גְּמָ׳ וַאֲפִילּוּ חָכָם? וְהָתַנְיָא: חָכָם שֶׁמֵּת — הַכֹּל קְרוֹבָיו.
GUEMARA : La michna enseigne que seuls les proches du défunt déchirent leurs vêtements. La Guemara demande : Et est-ce le cas même si le défunt était un Sage de la Torah ? Mais n’est-il pas enseigné autrement dans une baraita : Lorsqu’un érudit de la Torah meurt, tout le monde est son proche.
הַכֹּל קְרוֹבָיו סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא: הַכֹּל כִּקְרוֹבָיו: הַכֹּל קוֹרְעִין עָלָיו, וְהַכֹּל חוֹלְצִין עָלָיו, וְהַכֹּל מַבְרִין עָלָיו בָּרְחָבָה! לָא צְרִיכָא, דְּלָאו חָכָם הוּא.
La Guemara précise : Vous vient-il à l’esprit de dire que tout le monde est son parent ? Plutôt, cette baraita doit être comprise ainsi : Tout le monde est considéré comme son parent en ce sens que tout le monde déchire son vêtement dans l’angoisse pour lui, et tout le monde découvre son épaule pour lui en signe de deuil, et tout le monde prend le repas du endeuillé pour lui sur la place publique, comme le font les endeuillés. La mort d’un érudit de la Torah est une perte personnelle pour chaque Juif. Alors, pourquoi la michna se limite-t-elle seulement aux parents ? La Guemara répond : Non, il est nécessaire que la michna enseigne cette halakha dans un cas où le défunt n’est pas un érudit de la Torah.
וְאִי אָדָם כָּשֵׁר הוּא — חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב לְמִיקְרַע. דְּתַנְיָא: מִפְּנֵי מָה בָּנָיו וּבְנוֹתָיו שֶׁל אָדָם מֵתִים כְּשֶׁהֵן קְטַנִּים — כְּדֵי שֶׁיִּבְכֶּה וְיִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר.
La Guemara demande : Et si le défunt était une personne droite qui craignait le Ciel et accomplissait de bonnes actions, alors tous ceux qui étaient présents à sa mort ne sont-ils pas tenus de déchirer leurs vêtements à cause de sa mort ? Comme il est enseigné dans une baraita : Pourquoi les fils et les filles d’une personne meurent-ils jeunes ? Ils meurent afin qu’elle pleure et fasse le deuil de la mort d’une personne droite.
יִבְכֶּה וְיִתְאַבֵּל?! עֶרְבוֹנָא קָא שָׁקֵיל מִינֵּיהּ?! אֶלָּא: מִפְּנֵי שֶׁלֹּא בָּכָה וְהִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר. שֶׁכׇּל הַבּוֹכֶה וּמִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר — מוֹחֲלִין לוֹ עַל כׇּל עֲוֹנוֹתָיו בִּשְׁבִיל כָּבוֹד שֶׁעָשָׂה לוֹ! דְּלָאו אָדָם כָּשֵׁר הוּא.
La Guemara remet en question la formulation : Ils meurent pour que lui pleure et se lamente ? La sécurité, c’est-à-dire ses enfants, lui est retirée à l’avance afin de garantir qu’à l’avenir il fera le deuil de la mort d’une personne droite ? Plutôt, la baraita signifie ce qui suit : Ses enfants sont morts parce qu’il n’a pas pleuré ni porté le deuil d’une personne droite qui est morte. Car, en ce qui concerne quiconque pleure et porte le deuil d’une personne droite qui est morte, on lui pardonne toutes ses transgressions en raison de l’honneur qu’il a accordé au défunt. Si tel est le cas, on déchire aussi ses vêtements pour une personne droite. La Guemara répond : Plutôt, la michna ne parle que de celui qui n’était pas une personne droite.
אִי דְּקָאֵי הָתָם בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב! דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הָעוֹמֵד עַל הַמֵּת בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה — חַיָּיב לִקְרוֹעַ. לְמָה זֶה דּוֹמֶה — לְסֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּשְׂרַף, שֶׁחַיָּיב לִקְרוֹעַ!
