כׇּל הַסְּרִיקִין אֲסוּרִין וּסְרִיקֵי בַיְיתּוֹס מוּתָּרִין? הָתָם, הָא אָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: אֵיזוֹרוֹ מוֹכִיחַ עָלָיו.
Tous les gâteaux syriens sont interdits, mais les gâteaux syriens de Baitos sont permis ? La Guemara répond : En ce qui concerne le cas là-bas, Mar, fils de Rav Ashi, a dit : Sa ceinture constitue une preuve pour lui, car à cette époque les gens n’avaient généralement qu’une seule ceinture, portée par-dessus la chemise. Si une personne avait plus d’une chemise, alors chaque fois qu’elle en lavait une, elle retirait la ceinture et la portait sur la seconde. Si quelqu’un voyait une chemise lavée avec sa ceinture, il saurait que le propriétaire n’avait qu’une seule chemise.
מַתְנִי׳ טִיפַּת חָלָב שֶׁנָּפְלָה עַל הַחֲתִיכָה, אִם יֵשׁ בָּהּ בְּנוֹתֵן טַעַם בְּאוֹתָהּ חֲתִיכָה – אָסוּר. נִיעֵר אֶת הַקְּדֵרָה, אִם יֵשׁ בָּהּ בְּנוֹתֵן טַעַם בְּאוֹתָהּ קְדֵרָה – אָסוּר.
MICHNA : Dans le cas d’une goutte de lait tombée sur un morceau de viande, si la goutte contient assez de lait pour donner du goût à ce morceau de viande, c’est-à-dire si la viande fait moins de soixante fois la taille de la goutte, la viande est interdite. Si quelqu’un a remué le contenu de la marmite et que le morceau était submergé dans la sauce avant d’absorber le lait, si la goutte contient assez de lait pour donner du goût au contenu de cette marmite entière, le contenu de toute la marmite est interdit.
גְּמָ׳ אָמַר אַבָּיֵי: טַעְמוֹ וְלֹא מַמָּשׁוֹ בְּעָלְמָא – דְּאוֹרָיְיתָא.
GEMARA :Abaye a dit : Le principe selon lequel la saveur d’un aliment interdit rend interdite la substance dans laquelle elle est absorbée, et qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait une substance interdite réelle, s’applique selon la loi de la Torah en général, et pas seulement à l’interdiction de la viande cuite dans le lait.
דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּרַבָּנַן, מִבָּשָׂר בְּחָלָב מַאי טַעְמָא לָא גָּמְרִינַן? דְּחִדּוּשׁ הוּא. אִי חִדּוּשׁ הוּא, אַף עַל גַּב דְּלֵיכָּא נוֹתֵן טַעַם נָמֵי!
Mais, s’il te vient à l’esprit que le principe s’applique à d’autres aliments interdits par la loi rabbinique, on peut soutenir : Quelle est la raison pour laquelle nous n’apprenons pas qu’il s’applique selon la loi de la Torah à partir du cas analogue de la viande cuite dans le lait ? Ce doit être parce que l’interdiction de la viande cuite dans le lait est une nouveauté qui n’est pas déduite par raisonnement logique, puisque chaque substance est permise séparément, et elles ne sont interdites que lorsqu’elles sont cuites ensemble. On ne peut tirer aucune analogie d’une nouveauté. Mais si l’interdiction est une nouveauté, alors même s’il n’y a pas assez de lait pour donner du goût, la viande et le lait devraient aussi être interdits. Puisque la mesure de l’interdiction suit les principes ordinaires des mélanges, l’interdiction elle-même n’est apparemment pas une nouveauté. On peut donc établir une analogie avec d’autres mélanges, en déduisant que cette mesure s’applique également à eux selon la loi de la Torah.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: דֶּרֶךְ בִּשּׁוּל אָסְרָה תּוֹרָה.
Rava dit à Abaye : Ceci n’est pas une preuve valable. L’interdiction de la viande cuite dans le lait est en effet une nouveauté et diffère des autres mélanges interdits. Néanmoins, sa mesure n’est que la transmission de saveur, parce que l’action que la Torah a interdite est de la manière de la cuisson, et la cuisson implique la transmission de saveur.
אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁנָּתַן טַעַם בַּחֲתִיכָה, חֲתִיכָה עַצְמָהּ נַעֲשֵׂית נְבֵלָה, וְאוֹסֶרֶת כׇּל הַחֲתִיכוֹת כּוּלָּן, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מִינָהּ.
§ La michna enseigne que, si le morceau de viande acquiert le goût du lait, il est interdit. Rav dit : Une fois que le lait transmet son goût au morceau de viande, le morceau lui-même devient une viande non casher à part entière. Et par conséquent, si l’on n’a pas immédiatement retiré le morceau de la marmite, il rend tous les morceaux de viande dans la marmite interdits, même s’ils représentent ensemble plus de soixante fois la taille de ce morceau interdit. Cela est ainsi parce qu’ils sont du même type que le morceau interdit et que, en règle générale, une substance en contact avec une substance du même type ne peut pas être annulée.
