רַבָּנַן סָבְרִי: הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל אֲכִילוֹת, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: אֵין הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל אֲכִילוֹת.
Les Sages soutiennent que la plaque frontale opère l’acceptation pour des éléments qui sont normalement consommés par les prêtres mais qui sont devenus rituellement impurs. Par conséquent, l’aspersion du sang dans ce cas est un acte entièrement valide, capable de rendre le pain pur restant permis à la consommation. Et Rabbi Yehouda soutient que la plaque frontale n’opère pas l’acceptation pour des éléments qui sont consommés par les prêtres et sont devenus impurs. En conséquence, l’aspersion du sang est inefficace pour rendre le pain pur restant permis à la consommation.
אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן לְרַב פָּפָּא: וְהָא עוֹלִין, דְּהַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הָעוֹלִין, וּפְלִיגִי!
Rav Houna, fils de Rav Natan, dit à Rav Pappa : Cela peut-il être le différend entre Rabbi Yehouda et les Sages ? Mais qu’en est-il des éléments qui montent normalement sur l’autel ? Même Rabbi Yehouda concède que la plaque frontale procure l’acceptation pour des éléments impurs qui normalement montent sur l’autel, et pourtant Rabbi Yehouda et les Sages sont en désaccord au sujet de l’élément restant dans un cas de ce genre.
דְּתַנְיָא: נִטְמָא אֶחָד מִן הַבָּזִיכִין, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שְׁנֵיהֶם יֵעָשׂוּ בְּטוּמְאָה, לְפִי שֶׁאֵין קׇרְבַּן צִיבּוּר חָלוּק, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַטָּמֵא בְּטוּמְאָתוֹ וְהַטָּהוֹר בְּטׇהֳרָתוֹ.
La Guemara fournit la source de cette affirmation. Comme il est enseigné dans une baraita : Si l’un des bols d’encens accompagnant les pains de proposition, qui doivent être brûlés sur l’autel, est devenu impur, Rabbi Yehouda dit que les rites des deux peuvent être accomplis dans l’impureté, c’est-à-dire que le prêtre peut même rendre le second bol impur et les brûler tous deux ensemble, car aucune offrande communautaire n’est divisée, et la mitsva d’offrir des offrandes communautaires l’emporte sur l’interdiction de les rendre impures. Et les Sages disent : l’impur demeure dans son état d’impureté et le pur demeure dans son état de pureté. Il est donc évident que leur différend ne dépend pas de la question de savoir si la plaque frontale procure l’acceptation.
וְעוֹד, אָמַר רַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ שֵׁבֶט אֶחָד טָמֵא וְכׇל הַשְּׁבָטִים טְהוֹרִין – יַעֲשׂוּ בְּטוּמְאָה, לְפִי שֶׁאֵין (קׇרְבְּנוֹת) [קׇרְבַּן] צִיבּוּר חָלוּק, וְהָכָא מַאי הַצִּיץ מְרַצֶּה אִיכָּא?
De plus, Rav Ashi a dit : Viens et écoute une preuve supplémentaire que le différend entre Rabbi Yehouda et les Sages ne concerne pas la plaque frontale, comme nous l’apprenons dans une michna (Pesaḥim 80a) au sujet de la consommation de l’offrande pascale en état d’impureté, selon laquelle Rabbi Yehouda dit : Même si une tribu est rituellement impure et que toutes les autres tribus sont pures, toutes les tribus peuvent accomplir le rite de l’offrande pascale en état d’impureté, car les offrandes communautaires ne sont pas divisées. Rav Ashi explique : Mais ici, quelle pertinence y a-t-il à la question de savoir si la plaque frontale procure l’acceptation ? La plaque frontale procure l’acceptation pour les offrandes devenues impures ; mais elle ne rend pas permis à une personne rituellement impure d’offrir une offrande.
וְעוֹד, הָאָמַר רָבִינָא: תָּא שְׁמַע, נִטְמֵאת אַחַת מִן הַחַלּוֹת אוֹ (אַחַת) [אֶחָד] מִן הַסְּדָרִין, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שְׁנֵיהֶם יֵצְאוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה, לְפִי שֶׁאֵין קׇרְבַּן צִיבּוּר חָלוּק, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַטָּמֵא בְּטוּמְאָתוֹ וְהַטָּהוֹר יֵאָכֵל.
