מִיפָּק לָא נָפְקִי.
mais ils ne partiraient pas tôt, par déférence envers Rav, et il n’était donc pas nécessaire qu’il récite une bénédiction après avoir terminé sa portion. En tout état de cause, l’incident impliquant Rav ne fournit pas de preuve concluante quant au nombre de lecteurs lors d’un jour de jeûne public.
תָּא שְׁמַע, זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם, כְּגוֹן תַּעֲנִית צִבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה,
La Guemara tente d’apporter une autre preuve : Viens et écoute la baraita suivante : Voici le principe général : Tout jour où le travail est permis et où prolonger l’office de prière constituerait une privation de travail pour les masses, par exemple, un jeûne public et le Neuf Av, seules trois personnes lisent dans la Torah, afin de ne pas allonger inutilement l’office de prière.
וְשֶׁאֵין בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם, כְּגוֹן רָאשֵׁי חֳדָשִׁים וְחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד — קוֹרִין אַרְבָּעָה. שְׁמַע מִינַּהּ.
Mais tout jour où prolonger l’office de prière ne constituerait pas une privation de travail pour les masses, par exemple, les jours de Nouvelle Lune, où il est d’usage que les femmes s’abstiennent de travailler, et pendant les jours intermédiaires d’une fête, où l’on ne peut pas accomplir de travail à moins que s’en abstenir ne lui fasse perdre de l’argent, quatre personnes lisent dans la Torah. La Guemara conclut : En effet, apprends d’ici que lors d’un jeûne public, trois personnes lisent dans la Torah.
אָמַר רַב אָשֵׁי, וְהָא אֲנַן לָא תְּנַן הָכִי: זֶה הַכְּלָל, כׇּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוּסָף וְאֵינוֹ יוֹם טוֹב — קוֹרִין אַרְבָּעָה. לְאֵתוֹיֵי מַאי? לָאו לְאֵתוֹיֵי תַּעֲנִית צִיבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב!
Rav Ashi a dit : N’avons-nous pas appris dans la michna ce qui suit : Voici le principe : Tout jour où il y a une offrande additionnelle sacrifiée dans le Temple et où ce n’est pas une fête, quatre personnes lisent dans la Torah ? Qu’est-ce qui est ajouté par la formulation de ce principe ? N’est-ce pas pour ajouter un jeûne public et le Neuf Av, lorsqu’il y a un ajout au service de prière, et par conséquent quatre personnes lisent dans la Torah ?
וּלְרַב אָשֵׁי מַתְנִיתִין מַנִּי? לָא תַּנָּא קַמָּא וְלָא רַבִּי יוֹסֵי, דְּתַנְיָא: חָל לִהְיוֹת בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד. בִּשְׁלִישִׁי וּבִרְבִיעִי — קוֹרֵא אֶחָד וּמַפְטִיר אֶחָד. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעוֹלָם קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד!
La Guemara demande : Mais selon Rav Ashi, qui est le tanna de la mishna ? Ce n’est pas le premier tanna de la baraita suivante, ni Rabbi Yosei. Comme il est enseigné dans une baraita : Si le Neuf Av tombe un lundi ou un jeudi, jours où il y a toujours une lecture de la Torah, trois personnes lisent dans la Torah. Et la dernière d’entre elles conclut par une lecture des Prophètes [haftara]. S’il tombe un mardi ou un mercredi, une personne lit dans la Torah, et cette même personne conclut par une lecture des Prophètes. Rabbi Yosei a dit : Trois personnes lisent toujours dans la Torah le Neuf Av, et la dernière conclut par une lecture des Prophètes. Tous s’accordent à dire que pas plus de trois personnes ne lisent dans la Torah le Neuf Av et lors des autres jeûnes publics.
וְאֶלָּא, קַשְׁיָא ״זֶה הַכְּלָל״! לָא, לְאֵתוֹיֵי רֹאשׁ חוֹדֶשׁ וּמוֹעֵד.
