וְאֵלּוּ קְרָעִין שֶׁאֵין מִתְאַחִין: הַקּוֹרֵעַ עַל אָבִיו וְעַל אִמּוֹ, וְעַל רַבּוֹ שֶׁלִּימְּדוֹ תּוֹרָה, וְעַל נָשִׂיא וְעַל אָב בֵּית דִּין, וְעַל שְׁמוּעוֹת הָרָעוֹת, וְעַל בִּרְכַּת הַשֵּׁם, וְעַל סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּשְׂרַף, וְעַל עָרֵי יְהוּדָה וְעַל הַמִּקְדָּשׁ וְעַל יְרוּשָׁלַיִם. וְקוֹרֵעַ עַל מִקְדָּשׁ, וּמוֹסִיף עַל יְרוּשָׁלַיִם.
Et voici les déchirures de deuil qui ne peuvent jamais être correctement raccommodées : Celui qui déchire ses vêtements pour la mort de son père, ou de sa mère, ou de son maître qui lui a enseigné la Torah, ou pour le Nasi, ou pour le président du tribunal ; ou en entendant de mauvaises nouvelles ; ou en entendant le nom de Dieu être béni, ce qui est un euphémisme pour entendre le nom de Dieu être maudit ; ou lorsqu’un rouleau de la Torah a été brûlé ; ou en voyant les villes de Judée qui ont été détruites ou le Temple détruit ou Jérusalem en ruines. Voici comment on se conduit en approchant de Jérusalem lorsqu’elle est en ruines : Il d’abord déchire ses vêtements pour le Temple et ensuite prolonge la déchirure pour Jérusalem.
אָבִיו וְאִמּוֹ וְרַבּוֹ שֶׁלִּימְּדוֹ תּוֹרָה מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וֶאֱלִישָׁע רֹאֶה וְהוּא מְצַעֵק אָבִי אָבִי רֶכֶב יִשְׂרָאֵל וּפָרָשָׁיו״. ״אָבִי אָבִי״ — זֶה אָבִיו וְאִמּוֹ, ״רֶכֶב יִשְׂרָאֵל וּפָרָשָׁיו״ — זֶה רַבּוֹ שֶׁלִּימְּדוֹ תּוֹרָה.
La Guemara développe les halakhot mentionnées dans cette baraita : D’où déduisons-nous que l’on doit déchirer ses vêtements pour son père, sa mère et son maître qui lui a enseigné la Torah ? Comme il est écrit au sujet du prophète Élie, lorsqu’il monta au Ciel dans une tempête : « Élisée le vit, et il s’écria : Mon père, mon père, char d’Israël et sa cavalerie » (II Rois 2:12). La Guemara interprète ce verset ainsi : « Mon père, mon père » ; cela vient enseigner que l’on doit déchirer ses vêtements pour la mort de son père ou de sa mère. « Char d’Israël et sa cavalerie » ; cela vient inclure aussi son maître qui lui a enseigné la Torah.
מַאי מַשְׁמַע? כְּדִמְתַרְגֵּם רַב יוֹסֵף: רַבִּי רַבִּי דְּטָב לְהוֹן לְיִשְׂרָאֵל בִּצְלוֹתֵיהּ מֵרְתִיכִּין וּפָרָשִׁין.
La Guemara demande : D'où peut-on déduire qu'il s'agit du maître d'une personne ? La Guemara explique : Comme le verset a été traduit par Rav Yossef : Mon maître, mon maître, qui était meilleur pour la protection du peuple juif par ses prières que une armée avec chars et cavaliers.
וְלֹא מִתְאַחִין מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וַיַּחֲזֵק בִּבְגָדָיו וַיִּקְרָעֵם לִשְׁנַיִם קְרָעִים״, מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיִּקְרָעֵם״ אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁלִּשְׁנַיִם? אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁקְּרוּעִים וְעוֹמְדִים לִשְׁנַיִם לְעוֹלָם.
Et d’où déduisons-nous que ces déchirures ne doivent jamais être correctement raccommodées ? Comme il est écrit : « Et il saisit ses propres vêtements et les déchira en deux morceaux » (II Rois 2:12). Du fait qu’il est dit : « et les déchira », ne sais-je pas déjà qu’il les déchira en deux morceaux ? Au contraire, lorsque le verset ajoute qu’ils furent déchirés en deux morceaux, cela enseigne qu’ils doivent rester déchirés en deux morceaux à jamais. En conséquence, cette déchirure ne doit jamais être correctement raccommodée.
אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אֵלִיָּהוּ חַי הוּא? אֲמַר לֵיהּ, כֵּיוָן דִּכְתִיב: ״וְלֹא רָאָהוּ עוֹד״, לְגַבֵּי דִידֵיהּ כְּמֵת דָּמֵי.
Reish Lakish dit à Rabbi Yoḥanan : Mais Élie est-il encore vivant ? Pourquoi, alors, Élisée a-t-il déchiré ses vêtements pour lui ? Il lui dit : Puisqu’il est écrit : « Et il ne le vit plus » (II Rois 2:12), Élie fut considéré comme mort du point de vue d’Élisée, et c’est pourquoi Élisée déchira ses vêtements pour lui.
נָשִׂיא וְאַב בֵּית דִּין וּשְׁמוּעוֹת הָרָעוֹת מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וַיַּחֲזֵק דָּוִד בִּבְגָדָיו וַיִּקְרָעֵם וְגַם כׇּל הָאֲנָשִׁים אֲשֶׁר אִתּוֹ. וַיִּסְפְּדוּ וַיִּבְכּוּ וַיָּצוּמוּ עַד הָעָרֶב עַל שָׁאוּל וְעַל יְהוֹנָתָן בְּנוֹ וְעַל עַם ה׳ וְעַל בֵּית יִשְׂרָאֵל כִּי נָפְלוּ בֶּחָרֶב״.
§ D’où déduisons-nous que l’on doit déchirer ses vêtements à la mort du Nasi ou du président du tribunal et en entendant de mauvaises nouvelles ? Comme il est écrit, lorsque David apprit la défaite d’Israël et la mort de Saül et de ses fils : « Alors David saisit ses vêtements et les déchira ; et de même tous les hommes qui étaient avec lui. Et ils se lamentèrent, pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir, à cause de Saül, de Jonathan son fils, du peuple du Seigneur et de la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée » (II Samuel 1:11–12).
״שָׁאוּל״ — זֶה נָשִׂיא, ״יְהוֹנָתָן״ — זֶה אַב בֵּית דִּין, ״עַל עַם ה׳ וְעַל בֵּית יִשְׂרָאֵל״ — אֵלּוּ שְׁמוּעוֹת הָרָעוֹת.
La Guemara explique comment les halakhot susmentionnées sont dérivées du verset : « Saül » ; cela désigne le Nasi, puisque Saül était roi d’Israël. « Jonathan » ; cela désigne le président du tribunal. « Pour le peuple du Seigneur, et pour la maison d’Israël » ; cela désigne de mauvaises nouvelles.
אֲמַר לֵיהּ רַב בַּר שַׁבָּא לְרַב כָּהֲנָא: וְאֵימָא עַד דְּהָווּ כּוּלְּהוּ! אָמַר לֵיהּ: ״עַל״ ״עַל״ הִפְסִיק הָעִנְיָן.
Rav bar Shaba dit à Rav Kahana : Mais peut-être peut-on dire qu’il n’est pas nécessaire de déchirer ses vêtements jusqu’à ce que toutes ces calamités surviennent ensemble, et que l’on ne déchire ses vêtements que pour une tragédie d’une telle ampleur. Il lui dit : La répétition du mot « pour » : « Pour Saül », « pour Jonathan » et « pour le peuple du Seigneur » divise la question et enseigne que chaque malheur individuel est une raison suffisante pour déchirer ses vêtements.
וּמִי קָרְעִינַן אַשְּׁמוּעוֹת הָרָעוֹת? וְהָא אֲמַרוּ לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל: קְטַל שַׁבּוּר מַלְכָּא תְּרֵיסַר אַלְפֵי יְהוּדָאֵי בִּמְזִיגַת קֵסָרִי, וְלָא קְרַע! לֹא אָמְרוּ אֶלָּא בְּרוֹב צִבּוּר וּכְמַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה.
La Guemara demande : Mais est-ce que nous déchirons réellement nos vêtements en entendant de mauvaises nouvelles ? Pourtant, n’ont-ils pas dit à Shmuel : le roi Shapur a tué douze mille Juifs à Mezigat Caesarea, et Shmuel n’a pas déchiré ses vêtements ? La Guemara répond : Ils ont dit qu’on doit déchirer ses vêtements en entendant de mauvaises nouvelles seulement dans un cas où la calamité a touché la majorité de la communauté d’Israël et ressemble à l’incident qui s’est produit lorsque Saül fut tué et que toute la nation d’Israël subit une défaite.
