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וְאִם מֹשֶׁה רַבֵּינוּ אוֹהֵב יִשְׂרָאֵל הָיָה, לָמָּה אִיחֲרָן בְּמִדְבָּר אַרְבָּעִים שָׁנָה? אָמַר לוֹ: רַבִּי, בְּכָךְ אַתָּה פּוֹטְרֵנִי? אָמַר לוֹ: שׁוֹטֶה! וְלֹא תְּהֵא תּוֹרָה שְׁלֵמָה שֶׁלָּנוּ כְּשִׂיחָה בְּטֵילָה שֶׁלָּכֶם!
Et si Moïse, notre maître, aimait le peuple juif, pourquoi les a-t-il retardés dans le désert pendant quarante ans ? Le vieil homme lui dit : Mon maître, tu me congédies avec cette réplique ? Rabbi Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Insensé ! Et notre Torah parfaite ne serait-elle pas aussi digne que tes paroles frivoles ? Ton affirmation peut être facilement réfutée.
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״תִּסְפְּרוּ חֲמִשִּׁים יוֹם״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״שֶׁבַע שַׁבָּתוֹת תְּמִימֹת תִּהְיֶינָה״.
Rabbi Yoḥanan ben Zakkaï cite une preuve que Chavouot n’a pas besoin d’avoir lieu spécifiquement un dimanche. Un verset déclare : « Jusqu’au lendemain de la septième semaine vous compterez cinquante jours ; et vous présenterez une nouvelle offrande de grain au Seigneur » (Lévitique 23:16), et un verset, le précédent, semble apparemment contredire cela lorsqu’il déclare : « Et vous compterez pour vous depuis le lendemain du jour de repos, depuis le jour où vous avez apporté la gerbe de l’offrande balancée ; sept semaines seront complètes. » La fête de Chavouot a-t-elle lieu sept semaines complètes après Pessa'h, c’est-à-dire en comptant de dimanche à Chabbat sept fois ; ou a-t-elle lieu cinquante jours après Pessa'h ?
הָא כֵּיצַד? כָּאן – בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, כָּאן – בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶמְצַע שַׁבָּת.
La Guemara explique : Comment cela, c’est-à-dire comment peut-on concilier ces deux versets ? Ici, le verset qui mentionne sept semaines complètes fait référence à une année où la fête de Pessa'h tombe un Chabbat. Dans une telle année, la période de cinquante jours entre Pessa'h et Chavouot comprend sept semaines complètes, du dimanche au Chabbat. Là-bas, le verset qui définit la période comme cinquante jours fait référence à une année où la fête de Pessa'h tombe au milieu de la semaine.
(שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: סוֹפֵר, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מוֹנֶה, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מְעַמֵּר, רַבִּי יְהוּדָה: לְמַטָּה – סִימָן.)
La Guemara présente un moyen mnémotechnique pour plusieurs autres preuves réfutant l’affirmation des Boethusiens : Celle de Rabbi Eliezer : Nombre ; Rabbi Yehoshua : Compte ; Rabbi Yishmael : À partir du omer ; Rabbi Yehuda : En dessous.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״תִּסְפׇּר לָךְ״, סְפִירָה תְּלוּיָה בְּבֵית דִּין, שֶׁהֵם יוֹדְעִים לְחַדֵּשׁ. ״מִמָּחֳרַת הַשַּׁבָּת״ – מָחֳרַת יוֹם טוֹב, יָצָאת שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית שֶׁסְּפִירָתָהּ בְּכׇל אָדָם.
