לְרַבָּנַן הוּכְפְּלָה לְבוֹנָתוֹ, אוֹ לָא? מִי אָמְרִינַן: מִתּוֹךְ שֶׁהוּכְפְּלָה סׇלְתּוֹ הוּכְפְּלָה לְבוֹנָתוֹ, אוֹ דִילְמָא מַאי דְּגַלִּי גַּלִּי, מַאי דְּלָא גַּלִּי לָא גַּלִּי.
selon les Sages, qui soutiennent qu’en général une poignée d’encens est répartie entre les offrandes du matin et de l’après-midi, la quantité d’encens est-elle doublée ou non ? Dirons-nous que, puisque dans ce cas sa fleur de farine est doublée, puisqu’un dixième d’épha complet de fleur de farine est sacrifié le matin comme l’après-midi, son encens est lui aussi doublé ? Ou peut-être que ce que le verset révèle, à savoir qu’un dixième d’épha complet est sacrifié le matin et l’après-midi, il le révèle, et ce qu’il ne révèle pas, il ne le révèle pas ; et par conséquent, puisque le verset n’indique pas que la quantité d’encens est doublée, on n’apporte qu’une seule poignée.
וְשֶׁמֶן, בֵּין לְאַבָּא יוֹסֵי בֶּן דּוֹסְתַּאי וּבֵין לְרַבָּנַן – מַהוּ?
Et, de plus, quelle est la halakha concernant l’huile de l’offrande de gâteau à la poêle dans le cas où le Grand Prêtre est mort et n’a pas encore été remplacé, à la fois selon Abba Yosei ben Dostai et selon les Sages ? La quantité requise est-elle de trois log, comme lorsque le Grand Prêtre apporte l’offrande de gâteau à la poêle, ou bien la quantité d’huile est-elle doublée tout comme la quantité de fleur de farine est doublée ?
אָמַר רָבָא תָּא שְׁמַע: חֲמִשָּׁה קְמָצִין הֵן, וְאִם אִיתָא, זִימְנִין דְּמַשְׁכַּחַתְּ לַהּ שִׁבְעָה.
Rava a dit : Viens et écoute une résolution du dilemme concernant la quantité d’encens apportée dans ce cas, sur la base d’une michna (106b) : Il y a cinq halakhot relatives à une poignée. La halakha de l’encens sacrifié avec l’offrande à la poêle du Grand Prêtre n’est pas incluse dans ce nombre, car seule une demi-poignée d’encens est sacrifiée à chaque fois. Et s’il en est ainsi que, lorsqu’il n’y a pas de Grand Prêtre, une poignée complète est apportée le matin et l’après-midi, alors parfois vous constatez qu’il y a sept halakhot relatives à une poignée.
דְּאִי לָא קָתָנֵי, יָתֵיב רַב פָּפָּא וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף בַּר שְׁמַעְיָה לְרַב פָּפָּא: וְהָא מַעֲלֶה קוֹמֶץ בַּחוּץ, דְּאִי הֲוָה, וְקָתָנֵי.
La Guemara rejette cette preuve : Le tannan’enseigne pas des cas de que se passe-t-il si le Grand Prêtre est mort, et il ne parle que d’un cas typique. La Guemara rapporte que Rav Pappa était assis et enseignait cette halakha. Rav Yosef bar Shemaya dit à Rav Pappa : Mais la michna énumère bien le cas de celui qui intentionnellement offre la poignée d’une offrande de farine à l’extérieur de la cour du Temple, qui est passible de karet. Ce n’est pas un cas standard, mais plutôt un cas de que se passe-t-il si, et néanmoins il est enseigné dans la michna. En conséquence, la preuve de Rava est valable.
