בֶּן יָדִיד – זֶה אַבְרָהָם, דִּכְתִיב: ״מֶה לִידִידִי בְּבֵיתִי״, וְיִבְנֶה יָדִיד – זֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, דִּכְתִיב: ״מַה יְּדִידוֹת מִשְׁכְּנוֹתֶיךָ״, לְיָדִיד – זֶה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, דִּכְתִיב: ״אָשִׁירָה נָּא לִידִידִי״,
Dans l’expression : Fils de yadid, ceyadidest Abraham, comme il est écrit : « Qu’a donc Mon bien-aimé [lididi] à faire dans Ma maison » (Jérémie 11:15). Ce verset fait référence à Abraham, comme cela sera expliqué. Dans l’expression : Et bâtit yadid, ceyadidest le Temple, comme il est écrit : « Qu’elles sont aimables [yedidot] Tes demeures » (Psaumes 84:2). Et concernant le terme dans l’expression : Car Yadid, c’est le Saint, béni soit-Il, comme il est écrit : « Laissez-moi chanter pour mon Bien-aimé [lididi] » (Isaïe 5:1).
בְּחֶלְקוֹ שֶׁל יָדִיד – זֶה בִּנְיָמִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְבִנְיָמִין אָמַר יְדִיד ה׳ יִשְׁכֹּן לָבֶטַח עָלָיו״, וְיִתְכַּפְּרוּ בּוֹ יְדִידִים – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״נָתַתִּי אֶת יְדִידוּת נַפְשִׁי בְּכַף אוֹיְבֶיהָ״.
Dans la part de yadid ; ceyadidest la tribu de Benjamin, sur le territoire de laquelle le Temple fut construit, comme il est dit que Moïse bénit Benjamin en ces termes : « De Benjamin il dit : Le bien-aimé [yedid] du Seigneur demeurera en sécurité auprès de Lui » (Deutéronome 33:12). Et que les yedidim obtiennent l’expiation par son intermédiaire ; cesyedidimsont le peuple juif, comme il est écrit à leur sujet : « J’ai livré la bien-aimée [yedidut] de Mon âme à la main de ses ennemis » (Jérémie 12:7).
יָבֹא טוֹב וִיקַבֵּל טוֹב מִטּוֹב לַטּוֹבִים. יָבֹא טוֹב – זֶה מֹשֶׁה, דִּכְתִיב: ״וַתֵּרֶא אוֹתוֹ כִּי טוֹב הוּא״. וִיקַבֵּל טוֹב – זוֹ תּוֹרָה, דִּכְתִיב: ״כִּי לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם״. מִטּוֹב – זֶה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, דִּכְתִיב: ״טוֹב ה׳ לַכֹּל״. לַטּוֹבִים – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״הֵטִיבָה ה׳ לַטּוֹבִים״.
Rabbi Ezra a énoncé une autre homélie semblable : Que le bon vienne et reçoive le bien du Bon pour les bons. Il expliqua : Que le bon vienne ; ce bon est Moïse, comme il est écrit à son sujet : « Et quand elle vit qu’il était un bel enfant » (Exode 2:2). Et reçoive le bien ; ce bien est la Torah, comme il est écrit au sujet de la Torah : « Car je vous donne une bonne doctrine ; n’abandonnez pas ma Torah » (Proverbes 4:2). Du Bon ; cela fait référence au Saint, béni soit-Il, comme il est écrit : « Le Seigneur est bon envers tous » (Psaumes 145:9). Pour les bons ; ces bons sont les Juifs, comme il est écrit à leur sujet : « Fais du bien, Seigneur, aux bons » (Psaumes 125:4).
יָבֹא זֶה וִיקַבֵּל זֹאת מִזֶּה לְעַם זוּ – יָבֹא זֶה – זֶה מֹשֶׁה, דִּכְתִיב: ״כִּי זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ״, וִיקַבֵּל זֹאת – זוֹ הַתּוֹרָה, דִּכְתִיב: ״וְזֹאת הַתּוֹרָה אֲשֶׁר שָׂם מֹשֶׁה״, מִזֶּה – זֶה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, דִּכְתִיב: ״זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ״, לְעַם זוֹ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַם זוּ קָנִיתָ״.
