וּבַנָּבִיא שְׁלֹשָׁה. הָיוּ שְׁלָשְׁתָּן שָׁלֹשׁ פָּרָשִׁיּוֹת — קוֹרִין אֶחָד אֶחָד.
Et en ce qui concerne les Prophètes, on peut lire au traducteur trois versets à la fois. En ce qui concerne la Torah, une traduction incorrecte pourrait entraîner une erreur dans la pratique, mais cette préoccupation ne s’applique pas aux Prophètes. Si les trois versets constituent trois paragraphes distincts, c’est-à-dire si chaque verset est un paragraphe en soi, il faut les lire au traducteur un par un.
מְדַלְּגִין בַּנָּבִיא וְאֵין מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה. וְעַד כַּמָּה הוּא מְדַלֵּג? עַד כְּדֵי שֶׁלֹּא יִפְסוֹק הַמְתוּרְגְּמָן.
On peut passer d’un endroit à un autre pendant la lecture des Prophètes, mais on ne peut pas passer d’un endroit à un autre pendant la lecture de la Torah. Jusqu’où peut-il passer ? Aussi loin qu’il le peut, à condition que le traducteur ne termine pas sa traduction pendant que le lecteur est encore en train d’enrouler le rouleau jusqu’au nouvel endroit. Le lecteur ne doit pas faire attendre la congrégation après que le traducteur a terminé, car ce serait un manque de respect envers la congrégation.
גְּמָ׳ הָנֵי שְׁלֹשָׁה פְּסוּקִין כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַב אַסִּי: כְּנֶגֶד תּוֹרָה נְבִיאִים וּכְתוּבִים.
GEMARA : La Guemara demande : À quoi correspondent ces trois versets, c’est-à-dire la lecture minimale de la Torah ? Rav Asi a dit : Ils correspondent à la Torah, aux Prophètes et aux Écrits.
וְלֹא יִקְרָא לַמְּתוּרְגְּמָן יוֹתֵר מִפָּסוּק אֶחָד, וּבַנָּבִיא — שְׁלֹשָׁה פְּסוּקִים, וְאִם הָיוּ שְׁלָשְׁתָּן שָׁלֹשׁ פָּרָשִׁיּוֹת — קוֹרֵא אֶחָד אֶחָד. כְּגוֹן: ״כִּי כֹה אָמַר ה׳ חִנָּם נִמְכַּרְתֶּם״. ״כִּי כֹּה אָמַר ה׳ אֱלֹהִים מִצְרַיִם יָרַד עַמִּי בָרִאשׁוֹנָה״, ״וְעַתָּה מַה לִּי פֹה נְאֻם ה׳״.
Nous avons appris dans la michna : Et lorsqu’il est en train d’être traduit, on ne doit pas lire au traducteur plus d’un verset à la fois. Et en ce qui concerne les Prophètes, il peut lire au traducteur trois versets à la fois. Si les trois versets constituent trois paragraphes distincts, il doit les lire au traducteur séparément, par exemple, les versets : « Car ainsi parle le Seigneur : vous avez été vendus pour rien » (Isaïe 52:3) ; « Car ainsi parle le Seigneur Dieu : au commencement Mon peuple est descendu en Égypte » (Isaïe 52:4) ; « Maintenant donc, qu’ai-Je ici ? dit le Seigneur » (Isaïe 52:5). Ce sont trois versets adjacents, chacun constituant un paragraphe indépendant.
מְדַלְּגִין בַּנָּבִיא וְאֵין מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה. וּרְמִינְהִי: קוֹרֵא ״אַחֲרֵי מוֹת״ וְ״אַךְ בֶּעָשׂוֹר״ — וְהָא קָא מְדַלֵּג!
§ Nous avons encore appris dans la michna : On peut sauter d’un endroit à un autre pendant la lecture des Prophètes, mais on ne peut pas sauter d’un endroit à un autre pendant la lecture de la Torah. La Guemara soulève une contradiction à partir d’une michna (Yoma 68b) : À Yom Kippour, le Grand Prêtre lit la section qui commence par le verset : « Après la mort » (Lévitique 16:1), puis il lit la section qui commence par le verset : « Seulement le dixième jour » (Lévitique 23:27). Ne saute-t-il pas de la première section à la seconde section ?
אָמַר אַבָּיֵי, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּכְדֵי שֶׁיִּפְסוֹק הַתּוּרְגְּמָן, וְכָאן בִּכְדֵי שֶׁלֹּא יִפְסוֹק הַתּוּרְגְּמָן.
