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גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שָׁבַת בְּעִיר חֲרֵיבָה, לְרַבָּנַן מְהַלֵּךְ אֶת כּוּלָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה. הִנִּיחַ אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר חֲרֵיבָה — אֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אֶחָד שָׁבַת וְאֶחָד הִנִּיחַ — מְהַלֵּךְ אֶת כּוּלָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה.
GUEMARA :Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : Si quelqu’un a établi sa résidence de Chabbat dans une ville désolée dont les murailles sont encore debout, selon les Sages il peut parcourir toute la ville comme si elle n’était que de quatre coudées, et il peut marcher encore deux mille coudées au-delà. Toutefois, si il a simplement placé son eirouv dans une ville désolée, il n’a que deux mille coudées à partir de l’endroit de son eirouv. Les Sages distinguent entre celui qui établit sa résidence de Chabbat en étant effectivement présent à cet endroit à l’entrée de Chabbat et celui qui le fait en y plaçant son eirouv avant Chabbat. Rabbi Elazar dit : Qu’il ait établi sa résidence de Chabbat par sa présence physique ou qu’il ait simplement placé son eirouv là, il peut parcourir toute la ville et encore deux mille coudées au-delà.
מֵיתִיבִי, אָמַר לָהֶן רַבִּי עֲקִיבָא: אִי אַתֶּם מוֹדִים לִי בְּנוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בִּמְעָרָה, שֶׁאֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה? אָמְרוּ לוֹ: אֵימָתַי, בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין. הָא בְּאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין מוֹדוּ לֵיהּ?!
La Guemara soulève une objection sur la base de la michna. Rabbi Akiva dit aux Sages : Ne m’accordez-vous pas que celui qui place son eirouv dans une grotte n’a que deux mille coudées à partir de l’endroit de son eirouv ? Ils lui dirent : Quand cela s’applique-t-il ? Lorsque la grotte n’a pas d’habitants. Par conséquent, lorsqu’elle n’a pas d’habitants, les Sages concèdent à Rabbi Akiva qu’on n’a que deux mille coudées à partir de l’endroit de son eirouv. Cela contredit l’affirmation de Rabbi Elazar selon laquelle, d’après les Sages, même si l’on place son eirouv dans la ville abandonnée, on peut parcourir toute la ville puis encore deux mille coudées au-delà.
מַאי ״אֵין בָּהּ דָּיוֹרִין״ — אֵינָהּ רְאוּיָה לְדִירָה.
La Guemara répond : Quel est le sens de la précision selon laquelle elle n’a pas d’habitants ? Cela signifie que l’endroit n’est pas propre à l’habitation. Toutefois, si la ville est propre à l’habitation, elle est considérée comme quatre coudées, même si elle est actuellement inhabitée.
תָּא שְׁמַע: שָׁבַת בְּעִיר, אֲפִילּוּ הִיא גְּדוֹלָה כְּאַנְטִיּוֹכְיָא, בִּמְעָרָה, אֲפִילּוּ הִיא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה — מְהַלֵּךְ אֶת כּוּלָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה. קָתָנֵי עִיר דּוּמְיָא דִמְעָרָה, מָה מְעָרָה חֲרֵיבָה, אַף עִיר חֲרֵיבָה. וְשָׁבַת אִין, אֲבָל הִנִּיחַ לָא.
Viens et entends une autre difficulté tirée de la baraita suivante : Si quelqu’un a établi sa résidence de Chabbat par sa présence physique dans une ville, même si elle est aussi grande qu’Antioche, ou dans une grotte, même si elle est particulièrement grande, comme la grotte de Sédécias, roi de Juda, il peut parcourir toute son étendue et encore deux mille coudées au-delà. La baraitaenseigne le cas d’une ville qui est semblable à une grotte : De même qu’une grotte est vraisemblablement désolée, c’est-à-dire inhabitée, de même la ville doit être une ville qui est désolée. Et ce n’est que dans le cas où il a établi sa résidence de Chabbat par sa présence physique que, oui, cette halakha s’applique ; mais s’il a simplement placé son eirouv là-bas, non, il ne peut pas mesurer ses deux mille coudées à partir de l’extrémité de la ville.
