וְכִי נֶאֱמַר ״קׇרְבָּן״ ״קׇרְבָּן״ שְׁנֵי פְּעָמִים? וַהֲלֹא לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא קׇרְבָּן אֶחָד, וְנֶאֱמַר בּוֹ חַלּוֹת וּרְקִיקִין.
Et est-il dit au sujet d’une offrande de grain cuite au four : « Offrande », et de nouveau : Offrande, pour un total de deux fois, une fois en lien avec une offrande de grain de pains et une fois en lien avec une offrande de grain de galettes ? Si tel était le cas, cela indiquerait qu’il s’agit de deux types d’offrandes. Mais n’est-il pas vrai qu’en réalité « offrande » n’est dit qu’une seule fois : « Lorsque tu apporteras une offrande de grain cuite au four, ce seront des pains sans levain de fleur de farine mêlés d’huile, ou des galettes sans levain enduites d’huile » (Lévitique 2:4) ? Et il est dit au sujet de cette offrande de grain à la fois pains et galettes, ce qui indique qu’il s’agit de deux variétés de la même offrande.
מֵעַתָּה, רָצָה לְהָבִיא חַלּוֹת – מֵבִיא, רְקִיקִין – מֵבִיא, מֶחֱצָה חַלּוֹת וּמֶחֱצָה רְקִיקִין – מֵבִיא, וּבוֹלְלָן וְקוֹמֵץ מִשְּׁנֵיהֶם, וְאִם קָמַץ וְעָלָה בְּיָדוֹ מֵאֶחָד עַל שְׁנֵיהֶם – יָצָא.
Rabbi Shimon poursuit : Désormais, on peut déduire que si quelqu’un veut apporter dix pains, il peut apporter dix pains, et s’il préfère apporter dix galettes, il peut apporter dix galettes, et s’il décide que la moitié d’entre eux soit des pains et l’autre moitié des galettes, il peut apporter cela de cette manière. Et s’il apporte une partie sous forme de pains et une partie sous forme de galettes, comment procède-t-il ? Il mélange tous les deux types et en prélève une poignée des deux. Et si après avoir prélevé une poignée, il arrive que seule une partie d’un type, soit des pains soit des galettes, se retrouve dans sa main pour les deux, il s’est acquitté de son obligation, car tous deux font partie d’une seule offrande.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִנַּיִן לְאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי מִנְחַת מַאֲפֶה״, שֶׁלֹּא יָבִיא מֶחֱצָה חַלּוֹת וּמֶחֱצָה רְקִיקִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכׇל מִנְחָה אֲשֶׁר תֵּאָפֶה בַּתַּנּוּר״, ״וְכׇל נַעֲשָׂה בַמַּרְחֶשֶׁת וְעַל מַחֲבַת לַכֹּהֵן הַמַּקְרִיב אֹתָהּ לוֹ תִהְיֶה״, ״וְכׇל מִנְחָה בְלוּלָה בַשֶּׁמֶן וַחֲרֵבָה לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה״.
Rabbi Yossei bar Rabbi Yehouda dit : D’où est-il déduit, au sujet de celui qui dit : Il m’incombe d’apporter une offrande de farine cuite, qu’il ne peut pas apporter la moitié de l’offrande sous forme de pains et l’autre moitié sous forme de galettes ? Il répond : Le verset déclare : « Et toute offrande de farine qui est cuite au four, et toute celle qui est préparée dans la poêle profonde, et sur la plaque, appartiendra au prêtre qui l’offre. Et toute offrande de farine, mêlée d’huile, ou sèche, appartiendra à tous les fils d’Aaron, à l’un comme à l’autre » (Lévitique 7:9–10).
מָה ״וְכׇל״ הָאָמוּר לְמַטָּה שְׁנֵי מִינִין חֲלוּקִין, אַף ״וְכׇל״ הָאָמוּר לְמַעְלָה שְׁנֵי מִינִין חֲלוּקִין.