אֲמַר לֵיהּ מָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב מָרִי לְרָבִינָא: מִכְּדֵי רַב כְּמַאן אָמַר לִשְׁמַעְתֵּיהּ? כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר מִין בְּמִינוֹ לֹא בָּטֵיל, לֵימָא פְּלִיגָא אַדְּרָבָא?
Mar Zutra, fils de Rav Mari, dit à Ravina : Maintenant considère, selon l’opinion de qui Rav a-t-il énoncé sa halakha ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui a dit qu’un type d’aliment mélangé à un aliment du même type n’est pas annulé. Si c’est le cas, dirons-nous que Rav est en désaccord avec l’interprétation de Rava de l’opinion de Rabbi Yehouda ?
דְּאָמַר רָבָא: קָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה, כׇּל שֶׁהוּא מִין וּמִינוֹ וְדָבָר אַחֵר – סַלֵּק אֶת מִינוֹ כְּמִי שֶׁאֵינוֹ, וְשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ רָבֶה עָלָיו וּמְבַטְּלוֹ.
Comme l’a dit Rava : Rabbi Yehuda soutient qu’en ce qui concerne tout mélange tripartite composé d’un type d’aliment interdit, d’un aliment permis du même type, et d’un autre aliment permis, on fait abstraction de l’aliment permis qui est de son propre type comme s’il n’était pas là, et si l’aliment permis qui n’est pas de son propre type est plus abondant que l’aliment interdit, l’aliment permis annule l’aliment interdit. Dans le cas que Rav décrit, bien que les autres morceaux de viande soient du même type que le morceau devenu interdit, la sauce dans la marmite n’est pas du même type, et elle devrait annuler le morceau interdit. Puisque Rav ne mentionne pas ce principe, il semble apparemment qu’il soit en désaccord avec lui.
אֲמַר לֵיהּ: אִי דִּנְפַל בְּרוֹטֶב רַכָּה – הָכִי נָמֵי, הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – דִּנְפַל בְּרוֹטֶב עָבָה.
Ravina lui dit : Si la substance interdite tombait dans une sauce légère, Rav reconnaîtrait que la sauce annulerait effectivement le morceau de viande, puisque les deux substances sont de types différents. Mais ici, nous traitons d’un cas où elle est tombée dans une sauce épaisse, composée de résidus de viande. Puisque la sauce est de la même substance que la viande, le morceau interdit n’est pas annulé.
וּמַאי קָסָבַר? אִי קָסָבַר אֶפְשָׁר לְסוֹחֳטוֹ מוּתָּר, חֲתִיכָה אַמַּאי נַעֲשֵׂית נְבֵלָה? אֶלָּא קָסָבַר אֶפְשָׁר לְסוֹחֳטוֹ אָסוּר.
La Guemara revient à la déclaration de Rav selon laquelle le morceau de viande sur lequel le lait est tombé est considéré comme un élément non casher à part entière. Et que soutient Rav à cet égard ? S'il soutient qu'un élément qui peut être essoré pour retirer la substance interdite qu'il contient redevient permis après essorage, il s'ensuit que seule la substance absorbée est véritablement interdite. Si tel est le cas, pourquoi ce morceau de viande lui-même deviendrait-il non casher ? Une fois mélangé au ragoût, le lait qu'il a absorbé devrait être réparti uniformément dans toute la marmite et être annulé. Au contraire, Rav doit soutenir que même un élément qui peut être essoré pour retirer la substance interdite est interdit.
דְּאִיתְּמַר: רַב וְרַבִּי חֲנִינָא וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמְרִי: אֶפְשָׁר לְסוֹחֳטוֹ – אָסוּר, שְׁמוּאֵל וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי וְרֵישׁ לָקִישׁ דְּאָמְרִי: אֶפְשָׁר לְסוֹחֳטוֹ – מוּתָּר.
La Guemara développe : Comme il a été enseigné : Rav, Rabbi Ḥanina et Rabbi Yoḥanan disent que même un objet qui peut être essoré pour retirer la substance interdite est interdit, tandis que Shmuel, et Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehuda HaNasi, et Reish Lakish disent : Un objet qui peut être essoré pour retirer la substance interdite est permis.
וְסָבַר רַב אֶפְשָׁר לְסוֹחֳטוֹ אָסוּר? וְהָאִיתְּמַר: כְּזַיִת בָּשָׂר שֶׁנָּפַל לְתוֹךְ יוֹרָה שֶׁל חָלָב, אָמַר רַב: בָּשָׂר אָסוּר וְחָלָב מוּתָּר, וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ אֶפְשָׁר לְסוֹחֳטוֹ אָסוּר,
La Guemara demande : Et Rav soutient-il vraiment qu’un élément qui peut être pressé pour en retirer la substance interdite est interdit ? Mais n’a-t-il pas été enseigné : Si une quantité de viande de la taille d’une olive est tombée dans une marmite de lait si grande que la viande ne lui a pas donné de goût, Rav dit : La viande est interdite, car elle a absorbé le goût du lait, mais le lait est permis, puisqu’il n’a pas absorbé le goût de la viande. Mais s’il te vient à l’esprit que, selon Rav, un élément qui peut être pressé est interdit,