וּמִי קְטַל שַׁבּוּר מַלְכָּא יְהוּדָאֵי? וְהָא אֲמַר לֵיהּ שַׁבּוּר מַלְכָּא לִשְׁמוּאֵל: תֵּיתֵי לִי דְּלָא קְטַלִי יְהוּדִי מֵעוֹלָם! הָתָם אִינְהוּ גָּרְמִי לְנַפְשַׁיְיהוּ, דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי: לְקָל יְתֵירֵי דִּמְזִיגַת קֵסָרִי, פְּקַע שׁוּרָא דְלוּדְקִיָּא.
La Guemara demande incidemment : Le roi Shapur a-t-il vraiment tué des Juifs ? Mais le roi Shapur n’a-t-il pas dit à Shmuel : J’ai une bénédiction qui m’est due, car je n’ai jamais tué un Juif ? La Guemara répond : le roi Shapur n’a jamais provoqué la mise à mort de Juifs ; là-bas, cependant, ils se l’étaient attiré eux-mêmes, comme l’a dit Rabbi Ami de manière exagérée : À cause du son des cordes de la harpe de Mezigat de Césarée, les murailles de Laodicée furent percées, car les habitants de la ville célébrèrent lorsqu’ils se rebellèrent contre le roi Shapur. Parce qu’ils se rebellèrent contre lui et menacèrent son pouvoir, il fut contraint de les tuer.
עַל בִּרְכַּת הַשֵּׁם מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וַיָּבֹא אֶלְיָקִים בֶּן חִלְקִיָּה אֲשֶׁר עַל הַבַּיִת וְשֶׁבְנָא הַסּוֹפֵר וְיוֹאָח בֶּן אָסָף הַמַּזְכִּיר אֶל חִזְקִיָּהוּ קְרוּעֵי בְגָדִים״.
§ La Guemara poursuit son analyse de la baraita : D’où déduisons-nous qu’il faut déchirer ses vêtements en entendant le Nom être béni, c’est-à-dire maudit ? Comme il est écrit au sujet des paroles blasphématoires prononcées par Rab-Shaké : « Alors Éliakim, fils de Hilkiya, qui était préposé à la maison, et Shebna le scribe, et Joah, fils d’Asaph, l’archiviste, vinrent auprès d’Ézéchias, les vêtements déchirés » (II Rois 18:37).
תָּנוּ רַבָּנַן: אֶחָד הַשּׁוֹמֵעַ וְאֶחָד הַשּׁוֹמֵעַ מִפִּי הַשּׁוֹמֵעַ — חַיָּיב לִקְרוֹעַ. וְהָעֵדִים אֵינָן חַיָּיבִין לִקְרוֹעַ, שֶׁכְּבָר קָרְעוּ בְּשָׁעָה שֶׁשָּׁמְעוּ.
Les Sages ont enseigné une baraita au sujet de cette question : Tant celui qui entend réellement entend la malédiction que celui qui entend de la bouche de celui qui a entendu la malédiction sont tenus de déchirer leurs vêtements. Mais les témoins qui témoignent contre la personne qui a proféré le blasphème ne sont pas tenus de déchirer leurs vêtements lorsqu’ils témoignent de ce qu’ils ont entendu, car ils ont déjà déchiré leurs vêtements lorsqu’ils ont entendu la malédiction la première fois.
בְּשָׁעָה שֶׁשָּׁמְעוּ מַאי הָוֵי? הָא קָא שָׁמְעִי הַשְׁתָּא! לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי כִּשְׁמוֹעַ הַמֶּלֶךְ חִזְקִיָּהוּ וַיִּקְרַע אֶת בְּגָדָיו״, הַמֶּלֶךְ קָרַע וְהֵם לֹא קָרְעוּ.
La Guemara demande : Quelle différence cela fait-il qu’ils déchirent leurs vêtements lorsqu’ils ont entendu la malédiction la première fois ? Ne l’ont-ils pas entendue de nouveau maintenant ? La Guemara rejette cet argument : Cela ne doit pas te venir à l’esprit, comme il est écrit : « Et il arriva, lorsque le roi Ézéchias l’entendit, qu’il déchira ses vêtements » (II Rois 19:1). Cela indique que le roi déchira ses vêtements, mais ceux qui lui rapportèrent le blasphème ne déchirèrent pas les leurs, car ils avaient déjà déchiré leurs vêtements la première fois.