Les versets mettent en parallèle l’offrande de farine cuite au four avec l’offrande de farine préparée sur la plaque et l’offrande de farine préparée dans la poêle profonde, ainsi qu’avec l’offrande de farine apportée comme don, évoquée par l’expression : « Mélangée à l’huile », et avec l’offrande de farine d’un pécheur, qui est appelée : « Sèche ». Cela enseigne que de même que l’expression : « Et toute » (Lévitique 7:10), énoncée plus bas au sujet de ces offrandes de farine, renvoie à deux types différents d’offrande de farine, de même aussi l’expression : « Et toute » (Lévitique 7:9), énoncée plus haut, au sujet des deux formes d’offrande de farine cuite au four, renvoie à deux types différents d’offrande de farine, et l’on ne peut donc pas en apporter une partie sous forme de pains et une autre sous forme de galettes.
וְרַבִּי יְהוּדָה, שַׁפִּיר קָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן? אָמַר לָךְ: כֵּיוָן דִּכְתִיב ״בַּשֶּׁמֶן״ ״בַּשֶּׁמֶן״, כְּמַאן דִּכְתִיב ״קׇרְבָּן״ ״קׇרְבָּן״ דָּמֵי.
La Guemara demande : Et comment Rabbi Yehouda, qui soutient que les pains et les galettes sont deux types différents d’offrandes de farine cuites au four, répond-il à la preuve de Rabbi Shimon ? Après tout, Rabbi Shimon parle avec justesse lorsqu’il souligne que le verset ne mentionne « offrande » qu’une seule fois. La Guemara explique : Rabbi Yehouda aurait pu te dire : Puisqu’il est écrit : « avec de l’huile, » et : « avec de l’huile, » dans le verset : « Ce seront des pains azymes de fleur de farine pétris avec de l’huile, ou des galettes azymes enduites d’huile » (Lévitique 2:4), cela est considéré comme s’il était écrit « offrande » et « offrande, » et par conséquent ceux-ci sont considérés comme deux types différents d’offrande de farine.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, אִי לָא כְּתִיב ״בְּשֶׁמֶן״ ״בְּשֶׁמֶן״, הֲוָה אָמֵינָא דַּוְוקָא מֶחֱצָה חַלּוֹת וּמֶחֱצָה רְקִיקִין, אֲבָל חַלּוֹת לְחוֹדַיְיהוּ וּרְקִיקִין לְחוֹדַיְיהוּ אֵימָא לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Et comment Rabbi Shimon répond-il à cette affirmation ? La Guemara répond : Rabbi Shimon soutient que la répétition de l’expression « avec de l’huile » enseigne une halakha différente. S’il n’était pas écrit « avec de l’huile », puis de nouveau « avec de l’huile », je dirais qu’une offrande de farine cuite au four doit être apportée spécifiquement pour moitié sous forme de pains et pour moitié sous forme de galettes, et s’il voulait apporter seulement des pains seuls ou des galettes seules, je dirais qu’il ne peut pas apporter une offrande de farine de cette manière. La répétition de l’expression « avec de l’huile » nous enseigne qu’une offrande de farine cuite au four peut comprendre dix pains, ou dix galettes, ou une combinaison des deux types.
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה הַיְינוּ אֲבוּהּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּאִי עֲבַד.
La Guemara demande en outre : La baraita déclare que Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, soutient que les pains et les gaufrettes sont deux types différents d’offrandes de farine. L’opinion de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, est la même que celle de son père, Rabbi Yehouda, dont l’opinion est également mentionnée dans la baraita. Pourquoi est-il nécessaire de citer séparément l’opinion de Rabbi Yossei bar Rabbi Yehouda ? La Guemara explique : Il est nécessaire de citer l’opinion de Rabbi Yossei bar Rabbi Yehouda, car il existe une différence pratique entre sa décision et celle de son père ; car, si quelqu’un a transgressé et a accompli le sacrifice d’une offrande de farine cuite au four en apportant un mélange de pains et de gaufrettes, selon Rabbi Yehouda l’offrande est valide a posteriori, tandis que Rabbi Yossei bar Rabbi Yehouda la considère comme non valide même a posteriori.
