אַף דִּבְרֵי תוֹרָה בַּסֵּתֶר.
de même, les paroles de la Torah, qui sont « l’œuvre des mains d’un artiste », c’est-à-dire Dieu, doivent rester cachées dans la maison d’étude.
יָצָא רַבִּי חִיָּיא וְשָׁנָה לִשְׁנֵי בְּנֵי אֶחָיו בַּשּׁוּק, לְרַב וּלְרַבָּה בַּר (בַּר) חָנָה. שְׁמַע רַבִּי, אִיקְּפַד. אֲתָא רַבִּי חִיָּיא לְאִיתְחֲזוֹיֵי לֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: עִיָּיא, מִי קוֹרֵא לְךָ בַּחוּץ! יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ תְּלָתִין יוֹמִין.
Malgré le décret de Rabbi Yehuda HaNasi, Rabbi Ḥiyya sortit et enseigna à ses deux neveux, Rav et Rabba bar bar Ḥana, sur la place du marché. Rabbi Yehuda HaNasi entendit ce qu’il avait fait et se mit en colère contre lui. Lorsque Rabbi Ḥiyya vint quelque temps plus tard lui rendre visite, Rabbi Yehuda HaNasi, d’un ton moqueur, lui dit : Iyya, qui t’appelle dehors ? En posant cette question, Rabbi Yehuda HaNasi laissait entendre que Rabbi Ḥiyya devait quitter sa maison. Rabbi Ḥiyya comprit que Rabbi Yehuda HaNasi avait pris l’affaire à cœur et s’était senti offensé, et ainsi se conduisit comme s’il avait été réprimandé, comme punition qu’il s’imposa à lui-même, pendant trente jours.
בְּיוֹם תְּלָתִין שְׁלַח לֵיהּ: תָּא. הֲדַר שְׁלַח לֵיהּ דְּלָא לֵיתֵי.
Le trentième jour, Rabbi Yehuda HaNasi lui envoya un message, en disant : Viens me rendre visite. Cependant, plus tard, il changea d’avis et lui envoya un autre message, lui disant de ne pas venir.
מֵעִיקָּרָא מַאי סְבַר וּלְבַסּוֹף מַאי סְבַר? מֵעִיקָּרָא סָבַר: מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ. וּלְבַסּוֹף סָבַר: לָא אָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ.
La Guemara demande : Au départ, quelle était son opinion, et finalement, quelle était son opinion ? Au début, Rabbi Yehuda HaNasi estimait que le statut juridique d’une partie de la journée est comme celui d’une journée entière, et puisque le trentième jour avait déjà commencé, le temps de remontrance de Rabbi Ḥiyya était terminé. Mais finalement, il estimait qu’en ce qui concerne cette question, nous ne disons pas que le statut juridique d’une partie de la journée est comme celui d’une journée entière.
לְסוֹף אֲתָא. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי אֲתֵית? אֲמַר לֵיהּ: דְּשָׁלַח לִי מָר דְּלֵיתֵי. וְהָא שְׁלַחִי לָךְ דְּלָא תֵּיתֵי! אֲמַר לֵיהּ: זֶה רָאִיתִי, וְזֶה לֹא רָאִיתִי. קָרֵי עֲלֵיהּ: ״בִּרְצוֹת ה׳ דַּרְכֵי אִישׁ גַּם אוֹיְבָיו יַשְׁלִים אִתּוֹ״.
À la fin, Rabbi Ḥiyya vint ce jour-là même. Rabbi Yehuda HaNasi lui demanda : Pourquoi es-tu venu ? Rabbi Ḥiyya répondit : Parce que vous, Maître, m’avez envoyé un message me disant de venir. Il lui dit : Mais j’ai envoyé un second message pour que tu ne viennes pas. Il répondit : Ce messager que vous avez envoyé, c’est-à-dire le premier, je l’ai vu et j’ai fait comme il l’a dit, mais cet autre messager, c’est-à-dire le second, je ne l’ai pas vu. Rabbi Yehuda HaNasi lut le verset au sujet de Rabbi Ḥiyya : « Quand les voies d’un homme plaisent au Seigneur, Il met même ses ennemis en paix avec lui » (Proverbes 16:7), car il lui était clair que Rabbi Ḥiyya avait mérité l’assistance divine.
