אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִמְּלָאכָה, חוֹלָה בַּת מְלָאכָה הִיא? אֶלָּא: מִתַּשְׁמִישׁ כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּהָוְיָא מוֹרֶדֶת. כִּי פְּלִיגִי מִמְּלָאכָה, מָר סָבַר: מִמְּלָאכָה — לָא הָוְיָא מוֹרֶדֶת, וּמָר סָבַר: מִמְּלָאכָה — נָמֵי הָוְיָא מוֹרֶדֶת.
Cependant, selon celui qui dit que la rébellion est contre l’accomplissement de tâches, une femme malade est-elle apte à accomplir des tâches ? Puisqu’elle est malade, elle n’a aucune obligation d’accomplir des tâches, et cela n’est pas considéré comme un comportement rebelle. Au contraire, il faut l’expliquer ainsi : si elle s’est rebellée contre le fait d’avoir des relations conjugales, tous conviennent qu’elle est définie comme une femme rebelle. Ils sont en désaccord au sujet de celle qui se rebelle contre l’accomplissement de tâches. Un Sage, Rav Houna, soutient que celle qui se rebelle contre l’accomplissement de tâches n’est pas une femme rebelle, et un Sage, Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, soutient que celle qui se rebelle contre l’accomplissement de tâches est aussi considérée comme une femme rebelle.
גּוּפָא: הַמּוֹרֶדֶת עַל בַּעֲלָהּ — פּוֹחֲתִין לָהּ מִכְּתוּבָּתָהּ שִׁבְעָה דִּינָרִים בְּשַׁבָּת. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שִׁבְעָה טַרְפְּעִיקִין. רַבּוֹתֵינוּ חָזְרוּ וְנִמְנוּ, שֶׁיְּהוּ מַכְרִיזִין עָלֶיהָ אַרְבַּע שַׁבָּתוֹת זוֹ אַחַר זוֹ, וְשׁוֹלְחִין לָהּ בֵּית דִּין: הֱוִי יוֹדַעַת שֶׁאֲפִילּוּ כְּתוּבָּתִיךְ מֵאָה מָנֶה הִפְסַדְתְּ. אַחַת לִי אֲרוּסָה וּנְשׂוּאָה, אֲפִילּוּ נִדָּה, אֲפִילּוּ חוֹלָה, וַאֲפִילּוּ שׁוֹמֶרֶת יָבָם.
§ En ce qui concerne la question elle-même : Une femme qui se rebelle contre son mari est condamnée à une amende ; nous réduisons son contrat de mariage de sept dinars chaque semaine, et Rabbi Yehuda dit : sept terapa’ikin. Nos Sages sont revenus et ont de nouveau compté, c’est-à-dire qu’ils ont voté et décidé qu’au lieu de déduire chaque semaine une petite somme de son contrat de mariage, ils feraient des annonces publiques à son sujet pendant quatre Shabbatot consécutifs. Et ils ont décidé que le tribunal enverrait des messagers vers elle pour l’informer : Sache que même si ton contrat de mariage vaut dix mille dinars, tu le perdras entièrement si tu continues ta rébellion. Si elle ne se rétracte pas de sa rébellion, elle perd l’intégralité de son contrat de mariage. En ce qui concerne cette ordonnance, c’est la même chose pour moi, c’est-à-dire que la halakha ne change pas, qu’elle soit une femme fiancée ou une femme mariée, et même si elle est menstruée, et même si elle est malade, et même si elle est une veuve attendant son yavam pour accomplir le mariage léviratique.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף לִשְׁמוּאֵל: נִדָּה בַּת תַּשְׁמִישׁ הִיא? אֲמַר לֵיהּ: אֵינוֹ דּוֹמֶה מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ פַּת בְּסַלּוֹ לְמִי שֶׁאֵין לוֹ פַּת בְּסַלּוֹ.
Rabbi Ḥiyya bar Yosef dit à Shmuel : Une femme menstruée est-elle apte à avoir des relations conjugales ? Il lui dit : Celui qui a du pain dans son panier, c’est-à-dire celui qui sait qu’il pourra avoir des relations avec sa femme après la fin de sa période d’impureté menstruelle, n’est pas comparable à celui qui n’a pas de pain dans son panier.
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: אֵין מַכְרִיזִין עָלֶיהָ אֶלָּא בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. אָמַר רָבָא: דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: אַרְבַּע שַׁבָּתוֹת זוֹ אַחַר זוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ. אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: פַּעֲמַיִם שׁוֹלְחִין לָהּ מִבֵּית דִּין, אַחַת קוֹדֶם הַכְרָזָה, וְאַחַת לְאַחַר הַכְרָזָה.
Rami bar Ḥama a dit : On fait des annonces à son sujet uniquement dans les synagogues et les maisons d’étude, mais pas dans la rue. Rava a dit : La formulation de la baraita est également précise, car elle enseigne : On faisait des annonces pendant quatre Shabbatot consécutifs, qui sont des jours où aucun travail n’est accompli et où l’on ne trouve pas les gens dans les rues, mais plutôt dans les synagogues et les maisons d’étude. La Guemara résume : Concluez de cela que tel est bien le cas. Rami bar Ḥama a dit : Le tribunal envoie des personnes parler avec elle deux fois, une fois avant l’annonce et une fois après l’annonce.
דָּרַשׁ רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא: הֲלָכָה כְּרַבּוֹתֵינוּ. אָמַר רָבָא: הַאי בּוּרְכָא. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאי בּוּרְכָתֵיהּ? אֲנָא אַמְרִיתַהּ נִיהֲלֵיהּ, וּמִשְּׁמֵיהּ דְּגַבְרָא רַבָּה אַמְרִיתַהּ נִיהֲלֵיהּ, וּמַנּוּ, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא.
