דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: כׇּל הַמְּנָחוֹת שֶׁרִיבָּה בְּמִדַּת חַלָּתָן, אוֹ שֶׁמִּיעֵט בְּמִדַּת חַלָּתָן – כְּשֵׁרוֹת, חוּץ מִלֶּחֶם הַפָּנִים וַחֲבִיתֵּי כֹּהֵן גָּדוֹל, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף לַחְמֵי תוֹדָה וּנְזִירוּת.
exprime son opinion conformément à l’opinion de ce tanna, comme cela est enseigné dans une baraita : Toutes les offrandes de farine dans lesquelles quelqu’un a augmenté la mesure de leurs pains ou dans lesquelles quelqu’un a diminué la mesure de leurs pains sont néanmoins valides, sauf les douze pains du pain de proposition et les douze pains de l’offrande de galette poêlée du Grand Prêtre. Et certains disent : Même les dix pains de chaque sorte de l’offrande de remerciement et les dix pains qui accompagnent l’offrande de culpabilité de naziréat ne sont valides que lorsqu’ils sont apportés dans leurs mesures prescrites. Shmuel est d’accord avec le premier tanna, selon lequel les pains de l’offrande de remerciement et les pains de naziréat sont valides même lorsqu’ils ne sont pas offerts dans les quantités appropriées.
אָמַר רַב הוּנָא: מִנְחַת מַאֲפֶה (שאפה) [שֶׁאֲפָאָהּ] חַלָּה אַחַת – יָצָא. מַאי טַעְמָא? (מַצּוֹת) ״מַצָּת״ כְּתִיב.
§ Rav Houna dit : En ce qui concerne une offrande de farine cuite au four que l’on a cuite comme un seul pain, bien qu’il n’ait pas apporté la quantité requise, il s’est acquitté de son obligation. Quelle en est la raison ? C’est que le verset déclare au sujet de l’offrande de farine cuite au four : « Lorsque tu présenteras une offrande de farine cuite au four, ce seront des pains sans levain de fleur de farine » (Lévitique 2:4). Le terme « pains sans levain [matzot] » est écrit sans la lettre vav, qui est généralement utilisée pour la forme plurielle. Il peut donc être lu au singulier comme « pain sans levain [matzat] », ce qui enseigne que même un seul pain sans levain est valable.
מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא: טַעְמָא דִּכְתִיב ״מַצָּת״, הָא כְּתִיב ״מַצּוֹת״ – לָא? וְהָא גַּבֵּי לַחְמֵי תוֹדָה דִּכְתִיב ״מַצּוֹת״, וְאָמַר רַב טוֹבִי בַּר קִיסְנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: לַחְמֵי תוֹדָה שֶׁאֲפָאָן אַרְבַּע חַלּוֹת – יָצָא! הָהִיא פְּלִיגָא.
Rav Pappa objecte à cette dérivation : La raison que donne Rav Houna est qu’il est écrit sous la forme singulière de matzat. Mais si c’était écrit : Matzot, cela ne serait-il pas la halakha ? Mais qu’en est-il du verset concernant les pains de l’offrande de remerciement, où il est écrit « matzot » avec un vav, indiquant la forme plurielle, dans le verset : « Alors il offrira avec le sacrifice de reconnaissance des pains sans levain mêlés d’huile » (Lévitique 7:12), et pourtant Rav Tovi bar Kisna a dit que Shmuel a dit : Dans le cas de pains de l’offrande de remerciement qui ont été cuits comme quatre pains, de sorte que chacune des quatre variétés de pains n’est cuite que comme un seul pain, il s’est acquitté de son obligation. La Guemara répond : Cette déclaration de Shmuel est en désaccord avec l’opinion de Rav Houna, selon laquelle quatre pains ne conviennent pas à l’offrande de remerciement.