La Guemara répond : Cependant, si seulement trois personnes lisent dans la Torah ces jours-là, l’énoncé : Voici le principe, est difficile, car la michna a déjà mentionné explicitement chaque cas inclus dans ce principe. La Guemara explique : Non, ce n’est pas difficile ; cela vient ajouter la Nouvelle Lune et les jours intermédiaires d’une fête.
הָא בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ: בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים וּמוֹעֵד קוֹרִין אַרְבָּעָה!
La Guemara conteste cette explication : Ces jours ne sont-ils pas enseignés explicitement dans la michna : À la Nouvelle Lune et pendant les jours intermédiaires d’une fête, quatre personnes lisent dans la Torah ?
סִימָנָא בְּעָלְמָא יָהֵיב, דְּלָא תֵּימָא יוֹם טוֹב וְחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ, אֶלָּא נְקוֹט הַאי כְּלָלָא בִּידָךְ: כֹּל דְּטָפֵי לֵיהּ מִילְּתָא מֵחַבְרֵיהּ, טָפֵי לֵיהּ גַּבְרָא יַתִּירָא.
La Guemara répond : Le principe n’avait pas pour but d’ajouter à ce qui est énoncé explicitement dans la michna. La michna donne simplement un moyen mnémotechnique permettant de se souvenir du nombre de lecteurs chaque jour. Elle exprime ce qui suit : Ne dis pas qu’une fête et les jours intermédiaires de la fête sont identiques quant à leur sainteté, et que, par conséquent, le même nombre de lecteurs est appelé à la Torah ces jours-là. Au contraire, tiens fermement cette règle dans ta main : Tout jour où il y a un élément supplémentaire dans les lois du jour, une personne supplémentaire est ajoutée au nombre de ceux qui lisent dans la Torah.
הִלְכָּךְ בְּרֹאשׁ חוֹדֶשׁ וּמוֹעֵד, דְּאִיכָּא קׇרְבַּן מוּסָף — קוֹרִין אַרְבָּעָה. בְּיוֹם טוֹב, דְּאָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה — חֲמִשָּׁה. בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, דְּעָנוּשׁ כָּרֵת — שִׁשָּׁה. שַׁבָּת, דְּאִיכָּא אִיסּוּר סְקִילָה — שִׁבְעָה.
C’est pourquoi, à la Nouvelle Lune et pendant les jours intermédiaires d’une Fête, lorsqu’il y a une offrande supplémentaire, quatre personnes lisent dans la Torah. Lors d’une Fête, lorsque il est interdit d’effectuer un travail, cinq personnes lisent dans la Torah. À Yom Kippour, lorsque l’accomplissement d’un travail interdit est passible de karet, six personnes lisent dans la Torah. Le Shabbat, lorsqu’il y a une interdiction d’effectuer un travail passible de lapidation, sept personnes lisent.
גּוּפַהּ: רַב אִיקְּלַע לְבָבֶל בְּתַעֲנִית צִבּוּר, קָם קְרָא בְּסִפְרָא. פְּתַח בָּרֵיךְ, חֲתַם וְלָא בָּרֵיךְ. נְפוּל כּוּלֵּי עָלְמָא אַאַנְפַּיְיהוּ וְרַב לָא נְפַל עַל אַנְפֵּיהּ. מַאי טַעְמָא רַב לָא נְפַל עַל אַפֵּיהּ?
La Guemara a cité un incident concernant Rav, et elle revient maintenant pour examiner la question elle-même. Rav se trouva un jour à venir en Babylonie lors d’un jeûne public. Il se leva et lut dans un rouleau de la Torah . Lorsqu’il commença à lire, il récita une bénédiction, mais lorsqu’il termina, il ne récita pas de bénédiction. Tous les autres tombèrent sur leur face, c’est-à-dire se prosternèrent sur le sol, pendant la supplication du taḥanun, comme c’était l’usage, mais Rav ne tomba pas sur sa face. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle Rav ne tomba pas sur sa face ?
רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים הָיְתָה, וְתַנְיָא: ״וְאֶבֶן מַשְׂכִּית לֹא תִתְּנוּ בְּאַרְצְכֶם לְהִשְׁתַּחֲוֹת עָלֶיהָ״. ״עָלֶיהָ״ אִי אַתָּה מִשְׁתַּחֲוֶה בְּאַרְצְכֶם, אֲבָל אַתָּה מִשְׁתַּחֲוֶה עַל אֲבָנִים שֶׁל בֵּית הַמִּקְדָּשׁ. כִּדְעוּלָּא, דְּאָמַר עוּלָּא: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים בִּלְבָד.
La Guemara répond : C’était un sol de pierre, et il a été enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Vous ne placerez pas dans votre pays de pierre figurée pour vous prosterner dessus » (Lévitique 26:1), à savoir que, dessus, c’est-à-dire sur tout type de pierre figurée, vous ne vous prosternerez pas dans votre pays, c’est-à-dire n’importe où dans votre pays en dehors du Temple ; mais vous vous prosternerez sur les pierres du Temple. Cela est conforme à l’opinion de Ulla, car Ulla a dit : La Torah a interdit de se prosterner uniquement sur un sol de pierre.
אִי הָכִי מַאי אִירְיָא רַב, אֲפִילּוּ כּוּלְּהוּ נָמֵי! קַמֵּיהּ דְּרַב הֲוַאי.
La Guemara demande : Si c’est le cas, pourquoi était-ce précisément Rav qui ne s’est pas prosterné ? Toutes les autres personnes présentes avaient également l’interdiction de se prosterner sur le sol en pierre. La Guemara répond : La partie en pierre du sol se trouvait seulement devant Rav, car le reste du sol n’était pas pavé.
וְלֵיזִיל לְגַבֵּי צִיבּוּרָא וְלִינְפּוֹל עַל אַפֵּיהּ! לָא בָּעֵי (ל)מַיטְרַח צִיבּוּרָא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: רַב פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם הֲוָה עָבֵיד, וְכִדְעוּלָּא. דְּאָמַר עוּלָּא: לָא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם בִּלְבַד.
La Guemara commente : Si tel est le cas, Rav aurait dû aller là où se tenait le reste de l’assemblée et tomber sur sa face là-bas. La Guemara répond : Il ne voulait pas déranger l’assemblée pour qu’on lui fasse de la place. Et si tu veux, dis ce qui suit : Rav étendait ses bras et ses jambes et se prosternait complètement à terre, tandis que les autres ne faisaient que courber leur corps comme geste symbolique, sans se prosterner à terre. Et cela est conforme à l’opinion de Oulla, comme Oulla l’a dit : La Torah a interdit de se prosterner sur un sol de pierre seulement lorsque cela se fait avec les bras et les jambes étendus.
וְלִיפּוֹל עַל אַפֵּיהּ, וְלָא לֶיעְבֵּיד פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם! לָא מְשַׁנֵּי מִמִּנְהֲגֵיהּ.
La Guemara conteste cette réponse : Rav aurait dû tomber sur son visage sans étendre les bras et les jambes. La Guemara répond : Il n’a pas voulu changer sa coutume habituelle de prosternation complète, et à l’endroit où il se tenait, il ne pouvait pas se prosterner complètement selon sa manière habituelle, parce que là le sol était en pierre.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי, כִּדְרַבִּי אֶלְעָזָר. דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפּוֹל עַל פָּנָיו אֶלָּא אִם כֵּן נַעֲנֶה כִּיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל יְהוֹשֻׁעַ קוּם לָךְ [וְגוֹ׳]״.