Abaye a dit : Cela n’est pas difficile. Ici, là où il est dit qu’on ne peut pas sauter dans la Torah, le traducteur terminera sa traduction avant que le lecteur soit prêt à continuer la lecture. Là-bas, où il est permis de sauter, le traducteur ne terminera pas sa traduction avant que le lecteur soit prêt à continuer la lecture.
וְהָא עֲלַהּ קָתָנֵי: מְדַלְּגִין בַּנָּבִיא וְאֵין מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה, וְעַד כַּמָּה הוּא מְדַלֵּג — עַד כְּדֵי שֶׁלֹּא יִפְסוֹק הַתּוּרְגְּמָן. מִכְלָל דְּבַתּוֹרָה כְּלָל כְּלָל לָא!
La Guemara demande : N’a-t-on pas enseigné dans la michna au sujet de cette question : On peut sauter en lisant les Prophètes, mais on ne peut pas sauter en lisant la Torah. Jusqu’où peut-il sauter ? Aussi loin que possible, à condition que le traducteur ne termine pas sa traduction avant que le lecteur soit prêt à poursuivre la lecture. Cela s’applique à la lecture des Prophètes ; cela prouve donc par inférence que lors de la lecture de la Torah, on ne peut pas du tout sauter quoi que ce soit.
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּעִנְיָן אֶחָד, כָּאן בִּשְׁתֵּי עִנְיָינוֹת. וְהָתַנְיָא: מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה בְּעִנְיָן אֶחָד, וּבַנָּבִיא בִּשְׁנֵי עִנְיָינִין. כָּאן וְכָאן, בִּכְדֵי שֶׁלֹּא יִפְסוֹק הַתּוּרְגְּמָן.
Au contraire, Abaye a dit que ce n’est pas difficile pour une autre raison : Ici, là où il est dit que le Grand Prêtre a sauté d’une section à une autre, cela était permis parce que les deux sections traitent d’un seul sujet. Là-bas, où la michna dit qu’on ne peut pas sauter pendant la lecture de la Torah, il s’agit du cas où les deux sections traitent de deux sujets distincts. Et ainsi cela est explicitement enseigné dans une baraita : On peut sauter d’une section à une autre pendant la lecture de la Torah si les deux sections traitent d’un seul sujet, et dans les Prophètes on peut sauter même si les deux sections traitent de deux sujets distincts. Tant ici que là-bas, en ce qui concerne la Torah et les Prophètes, on ne peut sauter que si le traducteur ne terminera pas sa traduction avant que le lecteur soit prêt à poursuivre la lecture.
תַּנְיָא אִידַּךְ: אֵין מְדַלְּגִין מִנָּבִיא לְנָבִיא, וּבַנָּבִיא שֶׁל שְׁנֵים עָשָׂר — מְדַלֵּג, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְדַלֵּג מִסּוֹף הַסֵּפֶר לִתְחִילָּתוֹ.
Il est enseigné dans une autre baraita : On ne peut pas passer d’un prophète à un autre, c’est-à-dire d’un livre des Prophètes à un autre, même si les passages traitent du même sujet. Cependant, on peut passer d’un prophète à un autre parmi les douze livres des Prophètes, qui sont regroupés ensemble, à condition de ne pas passer de la fin du livre à son début, c’est-à-dire de ne pas lire une section ultérieure puis une section antérieure.
מַתְנִי׳ הַמַּפְטִיר בַּנָּבִיא — הוּא פּוֹרֵס עַל שְׁמַע, וְהוּא עוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה, וְהוּא נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו. וְאִם הָיָה קָטָן — אָבִיו אוֹ רַבּוֹ עוֹבְרִין עַל יָדוֹ.
MISHNA :Celui qui conclut par une lecture des Prophètes [haftara] est aussi celui qui est honoré de réciter les prières introductives et la bénédiction avant le Shema, et il passe devant l’arche pour répéter la prière de la Amida, et s’il est prêtre il lève les mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale. Et si celui qui lit la haftaraest un mineur, qui peut lire la haftara mais n’est pas qualifié pour diriger la congrégation dans la prière, son père ou son maître est honoré de passer devant l’arche à sa place.
קָטָן קוֹרֵא בַּתּוֹרָה וּמְתַרְגֵּם. אֲבָל אֵינוֹ פּוֹרֵס עַל שְׁמַע, וְאֵינוֹ עוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה, וְאֵינוֹ נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו.