Rabbi Eliezer dit : La preuve précédente n’est pas nécessaire, car le verset déclare : « Sept semaines tu compteras pour toi ; à partir du moment où la faucille est mise pour la première fois dans le blé sur pied, tu commenceras à compter sept semaines » (Deutéronome 16:9). L’expression « pour toi » indique que le compte des semaines dépend de la décision du tribunal, car ils savent comment calculer les nouveaux mois, dont dépend la date de la Fête. Par conséquent, lorsque le verset déclare : « Le lendemain du jour de repos [hashabbat] » (Lévitique 23:16), cela signifie : Le lendemain de la Fête, puisque la détermination des Fêtes relève du tribunal. Cela sert à exclure l’interprétation selon laquelle le compte commence après le Shabbat de la Création, c’est-à-dire un Shabbat hebdomadaire ordinaire, dont le compte peut être effectué par toute personne, et non exclusivement par le tribunal.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אָמְרָה תּוֹרָה מְנֵה יָמִים וְקַדֵּשׁ חֹדֶשׁ, מְנֵה יָמִים וְקַדֵּשׁ עֲצֶרֶת. מָה חֹדֶשׁ סָמוּךְ לְבִיאָתוֹ נִיכָּר, אַף עֲצֶרֶת סָמוּךְ לְבִיאָתָהּ נִיכֶּרֶת.
Citant une autre preuve, Rabbi Yehoshua dit : La Torah a dit de compter des jours, comme il est écrit : « un mois de jours » (Nombres 11:20), puis de sanctifier le mois par des offrandes. Et la Torah a aussi dit de compter des jours à partir de Pessa'h puis de sanctifier la fête de Chavouot par des offrandes, comme il est écrit : « Vous compterez cinquante jours » (Lévitique 23:16). De cette comparaison, on peut apprendre que de même que le début du compte vers le nouveau mois est connu même avant qu'il n'arrive, puisqu'on commence à compter vers le mois suivant le premier jour d'un mois, de même le début du compte vers la fête de Chavouot est connu même avant qu'elle n'arrive, puisqu'on commence à compter vers Chavouot à un jour fixe du mois.
וְאִם תֹּאמַר: עֲצֶרֶת לְעוֹלָם אַחַר הַשַּׁבָּת, הֵיאַךְ תְּהֵא נִיכֶּרֶת מִשֶּׁלְּפָנֶיהָ?
La Guemara développe : Et si tu dis que la fête de Chavouot tombe toujours le lendemain du Chabbat, comment le compte menant à Chavouot est-il déterminé d’après ce qui le précède ? Si la survenue de Chavouot dépend d’un Chabbat, il n’y aurait pas de date précise après Pessa'h à partir de laquelle le compte aurait lieu chaque année.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: אָמְרָה תּוֹרָה הָבֵא עוֹמֶר בַּפֶּסַח, וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם בָּעֲצֶרֶת. מָה לְהַלָּן – רֶגֶל וּתְחִלַּת רֶגֶל, אַף כָּאן – רֶגֶל וּתְחִלַּת רֶגֶל.
Rabbi Yishmaël dit qu’il existe une autre réfutation de l’interprétation boéthusienne. La Torah a dit : Apportez l’offrande du omer pendant la fête de Pessa'h et les deux pains à Chavouot. De même que là-bas, en ce qui concerne l’offrande de la fête de Chavouot, les deux pains sont apportés au début de la fête, puisqu’elle ne dure qu’un seul jour, de même ici, en ce qui concerne la fête de Pessa'h, l’omer doit être apporté au début de la fête. Si l’omer devait toujours être apporté un dimanche, cela pourrait se produire à la fin de la fête de Pessa'h. Par exemple, si Pessa'h commençait un lundi, l’omer ne serait apporté que le dimanche suivant, à la fin de la fête.
רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אוֹמֵר: נֶאֱמַר ״שַׁבָּת״ לְמַעְלָה, וְנֶאֱמַר ״שַׁבָּת״ לְמַטָּה. מָה לְהַלָּן – רֶגֶל, וּתְחִלַּת רֶגֶל סָמוּךְ לָהּ, אַף כָּאן – רֶגֶל, וּתְחִלַּת רֶגֶל סָמוּךְ לָהּ.
