מַתְנִי׳ נָשִׁים בַּמּוֹעֵד מְעַנּוֹת, אֲבָל לֹא מְטַפְּחוֹת. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: הַסְּמוּכוֹת לַמִּטָּה מְטַפְּחוֹת.
MICHNA :Pendant les jours intermédiaires d’une fête, les femmes peuvent se lamenter de chagrin pour le défunt, mais elles ne peuvent pas frapper [metapeḥot] des mains en signe de deuil. Rabbi Yishmaël dit : Celles qui sont proches de la bière peuvent frapper des mains.
בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים, בַּחֲנוּכָּה וּבְפוּרִים — מְעַנּוֹת וּמְטַפְּחוֹת, בְּזֶה וָזֶה — לֹא מְקוֹנְנוֹת. נִקְבַּר הַמֵּת — לֹא מְעַנּוֹת וְלֹא מְטַפְּחוֹת.
Aux néoménies, à Hanoucca et à Pourim, qui ne sont pas des Fêtes selon la loi de la Torah, les femmes peuvent à la fois se lamenter et frapper des mains en signe de deuil. Tant pendant les jours intermédiaires d’une Fête que lors des néoménies, de Hanoucca et de Pourim, elles ne peuvent pas entonner de lamentations. Après que le défunt a été enterré, elles ne peuvent ni se lamenter ni frapper des mains.
אֵיזֶהוּ עִינּוּי — שֶׁכּוּלָּן עוֹנוֹת כְּאַחַת, קִינָה — שֶׁאַחַת מְדַבֶּרֶת וְכוּלָּן עוֹנוֹת אַחֲרֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלַמֵּדְנָה בְנוֹתֵיכֶם נֶהִי וְאִשָּׁה רְעוּתָהּ קִינָה״.
La michna explique : Qu’est-ce qui est considéré comme des lamentations? C’est lorsqu’elles se lamentent toutes ensemble simultanément. Et qu’est-ce qui est considéré comme une complainte? C’est lorsqu’une parle et qu’elles répondent toutes après elle avec un refrain répété, comme il est dit : « Enseignez à vos filles les lamentations, et chacune à sa voisine la complainte » (Jérémie 9:19).
אֲבָל לֶעָתִיד לָבֹא הוּא אוֹמֵר ״בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח וּמָחָה ה׳ אֱלֹהִים דִּמְעָה מֵעַל כׇּל פָּנִים וְגוֹ׳״.
Afin de conclure sur une note positive, la michna dit : Mais en ce qui concerne l’avenir, le verset déclare : « Il anéantira la mort pour toujours ; et le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages et ôtera de toute la terre l’opprobre de Son peuple » (Isaïe 25:8).
גְּמָ׳ מַאי אֲמַרַן? אָמַר רַב: ״וַיי לְאָזְלָא, וַיי לַחֲבִילָא״.
GUEMARA :Que disent les femmes qui se lamentent sur le mort ? Rav a dit : Elles disent : Malheur à celui qui est maintenant en train de partir ; malheur à celui qui rend maintenant le gage, c’est-à-dire son âme, qui avait été déposée entre ses mains pendant toutes les années de sa vie.
אָמַר רָבָא, נְשֵׁי דְּשַׁכְנְצִיב אֲמַרַן הָכִי: ״וַיי לָאָזְלָא, וַיי לַחֲבִילָא״. וְאָמַר רָבָא, נְשֵׁי דְשַׁכְנְצִיב אָמְרָן: ״גּוּד גַּרְמָא מִכַּכָּא וְנִמְטֵי מַיָּא לְאַנְטִיכִי״.
Rava a dit : Les femmes de la ville de Shekhantziv, connues pour leur sagesse, avaient l’habitude de dire ceci : Malheur à celui qui est maintenant en train de partir ; malheur à celui qui est maintenant en train de rendre le gage. Et Rava a dit : Les femmes de Shekhantziv avaient l’habitude de dire au sujet d’une personne âgée : L’os a été retiré de la mâchoire et l’eau retourne à la bouilloire.