מַאי טַעְמָא עֲבַד מָר הָכִי? אֲמַר לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״חׇכְמוֹת בַּחוּץ תָּרוֹנָּה״. אֲמַר לֵיהּ: אִם קָרִיתָ — לֹא שָׁנִיתָ, וְאִם שָׁנִיתָ — לֹא שִׁילַּשְׁתָּ, וְאִם שִׁילַּשְׁתָּ — לֹא פֵּירְשׁוּ לְךָ.
§ Concernant la question par laquelle tout l’incident avait commencé, Rabbi Yehuda HaNasi demanda à Rabbi Ḥiyya : Quelle est la raison pour laquelle vous, Maître, avez agi comme vous l’avez fait, en ignorant mes instructions de ne pas enseigner la Torah sur la place du marché ? Rabbi Ḥiyya lui dit : Comme il est écrit : « La sagesse crie à haute voix dans les rues » (Proverbes 1:20), ce qui implique que la Torah doit être proclamée dans les rues. Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Si vous avez lu ce verset une fois, vous ne l’avez certainement pas lu une deuxième fois avec plus de profondeur ; et si vous l’avez lu une deuxième fois, vous ne l’avez certainement pas lu une troisième fois ; et si vous l’avez lu une troisième fois, alors cela ne vous a pas été correctement expliqué, car il est clair que vous ne le comprenez pas correctement.
״חׇכְמוֹת בַּחוּץ תָּרוֹנָּה״, כִּדְרָבָא. דְּאָמַר רָבָא: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה מִבִּפְנִים, תּוֹרָתוֹ מַכְרֶזֶת עָלָיו מִבַּחוּץ.
Les mots : « La sagesse crie dans les rues, » doivent être compris conformément à l’opinion de Rava. Comme Rava l’a dit : En ce qui concerne quiconque s’occupe de la Torah en l’étudiant à l’intérieur de l’intimité de sa maison, sa Torah proclamera sa grandeur au-dehors, car elle sera révélée aux foules et elles verront sa grandeur.
וְהָא כְּתִיב: ״לֹא מֵרֹאשׁ בַּסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי״! הָהוּא בְּיוֹמֵי דְכַלָּה.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit : « Dès le commencement, je n’ai pas parlé en secret » (Isaïe 48:16), ce qui implique que la Torah doit être enseignée et proclamée en public ? La Guemara répond : Ce verset fait référence aux jours du kalla, le rassemblement pour l’étude de la Torah organisé pendant Eloul et Adar, lorsque de nombreuses personnes viennent écouter des discours de Torah. Pendant cette période, il est non seulement permis, mais même recommandé d’enseigner la Torah aux masses. De cette manière, le verset peut être expliqué conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi.
וְרַבִּי חִיָּיא, הַאי ״חַמּוּקֵי יְרֵכַיִךְ״ מַאי עָבֵיד לֵהּ? מוֹקֵי לֵהּ בִּצְדָקָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים.
La Guemara demande : Et qu’a fait Rabbi Ḥiyya de ce verset : « Les contours arrondis de tes cuisses sont comme des joyaux » ? Comment l’a-t-il compris ? Ce verset implique que la Torah doit être gardée cachée dans la maison d’étude et non rendue publique sur la place du marché. La Guemara explique : Il l’interprète non comme une référence à la Torah, mais comme se rapportant à des actes de charité et de bonté bienveillante, qui doivent certainement être accomplis en privé.
אַלְמָא נְזִיפָה דִּידְהוּ תְּלָתִין יוֹמִין! נְזִיפַת נָשִׂיא שָׁאנֵי.
Cet incident démontre que, apparemment, la réprimande de ceux qui vivent en Eretz Yisrael dure trente jours et non sept jours. La Guemara répond que ce n’est pas une preuve concluante, puisque Rabbi Yehuda HaNasi était le Nasi. La réprimande du Nasi du Sanhédrin est différente, c’est-à-dire plus sévère, que la réprimande de toute autre personne.