La Guemara objecte : Mais si quelqu’un se tenait là au moment du départ de l’âme, c’est-à-dire au moment de la mort, il est lui aussi tenu de déchirer ses vêtements. Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Shimon ben Elazar dit : Celui qui se tient auprès du défunt au moment du départ de l’âme est tenu de déchirer ses vêtements. À quoi cela peut-il être comparé ? À un rouleau de la Torah qui est brûlé, pour lequel toute personne présente est tenue de déchirer ses vêtements.
דְּלָא קָאֵי הָתָם בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה.
La Guemara répond : la michna doit parler d’une personne qui ne se tenait pas là au moment du départ de l’âme, mais qui a appris que quelqu’un qui n’est pas un proche parent est mort, et le défunt n’était ni un érudit de la Torah ni une personne droite.
כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב סָפְרָא, לָא קְרַעוּ רַבָּנַן עֲלֵיהּ, אָמְרִי: לָא גָּמְרִינַן מִינֵּיהּ. אֲמַר לְהוּ אַבָּיֵי: מִי תַּנְיָא ״הָרַב שֶׁמֵּת״? ״חָכָם שֶׁמֵּת״ תַּנְיָא. וְעוֹד: כֹּל יוֹמָא שְׁמַעְתָּתֵיהּ בְּפוּמִּין בְּבֵי מִדְרְשָׁא.
§ La Guemara rapporte que, lorsque Rav Safra mourut, les autres Sages ne déchirèrent pas leurs vêtements pour lui. Ils dirent : Nous n’avons pas appris de lui, car il n’avait pas diffusé sa connaissance de la Torah au public. Abaye les réprimanda et leur dit : Est-il enseigné dans la baraita : si son maître est mort ? Il est enseigné : si un érudit de la Torah est mort, et Rav Safra était certainement un érudit de la Torah. Et de plus, chaque jour ses enseignements sont dans nos bouches à la maison d’étude, de sorte que, même si nous n’avons pas appris directement de lui, nous devons tout de même être considérés comme ses élèves.
סְבוּר: מָה דַּהֲוָה הֲוָה. אֲמַר לְהוּ אַבָּיֵי, תְּנֵינָא: חָכָם, כׇּל זְמַן שֶׁעוֹסְקִין בְּהֶסְפֵּד — חַיָּיבִין לִקְרוֹעַ. סְבוּר לְמִיקְרַע לְאַלְתַּר, אָמַר לְהוּ אַבָּיֵי, תַּנְיָא: חָכָם כְּבוֹדוֹ בְּהֶסְפֵּידוֹ.
Les autres Sages pensèrent que ce qui avait été fait était fait, et qu’il était désormais trop tard pour eux de déchirer leurs vêtements. Abaye leur dit : Nous avons appris : En ce qui concerne un érudit de la Torah, tant qu’on est occupé à faire son éloge funèbre, les gens sont tenus de déchirer leurs vêtements, même après le moment de sa mort. Ils pensèrent alors déchirer leurs vêtements immédiatement. Abaye leur dit : Il est enseigné dans une baraita : L’honneur d’un érudit de la Torah est au moment de son éloge funèbre, et vous devez donc attendre le moment de l’éloge funèbre avant de déchirer vos vêtements.
כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב הוּנָא, סְבוּר לְאוֹתוֹבֵי סֵפֶר תּוֹרָה אַפּוּרְיֵיהּ. אֲמַר לְהוּ רַב חִסְדָּא: מִילְּתָא דִּבְחַיֵּיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ, הַשְׁתָּא לֵיקוּם לֵיהּ לֶיעְבַּד לֵיהּ? דְּאָמַר רַב תַּחְלִיפָא: אֲנָא חֲזֵיתֵיהּ לְרַב הוּנָא דְּבָעֵי לְמֵיתַב אַפּוּרְיֵיהּ, וַהֲוָה מַנַּח סֵפֶר תּוֹרָה עֲלֵיהּ, וְכַף כַּדָּא אַאַרְעָא וְאוֹתֵיב סֵפֶר תּוֹרָה עִילָּוֵיהּ. אַלְמָא קָסָבַר: אָסוּר לֵישֵׁב עַל גַּבֵּי מִטָּה שֶׁסֵּפֶר תּוֹרָה מוּנָּח עָלֶיהָ.
