דְּאַגַּב חוּרְפֵּיהּ בָּלַע, אֲבָל קִישּׁוּת – גָּרֵיר לְבֵי פְסָקֵיהּ וְאָכֵיל.
car, en raison de son caractère piquant, il absorbe la graisse sur le couteau. Mais si l’on a coupé un concombre avec le même couteau, il n’absorbe pas la graisse dans la même mesure. On peut donc simplement gratter l’endroit de la coupe pour enlever tout résidu de graisse, et ensuite on peut manger le concombre avec du kutaḥ.
קִילְחֵי דְּלִיפְתָּא – שְׁרֵי, דְּסִילְקָא – אֲסִירי, וְאִי פְּתַךְ בְּהוּ דְּלִיפְתָּא – שַׁפִּיר דָּמֵי.
De même, des tiges de navet coupées avec un tel couteau sont permises à la consommation avec du kutaḥ. Mais la bette coupée avec un tel couteau est interdite à la consommation avec du kutaḥ, car elle absorbe le goût du couteau. Et si l’on a alterné entre couper de la bette et des tiges de navet, cela est permis, car les tiges de navet annulent le goût de la viande dans le couteau.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב דִּימִי מֵרַב נַחְמָן: מַהוּ לְאַנּוֹחֵי כַּדָּא דְמִלְחָא גַּבֵּי כַּדָּא דְכַמְכָּא? אֲמַר לֵיהּ: אָסוּר. דְּחַלָּא מַאי? אֲמַר לֵיהּ: שְׁרֵי.
§ Rav Dimi demanda à Rav Naḥman : Quelle est la halakha concernant le fait de placer une jarre de sel, utilisée pour saler la viande, à côté d’une jarre de kamka, c’est-à-dire du kutaḥ, un plat lacté ? Faut-il craindre qu’un peu de kutaḥ tombe sur le sel à son insu et finisse par contaminer sa viande ? Rav Naḥman lui dit : C’est interdit de placer les deux jarres l’une à côté de l’autre. Rav Dimi demanda en outre : Quelle est la halakha concernant un cas similaire impliquant une jarre de vinaigre utilisée pour assaisonner la viande ? Faut-il craindre que le kutaḥ tombe dans le vinaigre ? Rav Naḥman lui dit : C’est permis de placer ces deux jarres l’une à côté de l’autre.
וּמַאי שְׁנָא לְכִי תֵּיכוּל עֲלַהּ כּוֹרָא דְמִלְחָא? מַאי טַעְמָא? הַאי – אִיתֵיהּ (איסורא) [לְאִיסּוּרָא] בְּעֵינֵיהּ, וְהַאי – לֵיתֵיהּ (איסורא) [לְאִיסּוּרָא] בְּעֵינֵיהּ.
Rav Dimi demanda : Et qu’est-ce qui distingue le vinaigre ? Rav Naḥman répondit : Quand tu y auras réfléchi assez longtemps pour manger un kor de sel, tu connaîtras la raison. La Guemara précise : Quelle est donc la raison ? Dans ce cas du sel, la substance interdite est substantielle, car les traces de kutaḥ sont discernables et ne sont pas annulées par le sel. Mais dans cet autre cas du vinaigre, la substance interdite n’est pas substantielle, puisque le kutaḥ se dissout dans le vinaigre et ne transmettra plus de goût.
הָהוּא בַּר גּוֹזָלָא דִּנְפַל לְכַדָּא דְּכַמְכָּא, שַׁרְיֵיהּ רַב חִינָּנָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא מִפַּשְׁרוּנְיָא. אָמַר רָבָא: מַאן חַכִּים לְמִישְׁרֵי כִּי הַאי גַוְונָא, אִי לָאו רַב חִינָּנָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא מִפַּשְׁרוּנְיָא? קָסָבַר: כִּי אָמַר שְׁמוּאֵל ״מָלִיחַ הֲרֵי הוּא כְּרוֹתֵחַ״, הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּאֵינוֹ נֶאֱכָל מֵחֲמַת מִלְחוֹ, אֲבָל הַאי כּוּתָּחָא הֲרֵי נֶאֱכָל מֵחֲמַת מִלְחוֹ.
La Guemara rapporte : Il y avait un certain jeune oiseau qui tomba dans une cruche de kamka, c’est-à-dire de kutaḥ. Rav Ḥinnana, fils de Rava, de la ville de Pashronya, permit l’oiseau. Rava dit à ce sujet : Qui est assez sage pour discerner des raisons de permettre l’aliment dans des cas difficiles comme celui-ci, sinon Rav Ḥinnana, fils de Rava de Pashronya ? Il soutient que, lorsque Shmuel a dit qu’un aliment salé transmet une saveur comme un aliment bouillant, cette déclaration ne s’applique qu’à un aliment si salé qu’il n’est pas mangé à cause de son sel, mais ce kutaḥ peut encore être mangé à cause de, c’est-à-dire malgré, son sel. Par conséquent, c’est comme si les deux aliments étaient froids et non salés, et ils ne transmettent pas de saveur l’un à l’autre, à condition de rincer la zone de contact.