וּנְזִיפָה דִּידַן כַּמָּה הָוֵי? חַד יוֹמָא. כִּי הָא דִּשְׁמוּאֵל וּמָר עוּקְבָא, כִּי הֲווֹ יָתְבִי גָּרְסִי שְׁמַעְתָּא, הֲוָה יָתֵיב מָר עוּקְבָא קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל בְּרָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת. וְכִי הֲווֹ יָתְבִי בְּדִינָא, הֲוָה יָתֵיב שְׁמוּאֵל קַמֵּיהּ דְּמָר עוּקְבָא בְּרָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת. וַהֲווֹ חָיְיקִי לֵיהּ דּוּכְתָּא לְמָר עוּקְבָא בְּצִיפְּתָא, וְיָתֵיב עִילָּוֵיהּ כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתַּמְעָן מִילֵּיהּ.
La Guemara demande : Et combien de temps dure notre admonestation en Babylonie ? La Guemara répond : Ce n’est que un jour, comme dans le cas de Shmuel et l’exilarque Mar Ukva. Lorsqu’ils s’asseyaient et étudiaient la halakha, Mar Ukva s’asseyait devant Shmuel à une distance de quatre coudées en signe de respect. Mar Ukva se conduisait comme si Shmuel était son maître, parce que Shmuel était bien plus grand que lui en matière de Torah. Et lorsqu’ils s’asseyaient ensemble pour juger, Shmuel s’asseyait devant Mar Ukva à une distance de quatre coudées parce que Mar Ukva était l’exilarque et le juge en chef. Mais on abaissait une place pour Mar Ukva dans la natte sur laquelle il était assis, et il s’y asseyait afin de pouvoir entendre les paroles de Torah de Shmuel même lorsqu’ils étaient occupés à juger.
כׇּל יוֹמָא הֲוָה מְלַוִי לֵיהּ מָר עוּקְבָא לִשְׁמוּאֵל עַד אוּשְׁפִּיזֵיהּ. יוֹמָא חַד אִיטְּרִיד בְּדִינֵיהּ הֲוָה אָזֵיל שְׁמוּאֵל בָּתְרֵיהּ. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, אָמַר לֵיהּ: לָא נְגַהּ לָךְ? לִישְׁרֵי לִי מָר בְּתִיגְרֵיהּ! יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ חַד יוֹמָא.
Chaque jour, Mar Ukva accompagnait Shmuel jusqu’à son logis, de la manière dont un élève témoignerait de l’honneur à son maître. Un jour, Mar Ukva était tellement préoccupé par une affaire portée devant lui pour jugement qu’il ne remarqua pas que Shmuel marchait derrière lui pour lui témoigner le respect dû à sa position d’exilarque. Lorsque Mar Ukva arriva chez lui, Shmuel lui dit : Ne te suffit-il pas que je t’aie accompagné jusqu’ici ? Libère-moi, maître, de mon obligation, afin que je puisse rentrer chez moi. Mar Ukva comprit que Shmuel avait pris la chose à cœur et s’était senti offensé. C’est pourquoi il se comporta comme s’il avait été réprimandé, pendant un jour comme punition qu’il s’était imposée.
הָהִיא אִיתְּתָא דַּהֲווֹת יָתְבָה בִּשְׁבִילָא, הֲווֹת פָּשְׁטָה כַּרְעַהּ וְקָא מְנִיפָה חוּשְׁלָאֵי, וַהֲוָה חָלֵיף וְאָזֵיל צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן וְלָא אִיכַּנְעָה מִקַּמֵּיהּ. אֲמַר: כַּמָּה חַצִּיפָא הָהִיא אִיתְּתָא! אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן. אֲמַר לַהּ: מִי שְׁמַעְתְּ שַׁמְתָּא מִפּוּמֵּיהּ? אֲמַרָה לֵיהּ: לָא. אֲמַר לַהּ: זִילִי נְהוּגִי נְזִיפוּתָא חַד יוֹמָא בְּנַפְשִׁיךְ.
Il a été rapporté qu’une certaine femme était assise au bord d’un chemin, la jambe étendue, tandis qu’elle tamisait de l’orge. Un érudit de la Torah passa près d’elle sur ce chemin, mais elle ne lui céda pas le passage et ne déplaça pas sa jambe pour lui faire de la place. Il dit : Comme cette femme est grossière ! La femme se présenta devant Rav Naḥman pour demander si cette déclaration devait être considérée comme une excommunication. Il lui dit : As-tu entendu le mot excommunication sortir explicitement de sa bouche ? Elle lui dit : Non. Il lui dit : Si tel est le cas, alors va et observe une admonestation pendant un jour, car il semble que l’érudit de la Torah ait seulement cherché à te réprimander.
זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה הֲוָה קָפָסֵיק סִידְרָא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, כִּי מְטָא לְהַאי פְּסוּקָא ״וְאֵלֶּה דִּבְרֵי דָוִד הָאַחֲרוֹנִים״, אֲמַר לֵיהּ: ״אַחֲרוֹנִים״ — מִכְּלָל דְּאִיכָּא רִאשׁוֹנִים, רִאשׁוֹנִים מַאי נִינְהוּ?
§ Zutra bar Toviyya était un jour en train de lire la section de la Torah devant Rav Yehuda. Lorsqu’il arriva au verset : « Or, voici les dernières paroles de David » (II Samuel 23:1), Zutra bar Toviyya dit à Rav Yehuda : S’il est écrit que ce sont les paroles finales de David, on en déduit qu’il y a aussi des premières paroles. Si tel est le cas, quelles sont donc ces premières paroles de David ? Avant cela, il n’est mentionné que le cantique de David, mais non ses paroles.
שְׁתֵיק וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידֵּי, הֲדַר אֲמַר לֵיהּ: ״אַחֲרוֹנִים״, מִכְּלָל דְּאִיכָּא רִאשׁוֹנִים, רִאשׁוֹנִים מַאי הִיא? אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּךְ, דְּלָא יָדַע פֵּירוּשָׁא דְּהַאי קְרָא לָאו גַּבְרָא רַבָּה הוּא? יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ חַד יוֹמָא.
Rav Yehuda garda le silence et ne lui dit rien. Zutra bar Toviyya pensa que Rav Yehuda n’avait pas entendu ce qu’il avait dit, alors il lui dit alors une deuxième fois : S’il est écrit que ce sont les dernières paroles de David, on peut en déduire qu’il y a aussi des premières paroles. Si tel est le cas, quelles sont donc ces premières paroles de David ? Il lui dit : Qu’en penses-tu ? Penses-tu que quiconque ne connaît pas le sens de ce verset n’est pas un grand homme ? Pourquoi insistes-tu sur le fait que je ne connais pas la réponse à ta question ? Zutra bar Toviyya comprit que Rav Yehuda avait pris la chose à cœur et s’était senti offensé. Par conséquent, il se comporta comme s’il avait été admonesté pendant un jour comme punition qu’il s’était imposée lui-même.
וְדַאֲתָן עֲלַהּ, מִיהָא ״אַחֲרוֹנִים״ — מִכְּלָל דְּאִיכָּא רִאשׁוֹנִים, רִאשׁוֹנִים מַאי הִיא? ״וַיְדַבֵּר דָּוִד לַה׳ אֶת דִּבְרֵי הַשִּׁירָה הַזֹּאת בְּיוֹם הִצִּיל ה׳ אוֹתוֹ מִכַּף כׇּל אוֹיְבָיו וּמִכַּף שָׁאוּל״.
La Guemara demande : Mais maintenant que nous en sommes venus à discuter de cette question, puisque le verset mentionne les paroles finales de David, on peut en déduire qu’il y a aussi des paroles initiales. Quelles sont donc ces premières paroles de David ? La Guemara répond : Les premières paroles sont : « Et David adressa au Seigneur les paroles de ce cantique, le jour où le Seigneur le délivra de la main de ses ennemis et de la main de Saül » (II Samuel 22:1), car ce cantique aussi est appelé des paroles.
אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְדָוִד: דָּוִד, שִׁירָה אַתָּה אוֹמֵר עַל מַפַּלְתּוֹ שֶׁל שָׁאוּל? אִלְמָלֵי אַתָּה שָׁאוּל וְהוּא דָּוִד — אִיבַּדְתִּי כַּמָּה דָּוִד מִפָּנָיו.
