דְּעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הָתָם, אֶלָּא דְּכִי מְמַעֵט בַּאֲכִילָה קָא מְמַעֵט קְצִירָה, אֲבָל הָכָא דְּכִי קָא מְמַעֵט בַּאֲכִילָה קָא מַפְּשָׁא קְצִירָה, וַדַּאי שָׁלֹשׁ מַיְיתִינַן.
comme Rabbi Yishmael l’affirme seulement là-bas, dans la michna, à savoir que trois se’a d’orge sont moissonnées pendant le Shabbat, car dans ce cas, lorsqu’on limite la quantité disponible pour manger, on limite également la quantité de moisson. Mais ici, lorsque l’on limite la quantité de nourriture en apportant les deux figues, on augmente aussi la quantité de moisson. Il est donc certain que nous apportons au malade les trois figues attachées à une seule tige.
מַתְנִי׳ מִצְוַת הָעוֹמֶר לְהָבִיא מִן הַקָּרוֹב, לֹא בִּיכֵּר הַקָּרוֹב לִירוּשָׁלַיִם – מְבִיאִין אוֹתוֹ מִכׇּל מָקוֹם. מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא הָעוֹמֶר מִגַּגּוֹת צְרִיפִין, וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם מִבִּקְעַת עֵין סוֹכֵר.
MICHNA :La mitsva du omer consiste à apporter l’orge moissonnée pour l’offrande de farine depuis des champs proches de Jérusalem. Si l’orge n’a pas mûri dans les champs proches de Jérusalem, on l’apporte de n’importe quel endroit en Eretz Yisrael. Il y eut un incident où le omer vint de Gaggot Tzerifin, et le blé pour les deux pains de Shavouot vint de la vallée d’Ein Sokher.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? אִיבָּעֵית אֵימָא מִשּׁוּם ״כַּרְמֶל״.
GUEMARA : La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle l’orge moissonnée pour l’offrande de farine du omer devrait idéalement être apportée de champs proches de Jérusalem ? La Guemara répond : Si tu veux, dis que c’est parce que le verset déclare : « Et si tu apportes au Seigneur une offrande de farine des prémices, tu apporteras pour l’offrande de farine de tes prémices du grain en épi rôti au feu, même du gruau de l’épi frais [karmel] » (Lévitique 2:14). Cela indique que le grain doit être tendre et frais. Par conséquent, il doit être apporté d’un endroit proche, et non d’un lieu où il pourrait rassir et durcir au cours d’un long voyage.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, מִשּׁוּם דְּאֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que la raison est due au principe selon lequel on ne reporte pas l’accomplissement des mitzvot. Lorsqu’une occasion d’accomplir une mitzva se présente, il faut l’accomplir immédiatement. Par conséquent, l’orge pour la mitzva de l’offrande de farine du omer au Temple doit être apportée de la première récolte rencontrée hors de Jérusalem.
מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא [הָעוֹמֶר] מִגַּגּוֹת צְרִיפִין. תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁצָּרוּ מַלְכֵי בֵּית חַשְׁמוֹנַאי זֶה עַל זֶה, וְהָיָה הוּרְקָנוֹס מִבַּחוּץ וַאֲרִיסְטוֹבְּלוּס מִבִּפְנִים, בְּכׇל יוֹם וָיוֹם הָיוּ מְשַׁלְשְׁלִין לָהֶן דִּינָרִין בְּקוּפָּה וּמַעֲלִין לָהֶן תְּמִידִין.
§ La michna enseigne : Il y eut un incident où le omer vint de Gaggot Tzerifin et les deux pains de Shavouot vinrent de la vallée d’Ein Sokher. Les Sages ont enseigné dans une baraita qui fournit le contexte de cet événement : Lorsque les rois de la monarchie hasmonéenne s’assiégèrent les uns les autres dans leur guerre civile, Hyrcan se trouvait à l’extérieur de Jérusalem, l’assiégeant, et Aristobule était à l’intérieur. Chaque jour, ils faisaient descendre des dinars dans une boîte depuis l’intérieur de la ville, et ceux de l’extérieur faisaient monter des animaux afin qu’ils offrent les sacrifices quotidiens dans le Temple.