§ La Guemara rapporte un autre incident : Lorsque Rav Houna mourut, ils pensèrent à placer un rouleau de la Torah sur sa bière, comme on le faisait couramment après la mort d’un érudit de la Torah, comme pour dire que le défunt avait accompli tout ce qui est écrit dans le rouleau. Rav Ḥisda leur dit : C’est une pratique qu’il n’approuvait pas de son vivant ; et maintenant, devrions-nous nous lever et la faire pour lui alors qu’il est mort ? Comme Rav Taḥlifa l’a dit : Moi, je vis Rav Houna, qui souhaitait s’asseoir sur son lit, alors qu’un rouleau de la Torah y était posé. Et il retourna une cruche et y plaça le rouleau de la Torah afin de pouvoir ensuite s’asseoir sur le lit. Apparemment, il soutient qu’il est interdit de s’asseoir sur un lit sur lequel repose un rouleau de la Torah. Il serait donc inapproprié de placer un rouleau de la Torah à côté de son corps après sa mort.
לָא הֲוָה נָפֵיק פּוּרְיָא מִבָּבָא, סְבוּר לְשַׁלְשׁוֹלֵי דֶּרֶךְ גַּגִּין. אֲמַר לְהוּ רַב חִסְדָּא, הָא גְּמִירְנָא מִינֵּיהּ: חָכָם, כְּבוֹדוֹ דֶּרֶךְ פֶּתַח.
Lorsqu’ils essayèrent de retirer son corps de sa maison pour l’enterrement, la civière ne pouvait pas passer par la porte étroite. Ils pensèrent alors à descendre la civière depuis le toit. Rav Ḥisda leur dit : C’est ce que j’ai appris de lui, de Rav Houna lui-même : L’honneur d’un érudit est qu’il soit sorti par l’ouverture principale, et non d’une autre manière.
סְבוּר לְאַשְׁנוֹיֵי מִפּוּרְיָא לְפוּרְיָא. אֲמַר לְהוּ רַב חִסְדָּא, הָכִי גְּמִירְנָא מִינֵּיהּ: חָכָם כְּבוֹדוֹ בְּמִטָּה רִאשׁוֹנָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מִנַּיִן לְחָכָם שֶׁכְּבוֹדוֹ בְּמִטָּה רִאשׁוֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּרְכִּיבוּ אֶת אֲרוֹן הָאֱלֹהִים אֶל עֲגָלָה חֲדָשָׁה״. פְּרוּס בָּבָא וְאַפְּקוּהּ.
Ils ont alors pensé à le déplacer de sa bière vers une bière plus étroite afin qu’elle puisse passer par la porte. Mais Rav Ḥisda leur dit : J’ai appris de lui, de Rav Houna lui-même, ce qui suit : l’honneur d’un érudit de Torah est qu’on le fasse sortir sur la première bière. Comme Rav Yehouda a dit que Rav a dit : D’où est-il déduit que l’honneur d’un érudit de Torah est qu’on le fasse sortir sur la première bière ? Comme il est dit : « Et ils mirent l’Arche de Dieu sur un chariot neuf » (II Samuel 6:3). Lorsqu’on transporta l’Arche à Jérusalem, le roi David la fit remettre sur le chariot sur lequel elle avait été renvoyée par les Philistins, et un érudit de Torah est considéré comme semblable à l’Arche d’Alliance. Lorsqu’ils virent qu’il n’y avait rien d’autre à faire, ils brisèrent l’encadrement de la porte et le firent sortir par là.
