מְחַשְּׁבִין עַל הָאָבוּד וְעַל הַשָּׂרוּף.
on rend une offrande pigoul en ayant une intention au moment de l’aspersion de sacrifier plus tard ses portions sacrificielles après le moment approprié, même à l’égard de portions sacrificielles qui avaient déjà été perdues et à l’égard de portions sacrificielles qui avaient déjà été brûlées.
וְהָא אָבוּד וְשָׂרוּף לָא אִיתִינּוּן בָּעוֹלָם, וַאֲפִילּוּ הָכִי קָתָנֵי מְחַשְּׁבִין!
La Guemara analyse cette déclaration : Mais les portions sacrificielles qui ont été perdues ou brûlées ne sont pas présentes dans le monde, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas disponibles, et malgré cela il est enseigné qu’une personne rend une offrande piggul par une intention de la consommer après le temps qui lui est imparti. On peut en déduire d’ici que, si l’offrande entière est sortie de la cour, ce qui est comparable à un cas où elle a été perdue, l’aspersion est efficace en ce qui concerne les halakhot de l’usage abusif selon Rabbi Akiva. Cela contredit apparemment l’opinion de Rabbi Yoḥanan.
וּמִי אָמַר רַב אַסִּי הָכִי? הָא בְּעָא מִינֵּיהּ רַב אַסִּי מֵרַבִּי יוֹחָנָן: חִישֵּׁב לַנִּשְׁפָּכִין, לְמָחָר, מַהוּ?
La Guemara demande : Mais Rav Asi a-t-il vraiment dit cela ? Soutient-il que même si toute la viande et les portions sacrificielles sont sorties de la cour, l’aspersion est efficace selon Rabbi Akiva ? Rav Asi n’a-t-il pas soulevé le dilemme suivant devant Rabbi Yoḥanan : Quelle est la halakha dans un cas où le prêtre avait l’intention, pendant les rites sacrificiels, que le reste du sang, qui doit être versé sur la base de l’autel immédiatement après l’aspersion, soit versé de manière impropre demain ? L’offrande devient-elle ainsi piggul, puisque cela ressemble à l’intention d’asperger le sang après le moment approprié ; ou une telle intention ne s’applique-t-elle qu’au sang qui est effectivement aspergé sur l’autel ?
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: כְּבָר שָׁנִיתָ לָנוּ אָלָל! אַלְמָא הַאי אָלָל, כֵּיוָן דְּלֵית בֵּיהּ מְשָׁשָׁא – לֹא קִיבֵּל טוּמְאָה,
Et Rabbi Zeira dit à Rav Asi en réponse à ce dilemme : Tu nous as déjà enseigné dans le traité Ḥullin, au sujet de l’impureté rituelle des aliments et des carcasses animales, que des éléments qui ne sont pas eux-mêmes comestibles mais qui sont attachés à la viande se combinent avec la viande pour constituer la mesure requise d’un volume d’œuf afin de transmettre l’impureté des aliments. Un exemple de ce principe est le résidu de viande attaché à la peau après l’écorchage, qui se combine avec la viande pour transmettre l’impureté des aliments, bien qu’il ne soit pas considéré comme un aliment et ne transmette pas à lui seul l’impureté des aliments. Il est évident que ce résidu de viande, puisqu’il n’a pas de substance ni d’importance en soi, n’est pas susceptible à l’impureté.
הָנֵי נִשְׁפָּכִין נָמֵי, כֵּיוָן דִּלְאִיבּוּד אָזְלִי – בְּהוּ מַחְשָׁבָה לָא מַהְנְיָא!
La Guemara explique la contradiction : Il s’ensuit que, selon Rav Asi, dans le cas de ce sang, qui est destiné à être versé sur la base de l’autel, puisqu’il va être perdu et qu’il est donc également insignifiant, l’intention à son égard n’est pas efficace pour rendre l’offrande piggul. Le sang qui doit être versé sur la base de l’autel est semblable à une offrande qui a quitté entièrement la cour, car tous deux sont considérés comme s’ils n’étaient pas présents. Par conséquent, selon Rav Asi, dans un cas où l’offrande entière a quitté la cour et est destinée à être brûlée et ainsi détruite, elle ne peut pas être rendue piggul au moyen d’une intention pendant l’aspersion. Cela suit l’interprétation de Rabbi Yoḥanan de l’opinion de Rabbi Akiva, selon laquelle il ne se réfère qu’à un cas où l’offrande est sortie partiellement, et non à un cas où l’offrande entière est sortie.