Rabbi Ezra a énoncé une autre homélie structurée de manière similaire. Que celui-ci vienne et reçoive ceci de Celui-ci pour ce peuple. Il expliqua : Que celui-ci vienne ; ceci fait référence à Moïse, comme il est écrit à son sujet : « Quant à ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d’Égypte » (Exode 32:1). Et reçoive ceci ; ceci fait référence à la Torah, comme il est écrit : « Et voici la Torah que Moïse a placée devant les enfants d’Israël » (Deutéronome 4:44). De Celui-ci ; ceci fait référence au Saint, béni soit-Il, comme il est écrit : « Voici mon Dieu, et je Le glorifierai » (Exode 15:2). Pour ce peuple ; ceux-ci sont les Juifs, comme il est dit à leur sujet : « Ce peuple que Tu as acquis » (Exode 15:16).
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: בְּשָׁעָה שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, מְצָאוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְאַבְרָהָם שֶׁהָיָה עוֹמֵד בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ, אָמַר לוֹ: ״מֶה לִידִידִי בְּבֵיתִי״?
§ Il a été dit plus haut que le verset : « Que fait Mon bien-aimé dans Ma maison », fait référence à Abraham. La Guemara interprète de manière homilétique le verset entier ainsi que celui qui suit : « Que fait Mon bien-aimé dans Ma maison, alors qu’elle a commis la débauche avec beaucoup, et que la chair sacrée s’est éloignée de toi ? Quand tu fais le mal, alors tu te réjouis. Le Seigneur a appelé ton nom un olivier verdoyant, beau par ses bons fruits ; au bruit d’un grand tumulte, Il y a allumé le feu, et ses branches sont brisées » (Jérémie 11:15–16). Rabbi Yitzḥak dit : Au moment où le Premier Temple fut détruit, le Saint, béni soit-Il, trouva Abraham se tenant dans le Temple. Il dit à Abraham : « Que fait Mon bien-aimé dans Ma maison ? »
אָמַר לוֹ עַל עִיסְקֵי בָּנַי בָּאתִי, אָמַר לוֹ: בָּנֶיךָ חָטְאוּ וְגָלוּ, אָמַר לוֹ: שֶׁמָּא בְּשׁוֹגֵג חָטְאוּ? אָמַר לוֹ: ״עֲשׂוֹתָהּ הַמְּזִמָּתָה״, אָמַר לוֹ: שֶׁמָּא מִיעוּטָן חָטְאוּ? אָמַר לוֹ: ״הָרַבִּים״.
Abraham dit à Dieu : Je suis venu au sujet de mes enfants, pour découvrir pourquoi Dieu détruit le Temple et les exile d’Eretz Yisrael. Dieu dit à Abraham : La raison est que tes enfants ont péché, et c’est pourquoi ils sont exilés de la terre. Abraham dit à Dieu : Peut-être ont-ils péché involontairement, et ils ne méritent pas un châtiment si terrible. Dieu lui dit : « Puisqu’elle a commis la débauche [hamzimmata], » c’est-à-dire que ses mauvaises actions étaient intentionnelles. Abraham dit encore à Dieu : Peut-être qu’une minorité des Juifs a péché, et que le reste du peuple devrait être épargné du châtiment. Dieu lui dit : « Avec beaucoup, » c’est-à-dire que la majorité du peuple est coupable.
הָיָה לְךָ לִזְכּוֹר בְּרִית מִילָה, אָמַר לוֹ: ״וּבְשַׂר קֹדֶשׁ יַעַבְרוּ מֵעָלָיִךְ״, אָמַר לוֹ: שֶׁמָּא אִם הִמְתַּנְתָּ לָהֶם הָיוּ חוֹזְרִין בִּתְשׁוּבָה, אָמַר לוֹ: ״כִּי רָעָתֵכִי אָז תַּעֲלֹזִי״.