וְאָמַר רָבָא, נְשֵׁי דְשַׁכְנְצִיב אָמְרָן: ״עֲטוֹף וְכַסּוֹ טוּרֵי, דְּבַר רָמֵי וּבַר רַבְרְבֵי הוּא״. וְאָמַר רָבָא: נְשֵׁי דְשַׁכְנְצִיב אָמְרָן: ״שְׁייוֹל אִצְטְלָא דְמֵלָתָא לְבַר חוֹרִין, דִּשְׁלִימוּ זְווֹדֵיהּ״.
Et Rava dit : Les femmes de Shekhantziv disaient en temps de deuil : Enveloppez et couvrez les montagnes de deuil, car le défunt est le fils de l’élevé et du distingué. Rava dit : Les femmes de Shekhantziv disaient : Prêtez un manteau de laine fine pour servir de linceul à un homme libre dont les moyens de subsistance sont épuisés. En d’autres termes, une personne riche qui perd sa fortune préférerait mourir plutôt que vivre dans la pauvreté.
וְאָמַר רָבָא, נְשֵׁי דְשַׁכְנְצִיב אָמְרָן: ״רָהֵיט וְנָפֵיל אַמַּעְבָּרָא וִיזוּפְתָּא יָזֵיף״. וְאָמַר רָבָא, נְשֵׁי דְשַׁכְנְצִיב אָמְרָן: ״אֲחַנָא תַּגָּרֵי אַזַּבְזָגֵי מִיבַּדְקוּ״. וְאָמַר רָבָא, נְשֵׁי דְשַׁכְנְצִיב אָמְרָן: ״מוֹתָא כִּי מוֹתָא וּמַרְעִין חִיבוּלְיָא״.
Et Rava dit : Les femmes de Shekhantziv disaient : Une personne court et trébuche au gué et pourtant elle emprunte. Et Rava dit : Les femmes de Shekhantziv disaient : Nos frères, les marchands, seront examinés à leurs places de commerce pour voir s’ils sont des marchands honnêtes. Et Rava dit : Les femmes de Shekhantziv disaient : La mort est comme la mort, car tous doivent mourir, et la souffrance est comme l’intérêt.
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: ״טוֹב לָלֶכֶת אֶל בֵּית אֵבֶל וְגוֹ׳״ עַד ״וְהַחַי יִתֵּן אֶל לִבּוֹ״ — דְּבָרִים שֶׁל מִיתָה: דְּיִסְפֹּד — יִסְפְּדוּנֵיהּ, דְּיִקְבַּר — יִקְבְּרוּנֵיהּ, דְּיִטְעֹן — יִטְעֲנוּנֵיהּ, דִּידַל — יְדַלּוּנֵיהּ.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Meir avait l’habitude de dire au sujet du verset « Il vaut mieux aller dans une maison de deuil que d’aller dans une maison de festin, car telle est la fin de tout homme ; et le vivant le prendra à cœur » (Ecclésiaste 7:2) : Que doit le vivant prendre à cœur ? Les choses relatives à la mort. Et ces choses sont les suivantes : Celui qui prononce un éloge funèbre sera loué par d’autres. Celui qui enterre les autres sera enterré par d’autres. Celui qui ajoute beaucoup de paroles de louange et d’hommage dans les éloges funèbres qu’il prononce pour les autres sera traité de la même manière par d’autres. Celui qui élève sa voix en pleurant sur les autres verra d’autres élever leur voix sur lui.
וְאִיכָּא דְאָמְרִי: דְּלָא יְדַל — יְדַלּוּנֵיהּ, דִּכְתִיב: ״כִּי טוֹב אֲמׇר לְךָ עֲלֵה הֵנָּה וְגוֹ׳״.
Et certains disent : Celui qui ne s’élève pas avec orgueil, mais choisit sa place parmi les humbles, sera élevé par d’autres, comme il est écrit : « Ne t’élève pas en présence du roi, et ne te tiens pas à la place des grands. Car il vaut mieux qu’on te dise : monte ici, que d’être abaissé en présence des grands » (Proverbes 25:6–7).