אֶלָּא דְּקָתָנֵי עַל הָאָבוּד וְעַל הַשָּׂרוּף – קַשְׁיָא! אָמַר רָבָא: אֵימָא: עַל הָעוֹמֵד לְאִיבּוּד וְעַל הָעוֹמֵד לִישָּׂרֵף.
La Guemara objecte : Mais Rav Asi a cité ce que la baraitaenseigne : On peut rendre une offrande piggul au moyen de son intention, même à l’égard de portions sacrificielles qui avaient déjà été perdues et à l’égard de portions sacrificielles qui avaient déjà été brûlées. Cette baraita elle-même soulève une difficulté, car elle indique que l’intention est efficace même pour ce qui a déjà été détruit. Rava dit en réponse : Corrige la formulation de la baraita et dis plutôt : On peut rendre une offrande piggul au moyen de son intention, même à l’égard de portions sacrificielles qui sont sur le point d’être perdues ou à l’égard de portions sacrificielles qui sont sur le point d’être brûlées, mais n’ont pas encore été détruites. Puisqu’elles sont actuellement présentes, une telle intention est efficace pour rendre l’offrande piggul. Mais dans un cas où l’offrande est sortie de la cour, puisqu’elle n’est pas présente, l’intention est sans effet à son égard.
אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לַיּוֹצֵא אֶלָּא שֶׁיָּצָא בָּשָׂר, אֲבָל דָּם – אֵין זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לַיּוֹצֵא.
§ En ce qui concerne l’opinion de Rabbi Akiva dans la michna, Rav Pappa dit que Rabbi Akiva énonce sa décision, à savoir que l’aspersion est efficace pour la viande des offrandes qui est sortie de la cour avant l’aspersion, en ce qui concerne piggul et les halakhot de l’usage impropre, seulement dans un cas où la viande est sortie tandis que le sang est resté à l’intérieur et a été aspergé. Mais si le sang lui-même est sorti, alors même s’il a été ramené dans la cour et aspergé, dans un tel cas l’aspersion du sang qui est sorti de la cour n’est pas efficace pour soustraire la viande aux halakhot de l’usage impropre.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: שָׁחַט בִּשְׁתִיקָה וְיָצָא דָּם, אַף עַל פִּי שֶׁחָזַר וּזְרָקוֹ – לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. בְּקׇדְשֵׁי קָדָשִׁים – מוֹעֲלִין בּוֹ, בְּקָדָשִׁים קַלִּים – אֵין מוֹעֲלִין בּוֹ.
La Guemara note que cette opinion de Rav Pappa est également enseignée dans une baraita : Si quelqu’un a abattu l’animal en silence, c’est-à-dire sans intention impropre, et que le sang est ensuite sorti de la cour, même si il a été ramené dans la cour et que le prêtre l’a ensuite aspergé, il n’a rien fait, c’est-à-dire que cela est sans effet. Par conséquent, dans le cas des offrandes du degré de sainteté le plus élevé, celui qui en tire profit de cela reste passible de mésusage des biens consacrés, car l’aspersion n’a pas rendu la viande permise. De même, dans le cas des offrandes de moindre sainteté, l’aspersion ne rend pas les portions sacrificielles soumises aux halakhot du mésusage, et par conséquent celui qui en tire profit de cela n’est pas passible de mésusage, comme c’est le cas avant l’aspersion.
אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: הָא זֶה, לְמָה דּוֹמֶה?
La Guemara continue d’analyser l’opinion de Rabbi Akiva. Rabbi Akiva a dit, à l’appui de son opinion : À quoi ce cas, où la viande est sortie avant que le sang ne soit aspergé, est-il comparable ? Au cas de quelqu’un qui a désigné un animal comme son offrande expiatoire et qu’il s’est perdu, puis il a désigné un autre animal à sa place, et par la suite la première offrande expiatoire a été retrouvée et toutes deux se tiennent aptes au sacrifice. Du fait que la seconde offrande, inapte, est exemptée au moyen de l’aspersion du sang de la première offrande, apte, on peut déduire que la viande d’une offrande est exemptée des halakhot de l’usage abusif par l’aspersion de son propre sang, malgré le fait que la viande soit sortie de la cour.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כִּי אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא, בְּבַת אַחַת, אֲבָל בְּזֶה אַחַר זֶה – לֹא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא.