Abraham continua de plaider : Malgré cela, Tu aurais dû te souvenir du mérite de l’alliance de la circoncision, qui les aurait protégés du châtiment. Dieu lui dit : « Et la chair sainte est passée loin de toi, » car ils avaient négligé la mitsva de la circoncision. Abraham insista et dit à Dieu : Peut-être que, si Tu les avais attendus, ils seraient revenus dans le repentir. Dieu lui dit : « Quand tu fais le mal, alors tu te réjouis. » C’est-à-dire qu’il convient qu’ils soient punis sans délai, et qu’on ne leur donne pas le temps de se repentir, car lorsqu’ils fautent et ne sont pas punis, ils se réjouissent et vivent dans l’aisance, et au lieu de se repentir, ils sont encouragés à faire encore plus de mal.
מִיָּד הִנִּיחַ יָדָיו עַל רֹאשׁוֹ, וְהָיָה צוֹעֵק וּבוֹכֶה, וְאָמַר לוֹ: שֶׁמָּא חַס וְשָׁלוֹם אֵין לָהֶם תַּקָּנָה? יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: ״זַיִת רַעֲנָן יְפֵה פְרִי תֹאַר קָרָא ה׳ שְׁמֵךְ״, מָה זַיִת (זוֹ) [זֶה] אַחֲרִיתוֹ בְּסוֹפוֹ, אַף יִשְׂרָאֵל אַחֲרִיתָן בְּסוֹפָן.
Après que tous ses arguments eurent été réfutés, Abraham posa immédiatement ses mains sur sa tête en signe de deuil, et se mit à crier et à pleurer. Et il dit à Dieu : Est-il concevable, à Dieu ne plaise, que le peuple juif n’ait aucune autre possibilité de remède ? Une Voix divine se fit entendre et lui dit la suite du verset : « Le Seigneur a appelé ton nom : olivier verdoyant, beau par ses fruits magnifiques. » De même que, concernant cet olivier, sa finalité ultime s’accomplit à la fin, lorsque son fruit est cueilli, de même, concernant le peuple juif, leur finalité ultime s’accomplira à la fin, c’est-à-dire qu’ils finiront par se repentir et revenir à Moi.
״לְקוֹל הֲמוּלָּה גְדֹלָה הִצִּית אֵשׁ עָלֶיהָ וְרָעוּ דָּלִיּוֹתָיו״, אָמַר רַבִּי חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: לְקוֹל מִילֵּיהֶן שֶׁל מְרַגְּלִים נִיתְרוֹעֲעוּ דָּלִיּוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל, דְּאָמַר רַבִּי חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: דָּבָר גָּדוֹל דִּבְּרוּ מְרַגְּלִים בְּאוֹתָהּ שָׁעָה, ״כִּי חָזָק הוּא מִמֶּנוּ״ – אַל תִּיקְרֵי ״מִמֶּנוּ״ אֶלָּא ״מִמֶּנּוּ״, כִּבְיָכוֹל, שֶׁאֲפִילּוּ בַּעַל הַבַּיִת אֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיא כֵּלָיו מִשָּׁם.
La Guemara analyse la dernière partie du même verset : « Au bruit d’un grand tumulte [hamulla], Il y a allumé un feu, et ses branches [daliyyotav] ont été brisées » (Jérémie 11:16). Rabbi Ḥinnana bar Pappa dit : Du son des paroles [milleihen] des explorateurs que Moïse a envoyés en Terre d’Israël et qui ont rapporté un mauvais rapport, les branches du peuple juif ont été brisées. Comme le dit Rabbi Ḥinnana bar Pappa : Les explorateurs ont prononcé une parole grave à ce moment-là : « Ils sont plus forts que nous » (Nombres 13:31). Ne lis pas l’expression comme : « Plus forts que nous [mimmenu],” mais plutôt lis-la comme : Plus forts que Lui [mimmennu], c’est-à-dire que même le Maître de maison, Dieu, est pour ainsi dire incapable d’en retirer Ses biens. Les explorateurs proféraient une hérésie et prétendaient que les Cananéens étaient plus forts que Dieu Lui-même.
מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי חִיָּיא בְּרַבִּי חִינָּנָא: הַאי ״לְקוֹל הֲמוּלָּה גְדֹלָה״, ״לְקוֹל מִלָּה״ מִיבַּעְיָא לֵיהּ! אֶלָּא, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְאַבְרָהָם: קוֹלְךָ שָׁמַעְתִּי וְחָמַלְתִּי עֲלֵיהֶם, אֲנִי אָמַרְתִּי יִשְׁתַּעְבְּדוּ בְּאַרְבַּע מַלְכִיּוֹת, כׇּל אַחַת וְאַחַת כְּשִׁיעוּר אַרְבַּע מַלְכִיּוֹת.