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁמֵּתוּ בָּנָיו שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל נִכְנְסוּ אַרְבָּעָה זְקֵנִים לְנַחֲמוֹ, רַבִּי טַרְפוֹן, וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, וְרַבִּי עֲקִיבָא. אֲמַר לָהֶם רַבִּי טַרְפוֹן: דְּעוּ שֶׁחָכָם גָּדוֹל הוּא וּבָקִי בְּאַגָּדוֹת, אַל יִכָּנֵס אֶחָד מִכֶּם לְתוֹךְ דִּבְרֵי חֲבֵירוֹ. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: וַאֲנִי אַחֲרוֹן.
Les Sages ont enseigné la baraita suivante : Lorsque les fils de Rabbi Yishmael moururent, quatre Anciens entrèrent pour le consoler : Rabbi Tarfon, Rabbi Yosei HaGelili, Rabbi Elazar ben Azarya et Rabbi Akiva. Rabbi Tarfon leur dit : Sachez que Rabbi Yishmael est un grand Sage et versé dans les aggadot. Qu’aucun de vous n’interrompe les paroles de l’autre, mais que chacun dise quelque chose de nouveau de son propre chef. Rabbi Akiva dit : Et moi, je parlerai en dernier.
פָּתַח רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְאָמַר: רַבּוּ עֲוֹנוֹתָיו, תְּכָפוּהוּ אֲבָלָיו, הִטְרִיחַ רַבּוֹתָיו פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה.
Rabbi Yishmaël, l’endeuillé, prit la parole et dit à son propre sujet : Nombreux sont ses péchés. À cause de cela, ses deuils se sont succédé rapidement, et il a dérangé ses maîtres une fois puis une seconde fois pour qu’ils viennent le consoler.
נַעֲנָה רַבִּי טַרְפוֹן וְאָמַר: ״וַאֲחֵיכֶם כׇּל בֵּית יִשְׂרָאֵל יִבְכּוּ אֶת הַשְּׂרֵפָה״. וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה נָדָב וַאֲבִיהוּא שֶׁלֹּא עָשׂוּ אֶלָּא מִצְוָה אַחַת, דִּכְתִיב: ״וַיַּקְרִיבוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֶת הַדָּם אֵלָיו״ — כָּךְ, בָּנָיו שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Ayant reçu la permission de parler, Rabbi Tarfon répondit et dit : Au sujet de la mort des fils d’Aaron, il est dit : « Mais vos frères, toute la maison d’Israël, pleureront l’incendie que le Seigneur a allumé » (Lévitique 10:6). Ces choses ne sont-elles pas déduites a fortiori : Si, au sujet de Nadav et Avihou, qui n’avaient accompli qu’une seule mitsva mentionnée explicitement dans la Torah, comme il est écrit : « Et les fils d’Aaron lui apportèrent le sang » (Lévitique 9:9), cela a néanmoins été dit à leur sujet, alors au sujet des fils de Rabbi Yishmaël, qui étaient bien connus pour l’accomplissement de nombreuses mitsvot, à plus forte raison tout le peuple juif doit pleurer leur mort.
נַעֲנָה רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְאָמַר: ״וְסָפְדוּ לוֹ כׇל יִשְׂרָאֵל וְקָבְרוּ אוֹתוֹ״, וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה אֲבִיָּה בֶּן יָרׇבְעָם שֶׁלֹּא עָשָׂה אֶלָּא דָּבָר אֶחָד טוֹב, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״יַעַן נִמְצָא בוֹ דָּבָר טוֹב״ — כָּךְ, בָּנָיו שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Yosei HaGelili répondit et dit : En ce qui concerne Abiya, fils du roi Jéroboam, le verset déclare : « Et tout Israël le pleurera et l’enterrera » (I Rois 14:13). Ces choses ne sont-elles pas déduites a fortiori : Si, en ce qui concerne Abiya, fils de Jéroboam, qui n’a fait qu’une seule bonne chose, comme il est écrit : « Parce qu’on a trouvé en lui quelque chose de bon envers le Seigneur Dieu d’Israël » (I Rois 14:13), c’est-à-dire qu’il n’a fait qu’une seule bonne chose, et que cela fut sa récompense, alors, en ce qui concerne les fils de Rabbi Yishmaël, à plus forte raison devraient-ils être récompensés en ce que tout le peuple juif les pleure et les enterre.
