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גְּמָ׳ אִיתְּמַר, עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁנִּשְׁתַּבְּרָה מֵאֵלֶיהָ. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲסוּרָה. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מוּתֶּרֶת.
GUEMARA : En lien avec la discussion de la michna sur l’idolâtrie, il a été déclaré : Dans le cas d’un objet d’idolâtrie qui s’est brisé de lui-même, Rabbi Yoḥanan dit : Il est interdit d’en tirer profit, car le fait qu’il soit brisé ne constitue pas une annulation, et Reish Lakish dit : Il est permis d’en tirer profit.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר אֲסוּרָה – דְּלָא בַּטְּלַהּ גּוֹי. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר מוּתֶּרֶת – מֵימָר אָמַר: הִיא גּוּפַהּ לָא מַצְּלָה, לְדִידִי מַצְּלָה לִי?
La Guemara clarifie leurs opinions : Rabbi Yoḥanan dit que cela est interdit, car un non-Juif n’a pas annulé l’objet d’idolâtrie, et son statut n’est annulé que si un non-Juif l’a brisé avec l’intention de l’annuler. Et Reish Lakish dit que cela est permis, car on peut présumer que son propriétaire non juif, en voyant qu’il était brisé, l’aurait annulé, se disant à lui-même : Si l’objet d’idolâtrie n’a pas pu même se sauver lui-même de la destruction, est-ce qu’il me sauvera du mal ?
אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: הַקֵּן שֶׁבְּרֹאשׁ הָאִילָן שֶׁל הֶקְדֵּשׁ – אֵין נֶהֱנִין וְאֵין מוֹעֲלִין. שֶׁבָּאֲשֵׁירָה יַתִּיז בְּקָנֶה.
Reish Lakish souleva une objection à Rabbi Yoḥanan à partir de la michna : En ce qui concerne le nid de l’oiseau qui se trouve au sommet de l’arbre consacré, on ne peut pas en tirer profit ab initio, mais si quelqu’un en a tiré profit, il n’est pas passible pour sa mauvaise utilisation. Afin d’acquérir un nid d’oiseau qui se trouve au sommet de l’arbre adoré comme idolâtrie, il faut faire tomber le nid en le frappant avec une perche.
מַאי לָאו דְּאִיתְּבַר מִגּוּפַהּ, וְקָתָנֵי, יַתִּיז בְּקָנֶה? לָא, דְּאַיְיתִי עֵצִים מֵעָלְמָא.
Reish Lakish analyse la deuxième halakha : Quoi, n’est-ce pas en référence à un cas où le nid a été construit avec des branches qui se sont cassées de l’arbre adoré lui-même, et pourtant la michna enseigne : Il faut le faire tomber en le frappant avec une perche ? Cela indique que les branches qui se sont cassées sont permises, malgré le fait qu’elles n’ont pas été cassées par un non-Juif. Rabbi Yoḥanan répond : Non, il n’y a pas de preuve tirée de la michna, car il s’agit d’un cas l’oiseau a apporté des branches d’ailleurs, et non de l’arbre adoré lui-même.
אִי הָכִי, אַמַּאי שֶׁל הֶקְדֵּשׁ אֵין נֶהֱנִין וְאֵין מוֹעֲלִין?
Reish Lakish rejette cette réponse : Si tel est le cas, pourquoi la michna enseigne-t-elle dans le cas parallèle d’un arbre consacré, où l’on présume que le nid a lui aussi été construit avec des branches apportées d’ailleurs, qu’on ne peut pas tirer profit de celui-ci a priori, mais si quelqu’un en a tiré profit, il n’est pas passible pour son usage abusif ? Si le nid a été construit avec un matériau non sacré, pourquoi n’est-il pas permis d’en tirer profit a priori ?
אֶלָּא, בְּגִידּוּלִין הַבָּאִין לְאַחַר מִכָּאן, וְקָסָבַר אֵין מוֹעֲלִין בְּגִידּוּלִין.
La Guemara répond : Au contraire, la michna doit traiter de cas où le nid a été construit à partir de branches provenant de l’arbre dans lequel il a été construit, et elle fait référence à des pousses de propriété consacrée venues par la suite, c’est-à-dire après que la propriété a été consacrée. Et le tanna de la michna soutient qu’on n’est pas passible pour l’usage abusif de pousses de propriété consacrée, mais il est interdit d’en tirer profit a priori.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּאַיְיתִי מֵעָלְמָא, אַמַּאי יַתִּיז בְּקָנֶה? לִשְׁקְלֵיהּ מִשְׁקָל!