Rabbi Ḥiyya, fils de Rabbi Ḥinnana, s’oppose à cette interprétation. Cette expression : « Avec le son d’un grand tumulte [hamulla] » pose problème selon votre affirmation qu’il s’agit d’une référence aux paroles des espions. Selon votre interprétation, il aurait fallu dire : Avec le son d’un mot [mila]. Au contraire, Rabbi Ḥiyya interprète cette expression conformément à l’explication précédente selon laquelle ces versets se rapportent à la discussion d’Abraham avec Dieu au moment de la destruction du Temple. Le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham : J’ai entendu ta voix, et j’ai eu pitié [ḥamalti] de le peuple juif et je les punirai moins sévèrement. J’avais auparavant dit que les Juifs seront assujettis à quatre royaumes : Babylone, Perse, Grèce et Rome, et chacun et tous ces royaumes les assujettiront pour la durée que j’avais initialement fixée pour leur assujettissement à l’ensemble des quatre royaumes réunis.
הַשְׁתָּא, כֹּל חֲדָא וַחֲדָא מַאי דִּפְסִיק לַהּ. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אֲנִי אָמַרְתִּי בְּזֶה אַחַר זֶה, עַכְשָׁיו בְּבַת אַחַת.
Mais maintenant que tu as prié pour eux, le peuple juif sera assujetti à chacun de ces quatre royaumes seulement pendant la durée prévue pour chacun séparément. Et il y a ceux qui disent que Dieu a dit ce qui suit à Abraham : Moi, au début, j’ai dit que ces royaumes domineraient les Juifs l’un après l’autre, chacun d’eux pendant une période distincte. Maintenant, je décrète que leur domination aura lieu simultanément dans différentes régions géographiques, ce qui raccourcira la durée totale de l’assujettissement.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לָמָּה נִמְשְׁלוּ יִשְׂרָאֵל לְזַיִת? לוֹמַר לְךָ: מָה זַיִת אֵין עָלָיו נוֹשְׁרִין, לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים, אַף יִשְׂרָאֵל אֵין לָהֶם בְּטֵילָה עוֹלָמִית, לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָמָּה נִמְשְׁלוּ יִשְׂרָאֵל לְזַיִת? לוֹמַר לְךָ: מָה זַיִת אֵינוֹ מוֹצִיא שַׁמְנוֹ אֶלָּא עַל יְדֵי כְּתִיתָה, אַף יִשְׂרָאֵל אֵין חוֹזְרִין לְמוּטָב אֶלָּא עַל יְדֵי יִסּוּרִין.
Le verset dans Jérémie compare le peuple juif à un olivier : « Le Seigneur a appelé ton nom : olivier verdoyant. » Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Pourquoi le peuple juif a-t-il été comparé à un olivier ? C’est pour te dire que de même que les feuilles d’un olivier ne tombent jamais, ni en été ni pendant la saison des pluies, de même le peuple juif ne sera jamais annulé, ni dans ce monde ni dans le Monde à venir. Et Rabbi Yoḥanan dit : Pourquoi le peuple juif a-t-il été comparé à un olivier ? C’est pour te dire que de même qu’un olivier ne produit son huile que par écrasement et brisure, de même le peuple juif, s’il faute, revient au bien seulement par le moyen de la souffrance.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הַשְּׂאוֹר בּוֹדֶה לָהֶן מִתּוֹכָן וּמְחַמְּיצָן [וְכוּ׳]. מַאי ״חֲסֵירָה אוֹ יְתֵירָה״?
§ La michna enseigne que Rabbi Meir dit : En ce qui concerne le levain ajouté à la pâte afin de faciliter la fermentation, on prélève une partie de la farine pour les offrandes de farine depuis l’intérieur de la farine des offrandes elle-mêmes et on fait lever les offrandes avec celle-ci. Rabbi Yehouda soutient que l’on apporte le levain d’une autre pâte, ancienne. Les Sages ont ensuite contesté l’opinion de Rabbi Yehouda, affirmant que selon sa décision, la mesure de l’offrande de farine serait insuffisante ou supérieure à ce qui est requis. La Guemara demande : Que signifie : Insuffisante ou supérieure ?