מַנִּי, אִילֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא, מַאי אִירְיָא חֲרֵיבָה? אֲפִילּוּ יְשִׁיבָה נָמֵי! אֶלָּא לָאו רַבָּנַן, וְטַעְמָא דְּשָׁבַת אִין, אֲבָל הִנִּיחַ — לָא!
La Guemara continue de clarifier la baraita : Selon l’opinion de qui est cette baraita ? Si vous dites qu’elle est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, pourquoi la baraita a-t-elle enseigné spécifiquement le cas d’une ville désolée ? Même si elle avait été habitée, la même halakha devrait aussi s’appliquer, car Rabbi Akiva soutient que même si quelqu’un a placé son eiruv dans une ville habitée, il n’a que deux mille coudées à partir de l’endroit de son eiruv. Au contraire, n’est-ce pas conforme à l’opinion des Sages ? Et néanmoins, la raison est qu’on a établi sa résidence de Chabbat par sa présence physique. Dans un tel cas, oui, on peut marcher dans toute la ville et encore deux mille coudées au-delà. Mais si l’on a simplement placé son eiruv là-bas, il ne lui serait pas permis de marcher à plus de deux mille coudées de son eiruv, ce qui contredirait l’opinion de Rabbi Elazar.
לָא תֵּימָא עִיר דּוּמְיָא דִמְעָרָה, אֶלָּא אֵימָא מְעָרָה דּוּמְיָא דְעִיר. מָה עִיר יְשִׁיבָה, אַף מְעָרָה יְשִׁיבָה. וְרַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר: אֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה, וּבְשָׁבַת מוֹדֵי.
La Guemara rejette cet argument et soutient que l’inférence initiale était incorrecte. Ne dis pas que la baraita fait référence à une ville qui est semblable à une grotte. Dis plutôt qu’elle fait référence à une grotte qui est semblable à une ville : De même que la ville est vraisemblablement habitée, de même la grotte doit être une grotte qui est habitée. La baraita est alors conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, qui a dit que si l’on place simplement son eiruv dans la grotte, on n’a que deux mille coudées à partir de l’endroit de son eiruv. Cependant, si l’on a établi sa résidence de Chabbat là par sa présence physique, même Rabbi Akiva concède que toute la grotte est considérée comme si elle avait quatre coudées, et il peut marcher deux mille coudées au-delà de la grotte.
וְהָא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ קָתָנֵי! כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ, וְלֹא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ. כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ — גְּדוֹלָה. וְלֹא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ — דְּאִילּוּ הָתָם חֲרֵיבָה, וְהָכָא יְשִׁיבָה.
La Guemara demande : Est-ce que labaraita n’enseigne pas que cette halakha s’applique même à une grotte comme la grotte de Sédécias, qui était inhabitée ? La Guemara répond : La baraita parle d’une grotte qui est comme la grotte de Sédécias à un égard et pas comme la grotte de Sédécias à d’autres égards. Elle est comme la grotte de Sédécias en ce que la grotte est aussi grande que celle-là. Mais elle n’est pas exactement comme la grotte de Sédécias, car là-bas, s’agissant de la grotte de Sédécias, elle était désolée, et ici la baraita parle d’une grotte qui est habitée.
מָר יְהוּדָה אַשְׁכְּחִינְהוּ לִבְנֵי מְבָרַכְתָּא דְּקָא מוֹתְבִי עֵירוּבַיְיהוּ בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּבֵי אַגּוֹבָר, אֲמַר לְהוּ: גַּוּוֹ בֵּיהּ טְפֵי, כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתְּרֵי לְכוּ טְפֵי.
