וְדִלְמָא טוּמְאָה מִגַּוַּאי וְאִילָנוֹת מִבָּרַאי?
La Guemara demande : Mais peut-être que l’impureté rituelle se trouvait à l’intérieur et que les arbres étaient à l’extérieur, et seule la zone entre les arbres a été labourée, tandis que la partie intérieure du champ où se trouvait la tombe n’a pas été labourée ?
בִּמְסוּבָּכִין. וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָא אֲמַרַן: אֵין מַרְחִיקִין צִיּוּן מִמְּקוֹם טוּמְאָה שֶׁלֹּא לְהַפְסִיד אֶת אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל.
La Guemara répond : Le cas est celui où les arbres sont dispersés dans tout le champ, de sorte qu’il est probable que tout le champ ait été labouré. Et si tu veux, dis plutôt : Ce n’est pas une préoccupation, car nous avons dit plus tôt que l’on n’éloigne pas le marqueur trop loin du lieu réel d’impureté rituelle, afin de ne pas causer de perte à la Terre d’Israël. Puisque le marqueur est situé près des arbres, on présume que les arbres sont proches du lieu réel de la tombe, et le lieu de la tombe a été labouré.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד שֶׁיְּהֵא שָׁם זָקֵן אוֹ תַּלְמִיד, לְפִי שֶׁאֵין הַכֹּל בְּקִיאִין בַּדָּבָר. אָמַר אַבָּיֵי: שְׁמַע מִינַּהּ צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דְּאִיכָּא בְּמָתָא — כׇּל מִילֵּי דְמָתָא עֲלֵיהּ רַמְיָא.
Il est enseigné dans la baraita que Rabbi Yehuda dit : On se fie à ces signes seulement lorsqu’il y a un Ancien ou un érudit de la Torah qui peut témoigner de l’affaire, car tous ne sont pas versés en cette matière, et peut-être que le champ n’a pas du tout été labouré. Abaye a dit : Apprends de cela de la déclaration de Rabbi Yehuda que, lorsqu’il y a un érudit de la Torah dans la ville, toutes les affaires de la ville lui sont imposées, c’est-à-dire qu’elles relèvent de sa responsabilité. Par conséquent, on attend de lui qu’il sache ce qui s’est passé dans la ville.
אָמַר רַב יְהוּדָה: מָצָא אֶבֶן מְצוּיֶּנֶת — תַּחְתֶּיהָ טָמֵא. שְׁתַּיִם, אִם יֵשׁ סִיד בֵּינֵיהֶן — בֵּינֵיהֶן טָמֵא, וְאִם אֵין סִיד בֵּינֵיהֶן — בֵּינֵיהֶן טָהוֹר.
§ La Guemara poursuit sa discussion sur le marquage des tombes. Rav Yehuda a dit : Si quelqu’un a trouvé une seule pierre marquée, cela indique que le sol en dessous est rituellement impur. S’il a trouvé deux pierres marquées, la distinction suivante s’applique : S’il y a de la chaux sur le sol entre elles, cela indique que la zone entre elles est rituellement impure et que les deux pierres marquent les limites de la zone impure ; et s’il n’y a pas de chaux sur le sol entre elles, cela indique que la zone entre elles est rituellement pure et que chaque pierre marque une zone distincte d’impureté rituelle.
וְאַף עַל גַּב דְּלֵיכָּא חוֹרֶשׁ? וְהָתַנְיָא: מָצָא אֶבֶן אַחַת מְצוּיֶּנֶת — תַּחְתֶּיהָ טָמֵא. שְׁתַּיִם, אִם יֵשׁ חוֹרֶשׁ בֵּינֵיהֶן — בֵּינֵיהֶן טָהוֹר, וְאִם לָאו — בֵּינֵיהֶן טָמֵא!
La Guemara demande : Et la zone entre elles est considérée comme rituellement pure même s’il n’y a aucun signe de labourage ayant eu lieu entre les pierres ? Mais n’est-il pas enseigné autrement dans une baraita, comme suit : Si quelqu’un a trouvé une seule pierre marquée, cela indique que le sol en dessous est rituellement impur. S’il a trouvé deux pierres marquées, alors la distinction suivante s’applique : S’il y a des preuves de labourage ayant eu lieu entre elles, la zone entre les deux pierres est rituellement pure ; et sinon, la zone entre elles est rituellement impure.
אָמַר רַב פָּפָּא: הָכָא כְּשֶׁהַסִּיד שָׁפוּךְ עַל רָאשֵׁיהֶן וּמְרוּדֶּה לְכָאן וּלְכָאן. אִי אִיכָּא חוֹרֶשׁ בֵּינֵיהֶן — בֵּינֵיהֶן טָהוֹר, דְּאֵימוֹר מֵחֲמַת חוֹרֶשׁ הוּא דְּאִיקְּפַל, וְאִי לָא, סִיד דְּבֵינֵי בֵּינֵי הוּא וְטָמֵא.