Rabbi Yehuda ben Beteira dit qu’il existe encore une autre réfutation. Il est dit « shabbat » plus haut (Lévitique 23:15), au sujet du début du compte du omer, et il est aussi dit « shabbat » plus bas (Lévitique 23:16), au sujet du commencement de la fête de Shavouot. De même que là-bas, au sujet de la fête de Shavouot, il est dit : « Jusqu’au lendemain de la septième semaine [hashabbat] vous compterez cinquante jours », et le mot shabbat renvoie au début de la Fête et suit immédiatement la fin de la septième semaine ; de même ici, au sujet de l’offrande du omer, le mot shabbat signifie Fête, de sorte que l’offrande du omer suit immédiatement le début de la Fête, le deuxième jour de Pessa'h. Selon les Boéthusiens, le commencement du compte pourrait débuter bien après le début de Pessa'h. Par exemple, si Pessa'h tombe un dimanche, le compte du omer ne commencerait que le dimanche suivant.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וּסְפַרְתֶּם לָכֶם״, שֶׁתְּהֵא סְפִירָה לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Vous compterez pour vous à partir du lendemain du jour de repos [hashabbat], à partir du jour où vous aurez apporté la gerbe de l’offrande balancée ; sept semaines seront complètes » (Lévitique 23:15). L’expression : « Vous compterez pour vous, » enseigne que la mitsva du compte n’est pas une obligation communautaire. Au contraire, il doit y avoir un compte effectué par chaque personne.
״מִמָּחֳרַת הַשַּׁבָּת״ – מִמָּחֳרַת יוֹם טוֹב, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לְמָחֳרַת שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית? רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: הֲרֵי הוּא אוֹמֵר ״תִּסְפְּרוּ חֲמִשִּׁים יוֹם״, כׇּל סְפִירוֹת שֶׁאַתָּה סוֹפֵר לֹא יְהוּ אֶלָּא חֲמִשִּׁים יוֹם.
La baraita continue : À partir du lendemain du jour de repos [hashabbat], cela signifie à partir du lendemain de la fête de Pessa'h. Ou peut-être que ce n’est pas le sens du verset, mais qu’au contraire il signifie après le Chabbat de la Création, c’est-à-dire le dimanche. Rabbi Yossei bar Yehouda dit : Cela ne peut pas être correct, car le verset déclare : « Jusqu’au lendemain de la septième semaine vous compterez cinquante jours » (Lévitique 23:16). Cela enseigne que tous les décomptes que vous effectuez ne doivent être que de cinquante jours.
וְאִם תֹּאמַר מִמָּחֳרַת שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית, פְּעָמִים שֶׁאַתָּה מוֹצֵא חֲמִשִּׁים וְאֶחָד, וּפְעָמִים שֶׁאַתָּה מוֹצֵא חֲמִשִּׁים וּשְׁנַיִם, חֲמִשִּׁים וּשְׁלֹשָׁה, חֲמִשִּׁים וְאַרְבָּעָה, חֲמִשִּׁים וַחֲמִשָּׁה, חֲמִשִּׁים וְשִׁשָּׁה.
Rabbi Yossei bar Yehouda explique : Et si tu dis que la proposition : « À partir du lendemain du jour de repos [hashabbat] » fait référence au Shabbat de la Création, parfois tu trouveras un compte de cinquante et un jours depuis le premier jour de Pessa'h, qui est la date à laquelle le compte a commencé l’année précédente, jusqu’à Chavouot ; et parfois tu trouveras cinquante-deux, ou cinquante-trois, ou cinquante-quatre, ou cinquante-cinq, ou cinquante-six. Par exemple, une année, Pessa'h tombe un Shabbat, et le compte du omer commencerait le dimanche, le seize nissan, et Chavouot aurait lieu cinquante jours plus tard. Une autre année, Pessa'h tombe un vendredi, et le compte commence le dimanche ; alors, la date à laquelle Chavouot aura lieu cette année-là est à cinquante et un jours du seize nissan. Si Pessa'h tombe un jeudi, et que le compte commence le dimanche suivant, Chavouot aura lieu cinquante-deux jours après le seize nissan.
רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ,
Rabbi Yehouda ben Beteira dit : Cette preuve n'est pas nécessaire,

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