מַתְנִי׳ הָעוֹמֶר הָיָה בָּא עִשָּׂרוֹן מִשָּׁלֹשׁ סְאִין, שְׁתֵּי הַלֶּחֶם שְׁתֵּי עֶשְׂרוֹנִים מִשָּׁלֹשׁ סְאִין, לֶחֶם הַפָּנִים עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע עֶשְׂרוֹנִים מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבַּע סְאִין.
MICHNA :L’offrande du omer, c’est-à-dire la mesure d’orge apportée comme offrande communautaire le seizième jour de nissan, provenait d’un dixième d’un épha de farine tamisée à partir de trois séa d’orge. Les deux pains provenaient de deux dixièmes d’un épha de farine tamisée à partir de trois séa de blé. Le pain de proposition provenait de vingt-quatre dixièmes d’un épha de farine tamisée à partir de vingt-quatre séa de blé.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דְּמֵחָדָשׁ אָתֵי, וּמִשְּׂעוֹרִין אָתֵי, עִשָּׂרוֹן מוּבְחָר לָא אָתֵי אֶלָּא מִשָּׁלֹשׁ סְאִין.
GUEMARA : La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle, selon la michna, la quantité relativement importante de trois se’a d’orge est nécessaire pour produire un seul dixième d’épha de farine pour l’offrande du omer ? La Guemara répond : Puisque cela provient de la récolte nouvelle et fraîche, qui contient une grande quantité de déchets, et cela provient de l’orge, qui est plus grossière que le blé, un dixième de choix d’épha de farine provient seulement de un minimum de trois se’a d’orge.
שְׁתֵּי הַלֶּחֶם שְׁתֵּי עֶשְׂרוֹנוֹת מִשָּׁלֹשׁ סְאִין – כֵּיוָן דְּמֵחִיטִּין אָתְיָין, אַף עַל גַּב דְּמֵחָדָשׁ אָתְיָין, שְׁתֵּי עֶשְׂרוֹנוֹת אָתוּ מִשָּׁלֹשׁ סְאִין.
La Guemara demande : Pourquoi la michna statue-t-elle que les deux pains proviendraient de deux dixièmes d’un épha de farine tamisée à partir de trois se’a de blé, alors qu’un seul dixième d’épha est utilisé à partir de la même quantité de grain pour le omer ? La Guemara répond : Puisque les pains proviennent du blé, qui est de qualité supérieure à l’orge, bien qu’ils proviennent de la récolte nouvelle et nécessitent un tamisage, les grains sont assez propres pour que deux dixièmes d’un épha proviennent du tamisage de trois se’a de grain.
לֶחֶם הַפָּנִים עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה עֶשְׂרוֹנוֹת מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה סְאִין – מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דְּמֵחִיטִּין אָתוּ, וּמִיָּשָׁן אָתוּ, עִשָּׂרוֹן מוּבְחָר אָתֵי מִסְּאָה.
La michna a déclaré que les pains de proposition provenaient de vingt-quatre dixièmes d’un épha de farine, tamisée à partir de vingt-quatre se’a de blé. Quelle en est la raison ? La Guemara répond : Puisqu’ils proviennent du blé, et qu’ils proviennent de l’ancienne récolte, ancienne, qui contient relativement peu de déchets, les grains sont si propres qu’un dixième de choix d’un épha de farine provient d’un se’a de grain, et vingt-quatre dixièmes d’un épha proviennent de vingt-quatre se’a.
תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל הַמְּנָחוֹת שֶׁרִיבָּה בְּמִדַּת עֶשְׂרוֹנָן, אוֹ שֶׁמִּיעֵט בְּמִדַּת עִשָּׂרוֹן – פְּסוּלוֹת. רִיבָּה בְּמִדַּת סְאִין שֶׁלָּהֶן, אוֹ שֶׁמִּיעֵט בְּמִדַּת סְאִין שֶׁלָּהֶן – כְּשֵׁרוֹת.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Toutes les offrandes de farine dans lesquelles quelqu’un a augmenté la mesure de leur dixième d’un épha de farine en la recueillant avec un récipient plus grand qu’un dixième d’épha, ou dans lesquelles quelqu’un a diminué la mesure de leur dixième d’un épha de farine en la recueillant avec un récipient plus petit qu’un dixième d’épha, sont invalidées. S’il a augmenté la mesure de leur se’a de grain ou diminué la mesure de leur se’a de grain, par exemple s’il a utilisé deux ou quatre se’a au lieu de trois, mais a tamisé jusqu’à ce qu’il lui reste la mesure correcte d’un dixième d’épha de farine, ce sont des offrandes valides. Cela s’explique par le fait que le nombre de se’a mentionné dans la michna n’est nécessaire que pour l’accomplissement optimal de la mitsva, mais n’est pas indispensable.
מַתְנִי׳ הָעוֹמֶר הָיָה מְנוּפֶּה בִּשְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה נָפָה, שְׁתֵּי הַלֶּחֶם בִּשְׁתֵּים עֶשְׂרֵה, וְלֶחֶם הַפָּנִים בְּאַחַת עֶשְׂרֵה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לֹא הָיָה לָהֶן קִצְבָה, אֶלָּא סוֹלֶת מְנוּפָּה כָּל צׇרְכָּהּ הָיָה מֵבִיא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלָקַחְתָּ סֹלֶת וְאָפִיתָ אֹתָהּ״, עַד שֶׁתְּהֵא מְנוּפָּה כָּל צׇרְכָּהּ.
MICHNA : La farine du omer était tamisée avec treize tamis, chacun plus fin que le précédent, et la farine qui sortait du dernier tamis était offerte. La farine des deux pains était tamisée avec douze tamis, et la farine du pain de proposition était tamisée avec onze tamis. Rabbi Shimon dit : Ils n’ont pas de nombre fixe de tamis ; plutôt, c’était de la fine farine entièrement tamisée que l’on apportait pour toutes ces offrandes, comme il est dit : « Tu prendras de la fine farine et tu la feras cuire » (Lévitique 24:5), indiquant qu’on ne s’acquitte pas de son obligation tant que la farine n’a pas été entièrement tamisée.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: בְּדַּקָּה בְּגַסָּה, בְּדַּקָּה בְּגַסָּה. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה נָפוֹת הָיוּ בַּמִּקְדָּשׁ, זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ וְזוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ, עֶלְיוֹנָה קוֹלֶטֶת סוּבִּין, תַּחְתּוֹנָה קוֹלֶטֶת סוֹלֶת.
GUEMARA : Lorsqu’on utilisait un tamis fin, les petites particules semblables à de la poussière sortaient et la farine fine était retenue dans le tamis, et lorsqu’on utilisait un tamis grossier, la farine fine sortait et le son était retenu dans le tamis. En ce qui concerne le tamisage de la farine, les Sages ont enseigné dans une baraita : Le tamisage commençait dans un tamis à trous petits, puis la farine qui restait était ensuite tamisée dans un tamis à trous grands. La farine qui sortait était de nouveau tamisée dans un tamis à trous petits qui n’étaient pas tout à fait aussi petits que les premiers petits trous, puis de nouveau dans un tamis à trous grands qui n’étaient pas tout à fait aussi grands que les premiers grands trous. Tout le tamisage se poursuivait de cette manière. Rabbi Shimon ben Elazar dit : Il y avait treize tamis dans le Temple, celui-ci l’un au-dessus de celui-là, c’est-à-dire le précédant, et celui-ci l’un au-dessus de celui-là. Le tamis le plus haut recueillait le son, les parties du grain autres que la farine pure elle-même, et le tamis le plus bas recueillait la farine fine.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לֹא הָיָה לָהֶן קִצְבָה. תָּנוּ רַבָּנַן: ״סֹלֶת וְאָפִיתָ אֹתָהּ״ – מְלַמֵּד שֶׁנִּקַּחַת סוֹלֶת.
