מִי שֶׁחֲגִיגָה בָּאָה מֵהֶם, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין חֲגִיגָה בָּאָה מֵהֶם.
Cela enseigne que manger ces animaux dont peut provenir l’offrande de paix de la fête, c’est-à-dire les ovins et les bovins, accomplit la mitsva de se réjouir. Cela exclut ceux-ci, c’est-à-dire les offrandes d’oiseaux et les offrandes végétales, dont l’offrande de paix de la fête ne peut pas provenir.
רַב אָשֵׁי אָמַר: מִ״וְּשָׂמַחְתָּ״ נָפְקָא. יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין בָּהֶן שִׂמְחָה.
Rav Ashi a dit : Il n’est pas nécessaire de déduire cette halakha de « Et tu te réjouiras en ta fête », en expliquant que le mot fête fait référence à l’offrande de paix du Festival. Au contraire, cette halakha est déduite simplement de l’expression « Et tu te réjouiras. » Cela exclut ces offrandes d’oiseaux et offrandes de farine qui n’ont pas d’élément de joie, car la joie de manger n’est procurée que par la viande animale.
וְרַב אָשֵׁי, הַאי ״בְּחַגֶּךָ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? הַהוּא, לְכִדְרַב דָּנִיאֵל בַּר קַטִּינָא. דְּאָמַר רַב דָּנִיאֵל בַּר קַטִּינָא אָמַר רַב: מִנַּיִין שֶׁאֵין נוֹשְׂאִין נָשִׁים בַּמּוֹעֵד — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׂמַחְתָּ בְּחַגֶּךָ״, וְלֹא בְּאִשְׁתֶּךָ.
La Guemara demande : Et que fait Rav Ashi de l’expression : « Dans ta fête » ? La Guemara répond : Cette expression vient enseigner conformément à la déclaration de Rav Daniel bar Ketina. Car Rav Daniel bar Ketina a dit que Rav a dit : D’où est-il dérivé qu’on ne peut pas épouser une femme pendant les jours intermédiaires de la fête ? Comme il est dit : « Et tu te réjouiras dans ta fête, » indiquant qu’on doit se réjouir seulement dans ta fête et non avec sa femme.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אוֹכְלִים מְרוּבִּים וּנְכָסִים מוּעָטִים — מֵבִיא שְׁלָמִים מְרוּבִּים וְעוֹלוֹת מוּעָטוֹת. נְכָסִים מְרוּבִּים וְאוֹכְלִין מוּעָטִין — מֵבִיא עוֹלוֹת מְרוּבּוֹת וּשְׁלָמִים מוּעָטִין.
MICHNA :Celui qui a beaucoup de convives, c’est-à-dire les membres de sa maison, et peu de biens, peut apporter beaucoup d’offrandes de paix et peu d’holocaustes, afin de nourrir les membres de sa maison avec les offrandes de paix. Si quelqu’un a beaucoup de biens et peu de convives, il doit apporter beaucoup d’holocaustes et peu d’offrandes de paix.
זֶה וָזֶה מוּעָט — עַל זֶה נֶאֱמַר: מָעָה כֶּסֶף, שְׁתֵּי כֶּסֶף. זֶה וָזֶה מְרוּבִּים — עַל זֶה נֶאֱמַר: ״אִישׁ כְּמַתְּנַת יָדוֹ כְּבִרְכַּת ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר נָתַן לָךְ״.
Si à la fois ceux-ci et ceux-là, ses biens et les membres de sa maison, sont peu nombreux, à l’égard de cet individu il est dit dans la michna (2a) que les Sages ont fixé le montant minimal d’une ma’a d’argent pour l’holocauste de comparution au Temple et de deux pièces d’argent pour les offrandes de paix de la fête. Si les deux — ceux qui mangent chez lui et ses biens — sont nombreux, à l’égard de cet individu il est dit : « Chacun donnera selon ses moyens, selon la bénédiction de l’Éternel, ton Dieu, qu’Il t’a donnée » (Deutéronome 16:17).
גְּמָ׳ שְׁלָמִים מְרוּבִּים. מֵהֵיכָא מַיְיתֵי? הָא לֵית לֵיהּ! אָמַר רַב חִסְדָּא: טוֹפֵל וּמֵבִיא פַּר גָּדוֹל. אָמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת: הֲרֵי אָמְרוּ טוֹפְלִין בְּהֵמָה לִבְהֵמָה!
GUEMARA : Concernant l’affirmation de la michna selon laquelle celui qui a beaucoup de convives et peu de biens peut apporter de nombreuses offrandes de paix, la Guemara demande : D’où peut-il apporter de nombreuses offrandes de paix ? Il n’a pas beaucoup de biens. Rav Ḥisda a dit : Il combine ses biens avec l’argent de la seconde dîme et apporte un grand taureau. De cette manière, il aura beaucoup de viande provenant de l’offrande de paix. Rav Chéchet lui dit : Les Sages ont dit que l’on peut combiner un animal avec un autre animal.