הֲדַרַן עֲלָךְ כׇּל הַמְּנָחוֹת.
מַתְנִי׳ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: עוֹמֶר הָיָה בָּא בַּשַּׁבָּת מִשָּׁלֹשׁ סְאִין, וּבַחוֹל מֵחָמֵשׁ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד שַׁבָּת וְאֶחָד חוֹל מִשָּׁלֹשׁ הָיָה בָּא.
MICHNA :Rabbi Yishmaël dit : Lorsque le jour du sacrifice de l’offrande de farine du omer tombait un Chabbat, les travaux accomplis qui auraient autrement été interdits étaient réduits au minimum, et le dixième d’un épha de farine qui était apporté comme offrande était préparé à partir de trois séa d’orge moissonnée. Et si cela tombait en semaine, la farine était préparée à partir de cinq séa d’orge moissonnée. Et les Sages disent : Aussi bien le Chabbat que la semaine, l’offrande du omer provenait de trois séa d’orge moissonnée.
רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים אוֹמֵר: בַּשַּׁבָּת הָיָה נִקְצָר בְּיָחִיד, וּבְמַגָּל אֶחָד, וּבְקוּפָּה אַחַת, וּבַחוֹל – בִּשְׁלֹשָׁה, בְּשָׁלֹשׁ קוּפּוֹת, וְשָׁלֹשׁ מַגָּלוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד שַׁבָּת וְאֶחָד חוֹל – בִּשְׁלֹשָׁה, בְּשָׁלֹשׁ קוּפּוֹת, וּבְשָׁלֹשׁ מַגָּלוֹת.
Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, dit : Le Chabbat l’orge était moissonnée par un seul individu, avec une seule faucille et avec un seul panier dans lequel l’orge était placée ; et pendant la semaine, elle était moissonnée par trois personnes avec trois paniers et trois faucilles. Et les Sages disent : Tant le Chabbat que pendant la semaine, elle était moissonnée par trois personnes avec trois paniers et avec trois faucilles.
גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא רַבָּנַן קָא סָבְרִי: עִשָּׂרוֹן מוּבְחָר (בִּשְׁלֹשָׁה) [מִשָּׁלֹשׁ] סְאִין אָתֵי, וְלָא שְׁנָא בְּחוֹל וְלָא שְׁנָא בְּשַׁבָּת.
GUEMARA : Rabbi Yishmaël et les Sages sont en désaccord dans la michna au sujet du nombre de se’a d’orge moissonnés pour l’offrande de farine du omer pendant Chabbat. Selon Rabbi Yishmaël, trois se’a étaient moissonnés lorsque l’offrande était apportée un Chabbat, et cinq se’a étaient moissonnés lorsque l’offrande était apportée un jour de semaine. Les Sages soutiennent que, aussi bien en semaine que pendant Chabbat, trois se’a étaient moissonnés. La Guemara demande : Soit, l’opinion des Sages est claire, car ils soutiennent qu’un dixième de choix d’un épha de farine provient de trois se’a d’orge moissonné, et par conséquent il n’y a pas de différence selon que l’orge est moissonnée en semaine ou qu’elle est moissonnée pendant Chabbat, puisqu’un dixième de choix est requis.
אֶלָּא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, מַאי קָסָבַר? אִי קָסָבַר: עִשָּׂרוֹן מוּבְחָר לָא אָתֵי אֶלָּא מֵחָמֵשׁ – אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת נָמֵי! אִי מִשָּׁלֹשׁ אָתֵי – אֲפִילּוּ בַּחוֹל נָמֵי!
Au contraire, il y a une question concernant l’opinion de Rabbi Yishmael, qui fait une distinction entre le Chabbat et les jours de semaine. Que soutient-il ? S’il soutient qu’un dixième de choix d’un épha de farine ne peut provenir que de cinq se’a d’orge moissonnée, alors même le Chabbat cinq se’a devraient aussi être requis. Et si le dixième de choix d’un épha de farine peut provenir de seulement trois se’a, alors même un jour de semaine trois devraient suffire.