הָיָה שָׁם זָקֵן אֶחָד שֶׁהָיָה מַכִּיר בְּחׇכְמַת יְוָונִית, לָעַז לָהֶם בְּחׇכְמַת יְוָונִית, אָמַר לָהֶן: כׇּל זְמַן שֶׁעֲסוּקִין בַּעֲבוֹדָה אֵין נִמְסָרִין בְּיֶדְכֶם. לְמָחָר שִׁלְשְׁלוּ לָהֶן דִּינָרִין בְּקוּפָּה, וְהֶעֱלוּ לָהֶן חֲזִיר. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ לַחֲצִי חוֹמָה, נָעַץ צִפׇּרְנָיו בַּחוֹמָה, וְנִזְדַּעְזְעָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אַרְבַּע מֵאוֹת פַּרְסָה עַל אַרְבַּע מֵאוֹת פַּרְסָה.
Il y avait là un certain vieillard, à Jérusalem, qui connaissait la sagesse grecque. Il communiquait avec ceux de l’extérieur au moyen de mots compris seulement par ceux qui maîtrisaient la sagesse grecque. Le vieillard leur dit : Tant qu’ils sont occupés par le service du Temple, ils ne seront pas livrés entre vos mains. En entendant cela, le lendemain, lorsque ils descendirent des dinars dans une boîte, ils leur firent monter un porc. Lorsque le porc atteignit la moitié du mur, il enfonça ses sabots dans le mur et Eretz Yisrael trembla sur quatre cents parasanges sur quatre cents parasanges.
בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אָמְרוּ: אָרוּר שֶׁיְּגַדֵּל חֲזִיר, וְאָרוּר שֶׁיְּלַמֵּד בְּנוֹ חׇכְמַת יְוָונִית. וְעַל אוֹתָהּ שָׁעָה שָׁנִינוּ: מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא עוֹמֶר מִגַּגּוֹת צְרִיפִין, וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם מִבִּקְעַת עֵין סוֹכֵר.
Lorsque les Sages virent cela, ils dirent à ce moment-là : Maudit soit celui qui élève des porcs, et maudit soit celui qui enseigne à son fils la sagesse grecque. Et c’est au sujet de cette époque de guerre civile, au cours de laquelle le pays fut détruit, que nous avons appris : Un incident se produisit dans lequel le omer, la mesure d’orge apportée comme offrande communautaire le seizième jour de Nissan, venait de Gaggot Tzerifim, et les deux pains offerts à Shavouot venaient de la vallée d’Ein Sokher. Comme aucun grain d’orge frais ne fut trouvé dans les champs situés immédiatement autour de Jérusalem, il fallut l’apporter de ces régions éloignées.
כִּי מְטָא עוֹמֶר, לָא הֲווֹ יָדְעִי מֵהֵיכָא אַיְיתִי עוֹמֶר. אַכְרֻזוֹ, אֲתָא הָהוּא חַרְשָׁא, אוֹתֵיב חֲדָא יְדָא אַאִיגָּרָא וַחֲדָא יְדֵיהּ אַצְּרִיפָא. אֲמַר לְהוּ מׇרְדֳּכַי: מִי אִיכָּא דּוּכְתָּא דִּשְׁמֵהּ ״גַּגּוֹת צְרִיפִין״ אוֹ ״צְרִיפִין גַּגּוֹת״? בְּדַקוּ וְאַשְׁכְּחוּהּ.
§ La Guemara rapporte une autre tradition concernant cette occasion où le omer venait de Gaggot Tzerifin et les deux pains de la vallée de Ein Sokher : Quand arriva le moment d’apporter l’offrande de farine du omer, ils ne savaient pas d’où ils pourraient apporter le grain du omer, car tous les champs environnants avaient été pillés et ruinés. Le tribunal proclama publiquement sa difficulté. Un certain sourd-muet [ḥersha] s’avança et tendit une main vers un toit,gag en hébreu, et une main vers une hutte [atzerifa]. Mordekhai dit aux Sages : Y a-t-il un endroit appelé Gaggot Tzerifin ou Tzerifin Gaggot ? Ils vérifièrent et trouvèrent qu’un tel endroit existait, et qu’il contenait des champs d’orge à partir desquels ils purent apporter l’offrande de farine du omer.