Rav Pappa a dit : La contradiction peut être résolue en expliquant que ici, dans la baraita, il s’agit du cas où la chaux utilisée comme marqueur d’impureté rituelle avait été versée au-dessus des pierres, et s’est ainsi étalée finement de part et d’autre. Dans ce cas, s’il y a des preuves de labourage ayant eu lieu entre les pierres, la zone entre elles est rituellement pure, car on peut dire que la chaux s’est détachée des pierres à cause du labourage ; à l’origine, la chaux n’était que sur le dessus des pierres, pour indiquer qu’il y a une impureté rituelle en dessous d’elles, mais elle est ensuite tombée dans la zone entre elles pendant le labourage. Mais si aucune preuve ne montre qu’une charrue est passée entre elles, alors il est très probable que la chaux était destinée à marquer le sol entre les pierres, et toute la zone entre elles est rituellement impure.
אָמַר רַבִּי אַסִּי מֶצֶר אֶחָד מְצוּיָּן — הוּא טָמֵא, וְכׇל הַשָּׂדֶה כּוּלָּהּ טְהוֹרָה. שְׁנַיִם — הֵם טְמֵאִין, וְכׇל הַשָּׂדֶה כּוּלָּהּ טְהוֹרָה. שְׁלֹשָׁה — הֵם טְמֵאִין, וְכׇל הַשָּׂדֶה כּוּלָּהּ טְהוֹרָה. אַרְבָּעָה — הֵן טְהוֹרִין, וְכׇל הַשָּׂדֶה כּוּלָּהּ טְמֵאָה.
Rabbi Asi a dit : Si une seule bordure d’un champ est marquée, on suppose que la bordure elle-même est rituellement impure, tandis que tout le reste du champ est rituellement pur. Si deux bordures sont marquées, on suppose qu’elles sont toutes deux rituellement impures, tandis que tout le reste du champ est rituellement pur. Si trois bordures sont marquées, on suppose que toutes les trois sont rituellement impures, tandis que tout le reste du champ est rituellement pur. Si les quatre bordures sont marquées, les bordures elles-mêmes sont rituellement pures, tandis que tout le champ délimité par les bordures est rituellement impur.
דְּאָמַר מָר: אֵין מַרְחִיקִין צִיּוּן מִמְּקוֹם טוּמְאָה, שֶׁלֹּא לְהַפְסִיד אֶת אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל.
Comme l’a dit le Maître dans la baraita : On n’éloigne pas le marqueur du lieu réel de l’impureté rituelle, afin de ne pas causer une perte à la Terre d’Israël, c’est-à-dire de ne pas accroître la zone dans laquelle les gens s’abstiennent d’entrer. Par conséquent, ils ont marqué toutes les frontières pour indiquer que tout le champ est rituellement impur.
וְיוֹצְאִין אַף עַל הַכִּלְאַיִם.
§ Il est enseigné dans la michna : Et les inspecteurs sortent aussi pendant les jours intermédiaires d’une fête pour déraciner les pousses d’espèces mélangées interdites [kilayim] qui ont poussé dans les champs pendant la saison des pluies.
וְאַכִּלְאַיִם בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד נָפְקִינַן? וּרְמִינְהוּ: בְּאֶחָד בַּאֲדָר מַשְׁמִיעִין עַל הַשְּׁקָלִים וְעַל הַכִּלְאַיִם.
La Guemara demande : Sortent-ils pour déraciner des espèces mélangées pendant les jours intermédiaires d’une fête ? La Guemara soulève une contradiction à partir d’une autre michna (Shekalim 1:1), qui déclare : Le premier d’Adar le tribunal publie une proclamation concernant la collecte des shekalim, c’est-à-dire la contribution annuelle d’un demi-shekel au trésor du Temple versée par chaque homme adulte afin d’acheter des offrandes communautaires. Et le tribunal publie également une proclamation au sujet de l’obligation de déraciner des espèces mélangées des champs.
בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר בּוֹ קוֹרִין אֶת הַמְּגִילָּה בַּכְּרַכִּים, וְיוֹצְאִין לְקַוֵּוץ אֶת הַדְּרָכִים, וּלְתַקֵּן הָרְחוֹבוֹת, וְלָמוֹד הַמִּקְוָאוֹת. וְעוֹשִׂין כׇּל צוֹרְכֵי רַבִּים, וּמְצַיְּנִין אֶת הַקְּבָרוֹת, וְיוֹצְאִין עַל הַכִּלְאַיִם.