De plus, Ravina ne dit-il pas : Viens et entends une preuve que la question de la plaque frontale ne peut pas faire l’objet du différend entre Rabbi Yehouda et les Sages, comme l’enseigne la michna : Si l’un des deux pains apportés à Shavouotou l’un des deux arrangements du pain de proposition est devenu rituellement impur, Rabbi Yehouda dit : Les deux doivent être emportés au lieu de combustion, car aucune offrande communautaire n’est divisée. Et les Sages disent : Celui qui est impur reste dans son impureté et celui qui est pur peut être mangé.
וְאִם אִיתָא, לְפִי שֶׁאֵין הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל אֲכִילוֹת מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תַּלְמוּד עָרוּךְ הוּא בְּפִיו שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה, שֶׁאֵין קׇרְבַּן צִיבּוּר חָלוּק.
La Guemara explique la difficulté : Et s'il en est ainsi, c'est-à-dire que le différend entre eux concerne la plaque frontale, alors Rabbi Yehouda aurait dû dire : ils sont tous deux brûlés, car la plaque frontale n'opère pas l'acceptation pour des éléments impurs qui sont consommés par les prêtres. Au contraire, Rabbi Yoḥanan dit : C'est une tradition établie dans la bouche de Rabbi Yehouda qu'aucune offrande communautaire n'est divisée, et si une partie d'une offrande devient impure, l'offrande entière est disqualifiée.
מַתְנִי׳ הַתּוֹדָה מְפַגֶּלֶת אֶת הַלֶּחֶם, וְהַלֶּחֶם אֵינוֹ מְפַגֵּל אֶת הַתּוֹדָה. כֵּיצַד? שָׁחַט אֶת הַתּוֹדָה לֶאֱכוֹל מִמֶּנָּה לְמָחָר – הִיא וְהַלֶּחֶם מְפוּגָּלִין, לֶאֱכוֹל מִן הַלֶּחֶם לְמָחָר – הַלֶּחֶם מְפוּגָּל וְהַתּוֹדָה אֵינָהּ מְפוּגֶּלֶת.
MICHNA :L’offrande de remerciement rend les pains qui l’accompagnent piggoul, mais les pains ne rendent pas l’offrande de remerciement piggoul. Comment cela ? Si quelqu’un a abattu l’offrande de remerciement, qui ne peut être consommée que le jour où elle est abattue et la nuit suivante, avec l’intention d’en manger le lendemain, l’offrande et les pains qui l’accompagnent deviennent piggoul. S’il l’a abattue avec l’intention de manger les pains le lendemain, les pains deviennent piggoul et l’offrande de remerciement n’est pas piggoul.
הַכְּבָשִׂים מְפַגְּלִין אֶת הַלֶּחֶם, וְהַלֶּחֶם אֵינוֹ מְפַגֵּל אֶת הַכְּבָשִׂים. כֵּיצַד? הַשּׁוֹחֵט אֶת הַכְּבָשִׂים לֶאֱכוֹל מֵהֶן לְמָחָר – הֵם וְהַלֶּחֶם מְפוּגָּלִין, לֶאֱכוֹל אֶת הַלֶּחֶם לְמָחָר – הַלֶּחֶם מְפוּגָּל וְהַכְּבָשִׂים אֵינָן מְפוּגָּלִין.
De même, les agneaux sacrifiés avec l’offrande de farine des deux pains à Chavouotrendent les pains qui les accompagnent piggul, mais les pains ne rendent pas les agneaux piggul. Comment cela? Si l’on a abattu les agneaux, qui ne peuvent être consommés que le jour de leur abattage et la nuit suivante, avec l’intention de les manger le lendemain, les agneaux et les pains qui les accompagnent deviennent piggul. Si on l’a fait avec l’intention de manger les pains le lendemain, les pains deviennent piggul et les agneaux ne sont pas piggul.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּרַב כָּהֲנָא, דְּאָמַר רַב כָּהֲנָא: מִנַּיִן לְלַחְמֵי תוֹדָה שֶׁנִּקְרְאוּ תּוֹדָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהִקְרִיב עַל זֶבַח הַתּוֹדָה חַלּוֹת״.