כִּי בָּעֵי לְאֵתוֹיֵי שְׁתֵּי הַלֶּחֶם, לָא הֲווֹ יָדְעִי מֵהֵיכָא לְאֵתוֹיֵי, אַכְרוּז. אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא חַרְשָׁא, אוֹתֵיב יְדֵיהּ אַעֵינֵיהּ וַחֲדָא יְדָא אַסִּיכְרָא. אֲמַר לְהוּ מׇרְדֳּכַי: וּמִי אִיכָּא דּוּכְתָּא דִּשְׁמֵהּ ״עֵין סוֹכֵר״ אוֹ ״סוֹכֵר עַיִן״? בְּדַקוּ וְאַשְׁכַּחוּ.
Un incident similaire se produisit lorsqu’ils eurent besoin d’apporter les deux pains, et ils ne savaient pas d’où apporter le grain. De nouveau, le tribunal proclama publiquement sa difficulté, et un certain sourd-muet s’avança et tendit une main vers son œil [a’eineih] et une main vers un loquet de porte [assikhera]. Mordekhai dit aux Sages : Existe-t-il un endroit appelé : Ein Sokher, ou Sokher Ayin ? Ils vérifièrent et trouvèrent qu’un tel endroit existait, et qu’il contenait des champs de blé d’où ils purent apporter les deux pains.
הָנְהוּ שָׁלֹשׁ נָשִׁים דְּאַיְיתוֹ שָׁלֹשׁ קִינִּין, חֲדָא אָמְרָה: ״לְזִיבָתִי״, וַחֲדָא אָמְרָה: ״לְיַמָּתִי״, וַחֲדָא אָמְרָה: ״לְעוֹנָתִי״.
La Guemara raconte une autre histoire qui démontre la sagesse de Mordekhai : Une fois, trois femmes apportèrent trois nids pour leurs offrandes obligatoires de paires de pigeons ou de tourterelles (voir Lévitique 15:29). L’une d’entre elles dit : Cette offrande est pour ma ziva ; et l’une dit : Ceci est pour ma yamma ; et la dernière dit : Ceci est pour ma ona.
סְבוּר מִינָּה ״זִיבָתִי״ – זָבָה מַמָּשׁ, ״לְיַמָּתִי״ – לְיַמָּתִי מַמָּשׁ, ״לְעוֹנָתִי״ – לְעוֹנָתָהּ, דְּכוּלְּהוּ חֲדָא חַטָּאת וַחֲדָא עוֹלָה.
Les Sages comprirent de la déclaration de la première femme : Pour ma ziva, qu’elle avait eu un écoulement de sang utérin à un moment où elle n’attendait pas ses règles, ce qui lui conférait le statut de véritable zava. De la déclaration de la deuxième femme : Pour ma yamma, ils comprirent : Ma véritable yamma, c’est-à-dire qu’elle aussi avait une ziva, puisque yam peut signifier : mer, ou un flux de sang. De la déclaration de la troisième femme : Pour ma ona, ils arrivèrent à la conclusion qu’elle devait apporter un sacrifice pour son temps [ona] d’achèvement de son processus de purification après avoir été une zava. En conséquence, ils comprirent que toutes ces femmes étaient tenues d’apporter une offrande expiatoire et une offrande consumée.
אֲמַר לְהוּ מׇרְדֳּכַי: שֶׁמָּא בְּזוֹב סִיכְּנָה, שֶׁמָּא בַּיָּם סִיכְּנָה, שֶׁמָּא בְּעֵינָהּ סִיכְּנָה, דְּכוּלְּהוּ עוֹלוֹת נִינְהוּ. בְּדוּק וְאַשְׁכֻּח.
Mordekhaï dit aux autres Sages : Peut-être que la première femme était en danger au cours de son flux menstruel [zov]. De même, peut-être que la deuxième femme était en danger en mer [yam]. Enfin, peut-être que la troisième femme était en danger à cause de son œil [ayin], puisque ayin ressemble phonétiquement à ona. Selon ces explications, chaque femme cherchait à apporter une offrande volontaire pour remercier Dieu de l’avoir sauvée du danger. Si tel est le cas, l’offrande appropriée dans chaque cas n’est pas une offrande expiatoire, car ce sont toutes des holocaustes. On vérifia et ils découvrirent que l’interprétation de Mordekhaï était en effet correcte.