Rabbi Elazar dit : Lorsque Rabbi Akiva exprime son opinion, selon laquelle l’aspersion du sang de l’une des offrandes exempte l’autre des halakhot de l’usage abusif, cela s’applique spécifiquement à une situation où les deux offrandes ont été abattues en même temps, c’est-à-dire par deux prêtres simultanément, car dans un tel cas elles sont considérées comme un seul corps. Mais, dans un cas où les deux offrandes ont été abattues l’une après l’autre, Rabbi Akiva n’a pas dit que l’aspersion de l’une exempte l’autre des halakhot de l’usage abusif. Cela s’explique par le fait que, lorsque la première offrande a été abattue, l’autre est devenue impropre en tant qu’offrande expiatoire restante. Puisqu’il n’y a eu aucun moment où sa viande a été permise à la consommation par les prêtres, elle n’a pas été exemptée des halakhot de l’usage abusif.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: כְּשֶׁהָלַכְתִּי לִכְפַר פָּאנִי, מְצָאַנִי זָקֵן אֶחָד וְאָמַר לִי: אוֹמֵר הָיָה רַבִּי עֲקִיבָא זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לַיּוֹצֵא? אָמַרְתִּי לוֹ: הֵן. וּכְשֶׁבָּאתִי וְהִרְצֵיתִי דְּבָרִים לִפְנֵי חֲבֵירַי שֶׁבַּגָּלִיל, אָמְרוּ לִי: הֲלֹא פָּסוּל הוּא, הֵיאַךְ מְרַצֶּה עַל הַפָּסוּל?
La Guemara cite une baraita pertinente : Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon a dit : Lorsque je suis allé au village de Pani, un certain vieillard m’a trouvé et m’a dit : Est-il vrai que Rabbi Akiva disait que l’aspersion est efficace pour la viande des offrandes qui est sortie de la cour et est ainsi devenue impropre, en ce qui concerne les halakhot de mauvais usage ? Je lui ai dit : Oui. Et lorsque je suis venu et ai présenté cette question que le vieillard avait dite devant mes collègues en Galilée, ils ont dit, en accord avec son scepticisme : Comment Rabbi Akiva aurait-il pu dire cela ? Puisque la viande qui est sortie de la cour est impropre, comment l’aspersion peut-elle opérer l’acceptation pour ce qui est impropre ?
וּכְשֶׁיָּצָאתִי וְהִרְצֵיתִי דְּבָרִים לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא, אָמַר לִי: בְּנִי, אִי אַתָּה אוֹמֵר כֵּן? וַהֲרֵי הַמַּפְרִישׁ חַטָּאתוֹ וְאָבְדָה, וְהִפְרִישׁ אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ, וְאַחַר כָּךְ נִמְצֵאת הָרִאשׁוֹנָה, וַהֲרֵי שְׁתֵּיהֶן עוֹמְדוֹת – מוֹעֲלִין בִּשְׁתֵּיהֶן. שְׁחָטָן, וַהֲרֵי דָּמָן מוּנָּח בְּכוֹסוֹת – מוֹעֲלִין בִּשְׁתֵּיהֶן.
Mais lorsque je quittai leur présence et présentai cette question devant Rabbi Akiva, il dit : Et toi, mon fils, ne dis-tu pas ainsi, que l’aspersion est efficace même à l’égard de ce qui est impropre ? Mais dans le cas de celui qui a désigné un animal comme son offrande expiatoire et qu’il fut perdu, puis il en désigna un autre animal à sa place, et ensuite la première offrande expiatoire fut retrouvée et toutes deux se tiennent aptes au sacrifice, il peut sacrifier l’un ou l’autre animal, rendant ainsi l’autre impropre, et pourtant toutes deux sont soumises aux halakhot de mauvaise utilisation. Cela est dû au fait que ces offrandes demeurent consacrées à Dieu, et par conséquent celui qui en tire profit est passible de mauvaise utilisation. De même, s’il les a abattues toutes deux, et que leur sang est placé dans des récipients et que le sang de l’une d’elles sera aspergé sur l’autel, toutes deux sont soumises aux halakhot de mauvaise utilisation.