Un mineur peut lire la Torah en public et aussi traduire le texte pour l’assemblée en araméen, mais il ne peut pas réciter les prières introductives et la bénédiction avant le Shema, et il ne peut pas passer devant l’arche pour diriger l’assemblée dans la prière, et il ne peut pas lever les mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale.
פּוֹחֵחַ — פּוֹרֵס אֶת שְׁמַע וּמְתַרְגֵּם. אֲבָל אֵינוֹ קוֹרֵא בַּתּוֹרָה, וְאֵינוֹ עוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה, וְאֵינוֹ נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו.
Celui dont les membres sont exposés [poḥe’aḥ] peut réciter les prières introductives et la bénédiction avant le Shema et traduire la lecture de la Torah en araméen, mais il ne peut pas lire dans la Torah par respect pour la Torah ; il ne peut pas passer devant l’arche pour diriger la congrégation dans la prière ; et il ne peut pas lever les mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale par respect pour la congrégation.
סוֹמֵא — פּוֹרֵס אֶת שְׁמַע וּמְתַרְגֵּם. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כׇּל שֶׁלֹּא רָאָה מְאוֹרוֹת מִיָּמָיו — אֵינוֹ פּוֹרֵס עַל שְׁמַע.
Celui qui est aveugle peut réciter les prières introductives et la bénédiction avant le Shema, et il peut aussi traduire la lecture de la Torah en araméen. Rabbi Yehouda dit : Quiconque n’a pas vu les luminaires, le soleil, la lune et les étoiles, de sa vie, c’est-à-dire s’il était aveugle de naissance, ne peut pas réciter les prières introductives et la bénédiction avant le Shema. La première des bénédictions avant le Shema est la bénédiction sur les luminaires, et celui qui ne les a jamais vus ne peut pas réciter la bénédiction du tout.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? רַב פָּפָּא אָמַר: מִשּׁוּם כָּבוֹד. רַבָּה בַּר שִׁימִי אָמַר: מִשּׁוּם דְּאָתֵי לְאִינְּצוֹיֵי.
GEMARA: La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle celui qui lit la haftara est honoré par ces autres fonctions ? Rav Pappa a dit : C’est en raison du désir de lui accorder de l’honneur. Puisque même les mineurs sont qualifiés pour lire la haftara, on considérait comme une insulte qu’une personne soit appelée à lire la haftara plutôt que d’être appelée comme l’un de ceux nécessaires pour lire la Torah. Puisqu’il était disposé à remplir ce rôle, on lui accorde d’autres fonctions, plus honorables, dans la synagogue. Rabba bar Shimi a donné une autre raison : C’est en raison de la crainte qu’ils en viennent à se disputer, car l’individu qui a lu la haftara se disputera avec celui qui a été honoré de diriger l’assemblée dans la prière.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּעָבֵיד בְּחִנָּם.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre eux ? La Guemara explique : Il y a une différence pratique entre eux lorsque celui qui passe devant l’arche le fait gratuitement. Dans ce cas, il reste nécessaire d’accorder de l’honneur à celui qui a lu la haftara, mais il est peu probable qu’ils se disputent.
תְּנַן: וְאִם הָיָה קָטָן — אָבִיו אוֹ רַבּוֹ עוֹבְרִין עַל יָדוֹ. אִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם [אִי]נְּצוֹיֵי — קָטָן בַּר [אִי]נְּצוֹיֵי הוּא?
Nous avons appris dans la michna : Et si celui qui lit la haftaraest un mineur, son père ou son maître reçoit l’honneur de passer devant l’arche à sa place. Si tu dis que la raison pour laquelle le lecteur de la haftara passe devant l’arche est due à la crainte qu’ils se querellent, un mineur se querellerait-il ? Il n’a aucune revendication valable au droit de passer devant l’arche. Par conséquent, la crainte de discorde ne peut pas être la raison de la halakha énoncée dans la michna.
אֶלָּא מַאי — מִשּׁוּם כָּבוֹד? קָטָן בַּר כָּבוֹד הוּא?! אֶלָּא אִיכָּא כְּבוֹד אָבִיו וּכְבוֹד רַבּוֹ,
La Guemara rejette cet argument : Mais alors, quelle en est la raison ; est-ce à cause de l’honneur ? Un mineur a-t-il un honneur qui serait lésé lorsqu’il lit la haftara et qu’il faudrait donc l’apaiser ? Mais plutôt, selon Rav Pappa, c’est une marque d’honneur envers son père et son maître.