פְּתַח עֲלֵיהּ רַבִּי אַבָּא: רָאוּי הָיָה רַבֵּינוּ שֶׁתִּשְׁרֶה עָלָיו שְׁכִינָה, אֶלָּא שֶׁבָּבֶל גָּרְמָה לוֹ.
Rabbi Abba ouvrit son éloge funèbre pour lui : Notre Rabbi était digne que la Présence Divine repose sur lui, sauf pour le fait que Babylone en fut la cause et l’empêcha de reposer. En d’autres termes, c’est seulement parce qu’il vivait en Babylonie et non en Eretz Yisrael que la Présence Divine ne reposa pas sur lui.
מֵתִיב רַב נַחְמָן בַּר חִסְדָּא, וְאָמְרִי לַהּ רַב חָנָן בַּר חִסְדָּא: ״הָיֹה הָיָה דְבַר ה׳ אֶל יְחֶזְקֵאל בֶּן בּוּזִי הַכֹּהֵן בְּאֶרֶץ כַּשְׂדִּים״!
Rav Naḥman bar Ḥisda souleva une objection contre cela, et certains disent que c’était Rav Ḥanan bar Ḥisda : N’est-il pas écrit : « La parole du Seigneur vint [hayo haya] à Ézéchiel le prêtre, fils de Buzi, au pays des Chaldéens » (Ézéchiel 1:3), impliquant ainsi qu’un prophète peut prophétiser en dehors d’Eretz Yisrael)?
טְפַח לֵיהּ אֲבוּהּ בְּסַנְדָּלֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: לָאו אָמֵינָא לָךְ לָא תִּיטְרוֹד עָלְמָא? מַאי ״הָיָה״ — שֶׁהָיָה כְּבָר.
Son père le frappa avec sa sandale sur le pied, lui faisant ainsi comprendre qu’il devait se taire. Il lui dit : Ne t’ai-je pas dit de ne pas importuner tout le monde avec des questions au milieu d’un éloge funèbre ? La Guemara répond à la question : Quel est le sens du redoublement du mot « vint [hayo haya] » ? Cela implique que cela était déjà venu auparavant, c’est-à-dire qu’Ézéchiel avait déjà commencé à prophétiser en Eretz Yisrael, et que sa prophétie en Babylonie n’était qu’une continuation de cette prophétie.
כִּי אַסְּקוּהּ לְהָתָם, אֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי אַמֵּי וּלְרַבִּי אַסִּי: רַב הוּנָא אָתֵי. אֲמַרוּ: כִּי הֲוֵינַן הָתָם לָא הֲוָה לַן לְדַלּוֹיֵי רֵישִׁין מִינֵּיהּ. הַשְׁתָּא אָתֵינַן הָכָא — אֲתָא בָּתְרִין?
§ La Guemara raconte que, lorsqu'on emmena Rav Houna là-bas, en Eretz Yisrael, pour l'inhumation, on dit à Rabbi Ami et Rabbi Assi : Rav Houna est venu, et ils comprirent mal et pensèrent qu'il était encore en vie. Ils dirent : Lorsque nous étions là-bas, en Babylonie, nous n'avions pas la force de lever la tête devant lui. Maintenant que nous sommes venus ici, est-il venu après nous ?
אֲמַרוּ לֵיהּ: אֲרוֹנוֹ בָּא. רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי נְפוּק, רַבִּי אִילָא וְרַבִּי חֲנִינָא לָא נְפוּק. אִיכָּא דְּאָמְרִי: רַבִּי אִילָא נְפַק, רַבִּי חֲנִינָא לָא נְפַק.
On leur dit : Son cercueil est arrivé. Rabbi Ami et Rabbi Asi sortirent à la rencontre de son cortège funèbre. Rabbi Ila et Rabbi Ḥanina ne sortirent pas. Certains disent que Rabbi Ila sortit, mais Rabbi Ḥanina ne sortit pas.