מַאי דָּבָר טוֹב? רַבִּי זֵירָא וְרַבִּי חִינָּנָא בַּר פָּפָּא, חַד אָמַר: שֶׁבִּיטֵּל מִשְׁמַרְתּוֹ וְעָלָה לָרֶגֶל, וְחַד אָמַר: שֶׁבִּיטֵּל פַּרְדְּסָאוֹת שֶׁהוֹשִׁיב יָרׇבְעָם אָבִיו עַל הַדְּרָכִים שֶׁלֹּא יַעֲלוּ יִשְׂרָאֵל לָרֶגֶל.
La Guemara demande : Quelle fut cette seule bonne chose qu’Abiya fit ? Rabbi Zeira et Rabbi Ḥinnana bar Pappa furent en désaccord sur cette question. L’un dit : Il abandonna son poste de garde. Son père, Jéroboam, l’avait désigné pour servir comme l’un des gardes dont la mission était d’empêcher les gens de monter à Jérusalem lors des fêtes de pèlerinage. Et lui-même monta à Jérusalem pour la fête de pèlerinage. Et l’un dit : Il retira les gardes [pardesaot] que son père, Jéroboam, avait placés le long des routes afin que le peuple d’Israël ne monte pas à Jérusalem lors des fêtes de pèlerinage.
נַעֲנָה רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְאָמַר: ״בְּשָׁלוֹם תָּמוּת וּבְמִשְׂרְפוֹת אֲבוֹתֶיךָ הַמְּלָכִים הָרִאשׁוֹנִים [אֲשֶׁר הָיוּ לְפָנֶיךָ כֵּן] יִשְׂרְפוּ לָךְ״, וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה שֶׁלֹּא עָשָׂה אֶלָּא מִצְוָה אַחַת, שֶׁהֶעֱלָה יִרְמְיָה מִן הַטִּיט — כָּךְ, בָּנָיו שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
La baraita continue : Rabbi Elazar ben Azarya répondit et dit : Au sujet du roi Sédécias, le verset déclare : « Mais tu mourras en paix ; et comme on a fait des brûlements pour tes pères, les premiers rois qui t’ont précédé, ainsi fera-t-on un brûlement pour toi » (Jérémie 34:5). Ces éléments ne sont-ils pas déduits a fortiori : Si, au sujet de Sédécias, roi de Juda, qui n’avait accompli qu’une seule mitsva explicitement mentionnée dans la Torah, car il avait fait remonter Jérémie hors de la boue (Jérémie 38:10), cela a néanmoins été dit à son sujet, alors en ce qui concerne les fils de Rabbi Yishmaël, à plus forte raison devraient-ils être récompensés en mourant en paix.
נַעֲנָה רַבִּי עֲקִיבָא וְאָמַר: ״בַּיּוֹם הַהוּא יִגְדַּל הַמִּסְפֵּד בִּירוּשָׁלִַם כְּמִסְפַּד הֲדַדְרִימּוֹן [בְּבִקְעַת מְגִידּוֹ]״, וְאָמַר רַב יוֹסֵף: אִלְמָלֵא תַּרְגּוּמֵיהּ דְּהַאי קְרָא, לָא הֲוָה יָדַעְנָא מַאי קָאָמַר.
Rabbi Akiva répondit et dit : Le verset déclare : « En ce jour-là, il y aura un grand deuil à Jérusalem, comme le deuil de Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddon » (Zacharie 12:11). La Guemara commente : Au sujet de ce verset, Rav Yosef a dit : N’eût été la traduction araméenne de ce verset, nous n’aurions pas su ce qu’il signifie, car nulle part dans la Torah nous ne trouvons cet incident impliquant Hadadrimmon.
בְּעִידָּנָא הָהוּא יִסְגֵּי מִסְפְּדָא בִּירוּשְׁלֶם כְּמִסְפְּדָא דְּאַחְאָב בַּר עָמְרִי דִּקְטַל יָתֵיהּ הֲדַדְרִימּוֹן בַּר טַבְרִימּוֹן, וּכְמִסְפֵּד דְּיֹאשִׁיָּה בַּר אָמוֹן דִּקְטַל יָתֵיהּ פַּרְעֹה חֲגִירָא בְּבִקְעַת מְגִידּוֹ.