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁמֵּת וְלֹא מִינּוּ אַחֵר תַּחְתָּיו – שְׁלֵימָה שַׁחֲרִית, וּשְׁלֵימָה בֵּין הָעַרְבָּיִם, וּמַפְרִישׁ לָהּ שְׁנֵי קְמָצִין – קוֹמֶץ שַׁחֲרִית וְקוֹמֶץ בֵּין הָעַרְבָּיִם, וּמַפְרִישׁ לָהּ שְׁלֹשֶׁת לוּגִּין – לוֹג וּמֶחֱצָה שַׁחֲרִית, לוֹג וּמֶחֱצָה בֵּין הָעַרְבָּיִם.
La Guemara demande : Quelle conclusion a été atteinte au sujet de cette question ? Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Viens et écoute une résolution, comme il est enseigné dans une baraita : Dans le cas d’un Grand Prêtre qui est mort et ils n’ont pas encore nommé un autre à sa place, un dixième complet d’un épha de fleur de farine est apporté pour l’offrande de gâteau sur plaque le matin et un autre complet dixième d’un épha est apporté l’après-midi. Et l’on sépare deux poignées d’encens pour elle, et l’on offre une poignée avec l’offrande du matin et une poignée avec l’offrande de l’après-midi. Et l’on sépare trois log d’huile pour elle, et l’on apporte un log et demi avec l’offrande du matin et un log et demi avec l’offrande de l’après-midi.
מַנִּי? אִילֵּימָא רַבָּנַן – מַאי שְׁנָא לְבוֹנָתָהּ דְּהוּכְפְּלָה, וּמַאי שְׁנָא שַׁמְנָהּ דְּלֹא הוּכְפְּלָה?
La Guemara demande : Selon l’avis de qui est cette baraita ? Si nous disons qu’elle est conforme à l’avis des Sages, qu’a de différent son encens pour qu’il soit doublé dans le cas où le Grand Prêtre est mort, et qu’a de différent son huile pour qu’elle ne soit pas doublée ?
אֶלָּא, אַבָּא יוֹסֵי בֶּן דּוֹסְתַּאי הִיא, דְּאָמַר: חֲבִיתֵּי כֹּהֵן גָּדוֹל בְּעָלְמָא שְׁנֵי קְמָצִין בָּעֲיָא, וּלְבוֹנָה לֹא הוּכְפְּלָה, וְשֶׁמֶן לֹא הוּכְפַּל.
Au contraire, la baraitaest conforme à l’opinion de Abba Yosei ben Dostai, qui a dit : L’offrande de galette sur plaque du Grand Prêtre nécessite généralement deux poignées. Et par conséquent, lorsque la baraita exige deux poignées d’encens dans le cas où le Grand Prêtre est mort et qu’un autre n’a pas encore été nommé, l’encens n’est pas doublé et l’huile n’est elle aussi pas doublée. Par conséquent, trois log d’huile sont requis, comme d’habitude.
וּמִדְּשֶׁמֶן לְאַבָּא יוֹסֵי בֶּן דּוֹסְתַּאי לֹא הוּכְפְּלָה לְבוֹנָתָהּ וְשַׁמְנָהּ, לְרַבָּנַן נָמֵי לָא הוּכְפְּלוּ.
Et du fait que, selon Abba Yosei ben Dostai, l’huile requise n’est pas doublée, on peut conclure que de même, selon les Sages, son encens et son huile ne sont pas doublés.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּאַבָּא יוֹסֵי בֶּן דּוֹסְתַּאי. וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתַם מִשְׁנָה, וּתְנַן: חֲמִשָּׁה קְמָצִין הֵן.
Cette discussion dans la Guemara a commencé avec Rabbi Yoḥanan présentant le différend entre Abba Yosei ben Dostai et les Sages, et elle se conclut par sa décision concernant leur différend. Rabbi Yoḥanan dit : La halakha est conforme à l’opinion de Abba Yosei ben Dostai. La Guemara demande : Et Rabbi Yoḥanan a-t-il vraiment dit cela ? Mais Rabbi Yoḥanan n’énonce-t-il pas un principe selon lequel la halakha est conforme à la décision d’une michna non attribuée, et nous avons appris dans la michna non attribuée citée plus haut : Il y a seulement cinq halakhot relatives à une poignée. Puisque la michna n’énumère pas le fait qu’une poignée d’encens est offerte deux fois par jour avec l’offrande de gâteau sur plaque, comment Rabbi Yoḥanan peut-il accepter cette opinion ?
