אָמַר רַבָּה: אֵיזֶהוּ דָּבָר שֶׁצָּרִיךְ שְׁנֵי מִיעוּטִין? הֱוֵי אוֹמֵר זוֹ מִנְחַת מַאֲפֶה.
Rabba dit : C’est la raison pour laquelle les galettes sont également exclues de la mitsva de verser, tandis qu’une offrande de farine apportée par un prêtre n’est pas exclue : Le verset emploie deux expressions d’exclusion : « Sur elle », et : « C’est une offrande de farine ». Quelle est la chose qui nécessite deux exclusions ? Tu dois dire : C’est l’offrande de farine cuite au four, dont il existe deux types d’offrandes : des galettes et des pains.
מַתְנִי׳ מִנְחַת יִשְׂרָאֵל – קוֹפֵל אֶחָד לִשְׁנַיִם, וּשְׁנַיִם לְאַרְבָּעָה, וּמַבְדִּיל. מִנְחַת כֹּהֲנִים – קוֹפֵל אֶחָד לִשְׁנַיִם, וּשְׁנַיִם לְאַרְבָּעָה, וְאֵינוֹ מַבְדִּיל. מִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ – לֹא הָיָה מְקַפְּלָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִנְחַת כֹּהֲנִים וּמִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ אֵין בָּהֶן פְּתִיתָה, מִפְּנֵי שֶׁאֵין בָּהֶן קְמִיצָה, וְכֹל שֶׁאֵין בָּהֶן קְמִיצָה – אֵין בָּהֶן פְּתִיתָה. וְכוּלָּן פּוֹתְתָן כְּזֵיתִים.
MICHNA : Lorsqu’il brise l’offrande de farine d’un Israélite en morceaux, le prêtre plie [kofel] une en deux et deux en quatre puis la sépare aux plis. Lorsqu’il brise en morceaux l’offrande de farine des prêtres, le prêtre plie une en deux et deux en quatre et ne la sépare pas aux plis. Puisqu’aucune poignée n’est prélevée, la séparation est inutile. Dans le cas de l’offrande de farine sur plaque du prêtre oint, il ne la pliait pas. Rabbi Shimon dit : Ni dans l’offrande de farine des prêtres ni dans l’offrande de farine du prêtre oint il n’y a de fractionnement en morceaux, car dans ces offrandes de farine il n’y a pas de prélèvement d’une poignée. Et toute offrande de farine dans laquelle il n’y a pas de prélèvement d’une poignée n’est pas fractionnée en morceaux. Et dans toutes les offrandes de farine qui sont brisées en morceaux, le prêtre les brise en morceaux de la taille d’une olive.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״פָּתוֹת״ – יָכוֹל לִשְׁנַיִם? תַּלְמוּד לוֹמַר ״פִּתִּים״. אִי ״פִּתִּים״ – יָכוֹל יַעֲשֶׂנָּה פֵּירוּרִין? תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֹתָהּ״ – אוֹתָהּ לִפְתִיתִים, וְלֹא פְּתִיתָה לִפְתִיתִים.
GUEMARA : En ce qui concerne la différence entre l’offrande de farine d’un Israélite et celle d’un prêtre détaillée dans la michna, les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Tu la briseras en morceaux » (Lévitique 2:6). On aurait pu penser qu’elle devait être brisée en seulement deux morceaux. C’est pourquoi le verset déclare : « en morceaux », indiquant que chacun de ces deux morceaux est ensuite brisé en davantage de morceaux. Si la Torah exige des morceaux, on aurait pu penser qu’il devrait continuer à la briser en morceaux jusqu’à la réduire en miettes. C’est pourquoi le verset déclare : « Brise-la », c’est-à-dire brise-la en morceaux, et ne brise pas ses morceaux en morceaux supplémentaires.