Le quinze de Adar, on lit la Meguila, le Rouleau d’Esther, dans les villes entourées de murailles, et l’on sort pour enlever les épines des routes, pour réparer les rues de la ville, et pour mesurer les bains rituels afin de s’assurer qu’ils contiennent la quantité d’eau requise. Et l’on s’occupe de tous les autres besoins publics, et l’on marque les tombes à la chaux, et l’on sort pour déraciner les pousses de diverses espèces. S’ils étaient déjà sortis en Adar pour déraciner les diverses espèces, pourquoi ressortaient-ils pendant les jours intermédiaires de la fête de Pessa'h ?
רַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא, חַד אָמַר: כָּאן בְּבַכִּיר, כָּאן בְּאָפִיל. וְחַד אָמַר: כָּאן בִּזְרָעִים, כָּאן בִּירָקוֹת.
Rabbi Elazar et Rabbi Yosei bar Ḥanina étaient en désaccord sur cette question : L’un a dit : Ici, dans la michna qui déclare qu’ils sortent le quinze Adar, il s’agit de la récolte précoce, tandis que là-bas, dans la michna qui déclare qu’ils sortent pendant les jours intermédiaires de la fête, il s’agit de la récolte tardive, qui n’est pas clairement reconnaissable avant les jours intermédiaires de Pessaḥ. Et l’un a dit : Ici, dans la michna qui déclare qu’ils sortent le quinze Adar, il s’agit de céréales semées en hiver et déjà hautes à Adar, tandis que là-bas, dans la michna qui déclare qu’ils sortent pendant les jours intermédiaires de la fête, il s’agit de légumes, qui ne poussent que plus tard dans la saison.
אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין נִיצָּן נִיכָּר, אֲבָל נִיצָּן נִיכָּר — יוֹצְאִין עֲלֵיהֶן.
Rabbi Assi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Ils ont enseigné que les messagers du tribunal sortent pour déraciner les espèces mélangées au milieu du mois d’Adar seulement dans un cas où la floraison n’était pas encore reconnaissable à une date antérieure, de sorte qu’il était encore impossible de déterminer si la pousse provenait ou non de semences mélangées. Mais, si la floraison était déjà reconnaissable à une date antérieure, ils sortent alors pour déraciner les pousses de semences mélangées.
מַאי שְׁנָא בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד דְּנָפְקִינַן? אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִשּׁוּם שְׂכַר פְּעוּלָה דְּמוֹזְלִי גַּבַּן.
La Guemara demande : Qu’y a-t-il de particulier dans les jours intermédiaires d’une fête pour que nous précisément sortions arracher des pousses d’espèces diverses de semences pendant cette semaine-là ? Rabbi Ya’akov a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : C’est à cause des salaires versés aux ouvriers engagés par le tribunal pour arracher les espèces diverses. Pendant les jours intermédiaires de la fête, il leur est interdit d’accomplir un travail ordinaire, et ainsi ils réduisent leurs tarifs pour nous, c’est-à-dire pour les travaux publics, car autrement ils n’auraient aucun revenu.
אָמַר רַב זְבִיד וְאִיתֵּימָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא: שְׁמַע מִינַּהּ, כִּי יָהֲבִינַן לְהוּ שָׂכָר — מִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה יָהֲבִינַן לְהוּ. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מִדִּידְהוּ יָהֲבִינַן לְהוּ — מַאי נָפְקָא לַן מִינַּיְיהוּ? כֹּל כַּמָּה דְּבָעוּ לִיתֵּן לְהוּ!
Rav Zevid a dit, et certains disent que c’était Rav Mesharshiyya qui a dit : Apprends de là de cette explication que, lorsque nous donnons aux ouvriers qui arrachent les espèces mélangées leur salaire, nous le donnons à eux à partir des fonds de la chambre de la collecte du trésor du Temple . Puisqu’ils sont payés avec de l’argent consacré, on cherche à minimiser les dépenses. Car, s’il te vient à l’esprit que nous les payons avec leur propre argent, c’est-à-dire que le tribunal contraint les propriétaires des champs où se trouvent les espèces mélangées à payer les ouvriers qui les arrachent, quel avantage tirerions-nous de l’économie de la dépense ? Aussi longtemps que les ouvriers le souhaitent, qu’on les paie.
וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק, כְּאוֹתָהּ שֶׁשָּׁנִינוּ: כׇּל סְאָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ
Concernant la question de déraciner des espèces diverses, la Guemara demande : Et quelle quantité d’une autre espèce doit être mélangée à une culture pour être considérée comme des espèces diverses qui doivent être déracinées par ces ouvriers ? Rav Shmuel bar Yitzḥak a dit : La quantité est comme nous l’avons appris dans la michna (Kilayim 2:1) : Toute se’a de semences qui contient