וְלֹא מִתְאַחִין מְנָלַן — אָתְיָא ״קְרִיעָה״ ״קְרִיעָה״.
Et d’où déduisons-nous que ces déchirures ne peuvent pas être correctement raccommodées ? Cela est déduit au moyen d’une analogie verbale entre le verbe déchirer employé ici au sujet d’Ézéchias et le verbe déchirer employé dans le cas d’Élie et d’Élisée.
סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּשְׂרַף מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וַיְהִי כִּקְרֹא יְהוּדִי שָׁלֹשׁ דְּלָתוֹת וְאַרְבָּעָה וְיִקְרָעֶהָ בְּתַעַר הַסּוֹפֵר וְהַשְׁלֵךְ אֶל הָאֵשׁ אֲשֶׁר אֶל הָאָח וְגוֹ׳״. מַאי שָׁלֹשׁ דְּלָתוֹת וְאַרְבָּעָה?
§ D’où déduisons-nous que l’on doit déchirer ses vêtements lorsqu’un rouleau de la Torah a été brûlé ? Comme il est écrit : « Et il arriva que, lorsque Yehoudi eut lu trois ou quatre feuillets, il le coupait avec un canif de scribe et le jetait dans le feu qui était dans le brasero » (Jérémie 36:23). À propos du verset lui-même, la Guemara demande : Que signifie « trois ou quatre feuillets », et pourquoi a-t-il coupé le livre précisément à cet endroit ?
אֲמַרוּ לֵיהּ לִיהוֹיָקִים: כָּתַב יִרְמְיָה סֵפֶר קִינוֹת. אֲמַר לְהוּ: מָה כְּתִיב בֵּיהּ? ״אֵיכָה יָשְׁבָה בָּדָד״. אֲמַר לְהוּ: אֲנָא מַלְכָּא. אֲמַר לֵיהּ: ״בָּכֹה תִבְכֶּה בַּלַּיְלָה״. אֲנָא מַלְכָּא. ״גָּלְתָה יְהוּדָה מֵעוֹנִי״. אֲנָא מַלְכָּא. ״דַּרְכֵי צִיּוֹן אֲבֵלוֹת״. אֲנָא מַלְכָּא.
La Guemara explique : On dit à Joïaqim : Jérémie a écrit un livre de Lamentations au sujet de la chute et de la destruction futures de Jérusalem. Il leur dit : Qu’y est-il écrit ? Ils lui lurent le premier verset : « Comment la ville est-elle assise solitaire » (Lamentations 1:1). Il leur dit : Je suis roi, et cela ne me concerne pas. Ils lui lurent le deuxième verset : « Elle pleure amèrement pendant la nuit » (Lamentations 1:2). Il leur dit : Je suis roi, et cela ne me concerne pas. Ils lui lurent le troisième verset : « Juda est parti en exil à cause de l’affliction » (Lamentations 1:3). Il leur dit : Je suis roi. Ils lui lurent : « Les chemins de Sion sont en deuil » (Lamentations 1:4). Il leur dit : Je suis roi. Ce sont les quatre feuillets, ou versets, qu’il lut d’abord.
״הָיוּ צָרֶיהָ לְרֹאשׁ״. אֲמַר לְהוּ: מַאן אַמְרַהּ? ״כִּי ה׳ הוֹגָהּ עַל רוֹב פְּשָׁעֶיהָ״. מִיָּד קָדַר כׇּל אַזְכָּרוֹת שֶׁבָּהּ, וּשְׂרָפָן בָּאֵשׁ. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְלֹא פָחֲדוּ וְלֹא קָרְעוּ אֶת בִּגְדֵיהֶם״, מִכְּלַל דִּבְעוֹ לְמִיקְרַע.