אָמַר רָבָא: קָסָבַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, עִשָּׂרוֹן מוּבְחָר בְּלָא טִירְחָא אָתֵי מֵחָמֵשׁ, בְּטִירְחָא אָתֵי מִשָּׁלֹשׁ. בַּחוֹל מַיְיתִינַן מֵחָמֵשׁ, דְּהָכִי שְׁבִיחָא מִילְּתָא. בְּשַׁבָּת – מוּטָב שֶׁיַּרְבֶּה בִּמְלָאכָה אַחַת בְּהַרְקָדָה, וְאַל יַרְבֶּה בִּמְלָאכוֹת הַרְבֵּה.
Rava a dit : Rabbi Yishmael soutient qu’un dixième choisi d’un épha de farine peut provenir sans effort de cinq se’a, et avec effort de trois. Par conséquent, un jour de semaine, nous moissonnons et apportons de la farine de cinq se’a, car cela produit un produit final meilleur, puisque seule la farine de la plus haute qualité de chaque se’a est sélectionnée. Le Shabbat, il est préférable qu’une personne augmente l’effort impliqué dans un seul travail interdit, à savoir le tamisage de la farine à de nombreuses reprises, et qu’elle n’augmente pas le nombre d’actes interdits impliqués dans l’accomplissement de nombreux travaux interdits, tels que la moisson et le vannage, nécessaires au traitement de cinq se’a.
אָמַר רַבָּה: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד, דְּתַנְיָא: אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת – מַפְשִׁיט אֶת הַפֶּסַח עַד הֶחָזֶה, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַד שֶׁיַּפְשִׁיט אֶת כּוּלּוֹ.
§ Rabba a dit : Rabbi Yishmael et Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka, ont dit la même chose. Comme il est enseigné dans une baraita : Si le quatorzième de nissan tombe un Chabbat, lorsque l’offrande pascale est sacrifiée mais n’est pas rôtie avant la fin du Chabbat, on dépouille l’offrande pascale jusqu’à la poitrine, afin de permettre le retrait des parties de l’animal qui sont sacrifiées sur l’autel pendant le Chabbat, puis on dépouille le reste de l’animal après le Chabbat. Dépouiller davantage ne sert qu’à faciliter la consommation de l’animal et, par conséquent, cela ne repousse pas le Chabbat. Telle est la déclaration de Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka. Et les Sages disent : on ne s’est pas acquitté correctement de l’obligation à moins de le dépouiller entièrement.
מִי לָא אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה הָתָם, כֹּל הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר לָא טָרְחִינַן? הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּאֶפְשָׁר – לָא טָרְחִינַן.
La Guemara explique pourquoi les déclarations de Rabbi Yishmael et de Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka, sont identiques. Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka, n’a-t-il pas dit là-bas que partout où il est possible d’accomplir la tâche nécessaire sans action supplémentaire, nous ne nous donnons pas cette peine pendant le Chabbat ? Ici aussi, puisqu’il est possible d’accomplir la tâche nécessaire sans le dépouillement supplémentaire, nous ne nous donnons pas cette peine.
מִמַּאי? דִּלְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הָכָא, אֶלָּא דְּלֵיכָּא בִּזְיוֹן קָדָשִׁים, אֲבָל הָתָם דְּאִיכָּא בִּזְיוֹן קֳדָשִׁים,
La Guemara rejette cette comparaison : D'où cette conclusion est-elle tirée ? Peut-être que Rabbi Yishmael énonce sa décision seulement ici, dans le cas de la moisson de trois se’a pendant le Chabbat, où il n’y a pas de dégradation d’objets consacrés. Mais là-bas, où il y a dégradation d’objets consacrés, puisque l’animal restera à moitié écorché pendant la nuit,