GEMARA: La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle une offrande de remerciement rend ses pains d’accompagnement piggul ? Si nous disons que c’est à cause de ce que dit Rav Kahana, cela pose problème. Car Rav Kahana dit : D’où est-il déduit que les pains d’une offrande de remerciement sont eux-mêmes appelés offrande de remerciement ? Cela est déduit de ce qui est dit dans le verset : "Alors il offrira avec le sacrifice de l’offrande de remerciement des pains" (Torah 7:12). La juxtaposition des mots "offrande de remerciement" et "pains" indique que les pains eux-mêmes sont appelés offrande de remerciement.
אִי הָכִי אִיפְּכָא נָמֵי, הָא לָא קַשְׁיָא: לֶחֶם אִיקְּרִי תּוֹדָה, תּוֹדָה לָא אִיקְּרִי לֶחֶם.
La Guemara explique pourquoi la halakha de la michna ne peut pas être déduite de l’exposé de Rav Kahana. Si tel est le cas, alors l’inverse devrait également être la halakha, à savoir que l’intention de piggul concernant les pains devrait elle aussi rendre l’offrande de remerciement piggul. La Guemara rejette cette suggestion : Cela n’est pas difficile, car les pains sont appelés une offrande de remerciement, mais une offrande de remerciement n’est pas appelée pains.
אֶלָּא הָא דְּקָתָנֵי: הַכְּבָשִׂים מְפַגְּלִין אֶת הַלֶּחֶם וְהַלֶּחֶם אֵינוֹ מְפַגֵּל אֶת הַכְּבָשִׂים, לֶחֶם הֵיכָא אַשְׁכְּחַן דְּאִיקְּרִי כְּבָשִׂים? אֶלָּא לָאו הַיְינוּ טַעְמָא: לֶחֶם גְּלַל תּוֹדָה, וְאֵין תּוֹדָה גְּלַל (דלחם) [לֶחֶם], לֶחֶם גְּלַל (דכבשים) [כְבָשִׂים], וְאֵין כְּבָשִׂים גְּלַל (דלחם) [לֶחֶם].
La Guemara demande : Mais, en ce qui concerne ce que la michna enseigne : Les agneaux sacrifiés avec l’offrande de farine des deux pains à Chavouot rendent les pains qui les accompagnent piggul, mais les pains ne rendent pas les agneaux piggul, où trouvons-nous que les deux pains sont appelés agneaux ? Au contraire, n’est-il pas exact que telle est la raison pour laquelle l’offrande de reconnaissance rend les pains piggul mais non l’inverse : Le pain est apporté à cause de [gelal] l’offrande de reconnaissance, mais l’offrande de reconnaissance n’est pas apportée à cause du pain, c’est-à-dire que l’offrande de reconnaissance est l’élément principal du sacrifice. De même, les deux pains de pain sont apportés à cause des agneaux, et les agneaux ne sont pas apportés à cause du pain.
וּצְרִיכִי, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן תּוֹדָה – הָתָם הוּא דְּכִי מְפַגֵּל בְּלֶחֶם לָא מִפַּגְּלָא תּוֹדָה, מִשּׁוּם דְּלָא הוּזְקְקוּ זֶה לָזֶה בִּתְנוּפָה, אֲבָל כְּבָשִׂים דְּהוּזְקְקוּ זֶה לָזֶה בִּתְנוּפָה – אֵימָא כִּי מְפַגֵּל בְּלֶחֶם לִיפַּגְּלִי נָמֵי כְּבָשִׂים, צְרִיכָא.