וְהָנֵי מִילֵּי חַי, אֲבָל צָלִי – בָּעֵי קְלִיפָה, וְאִי אִית בֵּיהּ פִּילֵי – כּוּלֵּיהּ אָסוּר, וְאִי מְתַבַּל בְּתַבְלִין – כּוּלֵּיהּ אָסוּר.
La Guemara ajoute : Et cette déclaration ne s’applique que si l’oiseau est cru, mais s’il est rôti, il nécessite d’être pelé afin d’en retirer la couche extérieure, car la cuisson au rôtissage attendrit la viande et l’amène à absorber davantage de saveur. Et s’il présente des fissures [pilei], il est entièrement interdit, car le lait est absorbé dans les fissures. Et s’il a été assaisonné avec des épices, il est de même entièrement interdit, car les épices attendrissent la viande et la rendent absorbante.
אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר שְׁמוּאֵל: כִּכָּר שֶׁחָתַךְ עָלֶיהָ בָּשָׂר – אָסוּר לְאׇכְלָהּ, וְהָנֵי מִילֵּי דְּאַסְמֵיק, וְהָנֵי מִילֵּי דְּאַבְרְיֵהּ, וְהָנֵי מִילֵּי דְּאַסְמְכֵיהּ, אֲבָל קְלִישְׁתָּא – לֵית לַן בַּהּ.
Rav Naḥman a dit que Shmuel dit : Il est interdit de manger une miche de pain sur laquelle on a coupé de la viande rôtie non salée, car le sang expulsé de la viande rôtie est absorbé dans la miche. La Guemara ajoute : Et cette déclaration ne s’applique que si la viande est rougeâtre à cause du sang qu’elle contient. Et, de plus, cette déclaration ne s’applique que si une telle quantité de sang a été absorbée dans la miche qu’elle a traversé d’un côté de la miche à l’autre et était visible des deux côtés. Et, de plus, cette déclaration ne s’applique que si le liquide émis par la viande rôtie est visqueux. Mais s’il est fluide, nous n’avons pas de problème avec cela, c’est-à-dire que la miche est permise.
שְׁמוּאֵל שָׁדֵי לֵיהּ לְכַלְבֵּיהּ, רַב הוּנָא יָהֵיב לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ. מָה נַפְשָׁךְ? אִי שְׁרֵי – לְכוּלֵּי עָלְמָא שְׁרֵי, אִי אֲסִיר – לְכוּלֵּי עָלְמָא אֲסִיר! שָׁאנֵי רַב הוּנָא דַּאֲנִינָא דַּעְתֵּיהּ. רָבָא אָכֵיל לֵיהּ, וְקָרֵי לֵיהּ ״חֲמַר בָּשָׂר״.
La Guemara rapporte : Shmuel jetait à son chien un pain de ce type qu’il considérait comme interdit. Rav Houna ne mangeait pas le pain lui-même, mais préférait plutôt le donner à son serviteur. La Guemara objecte : Quelle que soit la manière dont on considère la chose, le comportement de Rav Houna est problématique : Si le pain est permis, il est permis pour tout le monde, y compris pour Rav Houna lui-même. Et s’il est interdit, alors il est interdit pour tout le monde, et il ne devrait pas le donner à son serviteur. La Guemara explique : En réalité, le pain est permis à la consommation, et Rav Houna est différent, car il était de constitution délicate et ne voulait pas manger le pain lui-même. La Guemara rapporte en outre : Rava mangeait un pain de ce type et appelait le liquide rouge vin de viande.
אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין מַנִּיחִין כְּלִי תַּחַת בָּשָׂר עַד שֶׁיִּכְלֶה כׇּל מַרְאֵה אַדְמוּמִית שֶׁבּוֹ. מְנָא יָדְעִינַן? מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פָּפָּא אָמַר: מִשֶּׁתַּעֲלֶה תִּימְרָתוֹ.
Rav Naḥman dit que Shmuel dit : On ne peut pas placer un récipient sous de la viande en train de rôtir pour recueillir les gouttes de graisse jusqu’à ce que toute la rougeur de l’apparence de la viande ait disparu. Auparavant, toutefois, il faut craindre que du sang tombe avec les écoulements dans le récipient, rendant le mélange et le récipient interdits. La Guemara demande : Comment savons-nous quand toute la rougeur de la viande a disparu ? Mar Zutra a dit au nom de Rav Pappa : Dès que sa fumée s’élève, on peut être certain que tout le sang a été expulsé de la viande.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: וְדִלְמָא תַּתָּאָה מְטָא, עִילָּאָה לָא מְטָא? אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: לֵית לֵיהּ תַּקַּנְתָּא, אֶלָּא מִשְׁדֵּא בֵּיהּ תַּרְתֵּי גַּלְלֵי מִלְחָא,
Rav Ashi objecte à cela : Mais peut-être que la face inférieure de la viande, qui est la plus proche des braises, a déjà été complètement rôtie, mais sa partie supérieure n’est toujours pas rôtie et expulse encore du sang à ce stade. Au contraire, Rav Ashi a dit : Celui qui souhaite recueillir les jus n’a pas d’autre solution que d’y placer deux morceaux de sel, c’est-à-dire un dans le récipient sous la viande et un au-dessus, dans la viande elle-même.