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וּלְעָלְמָא לָא חָיְישִׁינַן? וְהָתְנַן: הַנּוֹתֵן לַפּוּנְדָּקִית שֶׁלּוֹ – מְעַשֵּׂר אֵת שֶׁהוּא נוֹתֵן לָהּ וְאֵת שֶׁהוּא נוֹטֵל הֵימֶנָּה, מִפְּנֵי שֶׁחֲשׁוּדָהּ מַחְלֶפֶת! הָתָם נָמֵי מוֹרְיָא וְאָמְרָה: בַּר בֵּי רַב לֵיכוֹל חַמִּימָא, וַאֲנָא אֵיכוֹל קָרִירָא.
La Guemara demande : Et en général, dans un cas qui n’implique pas sa belle-mère, ne sommes-nous pas préoccupés par la possibilité d’un remplacement ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Demai 3:5) : Celui qui donne de la pâte ou un plat en marmite à son aubergiste [pundakit], qui est un am ha’aretz, pour cuire ou faire cuire, prélève la dîme sur ce qu’il lui donne et prélève la dîme sur ce qu’il reprend d’elle en raison du fait qu’elle est soupçonnée de remplacer les ingrédients ? La Guemara répond : Là aussi, ses intentions sont bonnes, car l’aubergiste rationalise sa tromperie et dit : Que l’étudiant de Torah mange ma nourriture chaude, et moi je mangerai sa nourriture froide.
וּלְחַלּוֹפֵי לָא חָיְישִׁינַן? וְהָתַנְיָא: אֵשֶׁת חָבֵר טוֹחֶנֶת עִם אֵשֶׁת עַם הָאָרֶץ בִּזְמַן שֶׁהִיא טְמֵאָה, אֲבָל לֹא בִּזְמַן שֶׁהִיא טְהוֹרָה.
La Guemara demande : Ne sommes-nous donc pas préoccupés par le remplacement des ingrédients ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : La femme d’un ḥaver, une personne attachée à l’observance méticuleuse des mitzvot, en particulier des halakhot de pureté rituelle, de teruma et des dîmes, moud du grain avec la femme d’un am ha’aretz lorsque la femme du ḥaver est rituellement impure de l’impureté d’une femme menstruée. Dans ce cas, il n’y a pas lieu de craindre qu’elle mange la production non prélevée de sa vis-à-vis, car, puisqu’elle est impure, elle s’abstiendra de toucher le grain afin de ne pas le rendre impur. Mais elle ne peut pas le faire lorsqu’elle est rituellement pure, de crainte qu’elle ne mange de la production non prélevée.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף בִּזְמַן שֶׁהִיא טְמֵאָה לֹא תִּטְחוֹן, מִפְּנֵי שֶׁחֲבֶירְתָּהּ נוֹתֶנֶת לָהּ וְאוֹכֶלֶת.
Rabbi Shimon ben Elazar dit : Même lorsqu’elle est impure, la femme du ḥaver ne peut pas moudre du grain avec la femme du am ha’aretz, du fait que son interlocutrice lui donne du grain et elle le mange sans toucher au reste du grain.
הַשְׁתָּא מִיגְזָל גָּזְלָה, חַלּוֹפֵי מִיבַּעְיָא? אָמַר רַב יוֹסֵף: הָתָם נָמֵי מוֹרְיָא וְאָמְרָה ״תּוֹרָא מִדְּיָשֵׁיהּ קָאָכֵיל״.
La Guemara déduit : Maintenant qu’il existe un soupçon selon lequel la femme du am ha’aretzvole du grain de son mari et le donne à ses compagnes, est-il nécessaire de dire qu’elle est également suspecte en ce qui concerne le remplacement d’ingrédients ? Rav Yosef a dit : Là aussi il existe des circonstances particulières, car la femme du am ha’aretzrationalise son comportement et dit, métaphoriquement : Le bœuf mange de son battage, et elle croit que la femme du ḥaver a droit à une partie du grain qu’elle est en train de moudre.
הֵעִיד רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן זֵרוּז, בֶּן חָמִיו שֶׁל רַבִּי מֵאִיר, לִפְנֵי רַבִּי עַל רַבִּי מֵאִיר שֶׁאָכַל עָלֶה שֶׁל יָרָק בְּבֵית שְׁאָן, וְהִתִּיר רַבִּי אֶת בֵּית שְׁאָן כּוּלָּהּ עַל יָדוֹ.
§ La Guemara reprend sa discussion de l’affirmation selon laquelle les justes ne subiraient pas de mésaventures. Rabbi Yehoshua ben Zeruz, fils du beau-père de Rabbi Meir, témoigna devant Rabbi Yehouda HaNassi au sujet de Rabbi Meir, qu’il mangea la feuille d’un légume à Beit She’an sans prélever la dîme ni séparer la terouma, car il soutient que Beit She’an ne fait pas partie d’Eretz Yisrael et n’est donc pas sainte de cette sainteté. Et Rabbi Yehouda HaNassi permit toute la production de Beit She’an sur la base de son témoignage.
חָבְרוּ עָלָיו אֶחָיו וּבֵית אָבִיו, אָמְרוּ לוֹ: מָקוֹם שֶׁאֲבוֹתֶיךָ וַאֲבוֹת אֲבוֹתֶיךָ נָהֲגוּ בּוֹ אִיסּוּר, אַתָּה תִּנְהוֹג בּוֹ הֶיתֵּר?
Ses frères et la maison de son père s’unirent contre lui et lui dirent : Dans un lieu où tes pères et les pères de tes pères ont traité les produits non dîmés comme interdits, les traiteras-tu comme permis ?
דְּרַשׁ לָהֶן מִקְרָא זֶה: ״וְכִתַּת נְחַשׁ הַנְּחֹשֶׁת אֲשֶׁר עָשָׂה מֹשֶׁה כִּי עַד הַיָּמִים הָהֵמָּה הָיוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל מְקַטְּרִים לוֹ וַיִּקְרָא לוֹ נְחֻשְׁתָּן״. אֶפְשָׁר בָּא אָסָא וְלֹא בִּיעֲרוֹ, בָּא יְהוֹשָׁפָט וְלֹא בִּיעֲרוֹ? וַהֲלֹא כׇּל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁבָּעוֹלָם אָסָא וִיהוֹשָׁפָט בִּיעֲרוּם!
Rabbi Yehouda HaNassi leur interpréta ce verset : « Et il mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait ; car jusqu’à ces jours-là, les enfants d’Israël lui brûlaient de l’encens ; et on l’appelait Nehoushtan » (II Rois 18:4). Est-il possible qu’ils lui aient brûlé de l’encens et que Asa, un roi juste, soit venu sans l’éradiquer, et que Josaphat, un roi juste, soit venu sans l’éradiquer, et qu’il soit resté jusqu’au temps d’Ézéchias ? Mais Asa et Josaphat n’ont-ils pas éradiqué tous les objets de culte idolâtre dans le monde ?

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