La Guemara développe : Le Saint, béni soit-Il, dit à David : David, récites-tu un chant sur la chute de Saül ? Si tu avais été Saül et lui avait été David, alors J’aurais détruit de nombreux David avant lui. Bien que J’aie décrété que le royaume de Saül ne se poursuivrait pas, en tant qu’individu il était bien plus grand et plus important que toi.
הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״שִׁגָּיוֹן לְדָוִד אֲשֶׁר שָׁר לַה׳ עַל דִּבְרֵי כוּשׁ בֶּן יְמִינִי״, וְכִי כּוּשׁ שְׁמוֹ? וַהֲלֹא שָׁאוּל שְׁמוֹ! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁי מְשׁוּנֶּה בְּעוֹרוֹ — אַף שָׁאוּל מְשׁוּנֶּה בְּמַעֲשָׂיו.
La réponse à cette admonestation se trouve dans le verset, comme il est écrit : « Shiggaion de David, qu’il chanta au Seigneur, au sujet des paroles de Cush le Benjaminite » (Psaumes 7:1). Cush est-il son nom ? Son nom est Saül. Plutôt, il s’agit d’une désignation qui indique : De même qu’un Koushite, originaire de l’ancien royaume de Koush en Afrique de l’Est, se distingue par sa peau foncée, de même, Saül se distinguait par ses actions, car il était absolument juste et accomplit de nombreuses bonnes actions. Par conséquent, David emploie le mot shiggaion comme une allusion à l’erreur [shegia] qu’il avait commise lorsqu’il chanta un chant de louange à propos de la chute de Saül.
כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״עַל אוֹדוֹת הָאִשָּׁה הַכּוּשִׁית אֲשֶׁר לָקָח״, וְכִי כּוּשִׁית שְׁמָהּ? וַהֲלֹא צִיפּוֹרָה שְׁמָהּ! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁית מְשׁוּנָּה בְּעוֹרָהּ — אַף צִיפּוֹרָה מְשׁוּנָּה בְּמַעֲשֶׂיהָ. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וַיִּשְׁמַע עֶבֶד מֶלֶךְ הַכּוּשִׁי״, וְכִי כּוּשִׁי שְׁמוֹ? וַהֲלֹא צִדְקִיָּה שְׁמוֹ! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁי מְשׁוּנֶּה בְּעוֹרוֹ — אַף צִדְקִיָּה מְשׁוּנֶּה בְּמַעֲשָׂיו.
La Guemara note : De même, on peut expliquer le verset : « Myriam et Aaron parlèrent contre Moïse à cause de la femme kouchite qu’il avait prise, car il avait pris une femme kouchite » (Nombres 12:1). Mais son nom est-il Kouchite ? Son nom est Tsipora. Au contraire, de même qu’un Kouchite se distingue par sa peau foncée, de même Tsipora se distinguait par ses actions. La Guemara poursuit : De même, on peut expliquer le verset : « Or, quand Éved-Mélekh le Kouchite entendit » (Jérémie 38:7). Son nom est-il Kouchite ? Son nom est Sédécias. Au contraire, de même qu’un Kouchite se distingue par sa peau foncée, de même Sédécias se distinguait par ses actions justes.
כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״הֲלֹא כִבְנֵי כוּשִׁיִּים אַתֶּם לִי בֵּית יִשְׂרָאֵל״, וְכִי כּוּשִׁיִּים שְׁמָן? וַהֲלֹא יִשְׂרָאֵל שְׁמָן! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁי מְשׁוּנֶּה בְּעוֹרוֹ — אַף יִשְׂרָאֵל מְשׁוּנִּין בְּמַעֲשֵׂיהֶן מִכׇּל הָאוּמּוֹת.
De même, tu peux expliquer le verset : « N’êtes-vous pas pour Moi comme les enfants des Koushites, ô enfants d’Israël ? » (Amos 9:7). Leur nom est-il Koushite ? Israël est leur nom. Au contraire, de même qu’un Koushite se distingue par sa peau sombre, de même le peuple juif se distingue par ses actions, et il est différent de toutes les autres nations.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן, מַאי דִּכְתִיב: ״נְאֻם דָּוִד בֶּן יִשַׁי וּנְאֻם הַגֶּבֶר הוּקַם עָל״ — נְאֻם דָּוִד בֶּן יִשַׁי שֶׁהֵקִים עוּלָּהּ שֶׁל תְּשׁוּבָה.