הָא כֵּיצַד? מִנְחַת יִשְׂרָאֵל – קוֹפֵל אֶחָד לִשְׁנַיִם וּשְׁנַיִם לְאַרְבָּעָה וּמַבְדִּיל. מִנְחַת כֹּהֲנִים וְכֹהֵן מָשִׁיחַ – הָיָה מְקַפְּלָה וְכוּ׳. וְהָא אֲנַן תְּנַן: לֹא הָיָה מְקַפְּלָה! אָמַר רַבָּה: אֵינוֹ מְקַפְּלָה לְאַרְבָּעָה, אֲבָל מְקַפְּלָה לִשְׁנַיִם.
Comment cela? Dans le cas de l’offrande de farine d’un Israélite, le prêtre plie une en deux et deux en quatre puis sépare les morceaux. Lorsqu’il brise en morceaux l’offrande de farine des prêtres et du prêtre oint, le prêtre la plie en deux, comme il est dit : « Tu offriras l’offrande en morceaux brisés » (Lévitique 6:14). La Guemara demande : En ce qui concerne l’offrande de farine du prêtre oint, n’avons-nous pas appris dans la michna : Il ne la pliait pas ? Rabba dit : Il ne la plie pas en quatre, car on n’y emploie pas l’expression redoublée : « tu la briseras en morceaux [patot otah pitim] », mais il la plie en deux.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִנְחַת כֹּהֲנִים וּמִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ אֵין בָּהֶן פְּתִיתָה. אָמַר רַב יוֹסֵף: הַאי חֲבִיצָא דְּאִית בַּהּ פֵּירוּרִין כְּזַיִת – מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״, אִי לֵית בַּהּ פֵּירוּרִין כְּזַיִת – מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״.
La michna enseigne : Rabbi Shimon dit : Ni dans l’offrande de farine des prêtres ni dans l’offrande de farine du prêtre oint il n’y a de fragmentation en morceaux... et dans toutes les offrandes de farine que l’on fragmente, on les fragmente en morceaux de la taille d’une olive. Rav Yosef a dit : Sur ce plat cuit, qui contient des morceaux de pain de la taille d’une olive, avant de le manger on récite sur lui la bénédiction : Qui fais sortir le pain de la terre. Sur ce même plat cuit, s’il ne contient pas de morceaux de pain de la taille d’une olive, avant de le manger on récite sur lui la bénédiction : Qui crée les diverses sortes de nourriture.
אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: הָיָה עוֹמֵד וּמַקְרִיב מְנָחוֹת בִּירוּשָׁלַיִם, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ שֶׁהֶחֱיָינוּ וְקִיְּמָנוּ״, נְטָלָן לְאׇכְלָן אוֹמֵר: ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״, וּתְנַן: וְכוּלָּן פְּתִיתִים בִּכְזַיִת.
Rav Yosef a dit : D’où dis-je cettehalakha ? Comme il est enseigné dans une baraita : La première fois qu’un Israélite se tenait debout et demandait à un prêtre d’offrir des offrandes de farine à Jérusalem en son nom, il récitait : Béni sois-Tu, Seigneur notre Dieu, Roi de l’univers, Qui nous as donné la vie et nous as soutenus et nous as fait parvenir à ce moment, car c’est la première fois que l’Israélite accomplit la mitsva d’apporter cette offrande. Après le prélèvement de la poignée, lorsque le prêtre prenait les offrandes de farine pour les manger, il récitait d’abord la bénédiction : Qui fais sortir le pain de la terre. Et nous avons appris dans la michna : Et dans toutes les offrandes de farine qui sont brisées en morceaux, le prêtre les brise en morceaux de la taille d’une olive. Cela prouve que sur des morceaux de pain ayant le volume d’une olive, on récite la bénédiction : Qui fais sortir le pain de la terre.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וּלְתַנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, דְּאָמַר מְפָרְכָן עַד שֶׁמַּחְזִירָן לְסׇלְתָּן, הָכִי נָמֵי דְּלָא מְבָרֵךְ ״הַמּוֹצִיא״?