La traduction araméenne se lit ainsi : En ce temps-là, le deuil à Jérusalem sera aussi grand que le deuil pour Achab, fils d’Omri, qui fut tué par Hadadrimmon, fils de Tabrimmon, et comme le deuil pour Josias, fils d’Amon, qui fut tué par Pharaon le boiteux dans la vallée de Megiddon.
וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה אַחְאָב מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא עָשָׂה אֶלָּא דָּבָר אֶחָד טוֹב, דִּכְתִיב: ״וְהַמֶּלֶךְ הָיָה מׇעֳמָד בַּמֶּרְכָּבָה נֹכַח אֲרָם״ — כָּךְ, בָּנָיו שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
La baraita continue : Ces choses ne sont-elles pas déduites a fortiori : Si, concernant Achab, roi d’Israël, qui n’a fait qu’une seule bonne chose explicitement mentionnée dans la Torah, comme il est écrit : « Et le roi fut soutenu dans son char face à Aram » (I Rois 22:35), puisqu’il ne voulait pas que le peuple juif voie qu’il était mortellement blessé et prenne la fuite, et pourtant, cela, à savoir qu’il fut grandement pleuré, a néanmoins été dit à son sujet, alors à plus forte raison les fils de Rabbi Yishmaël seront grandement pleurés.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי: כְּתִיב בֵּיהּ בְּצִדְקִיָּהוּ ״בְּשָׁלוֹם תָּמוּת״, וּכְתִיב ״וְאֶת עֵינֵי צִדְקִיָּהוּ עִוֵּר״! אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁמֵּת נְבוּכַדְנֶאצַּר בְּיָמָיו.
La Guemara traite des difficultés soulevées par les versets susmentionnés : Rava dit à Rabba bar Mari : Il est écrit au sujet de Sédécias : « Tu mourras en paix », mais ailleurs il est écrit : « Et il creva les yeux de Sédécias » (Jérémie 39:7). Rabba bar Mari lui dit : Rabbi Yoḥanan a dit ce qui suit : Le premier verset, « Tu mourras en paix », signifie que Nabuchodonosor mourut du vivant de Sédécias et, par conséquent, ce dernier mourut en paix, ayant vu la mort du méchant.
וְאָמַר רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי, כְּתִיב בֵּיהּ בְּיֹאשִׁיָּהוּ: ״לָכֵן הִנְנִי אוֹסִיפְךָ עַל אֲבוֹתֶיךָ וְנֶאֱסַפְתָּ אֶל קִבְרוֹתֶיךָ בְּשָׁלוֹם״, וּכְתִיב: ״וַיּוֹרוּ הַיּוֹרִים לַמֶּלֶךְ יֹאשִׁיָּהוּ״, וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שֶׁעֲשָׂאוּהוּ כִּכְבָרָה!
Et Rava dit encore à Rabba bar Mari : Il est écrit au sujet de Josias : « Voici, c’est pourquoi je te recueillerai auprès de tes pères, et tu seras recueilli dans ton tombeau en paix » (II Rois 22:20), et ailleurs il est écrit : « Et les archers tirèrent sur le roi Josias ; et le roi dit à ses serviteurs : Emmenez-moi, car je suis grièvement blessé » (II Chroniques 35:23). Et au sujet de ce verset Rabbi Yehouda a dit que Rav a dit : Avec leurs nombreuses flèches, ils firent de son corps comme un crible.
אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁלֹּא חָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בְּיָמָיו.
Rabba bar Mari lui dit : Rabbi Yoḥanan a dit ce qui suit : Les mots « en paix » énoncés au sujet du roi Josias renvoient au fait que le Temple n’a pas été détruit de son vivant, comme le verset lui-même continue : « Et tes yeux ne verront pas tout le mal que J’amènerai sur ce lieu » (II Rois 22:20).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מְנַחֲמִין רַשָּׁאִין לוֹמַר דָּבָר עַד שֶׁיִּפְתַּח אָבֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַחֲרֵי כֵן פָּתַח אִיּוֹב אֶת פִּיהוּ״, וַהֲדַר: ״וַיַּעַן אֱלִיפַז הַתֵּימָנִי״.