§ Après avoir mentionné les dernières paroles de David, la Guemara continue d’expliquer d’autres expressions dans ce passage. Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : Quel est le sens de ce qui est écrit : « La parole de David, fils de Yishai, et la parole de l’homme qui fut élevé en haut [al] » (II Samuel 23:1) ? Cela signifie ce qui suit : La parole de David, fils de Yishai, qui a élevé le joug de [ulla] du repentir, car par ses actions il a enseigné la puissance du repentir. Le mot al, en haut, et le mot ulla sont composés des mêmes consonnes en hébreu.
״אָמַר אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל לִי דִבֶּר צוּר יִשְׂרָאֵל מוֹשֵׁל בָּאָדָם צַדִּיק מוֹשֵׁל יִרְאַת אֱלֹהִים״. מַאי קָאָמַר? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, הָכִי קָאָמַר: אָמַר אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, לִי דִבֶּר צוּר יִשְׂרָאֵל, אֲנִי מוֹשֵׁל בָּאָדָם, מִי מוֹשֵׁל בִּי — צַדִּיק, שֶׁאֲנִי גּוֹזֵר גְּזֵרָה וּמְבַטְּלָהּ.
Le passage continue : « Le Dieu d’Israël a dit, le Rocher d’Israël m’a parlé : Celui qui gouverne les hommes doit être juste, gouvernant dans la crainte de Dieu » (II Samuel 23:3). La Guemara demande : Que dit ce verset ? Que signifie-t-il ? Rabbi Abbahou a dit : Voici ce que le verset dit : Le Dieu d’Israël a dit, le Rocher d’Israël m’a parlé : Bien que Je gouverne l’homme, qui gouverne sur Moi ? C’est une personne juste. Comment est-il possible de dire qu’une personne juste gouverne sur Dieu, pour ainsi dire ? Lorsque Moi, Dieu, j’émets un décret et la personne juste l’annule.
״אֵלֶּה שְׁמוֹת הַגִּבּוֹרִים אֲשֶׁר לְדָוִד יוֹשֵׁב בַּשֶּׁבֶת וְגוֹ׳״. מַאי קָאָמַר? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, הָכִי קָאָמַר: וְאֵלֶּה שְׁמוֹת גְּבוּרוֹתָיו שֶׁל דָּוִד.
De même, le verset y déclare : « Voici les noms des guerriers de David ; Josheb-Basshebeth, un Tahchemonite, chef des capitaines ; c’était le même qu’Adino l’Eznite ; il leva sa lance contre huit cents, qu’il tua en une seule fois » (II Samuel 23:8). La Guemara demande : Que dit ce verset ? Rabbi Abbahou a dit : Voici ce que le verset dit : Voici les noms des actes puissants de David. Ces expressions ne doivent pas être lues comme des noms de personnes, mais plutôt comme des descriptions des bonnes actions de David.
״יוֹשֵׁב בַּשֶּׁבֶת״ — בְּשָׁעָה שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה, לֹא הָיָה יוֹשֵׁב עַל גַּבֵּי כָּרִים וּכְסָתוֹת אֶלָּא עַל גַּבֵּי קַרְקַע. דְּכֹל כַּמָּה דַּהֲוָה רַבֵּיהּ עִירָא הַיָּאִירִי קַיָּים, הֲוָה מַתְנֵי לְהוּ לְרַבָּנַן עַל גַּבֵּי כָּרִים וּכְסָתוֹת. כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ, הֲוָה מַתְנִי דָּוִד לְרַבָּנַן וַהֲוָה יָתֵיב עַל גַּבֵּי קַרְקַע. אֲמַרוּ לֵיהּ: לִיתֵּיב מָר אַכָּרִים וּכְסָתוֹת! לָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ.
Josheb-Basshebeth [yoshev bashevet] indique que lorsque David s’asseyait [yoshev] dans la maison d’étude, il ne s’asseyait pas sur des coussins et des oreillers, comme le ferait normalement une personne importante. Au contraire, il s’asseyait par terre comme l’un des étudiants. Tant que le maître de David, Ira le Jaïrite, était en vie, Ira enseignait aux Sages tout en étant assis sur des coussins et des oreillers. Lorsque Ira décéda, David enseignait aux Sages, et il le faisait assis par terre. Ils lui dirent : Maître, vous devriez vous asseoir sur des coussins et des couvertures. Il n’accepta pas leurs suggestions, car dans son humilité il ne souhaitait pas paraître comme le maître du peuple juif.