La Guemara rapporte que Mar Yehouda trouva un jour les habitants de Mavrakhta en train de placer leurs eiruvin dans la synagogue de Beit Agovar. Il leur dit : Placez votre eiruv plus loin à l’intérieur de la synagogue, afin qu’il vous soit permis davantage, car la limite de Chabbat se mesure à partir de l’endroit où le eiruv est déposé. Mar Yehouda soutient que même lorsqu’un eiruv est placé dans une ville habitée, les deux mille coudées sont mesurées à partir de l’emplacement du eiruv plutôt que depuis la lisière de la ville.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: פָּלְגָאָה, בְּעֵירוּבִין לֵית דְּחַשׁ לְהָא דְּרַבִּי עֲקִיבָא.
Rava lui dit : Querelleur ! En ce qui concerne les lois du eiruv, personne ne tient compte de cette opinion de Rabbi Akiva, car la halakha est conforme à l’opinion des Sages. Par conséquent, peu importe où l’on place son eiruv dans une ville, la ville entière est considérée comme si elle mesurait quatre coudées, et il lui est permis de marcher deux mille coudées au-delà de la limite de la ville.


הַדְרָן עֲלָךְ כֵּיצַד מְעַבְּרִין

מַתְנִי׳ הַדָּר עִם הַנׇּכְרִי בֶּחָצֵר, אוֹ עִם מִי שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָּעֵירוּב — הֲרֵי זֶה אוֹסֵר עָלָיו.
MICHNA :Celui qui réside avec un non-Juif dans la même cour, ou celui qui habite dans la même cour avec quelqu’un qui n’accepte pas le principe du eiruv, bien qu’il ne soit pas non-Juif, comme un Samaritain [Kuti], cette personne le lui rend interdit de porter de sa propre maison dans la cour ou de la cour dans sa maison, à moins qu’il ne loue les droits de cette personne dans la cour, comme cela sera expliqué ci-dessous.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ אוֹסֵר עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנֵי יִשְׂרְאֵלִים אוֹסְרִין זֶה עַל זֶה.
Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : En réalité, le non-Juif ne le rend pas interdit de porter, à moins qu’il n’y ait deux Juifs vivant dans la même cour qui, entre eux, s’interdiraient l’un à l’autre de porter s’il n’y avait pas de eirouv. Dans un tel cas, la présence du non-Juif rend l’eirouv inefficace. Cependant, si un seul Juif y vit, le non-Juif ne lui rend pas interdit de porter dans la cour.
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: מַעֲשֶׂה בְּצַדּוּקִי אֶחָד שֶׁהָיָה דָּר עִמָּנוּ בְּמָבוֹי בִּירוּשָׁלַיִם, וְאָמַר לָנוּ אַבָּא: מַהֲרוּ וְהוֹצִיאוּ אֶת הַכֵּלִים לַמָּבוֹי, עַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא וְיֶאֱסֹר עֲלֵיכֶם.
Rabban Gamliel dit : Il y eut un incident impliquant un certain sadducéen qui vivait avec nous dans la même ruelle à Jérusalem, qui renonça à ses droits sur la ruelle avant Chabbat. Et Père nous dit : Dépêchez-vous et sortez vos ustensiles dans la ruelle afin d’en établir la possession, avant qu’il ne change d’avis et sorte ses propres ustensiles pour revendiquer de nouveau ses droits, auquel cas il vous en rendrait l’usage interdit de toute la ruelle.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּלָשׁוֹן אַחֵר — מַהֲרוּ וַעֲשׂוּ צׇרְכֵיכֶם בַּמָּבוֹי, עַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא וְיֶאֱסֹר עֲלֵיכֶם.
Rabbi Yehouda dit : Le père de Rabban Gamliel leur parla avec une formulation différente, en disant : Dépêchez-vous et faites tout ce que vous devez faire dans la ruelle avant Chabbat, avant qu’il ne sorte ses ustensiles et ne vous en interdise l’usage de la ruelle. En d’autres termes, vous ne pouvez pas du tout sortir des ustensiles dans la ruelle pendant Chabbat, car l’institution d’un eiruv ne peut pas être utilisée dans le voisinage d’un sadducéen. En effet, même s’il a renoncé à ses droits sur la ruelle, il peut toujours se rétracter et les revendiquer de nouveau.

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