La Guemara ajoute : Cela aussi est logique, que la michna parle d’un cas où le nid a été construit avec des branches de l’arbre où il se trouve, car, si tu envisages que la michna parle d’un cas l’oiseau a apporté les branches d’ailleurs, pourquoi, dans le cas de l’arbre adoré comme idolâtrie, faudrait-il le déloger de sa place en le frappant avec une perche ? Qu’il le prenne directement sans utiliser de perche.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לְעוֹלָם דְּאַיְיתִי מֵעָלְמָא, וּמַאי ״יַתִּיז״? יַתִּיז אֶפְרוֹחִים.
Rabbi Abbahou a dit que Rabbi Yoḥanan a dit en réponse à cette question : En réalité, la michna traite d’un cas l’oiseau a apporté les branches d’un autre endroit, et quel est le sens de la clause : Il faut déloger ? Cela ne signifie pas qu’il doit déloger le nid avec un bâton, mais plutôt qu’il doit déloger les oisillons qui se trouvent dans le nid. Puisqu’il est difficile de prendre les oisillons sans grimper à l’arbre, car ils peuvent bouger, il y a davantage lieu de craindre dans ce cas qu’il grimpe à l’arbre, auquel cas il en tirerait profit, ce qui est interdit.
אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי יַעֲקֹב לְרַבִּי יִרְמְיָה אֶפְרוֹחִים כָּאן וְכָאן – מוּתָּרִין. בֵּיצִים, כָּאן וְכָאן – אֲסוּרִין. אָמַר רַב אָשֵׁי: אִם אֶפְרוֹחִים צְרִיכִין לְאִמָּן – כְּבֵיצִים דָּמוּ.
Rabbi Ya’akov dit à Rabbi Yirmeya : En ce qui concerne les oisillons qui peuvent s’envoler et ne sont pas confinés à cet arbre précis, aussi bien ici que là, c’est-à-dire aussi bien dans le cas d’un arbre consacré que dans le cas d’un arbre adoré, il est permis d’en tirer profit. Mais en ce qui concerne les œufs, aussi bien ici que là, il est interdit d’en tirer profit, car ils dépendent de l’arbre interdit. Rav Ashi dit en outre : Si les oisillons sont jeunes et ont encore besoin de leur mère pour survivre, ils sont considérés comme des œufs, c’est-à-dire qu’ils ont le même statut que les œufs et qu’il est interdit d’en tirer profit.
מַתְנִי׳ הַגִּזְבָּרִים שֶׁלָּקְחוּ עֵצִים – מוֹעֲלִין בָּעֵצִים, וְאֵין מוֹעֲלִין לֹא בַּשִּׁיפּוּיי וְלֹא בַּנְּבִיָּיה.
MICHNA : Dans le cas des trésoriers du Temple qui ont acheté des bûches non sacrées à utiliser pour des réparations dans le Temple, on est responsable de l’usage impropre du bois lui-même, mais on n’est pas responsable de l’usage impropre de la sciure, ni responsable des feuilles [baneviyya] qui tombent de la bûche, car les trésoriers n’ont acheté pour le Temple que les matériaux propres à être utilisés dans sa construction.
גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: בּוֹנִין בַּחוֹל וְאַחַר כָּךְ מַקְדִּישִׁין.
GUEMARA :Shmuel dit que la méthode de construction dans le Temple, pour des réparations ou des améliorations, est la suivante : on construit les structures du Temple avec des matériaux non sacrés, puis on consacre ces matériaux une fois les travaux achevés.
מַאי טַעְמָא? מַאן דְּמִתְנַדֵּב מָעוֹת מַקְדֵּשׁ לְהוּ, דְּאָמַר: ״תֵּיחוּל קְדוּשַּׁת מָעוֹת אַבִּנְיָן״,
La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle on ne consacre pas immédiatement les matériaux ? Celui qui donne de l’argent pour l’entretien du Temple consacre l’argent, et celui-ci est donc soumis à la halakha de l’usage abusif d’un bien consacré. Par conséquent, on ne peut pas utiliser cet argent pour acheter des articles destinés à l’entretien du Temple, car le fournisseur serait responsable d’un usage abusif dès qu’il recevrait l’argent comme paiement. La seule manière d’utiliser des dons pour l’entretien du Temple est si le trésorier du Temple a dit que la sainteté de cet argent, consacré par le donateur, prenne effet sur la structure achevée, plutôt que sur les matériaux de construction ou sur les salaires des artisans pendant la construction.
וִיהֵיב לְהוֹן לְאוּמָּנִין בִּשְׂכָרָן.
Par conséquent, une fois la construction achevée, la sainteté est transférée de l’argent à la structure, et alors l’argent cesse d’être sacré. Et à ce moment-là, les trésoriers du Temple donnent l’argent aux artisans et aux fournisseurs comme leur salaire.

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