Abaye dit à Rav Yosef : Mais selon le tanna de l’école de Rabbi Yishmael, qui a dit au sujet des offrandes de farine : Il les broie continuellement jusqu’à ce qu’il les ramène à la forme qu’elles avaient lorsqu’elles étaient de la farine, dirais-tu que de même, dans ce cas, celui qui mange une offrande de farine préparée ainsi ne récite pas la bénédiction : Qui fait sortir le pain de la terre ?
וְכִי תֵּימָא הָכִי נָמֵי, וְהָתַנְיָא: לִיקֵּט מִכּוּלָּן כְּזַיִת וַאֲכָלוֹ, אִם חָמֵץ הוּא – עָנוּשׁ כָּרֵת, אִם מַצָּה הוּא – אָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח.
Et si tu disais que de fait, on ne récite pas cette bénédiction sur ces offrandes de farine, cela est difficile : N’est-il pas enseigné dans une baraita : En ce qui concerne quelqu’un qui a rassemblé une portion du volume d’une olive de toutes les miettes des offrandes de farine et les a mangées, si c’était une offrande de pain levé comme celle d’une offrande de remerciement, et qu’il l’a mangée à Pessa'h, son acte est passible de karet. Si c’était une offrande de pain sans levain, une personne s’acquitte de son obligation de manger de la matzaà Pessa'h par la consommation de ces morceaux. Cela indique que les morceaux de pain, quel que soit leur volume, sont toujours considérés comme du pain.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? בְּשֶׁעֵירְסָן.
Rav Yosef lui répondit que ce n’est pas la halakha, et l’on ne récite pas une bénédiction sur des miettes de pain comme on le ferait sur du pain à proprement parler. Au contraire, de quoi parlons-nous ici ? Nous parlons d’un cas où quelqu’un a pétri les miettes de pain ensemble et les a pressées [beshe’eirsan] en une seule masse.
אִי הָכִי, הַיְינוּ דְּקָתָנֵי עֲלַהּ: וְהוּא שֶׁאֲכָלָן בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס, וְאִי בְּשֶׁעֵירְסָן – ״שֶׁאֲכָלוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? בְּבָא מִלֶּחֶם גָּדוֹל.
La Guemara soulève cette difficulté : Si tel est le cas, ce qui est enseigné au sujet de la décision dans la baraita : Et telle est la halakhalorsqu’il a mangé toutes les miettes qui constituent le volume d’une olive dans le temps qu’il faut pour manger une demi-miche [peras] de pain, est difficile. Car, si c’est un cas où il les a compressées en une seule masse, la baraitaaurait dû enseigner : Lorsqu’il l’a mangée, au singulier, puisqu’il s’agit d’un seul élément. Plutôt, de quoi parlons-nous ici ? Nous parlons d’un cas où les miettes provenaient d’un grand pain de Torah. Bien que les miettes elles-mêmes soient chacune plus petites que le volume d’une olive, puisqu’elles ont été détachées d’un grand pain, elles sont considérées comme importantes.
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֲפִילּוּ פֵּירוּרִין שֶׁאֵין בָּהֶן כְּזַיִת. אָמַר רָבָא: וְהוּא דְּאִיכָּא תּוֹרִיתָא דְּנַהְמָא עֲלַיְיהוּ.
La Guemara demande : En ce qui concerne la bénédiction récitée sur le plat cuit contenant des morceaux d’un volume inférieur à celui d’une olive, quelle conclusion halakhique a été atteinte à ce sujet ? Rav Sheshet dit : Même lorsqu’on mange des morceaux de pain qui n’ont pas le volume d’une olive, on récite la bénédiction : Celui qui fait sortir le pain de la terre. Rava a dit : Et cela est limité à un cas où les miettes ont encore l’apparence [torita] du pain, et ne se sont pas complètement dissoutes.