Et si tu le souhaites, dis une autre raison pour laquelle Rav ne tomba pas sur son visage : Une personne importante est différente, conformément à l’opinion de Rabbi Elazar, car Rabbi Elazar a dit : Il n’est pas permis à une personne importante de tomber sur son visage en public à moins qu’elle ne sache qu’elle sera exaucée comme Joshua bin Nun en son temps, comme il est écrit : « Et le Seigneur dit à Joshua : Lève-toi ; pourquoi es-tu couché sur ton visage ? » (Joshua 7:10). C’est une honte pour une personne distinguée de tomber sur son visage et de voir ses prières rester sans réponse. Par conséquent, Rav ne se prosterna pas en public.
תָּנוּ רַבָּנַן: קִידָּה — עַל אַפַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּקֹּד בַּת שֶׁבַע אַפַּיִם אֶרֶץ״. כְּרִיעָה — עַל בִּרְכַּיִם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״מִכְּרוֹעַ עַל בִּרְכָּיו״. הִשְׁתַּחֲוָאָה — זוֹ פִּישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲבוֹא נָבוֹא אֲנִי וְאִמְּךָ וְאַחֶיךָ לְהִשְׁתַּחֲוֹת לְךָ אָרְצָה״.
À propos de la pratique de Rav de se prosterner, la Guemara poursuit avec une discussion sur différentes formes d’inclination. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Le terme kidda indique le fait de tomber sur le visage, le visage tourné vers le sol, comme il est dit : « Alors Bethsabée s’inclina [vatikod] le visage contre terre » (I Rois 1:31). Keria signifie s’incliner sur les genoux, comme il est dit au sujet de Salomon : Il termina de prier et « se releva de devant l’autel du Seigneur, de sa position agenouillée [mikkeroa] sur ses genoux » (I Rois 8:54). Enfin, hishtaḥava’a, c’est-à-dire s’incliner avec les bras et les jambes étendus en totale soumission, comme il est dit que Jacob demanda, en réponse au rêve de Joseph : « Est-ce que moi, ta mère et tes frères viendrons réellement nous prosterner [lehishtaḥavot] devant toi jusqu’à terre ? » (Genèse 37:10).
לֵוִי אַחְוִי קִידָּה קַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאִיטְּלַע.
La Guemara rapporte que Lévi a un jour démontré la forme de kidda qu’accomplissait le Grand Prêtre devant Rabbi Yehouda HaNassi. Cette prosternation était particulièrement difficile, car elle consistait à se pencher depuis la taille jusqu’à ce que sa tête atteigne le sol, à soutenir son corps avec ses pouces, puis à se redresser aussitôt. Au cours de sa démonstration, Lévi se démit la hanche et devint boiteux.
וְהָא (קָא) גְּרַמָא לֵיהּ? וְהָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְעוֹלָם אַל יָטִיחַ אָדָם דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה, שֶׁהֲרֵי אָדָם גָּדוֹל הֵטִיחַ דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה וְאִיטְּלַע וּמַנּוּ — לֵוִי. הָא וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ.
La Guemara demande : Est-ce cela qui a causé que Lévi devienne boiteux ? Rabbi Elazar n’a-t-il pas dit : Une personne ne devrait jamais parler avec insolence envers Dieu dans les Hauteurs, car un grand homme a un jour parlé avec insolence envers Dieu dans les Hauteurs et il est devenu boiteux ? Et qui était-ce ? Lévi. La raison pour laquelle Lévi est devenu boiteux était la manière dont il a parlé à Dieu (voir Ta’anit 25a), et non le fait d’avoir exécuté le kidda. La Guemara répond : Ceci et cela ont tous deux causé que Lévi devienne boiteux. Puisqu’il a parlé avec insolence envers Dieu, il méritait une punition, et il a donc subi une blessure alors qu’il s’efforçait d’exécuter le kidda.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָבִין: חֲזֵינָא לְהוּ לְאַבָּיֵי
Au sujet de l'inclinaison, Rav Ḥiyya bar Avin a dit : J'ai vu Abaye