On lui lut un verset supplémentaire : « Ses adversaires sont devenus les chefs » (Lamentations 1:5), c’est-à-dire que le roi régnant sera destitué du pouvoir. Lorsqu’il entendit cela, il leur dit : Qui a dit cela ? Ils lui dirent : C’est la suite du verset : « Car le Seigneur l’a affligée à cause de la multitude de ses transgressions » (Lamentations 1:5). Immédiatement, il découpa tous les noms de Dieu du livre et les brûla au feu. Comme il est écrit : « Pourtant, ils n’eurent pas peur et ne déchirèrent pas leurs vêtements, ni le roi ni aucun de ses serviteurs qui avaient entendu toutes ces paroles » (Jérémie 36:24). Par déduction, cela montre qu’ils étaient tenus de déchirer leurs vêtements lorsqu’ils virent cela.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: אֵימַר מִשּׁוּם שְׁמוּעוֹת הָרָעוֹת. אֲמַר לֵיהּ: שְׁמוּעוֹת רָעוֹת בְּהָהִיא שַׁעְתָּא מִי הֲווֹ?!
Rav Pappa dit à Abaye : Peut-être peut-on dire qu’ils auraient dû déchirer leurs vêtements à cause de la mauvaise nouvelle contenue dans le rouleau, et non à cause de la destruction du livre ? Abaye lui dit : Était-ce une mauvaise nouvelle à ce moment-là ? C’était une prophétie et non un récit d’événements actuels.
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא: הָרוֹאֶה סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּקְרַע — חַיָּיב לִקְרוֹעַ שְׁתֵּי קְרִיעוֹת: אֶחָד עַל הַגְּוִיל וְאֶחָד עַל הַכְּתָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַחֲרֵי שְׂרוֹף הַמֶּלֶךְ אֶת הַמְּגִלָּה וְאֶת הַדְּבָרִים״.
Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit : Celui qui voit un rouleau de la Torah qui a été déchiré est tenu de faire deux déchirures, une pour le parchemin qui a été endommagé et une pour l’écriture, comme il est dit : « Alors la parole du Seigneur vint à Jérémie, après que le roi eut brûlé le rouleau et les paroles” (Jérémie 36:27). Cela implique qu’une déchirure distincte doit être faite pour chacun d’eux, à la fois pour le parchemin et pour l’écriture.
רַבִּי אַבָּא וְרַב הוּנָא בַּר חִיָּיא הָווּ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַבָּא. בְּעָא לְאִפַּנּוֹיֵי, שַׁקְלֵיהּ לְטוֹטֶפְתֵּיהּ אַחֲתֵיהּ אַבֵּי סַדְיָא. אֲתַאי בַּת נַעָמִיתָא בְּעַא לְמִיבְלְעֵיהּ.
Il a été rapporté que Rabbi Abba et Rav Huna bar Ḥiyya étaient assis devant Rabbi Abba. Rabbi Abba avait besoin de se soulager. Il retira ses phylactères de sa tête et les plaça sur le coussin sur lequel il était assis. Une autruche vint et voulut avaler les phylactères.
אֲמַר: הַשְׁתָּא כִּי חַיְּיבַן לִי שְׁתֵּי קְרִיעוֹת. אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? וְהָא בְּדִידִי הֲוָה עוֹבָדָא, וַאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב מַתְנָה וְלָא הֲוָה בִּידֵיהּ. אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, וַאֲמַר לִי, הָכִי אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא אָמְרוּ אֶלָּא בִּזְרוֹעַ, וּכְמַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה.
Il dit : Maintenant, s’il avait réussi à l’avaler, j’aurais été obligé de faire deux déchirures. Il lui dit : D’où déduis-tu cela ? Il y eut un incident dans lequel je fus impliqué et je suis allé devant Rav Mattana demander quoi faire, mais il n’avait pas de réponse toute prête. Je suis alors allé devant Rav Yehuda, et il me dit : Shmuel a dit ce qui suit : Ils ont dit que l’on est obligé de déchirer ses vêtements seulement lorsqu’un rouleau de la Torah ou un autre livre sacré est déchiré de force, et cela ressemble à l’incident qui s’est produit avec Yehoyaqim.
עָרֵי יְהוּדָה מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וַיָּבֹאוּ אֲנָשִׁים מִשְּׁכֶם מִשִּׁילוֹ וּמִשֹּׁמְרוֹן שְׁמוֹנִים אִישׁ מְגוּלְּחֵי זָקָן וּקְרוּעֵי בְגָדִים וּמִתְגּוֹדְדִים וּמִנְחָה וּלְבוֹנָה בְּיָדָם לְהָבִיא בֵּית ה׳ וְגוֹ׳״.
