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אֶחָד מִפְּנֵי הָאַנָּסִין, וְאֶחָד שֶׁמָּא מוֹכְרִין לוֹ נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת.
Un facteur est à cause des oppresseurs, c’est-à-dire la crainte que peut-être le gentil garde l’argent pour lui-même et force le marchand à lui donner la viande sans paiement. Et un autre facteur est de peur que le marchand ne lui vende de la viande provenant de carcasses non abattues ou de tereifot, sans se rendre compte que le gentil achète la viande au nom d’un Juif.
אָמַר מָר: וּבְגוֹי, בֵּין שְׁלֵימָה בֵּין חֲתוּכָה – אֵינוֹ צָרִיךְ לִיטּוֹל הֵימֶנָּה גִּיד הַנָּשֶׁה. בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בְּמָקוֹם שֶׁמַּכְרִיזִין – חֲתוּכָה אַמַּאי אֵינוֹ צָרִיךְ לִיטּוֹל הֵימֶנָּה גִּיד הַנָּשֶׁה? כֵּיוָן דְּלָא אַכְרוּז, אָתֵי לְמִיזְבַּן מִינֵּיהּ.
Le Maître a dit dans la baraita : Et dans le cas de quelqu’un qui envoie une cuisse à un gentil, qu’elle soit coupée ou entière, il n’est pas tenu d’en retirer le nerf sciatique. La Guemara demande : De quoi s’agit-il ? Si nous disons qu’il s’agit d’un endroit où tous les bouchers sont juifs et annoncent chaque fois qu’ils vendent de la viande non casher à un gentil, alors dans le cas d’une cuisse qui a été coupée, pourquoi n’est-on pas tenu de retirer le nerf sciatique ? Puisqu’il n’a pas été annoncé qu’ils ont vendu de la viande non casher, un Juif pourrait venir l’acheter au gentil sans se rendre compte qu’elle contient encore le nerf sciatique.
אֶלָּא פְּשִׁיטָא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכְרִיזִין, אֵימָא מְצִיעֲתָא: מִפְּנֵי שְׁנֵי דְבָרִים אָמְרוּ אֵין מוֹכְרִין נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת לְגוֹי: אֶחָד מִפְּנֵי שֶׁמַּטְעֵהוּ, וְאֶחָד שֶׁמָּא יַחְזוֹר וְיִמְכְּרֶנָּה לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר.
Au contraire, il est évident qu’il s’agit d’un endroit où l’on n’annonce pas chaque fois que l’on vend de la viande non casher, et dans un tel endroit un Juif n’achèterait pas de viande à un non-Juif. Mais considère la clause du milieu de la baraita : Et c’est pour deux raisons que les Sages ont dit qu’il ne faut pas vendre à un non-Juif de la viande de carcasses d’animaux non abattus ou de tereifot : La première est que cela le trompe ; et la seconde est la crainte que le non-Juif revende ensuite la viande à un autre Juif, qui pensera qu’elle est casher puisqu’elle a été vendue à l’origine par un Juif.
וְאִי בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכְרִיזִין – הָא לָא אָתֵי לְמִיזְבַּן מִינֵּיהּ! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בִּמְקוֹם שֶׁמַּכְרִיזִין.
Mais si la baraita fait référence à un endroit où l’on n’annonce pas chaque fois qu’on vend de la viande non casher à un gentil, un Juif ne viendra pas acheter la viande du gentil. Au contraire, il est évident que la baraita fait référence à un endroit où l’on annonce chaque fois qu’on vend de la viande non casher.
אֵימָא סֵיפָא: לֹא יֹאמַר אָדָם לְגוֹי ״קַח לִי בְּדִינָר זֶה בָּשָׂר״ מִפְּנֵי שְׁנֵי דְבָרִים, אֶחָד – מִפְּנֵי הָאַנָּסִין, וְאֶחָד – שֶׁמָּא מוֹכְרִין לוֹ נְבֵילוֹת וּטְרֵפוֹת, וְאִי בִּמְקוֹם שֶׁמַּכְרִיזִין, אִי אִיתָא דַּהֲוָה טְרֵפָה – אַכְרוֹזֵי הֲווֹ מַכְרְזִי!
Mais dis la clause finale : De même, une personne ne peut pas dire à un non-Juif : Achète-moi de la viande avec ce dinar, pour deux raisons. Une raison est à cause des oppresseurs, et une autre raison est de peur que le marchand ne lui vende de la viande provenant de carcasses non abattues ou de tereifot sans se rendre compte que le non-Juif achète la viande pour le compte d’un Juif. Mais si cela fait référence à un endroit où l’on annonce chaque fois que de la viande non casher est vendue, si jamais c’était une tereifa, les bouchers l’auraient annoncé, et le Juif saurait de ne pas manger cette viande.
אֶלָּא פְּשִׁיטָא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכְרִיזִין, רֵישָׁא וְסֵיפָא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכְרִיזִין, מְצִיעֲתָא בִּמְקוֹם שֶׁמַּכְרִיזִין!
Au contraire, il est évident que la baraita fait référence à un endroit où l’on n’annonce pas chaque fois que de la viande non casher est vendue. Mais est-il possible que la première proposition et la dernière proposition de la baraita fassent référence à un endroit où l’on n’annonce pas chaque fois que de la viande non casher est vendue, tandis que la proposition du milieu fasse référence à un endroit où l’on annonce chaque fois que de la viande non casher est vendue ?
אָמַר אַבָּיֵי: אִין, רֵישָׁא וְסֵיפָא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכְרִיזִין, מְצִיעֲתָא בִּמְקוֹם שֶׁמַּכְרִיזִין.
Abaye a dit : Oui, la première clause et la dernière clause de la baraita font référence à un endroit où l’on n’annonce pas chaque fois que de la viande non casher est vendue, et la clause du milieu fait référence à un endroit où l’on annonce effectivement chaque fois que de la viande non casher est vendue.
רָבָא אָמַר: כּוּלַּהּ בִּמְקוֹם שֶׁמַּכְרִיזִין. רֵישָׁא וְסֵיפָא – שֶׁהִכְרִיזוּ, מְצִיעֲתָא – שֶׁלֹּא הִכְרִיזוּ.
Rava a dit : Toute la baraita se rapporte à un endroit où l’on annonce chaque fois que de la viande non casher est vendue. La première clause et la dernière clause se rapportent à des jours où l’on a annoncé que de la viande non casher avait été vendue, et la clause du milieu se rapporte à un jour où l’on n’a pas annoncé que de la viande non casher avait été vendue.
רַב אָשֵׁי אָמַר: כּוּלַּהּ בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכְרִיזִין, וּמְצִיעֲתָא גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִמְכְּרֶנָּה בִּפְנֵי יִשְׂרָאֵל.
Rav Ashi a dit : Toute la baraita se rapporte à un endroit où l’on n’annonce pas chaque fois que de la viande non casher est vendue. Et la raison pour laquelle la clause du milieu enseigne qu’il est interdit de vendre à un non-Juif de la viande provenant de carcasses non abattues rituellement ou de tereifot est due à un décret rabbinique, de peur que le Juif la vende au non-Juif en présence d’un autre Juif, qui pensera que ce morceau de viande en particulier est casher.
הֵיכִי מַכְרְזִינַן? אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף: נְפַל בִּישְׂרָא לִבְנֵי חֵילָא.
§ La Guemara a noté qu’il y avait des endroits où l’on annonçait chaque fois que de la viande non casher était vendue à un gentil. La Guemara demande : Comment annonçons-nous que de la viande non casher a été vendue ? La Guemara répond que Rav Yitzḥak bar Yosef a dit : De la viande est tombée en notre possession pour les soldats, c’est-à-dire les gentils.
וְלֵימָא: נְפַל טְרֵיפְתָּא לִבְנֵי חֵילָא! לָא זָבְנִי.
La Guemara objecte : Mais qu'ils disent : Une tereifa est tombée en notre possession pour les soldats. La Guemara répond que, si un boucher rendait public le fait qu'il s'agit d'une tereifa, les gentils ne l'achèteraient pas chez lui, car ils ne voudraient pas d'un animal rejeté par les Juifs.
וְהָא קָמַטְעֵי לְהוּ? אִינְהוּ הוּא דְּקָמַטְעוּ נַפְשַׁיְיהוּ.
La Guemara demande : Mais si l’annonce est faite d’une manière qui dissimule aux gentils le fait que l’animal est une tereifa, cela ne les trompe-t-il pas ? La Guemara répond : Ce sont eux qui se trompent eux-mêmes, car le vendeur ne précise pas quel type de viande il vend.
כִּי הָא דְּמָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן הֲוָה קָאָזֵיל מִסִּיכְרָא לְבֵי מָחוֹזָא, וְרָבָא וְרַב סָפְרָא הֲווֹ קָא אָתוּ לְסִיכְרָא, פְּגַעוּ אַהֲדָדֵי. הוּא סָבַר לְאַפֵּיהּ הוּא דְּקָאָתוּ, אֲמַר לְהוּ: לְמָה לְהוּ לְרַבָּנַן דִּטְרוּחַ וַאֲתוֹ כּוּלֵּי הַאי? אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא: אֲנַן לָא הֲוָה יָדְעִינַן דְּקָאָתֵי מָר, אִי הֲוָה יָדְעִינַן טְפֵי הֲוָה טָרְחִינַן.
La Guemara cite une preuve qu’il est permis de laisser les autres se tromper eux-mêmes. Ce fut ainsi cet incident lorsque Mar Zutra, fils de Rav Naḥman, allait de la ville de Sikhra à la ville de Bei Meḥoza, et au même moment Rava et Rav Safra allaient à Sikhra. Ils se rencontrèrent, et Mar Zutra pensa qu’ils venaient à sa rencontre. Il leur dit : Pourquoi les Sages se sont-ils donné tant de peine et sont-ils venus tout ce chemin pour m’accueillir ? Rav Safra lui dit : Nous ne savions pas que le Maître venait ; si nous l’avions su, nous nous serions encore davantage efforcés.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: מַאי טַעְמָא אֲמַרְתְּ לֵיהּ הָכִי, דְּאַחְלֵישְׁתֵּיהּ לְדַעְתֵּיהּ? אֲמַר לֵיהּ: וְהָא קָא מַטְעֵינַן לֵיהּ! אִיהוּ הוּא דְּקָא מַטְעֵי נַפְשֵׁיהּ.
Rava dit à Rav Safra : Quelle est la raison pour laquelle tu as dit cela à Mar Zutra ? En lui disant que nous ne venions pas le saluer, tu l’as contrarié. Rav Safra dit à Rava : Mais si je ne l’avais pas dit, nous l’aurions induit en erreur. Rava répondit : Mar Zutra s’est induit en erreur lui-même, puisque nous n’avons jamais dit que nous venions le saluer.
הָהוּא טַבָּחָא דַּאֲמַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ:
§ La Guemara revient au sujet de la vente de viande non casher à un non-Juif. Il y avait un certain boucher juif qui dit à un autre individu :

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