״תַּחְכְּמוֹנִי״, אָמַר רַב: אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, הוֹאִיל וְהִשְׁפַּלְתָּ עַצְמְךָ תְּהֵא כָּמוֹנִי. שֶׁאֲנִי גּוֹזֵר גְּזֵרָה, וְאַתָּה מְבַטְּלָהּ.
Dans ce verset, David est décrit comme « un Tahchemonite [taḥkemoni] ». Rav a dit : Le Saint, béni soit-Il, lui a dit : Puisque tu t’es humilié, sois donc maintenant comme Moi [tehe kamoni]. Comment cela ? De même que J’émets un décret, et toi, en raison de ta justice, tu peux l’annuler.
״רֹאשׁ הַשָּׁלִישִׁים״ — תְּהֵא רֹאשׁ לִשְׁלֹשֶׁת אָבוֹת. ״הוּא עֲדִינוֹ הָעֶצְנִי״, כְּשֶׁהָיָה יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה — הָיָה מְעַדֵּן עַצְמוֹ כְּתוֹלַעַת, וּבְשָׁעָה שֶׁיּוֹצֵא לַמִּלְחָמָה — הָיָה מַקְשֶׁה עַצְמוֹ כְּעֵץ.
David est aussi décrit ici comme « chef des capitaines [rosh hashalishim] » parce que Dieu lui a dit : Tu seras la tête [rosh] des trois [sheloshet] Patriarches. « Le même était Adino l’Eznite » ; cela fait allusion au fait que lorsque David s’asseyait et s’occupait de la Torah, il se rendait doux [me’aden] comme un ver, et lorsqu’il partait à la guerre, il se rendait dur et fort comme un arbre [etz].
״עַל שְׁמוֹנֶה מֵאוֹת חָלָל בְּפַעַם אֶחָת״. שֶׁהָיָה זוֹרֵק חֵץ, וּמַפִּיל שְׁמוֹנֶה מֵאוֹת חָלָל בְּפַעַם אֶחָת, וְהָיָה מִתְאַנֵּחַ עַל מָאתַיִם, דִּכְתִיב: ״אֵיכָה יִרְדֹּף אֶחָד אֶלֶף״.
L’expression : « Contre huit cents personnes, qu’il tua en une seule fois, » signifie qu’il lançait une flèche en l’air et avec elle tuait huit cents personnes en une seule fois. Et David soupirait au sujet des deux cents qui manquaient à l’accomplissement de la promesse de la Torah, comme il est écrit : « Comment un seul homme pourrait-il en poursuivre mille » (Deutéronome 32:30).
יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: ״רַק בִּדְבַר אוּרִיָּה הַחִתִּי״.
Une Voix divine se fit entendre et dit, pour expliquer pourquoi la promesse ne fut pas entièrement accomplie : « Parce que David fit ce qui était droit aux yeux du Seigneur et ne se détourna de rien de ce qu’Il lui avait commandé tous les jours de sa vie, sauf seulement dans l’affaire d’Urie le Hittite” (I Rois 15:5). Si David n’avait pas commis ce péché, alors toutes les promesses mentionnées dans la Torah se seraient accomplies entièrement par son intermédiaire.
אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא אִישׁ כְּפַר עַכּוֹ, אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אַחָא אָמַר רַבִּי שִׂמְלַאי. וְאָמְרִי לַהּ, אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַב הוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב הוּנָא לְחוֹדֵיהּ:
La Guemara revient aux halakhot de l’ostracisme et mentionne que Rabbi Tanḥum, fils de Rabbi Ḥiyya, du village d’Akko, a dit que Rabbi Ya’akov bar Aḥa a dit que Rabbi Simlai a dit, et certains disent que cette tradition a été transmise de la manière suivante : Rabbi Tanḥum a dit que Rav Huna a dit, et d’autres disent que Rav Huna lui-même a fait cette déclaration sans la chaîne de transmission :