§ D’où déduisons-nous que l’on doit déchirer ses vêtements en voyant les villes de Judée en ruine ? Comme il est écrit : « Des hommes vinrent de Sichem, de Silo et de Samarie, au nombre de quatre-vingts, la barbe rasée, les vêtements déchirés, s’étant fait des incisions, avec des offrandes et de l’encens à la main, pour les apporter à la maison du Seigneur » (Jérémie 41:5). Cela indique qu’ils ont déchiré leurs vêtements en voyant la destruction.
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר עוּלָּא בִּירָאָה אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הָרוֹאֶה עָרֵי יְהוּדָה בְּחוּרְבָּנָן, אוֹמֵר: ״עָרֵי קׇדְשְׁךָ הָיוּ מִדְבָּר״, וְקוֹרֵעַ. יְרוּשָׁלַיִם בְּחוּרְבָּנָהּ, אוֹמֵר: ״צִיּוֹן מִדְבָּר הָיָתָה יְרוּשָׁלִַם שְׁמָמָה״, וְקוֹרֵעַ. בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בְּחוּרְבָּנוֹ, אוֹמֵר: ״בֵּית קׇדְשֵׁנוּ וְתִפְאַרְתֵּנוּ אֲשֶׁר הִלְלוּךָ אֲבוֹתֵינוּ הָיָה לִשְׂרֵיפַת אֵשׁ וְכׇל מַחֲמַדֵּינוּ הָיָה לְחׇרְבָּה״, וְקוֹרֵעַ.
Rabbi Ḥelbo a dit que Ulla Bira’a a dit que Rabbi Elazar a dit : Celui qui voit les villes de Judée dans leur désolation dit : « Tes villes saintes sont devenues un désert » (Isaïe 64:9), puis déchire ses vêtements. Celui qui voit Jérusalem dans sa désolation dit : « Sion est un désert, Jérusalem une désolation » (Isaïe 64:9), puis déchire ses vêtements. Celui qui voit le Temple dans sa désolation dit : « Notre maison sainte et magnifique, où nos pères Te louaient, est brûlée par le feu ; et toutes nos choses précieuses sont dévastées » (Isaïe 64:10), puis déchire ses vêtements.
קוֹרֵעַ עַל מִקְדָּשׁ, וּמוֹסִיף עַל יְרוּשָׁלַיִם. וּרְמִינְהוּ: אֶחָד הַשּׁוֹמֵעַ וְאֶחָד הָרוֹאֶה, כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ לְצוֹפִים — קוֹרֵעַ, וְקוֹרֵעַ עַל מִקְדָּשׁ בִּפְנֵי עַצְמוֹ וְעַל יְרוּשָׁלַיִם בִּפְנֵי עַצְמָהּ!
Il a été enseigné dans la baraita : Il d’abord déchire ses vêtements pour le Temple puis élargit la déchirure pour Jérusalem. Et l’on soulève une contradiction à partir d’une autre baraita qui déclare : Tant celui qui entend que Jérusalem est en ruine que celui qui voit la destruction, dès qu’il atteint le mont Scopus [Tzofim], déchire ses vêtements. Et il déchire ses vêtements pour le Temple séparément et pour Jérusalem séparément.
לָא קַשְׁיָא: הָא דְּפָגַע בַּמִּקְדָּשׁ בְּרֵישָׁא. הָא דְּפָגַע בִּירוּשָׁלַיִם בְּרֵישָׁא.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Cettebaraita, qui affirme qu’au lieu de faire une déchirure séparée pour Jérusalem, on peut prolonger la première déchirure qu’il avait faite pour le Temple, se réfère au cas où l’on est arrivé d’abord au Temple, avant de voir le reste de Jérusalem, et qu’on l’a vu en ruine. Cette autrebaraita, qui affirme qu’il faut faire des déchirures séparées pour Jérusalem et pour le Temple, se réfère au cas où l’on est arrivé d’abord à Jérusalem, et seulement ensuite au Temple.
תָּנוּ רַבָּנַן: וְכוּלָּן רַשָּׁאִין לְשׁוֹלְלָן וּלְמוֹלְלָן וּלְלוֹקְטָן וְלַעֲשׂוֹתָן כְּמִין סוּלָּמוֹת, אֲבָל לֹא לְאַחוֹתָן.
§ Les Sages ont enseigné la baraita suivante : Et toutes ces déchirures, on peut les faufiler ensemble avec des points lâches, leur faire un ourlet, les froncer et les réparer avec des points imprécis en forme d’échelle. Mais on ne peut pas les raccommoder avec des points précis.
אָמַר רַב חִסְדָּא:
Rav Ḥisda a dit
: