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פַּנּוּ מָקוֹם לְבֶן מָאתַיִם מָנֶה. אָמַר לְפָנָיו רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: רַבִּי, אָבִיו שֶׁל זֶה יֵשׁ לוֹ אֶלֶף סְפִינוֹת בַּיָּם, וּכְנֶגְדָּן אֶלֶף עֲיָירוֹת בַּיַּבָּשָׁה. אָמַר לוֹ: לִכְשֶׁתַּגִּיעַ אֵצֶל אָבִיו אֱמוֹר לוֹ: אַל תְּשַׁגְּרֵהוּ בַּכֵּלִים הַלָּלוּ לְפָנַי.
Faites place encore davantage à celui qui possède deux cents maneh. Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, dit devant lui : Mon maître, Bonyas, le père de celui-ci, a mille navires en mer et, en correspondance avec eux, mille villes sur terre. Il convient de lui accorder une place d’honneur en raison de son immense richesse. Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : Lorsque tu arriveras chez son père, dis-lui : Qu’il ne me l’envoie pas dans ces vêtements. Habille-le conformément à sa richesse et à son statut, afin qu’il soit honoré en conséquence.
רַבִּי מְכַבֵּד עֲשִׁירִים. רַבִּי עֲקִיבָא מְכַבֵּד עֲשִׁירִים. כִּדְדָרֵשׁ רָבָא בַּר מָרִי: ״יֵשֵׁב עוֹלָם לִפְנֵי אֱלֹהִים חֶסֶד וֶאֱמֶת מַן יִנְצְרֻהוּ״ — אֵימָתַי יֵשֵׁב עוֹלָם לִפְנֵי אֱלֹהִים? בִּזְמַן שֶׁחֶסֶד וֶאֱמֶת מַן יִנְצְרֻהוּ.
Dans l’explication de cette histoire, la Guemara commente : Rabbi Yehuda HaNasi honorait les riches, et Rabbi Akiva aussi honorait les riches, conformément à l’interprétation de Rava bar Mari du verset : « Qu’il soit établi devant Dieu pour toujours ; assigne la bonté et la vérité, afin qu’elles le préservent » (Psaumes 61:8). Quand peut-il être établi devant Dieu pour toujours ? Lorsqu’il assigne [man] la bonté et la vérité afin qu’elles le préservent. Rava bar Mari explique le mot man comme se référant à des portions de nourriture et interprète le verset ainsi : Si quelqu’un fournit de la nourriture aux autres, il mérite d’être établi devant Dieu, et qu’on lui témoigne honneur et respect. Par conséquent, il convient d’honorer les riches qui accordent de telles bontés.
רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר: כְּגוֹן יָתֵד שֶׁל מַחֲרֵישָׁה.
Rabba bar bar Ḥana a dit : Qu’est-ce qui est considéré comme un droit d’usage ? Par exemple, si le propriétaire entrepose la cheville d’une charrue dans le logement de son locataire. Il est interdit au locataire de retirer cette cheville de sa résidence pendant le Chabbat, car elle est mise à l’écart de l’usage [muktze], et le propriétaire y bénéficie donc d’un droit d’usage fixe.
אָמַר רַב נַחְמָן, תָּנָא דְּבֵי שְׁמוּאֵל: דָּבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת — אוֹסֵר. דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ אוֹסֵר.
Rav Naḥman a dit : Un Sage de l’école de Shmuel a enseigné la baraita suivante : Si le propriétaire entrepose un objet qui peut être déplacé pendant le Shabbat chez son locataire, la résidence du locataire rend l’autre résidence interdite s’il a négligé de se joindre à l’eiruv. Cela n’est pas considéré comme un droit d’usage. Si l’objet entreposé est un objet qui ne peut pas être déplacé pendant le Shabbat, la résidence du locataire ne la rend pas interdite pour qu’ils utilisent la cour.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: יֵשׁ לוֹ טֶבֶל, יֵשׁ לוֹ עֲשָׁשִׁית, וְכׇל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ אוֹסֵר.
La Guemara ajoute : De même, il a été enseigné dans une baraita que si le locataire a des produits non prélevés de la dîme qui ne peuvent pas être déplacés pendant le Chabbat ; ou s’il a des morceaux de verre ou de fer ; ou quoi que ce soit d’autre qui ne peut pas être déplacé pendant le Chabbat que le propriétaire a déposé chez lui, le locataire ne le rend pas interdit aux autres résidents d’utiliser la cour.
מַתְנִי׳ הַמַּנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת בְּעִיר אַחֶרֶת, אֶחָד נׇכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל — הֲרֵי זֶה אוֹסֵר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ אוֹסֵר.
MICHNA :Celui qui quitte sa maison, située dans une cour commune, et va passer Chabbat dans une autre ville, qu’il soit un gentil ou un Juif, il rend interdit aux autres résidents d’utiliser la cour comme s’il était encore chez lui ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit : Il ne rend pas interdit pour eux, car il a laissé derrière lui une demeure vide.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: נׇכְרִי — אוֹסֵר, יִשְׂרָאֵל — אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁאֵין דֶּרֶךְ יִשְׂרָאֵל לָבֹא בַּשַּׁבָּת.
Rabbi Yossei dit : Un gentil le rend interdit, mais un Juif ne le rend pas interdit, car ce n’est pas la manière d’un Juif de rentrer chez lui pendant Chabbat. Un Juif ne rentrera pas chez lui ; par conséquent, sa résidence vide ne le rend pas interdit. En revanche, un gentil pourrait revenir au cours de Chabbat. Par conséquent, il n’est pas considéré comme s’étant complètement déraciné de sa maison, et il le rend interdit.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ הִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ בְּאוֹתָהּ הָעִיר — אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁכְּבָר הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ.
Rabbi Shimon dit : Même si le Juif a quitté sa maison et est allé passer le Chabbat chez sa fille qui habitait dans la même ville, cela ne le rend pas interdit. Bien qu’il puisse rentrer chez lui à tout moment, on présume qu’il a déjà écarté de son esprit toute pensée d’y retourner et qu’il a établi sa résidence de Chabbat loin de sa maison.
גְּמָ׳ אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וְדַוְקָא בִּתּוֹ, אֲבָל בְּנוֹ — לָא. דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: נְבַח בָּךְ כַּלְבָּא — עוּל, נְבַח בָּךְ גּוּרַיְיתָא — פּוֹק.
GUEMARA :Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon. La Guemara commente : Et cela n’est la halakhaque si l’on est allé dans la maison de sa fille ; mais si l’on est allé dans la maison de son fils, non, ce n’est pas la halakha. On ne peut pas être certain de pouvoir rester dans la maison de son fils, car sa belle-fille pourrait s’opposer à sa présence et le forcer à rentrer chez lui. Comme disent les gens : Si un chien aboie contre toi, entre ; si une chienne aboie contre toi, sors. En d’autres termes, les objections d’une femme, telle que sa belle-fille, à laquelle son mari ne s’opposera certainement pas, sont plus fortes que celles d’un homme, tel que son gendre.
מַתְנִי׳ בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת — אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנּוּ בַּשַּׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לוֹ מְחִיצָה גְּבוֹהָ עֲשָׂרָה טְפָחִים, בֵּין מִלְּמַטָּה, בֵּין מִתּוֹךְ אוֹגְנוֹ.
MICHNA : Dans le cas d’une citerne située entre deux cours, placée en partie dans chaque cour, on ne peut pas puiser de l’eau pendant Chabbat, de peur que les habitants d’une cour ne puisent de l’eau du domaine de l’autre cour, à moins qu’une cloison de dix palmes de hauteur n’ait été érigée pour elle comme séparation entre les domaines. Cette cloison est efficace qu’elle soit en bas, dans l’eau, ou qu’elle soit dans l’espace aérien de la citerne sous le bord, au-dessus de la surface de l’eau.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מִלְּמַטָּה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מִלְּמַעְלָה. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא תְּהֵא מְחִיצָה גְּדוֹלָה מִן הַכּוֹתֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם.
Rabban Shimon ben Gamliel a dit : Il s’agit du sujet d’un ancien différend parmi les tanna’im, car Beit Shammai a dit que la cloison, qui permet de puiser de l’eau, doit être placée en bas ; et Beit Hillel a dit qu’elle doit être positionnée en haut. Rabbi Yehuda a dit : Une cloison n’est pas meilleure que le mur entre eux. Un mur séparant les deux cours passe au-dessus de la citerne ; il n’est donc pas nécessaire d’ériger une cloison supplémentaire dans l’espace aérien de la citerne.
גְּמָ׳ אָמַר רַב הוּנָא: לְמַטָּה — לְמַטָּה מַמָּשׁ, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מַמָּשׁ, וְזֶה וָזֶה בְּבוֹר. וְרַב יְהוּדָה אָמַר: לְמַטָּה — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם, לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם.
GUEMARA :Rav Houna a dit : Lorsque Beit Shammaï ont dit en bas, ils voulaient dire réellement en bas, près de l’eau ; la cloison n’a pas besoin de toucher l’eau elle-même. Lorsque Beit Hillel ont dit en haut, ils voulaient dire réellement en haut, plus haut que l’eau et près du bord de la citerne. Et ces deux cas se trouvent dans l’espace aérien de la citerne. Et Rav Yehouda a dit : En bas signifie sous l’eau, de sorte qu’une partie de la cloison soit dans l’eau ; tandis que en haut signifie au-dessus de l’eau, de telle manière que la cloison n’entre pas en contact avec l’eau.
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה בַּר רַב חָנָן לְאַבָּיֵי: הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה ״לְמַטָּה — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם״, מַאי שְׁנָא לְמַטָּה מַמָּשׁ דְּלָא? דַּעֲרִיבִי מַיָּא. לְמַטָּה מִן הַמַּיִם נָמֵי, הָא עֲרִיבִי מַיָּא?!
Rabba bar Rav Ḥanan dit à Abaye : En ce qui concerne cela que Rav Yehuda a dit : en dessous signifie au-dessous de l’eau, quelle différence y a-t-il dans un cas où la séparation est réellement en dessous, dans l’espace aérien de la citerne près de l’eau, qui a conduit Rav Yehuda à dire qu’on ne peut pas puiser de l’eau dans ce cas ? C’est parce qu’il craignait que l’eau des deux cours ne se mélange sous la séparation. Dans un cas où la séparation est située au-dessous de l’eau, près du fond de la citerne, l’eau des deux cours ne se mélangera-t-elle pas aussi au-dessus d’elle ?
אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁמִיעַ לָךְ הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וּמָטוּ בָּהּ מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: צָרִיךְ שֶׁיֵּרָאוּ רֹאשָׁן שֶׁל קָנִים לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם טֶפַח.
Abaye lui dit : N’as-tu pas entendu ce que Rav Yehuda a dit, à savoir que Rav a dit, et certains ont transmis cet enseignement au nom de Rabbi Ḥiyya : Les extrémités des roseaux de la cloison doivent être visibles d’une palme au-dessus de la surface de l’eau ? Cela garantira qu’il y ait une cloison complète entre les deux côtés de la citerne.
וְתוּ, הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: ״לְמַעְלָה — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם״. מַאי שְׁנָא לְמַעְלָה מַמָּשׁ דְּלָא? דַּעֲרִיבִי מַיָּא. לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם נָמֵי, הָא עֲרִיבִי מַיָּא?! אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁמִיעַ לָךְ הָא דְּתָנֵי יַעֲקֹב קַרְחִינָאָה: צָרִיךְ שֶׁיְּשַׁקַּע רָאשֵׁי קָנִים בַּמַּיִם טֶפַח.
Et Rabba bar Rav Ḥanan demanda en outre : En ce qui concerne ce que Rav Yehuda a dit : Au-dessus signifie au-dessus de l’eau, on peut demander : Quelle différence y a-t-il dans un cas où la séparation est réellement au-dessus, c’est-à-dire près du bord de la citerne, qui a conduit Rav Yehuda à dire qu’on ne peut pas y puiser de l’eau dans ce cas ? C’est parce qu’il craignait que l’eau des deux cours ne se mélange sous la séparation. Cependant, même si la séparation est au-dessus de l’eau sous le bord de la citerne, l’eau des deux cours se mélangera aussi en dessous. Abaye lui dit : N’as-tu pas entendu ce qu’a enseigné Ya’akov de Karḥina : Les extrémités des roseaux d’une séparation doivent être immergées d’au moins un empan dans l’eau, afin qu’elles divisent l’eau de la citerne ?
וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: קוֹרָה אַרְבַּע מַתֶּרֶת בְּחוּרְבָּה, וְרַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ:
Mais la Guemara soulève une autre question. Rav Yehuda a dit : S’il y a une poutre transversale de quatre paumes, elle permet de porter en dessous dans une ruine. Si une poutre transversale large de quatre paumes est posée sur les murs d’une ruine, ses bords sont considérés comme s’ils descendaient jusqu’au sol de chaque côté, formant ainsi des cloisons qui permettent de porter sous la poutre transversale. Et Rav Naḥman a dit que Rabba bar Avuh a dit :

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