La Guemara note : Et ces deux halakhot sont nécessaires, car, si la michna nous avait enseigné la halakha uniquement dans le cas d’une offrande de remerciement, on aurait pu dire : C’est seulement là, au sujet d’une offrande de remerciement, que, lorsqu’on rend les pains piggul, l’offrande de remerciement n’est pas rendue piggul, parce qu’ils n’étaient pas liés l’un à l’autre par le balancement rituel, c’est-à-dire que la mitsva du balancement rituel de l’offrande de remerciement peut être accomplie sans le pain. Mais en ce qui concerne les agneaux, dans lesquels les deux éléments étaient liés l’un à l’autre par le balancement rituel, puisque les deux pains sont balancés avec les agneaux, on aurait pu dire que, lorsqu’il rend le pain piggul, les agneaux aussi devraient être rendus piggul. Il était donc nécessaire que la michna enseigne cette halakha également au sujet du cas des agneaux.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר מֵרַב: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַתּוֹדָה לֶאֱכוֹל כְּזַיִת מִמֶּנָּה וּמִלַּחְמָהּ לְמָחָר, מַהוּ לְאִיפַּגּוֹלֵי? תּוֹדָה לָא מִיבַּעְיָא לִי, הַשְׁתָּא כּוּלּוֹ מִלַּחְמָהּ לָא מִיפַּגְּלָא, מִמֶּנָּה וּמִלַּחְמָהּ מִיבַּעְיָא?
§ Rabbi Elazar a soulevé un dilemme devant Rav : Si quelqu’un abat l’offrande de remerciement avec l’intention d’en consommer, ainsi que de ses pains, un volume d’olive le lendemain, quelle est la halakha ? Rabbi Elazar précise : Je ne soulève pas le dilemme quant au fait de rendre l’offrande de remerciement piggul, pour la raison suivante : En effet, dans un cas où son intention était de consommer la totalité du volume d’olive de ses pains seulement, l’offrande de remerciement n’est pas rendue piggul, conformément à la décision de la michna selon laquelle une intention de piggul à l’égard des pains ne rend pas l’offrande de remerciement piggul ; dès lors, dans un cas où son intention est de consommer un demi-volume d’olive de l’offrande de remerciement et un demi-volume d’olive de ses pains, cas dans lequel l’offrande n’est rendue piggul que si les deux intentions, inférieures à une mesure complète, sont combinées, est-il nécessaire d’enseigner que l’offrande de remerciement n’est pas piggul ?
כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי לְאִיפַּגּוֹלֵי לֶחֶם, מִי מִצְטָרְפָה תּוֹדָה לְאִיפַּגּוֹלֵי לְלֶחֶם אוֹ לָא?
Au contraire, lorsque je soulève le dilemme, c’est au sujet du fait de rendre les pains piggoul, lesquels peuvent être rendus piggoul par une intention concernant les pains seuls. Dans ce cas, l’intention du prêtre à l’égard de l’offrande de remerciement se combine-t-elle avec son intention concernant les pains pour rendre les pains piggoul, ou non ?
אֲמַר לֵיהּ: אַף בְּזוֹ, הַלֶּחֶם מְפוּגָּל וְהַתּוֹדָה אֵינָהּ מְפוּגֶּלֶת. וְאַמַּאי? לֵימָא קַל וָחוֹמֶר: וּמָה תּוֹדָה הַמְפַגֵּל אֵין מִתְפַּגֵּל, הַבָּא לְפַגֵּל וְלֹא פִּיגֵּל – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יִתְפַּגֵּל?
Rav dit à Rabbi Elazar : Même dans ce cas, les pains deviennent piggul et l’offrande de remerciement ne devient pas piggul. La Guemara demande : Mais pourquoi les pains devraient-ils devenir piggul ? Disons l’inférence suivante a fortiori : Et si l’offrande de remerciement, qui dans ce cas sert à rendre les pains piggul, n’est elle-même pas rendue piggul, alors les pains, qui viennent rendre l’offrande de remerciement piggul, mais ne la rendent pas piggul, puisque l’intention de consommer une demi-mesure d’olive des pains ne se combine pas avec l’intention de consommer une demi-mesure d’olive de l’offrande de remerciement pour rendre l’offrande de remerciement piggul, n’est-il pas logique que les pains eux-mêmes ne soient pas rendus piggul ?
וּמִי אָמְרִינַן קַל וָחוֹמֶר כִּי הַאי גַוְונָא? וְהָתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד
La Guemara demande : Et formulons-nous une inférence a fortiori de cette manière ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Il y eut un incident impliquant une personne