§ La michna enseigne que, contrairement au premier tanna, Rabbi Shimon dit : Ils n’ont pas de nombre fixe de tamis ; mais la farine était tamisée autant de fois que nécessaire, sur la base du verset : « Tu prendras de la fleur de farine, et tu la feras cuire. » De plus, les Sages ont enseigné : Lorsque le verset déclare au sujet des pains de proposition : « Tu prendras de la fleur de farine et tu la feras cuire,” cela enseigne que la fleur de farine est acquise après avoir été tamisée pour la cuisson des pains de proposition.
וּמִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ חִיטִּין? תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְלָקַחְתָּ״ – מִכׇּל מָקוֹם. יָכוֹל אַף בִּשְׁאָר מְנָחוֹת כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֹתָהּ״, מִפְּנֵי הַחִיסָּחוֹן.
Et d’où est-il déduit que même des grains de blé peuvent être achetés avant d’être moulus et tamisés ? Le verset déclare : « Et tu prendras », indiquant que le grain doit être pris dans tous les cas et dans n’importe quel état. On pourrait penser qu’il en est de même pour les autres offrandes de farine. Par conséquent, le verset déclare : « Et tu prendras de la fleur de farine et tu la feras cuire elle », indiquant que seul le pain de proposition peut être acquis sous forme de grains en raison de l’économie [haḥissaḥon].
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי ״מִפְּנֵי הַחִיסָּחוֹן״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַתּוֹרָה חָסָה עַל מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל. הֵיכָא רְמִיזָא? דִּכְתִיב: ״וְהִשְׁקִיתָ אֶת הָעֵדָה וְאֶת בְּעִירָם״.
Rabbi Elazar dit : Quel est le sens de : À cause de l’économie ? Rabbi Elazar dit : La Torah a épargné l’argent du peuple juif. En raison de la grande quantité de grain nécessaire chaque semaine pour le pain de proposition, l’achat de farine fine tamisée représenterait une dépense importante. La Guemara explique : Où se trouve l’allusion à ce principe ? Elle se trouve dans un verset, comme il est écrit que lorsque le peuple juif eut soif dans le désert après la mort de Myriam, Dieu ordonna à Moïse : « Et tu parleras au rocher devant leurs yeux, afin qu’il donne son eau ; et tu feras sortir pour eux de l’eau du rocher ; ainsi tu donneras à boire à l’assemblée et à leur bétail » (Nombres 20:8). Il est évident que le miracle consistant à faire sortir de l’eau du rocher a été accompli même dans le but de fournir de l’eau au bétail.
הֲדַרַן עֲלָךְ אֵלּוּ מְנָחוֹת נִקְמָצוֹת.
מַתְנִי׳ הַתּוֹדָה הָיְתָה בָּאָה חָמֵשׁ סְאִין יְרוּשַׁלְמִיּוֹת, שֶׁהֵן שֵׁשׁ מִדְבָּרִיּוֹת. שְׁתֵּי אֵיפוֹת, הָאֵיפָה שָׁלֹשׁ סְאִין, עֶשְׂרִים עִשָּׂרוֹן – עֲשָׂרָה לֶחָמֵץ וַעֲשָׂרָה לַמַּצָּה.
MICHNA : La farine pour les pains qui accompagnaient l’offrande de remerciement provenait d’une mesure de cinq se’a de Jérusalem de l’offrande, qui sont équivalentes à six se’a du désert. Le se’a mentionné dans la Torah lorsque le peuple juif était dans le désert est plus petit que le se’a utilisé plus tard à Jérusalem. Cela équivaut à deux éphas, chaque épha étant de trois se’a du désert. Ces deux éphas représentent vingt mesures d’un dixième d’épha. Dix de ces dixièmes étaient utilisés pour faire des pains levés et dix de ces dixièmes étaient utilisés pour faire des pains sans levain, c’est-à-dire de la matza.