Rav Naḥman bar Rav Ḥisda a enseigné à ce sujet : La halakha est conforme à la décision de nos Sages. Rava a dit : C’est une absurdité [burkha]. Rav Naḥman bar Yitzḥak lui dit : Qu’y a-t-il d’absurde là-dedans ? Je le lui ai dit, et je le lui ai dit au nom d’un grand homme. Et qui est ce grand homme qui a statué ainsi ? Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina.
וְאִיהוּ כְּמַאן סָבַר? כִּי הָא דְּאִתְּמַר: רָבָא אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הֲלָכָה, נִמְלָכִין בָּהּ. רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הֲלָכָה, אֵין נִמְלָכִין בָּהּ.
La Guemara demande : Et conformément à l’opinion de qui Rava soutient-il cela ? La Guemara répond : Conformément à ce qui a été déclaré : Rava a dit que Rav Sheshet a dit : La halakha est qu’on la consulte dans une tentative de la convaincre de revenir sur sa décision, et pendant ce temps des déductions sont faites de son contrat de mariage. Mais Rav Huna bar Yehuda a dit que Rav Sheshet a dit : La halakha est que nous ne la consultons pas. Selon les deux versions de la décision de Rav Sheshet, elle ne perd pas immédiatement son contrat de mariage ; au contraire, il est réduit chaque semaine. C’est la source de l’opinion de Rava.
הֵיכִי דָּמְיָא מוֹרֶדֶת? אָמַר אַמֵּימָר: דְּאָמְרָה ״בָּעֵינָא לֵיהּ וּמְצַעַרְנָא לֵיהּ״. אֲבָל אָמְרָה ״מְאִיס עֲלַי״ — לָא כָּיְיפִינַן לַהּ. מָר זוּטְרָא אָמַר: כָּיְיפִינַן לָהּ.
§ À propos de cette halakha, la Guemara demande : Quelles sont les circonstances dans lesquelles s’applique la halakha d’une femme rebelle ? Ameimar a dit : Il s’agit du cas où elle dit : Je veux être mariée avec lui, mais pour l’instant je le refuse parce que je veux lui causer de la peine en raison d’un différend entre nous. Cependant, si elle a dit : Il me dégoûte, nous ne la contraignons pas à rester avec lui, car on ne doit pas contraindre quelqu’un à vivre avec quelqu’un qui lui dégoûte. Mar Zutra a dit : Nous la contraignons à rester avec lui.
הֲוָה עוֹבָדָא וְאַכְפְּיַהּ מָר זוּטְרָא, וּנְפַק מִינֵּיהּ רַבִּי חֲנִינָא מִסּוּרָא. וְלָא הִיא: הָתָם סִיַּיעְתָּא דִשְׁמַיָּא הֲוָה.
Cela est lié : Il y eut un incident dans lequel une femme se rebella, affirmant qu’elle éprouvait du dégoût pour son mari, et Mar Zutra la contraignit à rester avec lui. Et de ce couple est issu Rabbi Ḥanina de Soura. Cela démontre que même une telle contrainte peut apporter une bénédiction. Cependant, la Guemara conclut : Il n’en est pas ainsi. Ce cas ne doit pas servir de précédent, car là l’issue positive était due à une assistance céleste. Ordinairement, rien de bon ne résulte de relations conjugales que l’épouse ne désire pas.
כַּלְּתֵיהּ דְּרַב זְבִיד אִימְּרַדָא, הֲוָה תְּפִיסָא חַד שֵׁירָא. יְתֵיב אַמֵּימָר וּמָר זוּטְרָא וְרַב אָשֵׁי, וִיתֵיב רַב גַּמָּדָא גַּבַּיְיהוּ. יָתְבִי וְקָאָמְרִי: מָרְדָה — הִפְסִידָה בְּלָאוֹתֶיהָ קַיָּימִין. אֲמַר לְהוּ רַב גַּמָּדָא: מִשּׁוּם דְּרַב זְבִיד גַּבְרָא רַבָּה, מַחְנִיפִיתוּ לֵיהּ? וְהָאָמַר רַב כָּהֲנָא: מִיבַּעְיָא בָּעֵי רָבָא, וְלָא פְּשִׁיט? אִיכָּא דְּאָמְרִי, יָתְבִי וְקָאָמְרִי, מָרְדָה — לֹא הִפְסִידָה בְּלָאוֹתֶיהָ קַיָּימִין. אֲמַר לְהוּ רַב גַּמָּדָא:
Il est rapporté que la belle-fille de Rav Zevid s’est rebellée contre son mari. Elle tenait un certain vêtement dans ses mains. Ameimar, Mar Zutra et Rav Ashi étaient assis, et Rav Gamda était assis avec eux. Ils s’assirent et dirent : Si une femme s’est rebellée, elle a perdu son droit à ses vêtements usés, c’est-à-dire qu’elle a perdu les vêtements qu’elle avait apportés avec elle comme dot, même s’ils existent encore. Rav Gamda leur dit : Parce que Rav Zevid est un grand homme, êtes-vous prêts à le flatter au sujet de cette halakha ? Rav Kahana n’a-t-il pas dit : Rava soulève un dilemme sur cette question concernant les vêtements usés, et il ne l’a pas résolu ? Pourtant, vous avez tranché par respect pour Rav Zevid. Cela est inapproprié. Il y a ceux qui disent que cet incident s’est produit différemment, car ces trois Sages s’assirent et dirent : Si elle s’est rebellée, elle n’a pas perdu son droit à ses vêtements usés. Rav Gamda leur dit :