Et la michna explique d’abord les objets avec lesquels une femme ne peut pas sortir, avant de donner des exemples d’objets avec lesquels elle peut sortir.
וְהָתְנַן: בַּמֶּה בְּהֵמָה יוֹצְאָה וּבַמָּה אֵינָהּ יוֹצְאָה, וּמְפָרֵשׁ ״יוֹצֵא גָּמָל״ בְּרֵישָׁא.
La Guemara conteste cette explication : Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Chabbat 51b) : Avec quoi un animal peut-il sortir dans le domaine public pendant Chabbat, et avec quoi ne peut-il pas sortir ? Et elle explique d’abord les objets avec lesquels un chameau peut sortir, avant de donner des exemples d’objets avec lesquels il ne peut pas sortir.
יֵשׁ נוֹחֲלִין וּמַנְחִילִין, נוֹחֲלִין וְלֹא מַנְחִילִין, מַנְחִילִין וְלֹא נוֹחֲלִין, לֹא נוֹחֲלִין וְלֹא מַנְחִילִין, וּמְפָרֵשׁ ״אֵלּוּ נוֹחֲלִין וּמַנְחִילִין״ בְּרֵישָׁא!
De même, il est enseigné dans une autre michna (Bava Batra 108a) : Il y a certains parents qui héritent et transmettent un héritage, par exemple un père et un fils, qui sont héritiers l’un de l’autre ; certains qui héritent mais ne transmettent pas d’héritage ; certains qui transmettent un héritage mais n’héritent pas ; et certains qui n’héritent pas et ne transmettent pas d’héritage. Et la michna explique d’abord les cas de ceux qui à la fois héritent et transmettent un héritage, avant de donner des exemples des autres catégories mentionnées plus tard dans la clause d’ouverture de la michna.
אֶלָּא, לְעוֹלָם תָּנֵי הָכִי וְתָנֵי הָכִי.
Au contraire, la michna enseigne en réalité parfois de cette manière, et enseigne de cette autre manière à d’autres moments. Il y a des cas où le tanna commence par développer le premier principe mentionné dans la michna, tandis que dans d’autres cas il développe d’abord le dernier principe mentionné.
אֶלָּא: הָתָם, דְּאִיסּוּרָא דְנַפְשֵׁיהּ הוּא — מְפָרֵשׁ אִיסּוּרָא דְנַפְשֵׁיהּ בְּרֵישָׁא. גַּבֵּי בְּהֵמָה, דְּאִיסּוּרָא אַיְּידֵי בְּהֵמָה הוּא דְּאָתֵי — מְפָרֵשׁ הֶיתֵּירָא בְּרֵישָׁא.
Cependant, il y a une logique quant au moment où le tanna emploie chaque style. Là, dans les passages concernant les combustibles avec lesquels on peut allumer la lampe de Shabbat, les matériaux avec lesquels on peut isoler une marmite la veille de Shabbat, et les objets avec lesquels une femme peut sortir pendant Shabbat vers le domaine public, où il est question de la propre interdiction de l’individu, le tanna explique d’abord les cas relatifs à la propre interdiction de l’individu. En revanche, en ce qui concerne la michna qui traite d’un animal transportant vers le domaine public pendant Shabbat, où l’interdiction vient par le biais de l’animal, le tanna explique d’abord ce qui est permis.