אָמַר רַב חִסְדָּא: עִיסַּת הַשְּׂאוֹר עָבֶה – נִמְצֵאת יְתֵירָה מִדַּת הָעִשָּׂרוֹן, רַכָּה – נִמְצֵאת חֲסֵירָה.
Rav Ḥisda a dit : Si la pâte levée apportée d’un autre endroit est dense, car sa farine a été mélangée avec une petite quantité d’eau, et qu’elle est relativement faible en volume, lorsque ce levain dense est mesuré avec la fleur de farine, la quantité de fleur de farine pour l’offrande de grain se révèle supérieure à un dixième d’un épha lorsque le récipient de mesure est rempli. Cela s’explique par le fait qu’il faudra ajouter davantage de farine pour compenser le faible volume de la pâte levée. À l’inverse, si la pâte levée est molle, c’est-à-dire que sa farine a été mélangée avec une plus grande quantité d’eau, son volume sera plus grand qu’il ne devrait l’être, ce qui signifiera que le récipient de mesure sera rempli avec moins de fleur de farine que d’ordinaire, et la quantité de farine se révèle insuffisante.
סוֹף סוֹף, כִּי קָא כָיֵיל לְעִשָּׂרוֹן קָא כָיֵיל.
La Guemara soulève une difficulté concernant l’interprétation de Rav Ḥisda : Pourquoi importe-t-il que la pâte levée soit ferme ou molle ? En fin de compte, lorsque celui qui prépare l’offrande de farine mesure le levain apporté d’ailleurs avec la fleur de farine utilisée pour l’offrande de farine, il mesure et atteint la quantité requise d’un dixième d’un épha, puisque la mesure est pleine dans tous les cas.
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: לִכְמוֹת שֶׁהֵן (הָיְתָה) מְשַׁעֲרִינַן.
Rabba et Rav Yosef disent tous deux : Afin d’atteindre la mesure appropriée, il est nécessaire de savoir quelle quantité de farine la substance contenait avant que l’eau ne soit ajoutée et qu’elle ne devienne une pâte. La raison en est que l’on mesure le dixième d’un épha en fonction de la quantité qu’il y avait de la farine de la pâte levée avant qu’elle ne soit mélangée à l’eau, avec la fleur de farine de l’offrande de grain, et non en fonction de leur volume actuel.
וְלִישְׁקוֹל פּוּרְתָּא מִינֵּיהּ, וְלַיחְמְצֵיהּ מֵאַבָּרַאי, וְלַיְתְיַהּ וְנִילוּשֵׁיהּ בַּהֲדֵיהּ? גְּזֵירָה, דִּלְמָא אָתֵי לְאֵיתוֹיֵי מֵעָלְמָא.
La Guemara demande : Mais même selon l’opinion des Sages, qui soutiennent que la méthode de Rabbi Yehouda ne peut pas être utilisée parce que la quantité pourrait être insuffisante ou supérieure à ce qu’elle devrait être, qu’il prenne un peu de fleur de farine du dixième d’un épha après qu’il a été mesuré et constaté qu’il s’agit de la quantité requise, et qu’il la fasse lever complètement à l’extérieur du reste de la pâte, puis qu’il l’apporte et la pétrisse avec le reste de la pâte. De cette manière, il est possible d’apporter du levain de l’extérieur et d’être certain que l’offrande de farine contient exactement la mesure correcte. La Guemara répond : On ne peut pas procéder ainsi, en raison d’un décret. La raison de ce décret est que les gens qui verraient cette pratique pourraient penser à tort que la portion levée ne faisait pas partie de la fleur de farine d’origine, et peut-être en viendront-ils à apporter de la pâte levée pour leurs offrandes de farine d’ailleurs, c’est-à-dire de la pâte levée qui n’a pas été consacrée pour l’offrande de farine.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מַחְמִיצִין
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : On ne peut pas faire lever les offrandes de farine qui viennent comme pain levé