דִּנְפַק, מַאי טַעְמֵיהּ? דְּתַנְיָא: אָרוֹן הָעוֹבֵר מִמָּקוֹם לְמָקוֹם — עוֹמְדִים עָלָיו בְּשׁוּרָה וְאוֹמְרִים עָלָיו בִּרְכַּת אֲבֵלִים וְתַנְחוּמֵי אֲבֵלִים. דְּלָא נְפַק, מַאי טַעְמָא? דְּתַנְיָא: אָרוֹן הָעוֹבֵר מִמָּקוֹם לְמָקוֹם — אֵין עוֹמְדִין עָלָיו בְּשׁוּרָה וְאֵין אוֹמְרִים עָלָיו בִּרְכַּת אֲבֵלִים וְתַנְחוּמֵי אֲבֵלִים.
La Guemara demande : Ceux qui sont sortis, quelle est la raison pour laquelle ils sont sortis ? Comme il est enseigné dans une baraita : Lorsqu’un cercueil passe d’un endroit à un autre, les gens se tiennent en ligne pour témoigner du respect au défunt, et ils récitent sur lui la bénédiction des endeuillés et la consolation des endeuillés. Ceux qui ne sont pas sortis, quelle est la raison pour laquelle ils ne sont pas sortis ? Comme il est enseigné dans une autre baraita : Lorsqu’un cercueil passe d’un endroit à un autre, ils ne se tiennent pas en ligne pour témoigner du respect au défunt, et ils ne récitent ni la bénédiction des endeuillés ni la consolation des endeuillés pour lui.
קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי! לָא קַשְׁיָא: כָּאן — שֶׁשִּׁלְדּוֹ קַיֶּימֶת, כָּאן — בְּשֶׁאֵין שִׁלְדּוֹ קַיֶּימֶת. וְרַב הוּנָא שִׁלְדּוֹ קַיֶּימֶת הֲוָה? דְּלָא נְפַק, לָא סַיְּימוּהָ קַמֵּיהּ.
La Guemara demande : Si c’est le cas, ces deux déclarations tannaïtiques se contredisent. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Ici, la baraita fait référence à un cas où le squelette du défunt est encore intact, et les pratiques de deuil doivent être observées. Et là-bas, la baraita fait référence à un cas où le squelette du défunt n’est plus intact, et il n’est pas nécessaire d’observer les coutumes de deuil. Et le squelette de Rav Houna était encore intact. La raison pour laquelle ce Sage n’est pas sorti était qu’on ne lui avait pas confirmé que le squelette était encore intact.
אָמְרִי: הֵיכָא נַינְּחֵיהּ? רַב הוּנָא רִיבֵּץ תּוֹרָה בְּיִשְׂרָאֵל, וְרַבִּי חִיָּיא רִיבֵּץ תּוֹרָה בְּיִשְׂרָאֵל הֲוָה.
Les Sages d’Eretz Yisrael dirent : Où l’enterrerons-nous ? Ils conclurent : Rav Huna a diffusé la Torah au peuple d’Israël, et de même Rabbi Ḥiyya a diffusé la Torah au peuple d’Israël ; il convient donc d’enterrer Rav Huna à côté de Rabbi Ḥiyya.
מַאן מְעַיֵּיל לֵיהּ? אֲמַר לְהוּ רַב חַגָּא: אֲנָא מְעַיֵּילְנָא לֵיהּ, דְּאוֹקֵמְתֵּיהּ לְתַלְמוּדַאי כִּי הֲוֵינָא בַּר תַּמְנֵי סְרֵי שְׁנִין וְלָא חֲזֵי לִי קֶרִי, וּמְשַׁמַּע לִי(ה) קַמֵּיהּ, וִידַעִי בְּעוֹבָדֵיהּ, דְּיוֹמָא חַד אִתְהֲפִיכָא לֵיהּ רְצוּעָה דִתְפִילִּין וִיתֵיב עֲלַהּ אַרְבְּעִין תַּעֲנִיָּתָא.