אָמוֹרָאֵי נִינְהוּ, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara répond : Ce sont différents amora’im, et ils sont en désaccord au sujet de l’opinion de Rabbi Yoḥanan. L’un a dit que Rabbi Yoḥanan tranche conformément à Abba Yosei ben Dostai, et l’autre a dit que, selon Rabbi Yoḥanan, la halakha est toujours conforme à une michna non attribuée.
הֲדַרַן עֲלָךְ הַתְּכֵלֶת.
מַתְנִי׳ כׇּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה, חוּץ מֵחָמֵץ שֶׁבַּתּוֹדָה וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם שֶׁהֵן בָּאוֹת חָמֵץ.
MICHNA :Toutes les offrandes de farine viennent pour être offertes comme matza, en prenant soin d’éviter toute fermentation, sauf les dix pains de pain levé parmi les quarante pains qui accompagnent l’offrande de remerciement, et l’offrande de farine des deux pains apportée à la fête de Shavouot, car elles viennent pour être offertes comme pain levé.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הַשְּׂאוֹר בּוֹדֶה לָהֶן מִתּוֹכָן, וּמְחַמְּצָן.
Les Sages sont en désaccord quant à la manière dont ces offrandes de farine sont levées. Rabbi Meir dit : En ce qui concerne le levain ajouté à la pâte pour faciliter la fermentation, on sépare [bodeh] une partie de la farine pour les offrandes de farine depuis l’intérieur de la farine même de ces offrandes de farine, on la laisse fermenter, et on fait lever les offrandes de farine avec elle.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף הִיא אֵינָהּ מִן הַמּוּבְחָר, אֶלָּא מֵבִיא אֶת הַשְּׂאוֹר וְנוֹתְנוֹ לְתוֹךְ הַמִּדָּה, וּמְמַלֵּא אֶת הַמִּדָּה. אָמְרוּ לוֹ: אַף הִיא הָיְתָה חֲסֵרָה אוֹ יְתֵרָה.
Rabbi Yehouda dit : Cela non plus n’est pas la manière optimale d’accomplir la mitsva, car un levain ancien est un agent levant plus efficace. Au contraire, on apporte le levain d’une autre pâte, ancienne, et on le place dans le récipient de mesure, puis on ajoute de la farine jusqu’à remplir le récipient de mesure, afin d’assurer la mesure appropriée d’un dixième d’épha de farine. Les Sages dirent à Rabbi Yehouda : Cela aussi est inapproprié, car de cette manière l’offrande de farine sera soit insuffisante par rapport à la mesure requise soit supérieure à la mesure requise, comme l’expliquera la Guemara.
גְּמָ׳ בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי פְּרִידָא מֵרַבִּי אַמֵּי: מִנַּיִן לְכׇל הַמְּנָחוֹת שֶׁהֵן בָּאוֹת מַצָּה? מְנָלַן? דִּכְתִיב בַּהּ – כְּתִיב בַּהּ, דְּלָא כְּתִיב בַּהּ – כְּתִיב בַּהּ
GUEMARA :Rabbi Perida souleva un dilemme devant Rabbi Ami : D’où est-il déduit, à l’égard de toutes les offrandes de farine, qu’elles viennent pour être offertes comme matza ? Rabbi Ami fut perplexe devant cette question et répondit : Que veux-tu dire lorsque tu dis : D’où le déduisons-nous ? Concernant toute offrande de farine au sujet de laquelle il est écrit explicitement dans la Torah qu’elle vient comme matza, cela est écrit à son sujet, et par conséquent le dilemme ne se pose pas. Et concernant toute offrande de farine pour laquelle il n’est pas écrit explicitement à son sujet qu’elle doit être matza, néanmoins il est écrit à son sujet :