La Guemara revient à l’examen des halakhot de la consolation. Rabbi Yoḥanan a dit : Les consolateurs n’ont pas la permission de prononcer des paroles de consolation jusqu’à ce que l’endeuillé ouvre et parle en premier. Comme il est dit : « Ils s’assirent avec lui à terre pendant sept jours et sept nuits, et personne ne lui dit un mot ; car ils voyaient que sa souffrance était très grande. Après cela, Job ouvrit la bouche” (Job 2:13–3:1). Et ensuite : “Et Éliphaz de Téman répondit et dit » (Job 4:1).
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: מִנַּיִן לָאָבֵל שֶׁמֵּיסֵב בָּרֹאשׁ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶבֲחַר דַּרְכָּם וְאֵשֵׁב רֹאשׁ וְאֶשְׁכּוֹן כְּמֶלֶךְ בַּגְּדוּד כַּאֲשֶׁר אֲבֵלִים יְנַחֵם״.
Rabbi Abbahu a dit : D’où est-il déduit que l’endeuillé s’accoude à la tête [rosh] de la table ? Comme il est dit : « Je choisissais leur voie, et je siégeais comme chef [rosh], et je demeurais comme un roi dans l’armée, comme celui qui console [yenaḥem] les endeuillés » (Job 29:25). Cela indique que l’endeuillé s’assied à la tête de la table, comme le chef.
״יְנַחֵם״ — אַחֲרִינֵי מַשְׁמַע! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״יִנָּחֵם״ כְּתִיב.
La Guemara soulève une objection : Mais le mot yenaḥem signifie qu’il réconforte les autres, impliquant ainsi que celui qui réconforte les endeuillés s’assoit en tête de table. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Le mot est écrit comme yinaḥem, c’est-à-dire : sera réconforté, et peut donc être compris comme se référant à l’endeuillé.
מָר זוּטְרָא אָמַר מֵהָכָא: ״וְסָר מִרְזַח סְרוּחִים״. ״מִרְזָח״ — נַעֲשֶׂה שַׂר לִסְרוּחִים.
Mar Zutra dit : On peut tirer une preuve d’ici : Le verset « Et la liesse [mirzaḥ] de ceux qui sont étendus passera [sar] » (Amos 6:7) signifie que mirzaḥ, celui qui est amer [mar] et dont l’esprit est accablé [zaḥ] par le chagrin, est fait prince [sar] sur ceux qui sont assis à ses côtés étendus au-dessous de lui pour le réconforter.
אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: מִנַּיִן לְחָתָן שֶׁמֵּיסֵב בָּרֹאשׁ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״כְּחָתָן יְכַהֵן פְּאֵר״, מָה כֹּהֵן בָּרֹאשׁ — אַף חָתָן בָּרֹאשׁ.
Rabbi Ḥama bar Ḥanina a dit : D’où est-il dérivé qu’un marié s’accoude à la place d’honneur de la table ? Comme il est dit : « Tel un marié qui se pare [yekhahen] d’une guirlande » (Isaïe 61:10). De même qu’un prêtre [kohen] est à la tête de la table, de même un marié est à la tête de la table.
וְכֹהֵן גּוּפֵיהּ מְנָלַן? דְּתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְקִדַּשְׁתּוֹ״, לְכׇל דָּבָר שֶׁבִּקְדוּשָּׁה: לִפְתּוֹחַ רִאשׁוֹן, וּלְבָרֵךְ רִאשׁוֹן, וְלִיטּוֹל מָנָה יָפָה רִאשׁוֹן.
La Guemara demande : D’où déduisons-nous que le prêtre lui-même est assis en tête ? La Guemara répond : Comme l’a enseigné l’école de Rabbi Yishmael : À propos d’un prêtre, il est dit : « Tu le sanctifieras, car il offre le pain de ton Dieu » (Lévitique 21:8), ce qui signifie que tu dois le sanctifier dans toutes les questions de sainteté : être le premier à commencer la lecture de la Torah, être le premier à réciter la Bénédiction après les repas, et être le premier à prendre une portion pendant un repas.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: קָשָׁה יְצִיאַת נְשָׁמָה מִן הַגּוּף
§ La Guemara revient à sa discussion de la mort : Rabbi Ḥanina a dit : Le départ de l’âme du corps est aussi difficile