Ils demandèrent : Qui l’introduira dans la grotte funéraire de Rabbi Ḥiyya, puisque peu de gens sont dignes d’y entrer ? Rav Ḥagga leur dit : Je l’introduirai dans la grotte, car j’ai présenté mes études devant lui quand j’avais seulement dix-huit ans, sans avoir jamais connu d’émission séminale. Et aussi je l’ai servi et j’ai connu ses grandes actions. Par exemple, un jour l’une des lanières de ses phylactères s’est retournée, le côté non peint se retrouvant à l’extérieur, et il observa quarante jeûnes pour cela, car il avait agi avec négligence, permettant au côté noir d’être tourné vers l’intérieur.
עַיְּילֵיהּ, הֲוָה גָּנֵי יְהוּדָה מִיַּמִּינֵיהּ דַּאֲבוּהּ וְחִזְקִיָּה מִשְּׂמָאלֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ יְהוּדָה לְחִזְקִיָּה: קוּם מִדּוּכְתִּיךְ, דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא דְּקָאֵים רַב הוּנָא. בַּהֲדֵי דְּקָאֵים — קָם בַּהֲדֵיהּ עַמּוּדָא דְנוּרָא. חַזְיֵיהּ רַב חַגָּא, אִיבְּעִית, זַקְפֵיהּ לַאֲרוֹנֵיהּ וּנְפַק אֲתָא. וְהַאי דְּלָא אִיעֲנַשׁ (ענש), מִשּׁוּם דְּזַקְפֵיהּ לַאֲרוֹנֵיהּ דְּרַב הוּנָא.
Rav Ḥagga l’accueillit. Le corps du fils de Rabbi Ḥiyya, Yehuda, reposait enterré à la droite de son père, et le corps de son autre fils, Ḥizkiyya, reposait à sa gauche. L’esprit de Yehuda dit à l’esprit de Ḥizkiyya : Lève-toi de ta place, car il n’est pas convenable de rester couché lorsque le corps de Rav Huna se tient ici. Lorsque le corps de Ḥizkiyya se leva, une colonne de feu s’éleva avec lui. Lorsque Rabbi Ḥagga vit cela, il fut effrayé par ce qu’il vit, et alors il mit debout le cercueil de Rav Huna et s’en alla. La Guemara commente : Et il ne fut pas puni ni blessé par cette colonne de feu parce qu’il avait mis debout le cercueil de Rav Huna comme protection pour lui-même.
כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב חִסְדָּא, סְבוּר לְאוֹתוֹבֵי סֵפֶר תּוֹרָה אַפּוּרְיֵיהּ. אֲמַר לְהוּ רַבִּי יִצְחָק: מִילְּתָא דִּלְרַבֵּיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ, אֲנַן נֵיקוּם נַעֲבֵיד לֵיהּ?
§ La Guemara raconte une autre histoire au sujet de l’enterrement de l’un des Sages : Lorsque Rav Ḥisda mourut, ils pensèrent à placer un rouleau de la Torah sur sa bière. Rabbi Yitzḥak leur dit : C’est une pratique que ce Rabbi n’approuvait pas de son vivant ; devrions-nous nous lever et la faire pour lui maintenant qu’il est mort ?
סְבוּר דְּלָא לְמִישְׁלַל קִרְעַיְיהוּ. אֲמַר לְהוּ רַבִּי יִצְחָק בַּר אַמֵּי: חָכָם, כֵּיוָן שֶׁהֶחְזִירוּ פְּנֵיהֶם מֵאֲחוֹרֵי הַמִּטָּה — שׁוֹלְלִין.
Ils ont alors pensé à ne pas repriser, c’est-à-dire recoudre, les déchirures qu’ils avaient faites dans leurs vêtements. Rabbi Yitzḥak bar Ami leur dit : Lorsque le défunt est un Sage de la Torah, ils peuvent repriser les déchirures une fois qu’ils détournent leur visage de la bière.
כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַבָּה בַּר הוּנָא וְרַב הַמְנוּנָא, אַסְּקוּנְהוּ לְהָתָם.
La Guemara raconte que lorsque Rabba bar Huna et Rav Hamnuna moururent, on les emmena tous deux là-haut, en Eretz Yisrael.