מַאי קָאָמַר לֵיהּ? אִילֵּימָא הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: הֲרֵי אָמְרוּ טוֹפְלִין בְּהֵמָה לִבְהֵמָה אֲבָל לֹא מָעוֹת לְמָעוֹת, וְלֵימָא לֵיהּ: אֵין טוֹפְלִין מָעוֹת לְמָעוֹת! אֶלָּא הָכִי אֲמַר לֵיהּ: הֲרֵי אָמְרוּ אַף טוֹפְלִין בְּהֵמָה לִבְהֵמָה.
Puisque l’objection de Rav Sheshet n’est pas claire, la Guemara demande : Que dit-il à Rav Ḥisda ? Si nous disons qu’il lui disait ce qui suit : Ils ont dit qu’on peut seulement combiner un animal avec un autre animal, mais qu’on ne peut pas combiner de l’argent avec d’autre argent pour acheter un grand taureau, alors qu’il dise simplement : On ne peut pas combiner de l’argent avec d’autre argent. Au contraire, voici ce qu’il lui a dit : Les Sages ont dit qu’on peut même combiner un animal avec un autre animal. Pourquoi toi, Rav Ḥisda, l’as-tu limité à l’achat d’un seul grand animal ? Pourquoi ne pas suggérer aussi que cet individu peut apporter d’autres animaux avec l’argent du second dîme ?
כְּמַאן? דְּלָא כְּחִזְקִיָּה וּדְלָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן!
La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui Rav Sheshet a-t-il dit cela ? Cela n’est pas conforme à l’opinion de Ḥizkiya, qui a dit qu’on ne peut combiner qu’un animal avec un autre animal, ni conforme à l’opinion de Rabbi Yoḥanan, qui a dit qu’on ne peut combiner que de l’argent avec d’autre argent.
וְכִי תֵּימָא: אָמוֹרָאֵי הוּא דִּפְלִיגִי, מַתְנְיָיתָא לָא פְּלִיגִי. וְהָא קָתָנֵי: אֲכִילָה רִאשׁוֹנָה מִן הַחוּלִּין.
Et si tu disais : Ce sont les amora’im qui sont en désaccord, tandis que les baraitot citées à l’appui de leurs opinions ne sont pas en désaccord et que, par conséquent, Rav Sheshet peut présenter sa propre opinion sur la question, cela ne peut pas être le cas, car la baraita enseigne : Le premier repas doit provenir de biens non sacrés. En d’autres termes, le premier animal que l’on mange doit provenir entièrement de biens non sacrés, et la combinaison n’est permise que pour le second animal. Cela indique que, bien qu’on puisse associer un animal supplémentaire au premier, on ne peut pas associer de l’argent à d’autre argent pour acheter ne serait-ce qu’un seul animal.
מַאי אֲכִילָה רִאשׁוֹנָה — שִׁיעוּר דְּמֵי אֲכִילָה רִאשׁוֹנָה מִן הַחוּלִּין.
La Guemara explique. Quel est le sens de : Le premier repas ? Cela signifie que, lorsqu’on combine de l’argent profane avec de l’argent du second dîme, la valeur monétaire de la mesure requise du premier repas de l’offrande doit provenir de fonds profanes. Cependant, la valeur restante de cet animal peut provenir des fonds du second dîme. Par conséquent, selon l’opinion de Rav Sheshet, on peut combiner un animal avec un autre animal, c’est-à-dire en achetant deux animaux distincts, l’un avec des fonds profanes et l’autre avec de l’argent du second dîme. Une autre possibilité est d’acheter un seul animal avec des fonds combinés, à condition que le premier repas provienne de fonds profanes.
אָמַר עוּלָּא אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: הִפְרִישׁ עֶשֶׂר בְּהֵמוֹת לַחֲגִיגָתוֹ, הִקְרִיב חָמֵשׁ בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן — חוֹזֵר וּמַקְרִיב חָמֵשׁ בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כֵּיוָן שֶׁפָּסַק, שׁוּב אֵינוֹ מַקְרִיב.
§ Oulla a dit que Reish Lakish a dit : Si quelqu’un a mis à part dix animaux pour sa offrande de paix de la fête, et qu’il en a sacrifié cinq le premier jour de la fête, il peut revenir et sacrifier les cinq restants le deuxième jour de la fête, ou n’importe lequel des autres jours. Il n’y a pas lieu de craindre l’interdiction : « Tu n’ajouteras pas » (Deutéronome 13:1), comme s’il célébrait le premier jour deux fois, car les offrandes restantes ne font que compléter celles du premier jour. Rabbi Yoḥanan a dit : Puisqu’il s’est arrêté après les cinq premières offrandes le jour où il a apporté pour la première fois les offrandes de paix de la fête, il ne peut plus sacrifier les animaux restants les autres jours, car cela serait considéré comme la célébration d’un jour supplémentaire.
אָמַר רַבִּי אַבָּא, וְלָא פְּלִיגִי: כָּאן בִּסְתָם, כָּאן בִּמְפָרֵשׁ.
Rabbi Abba a dit : Et ces amora’im ne sont pas en désaccord, car ils se réfèrent à des circonstances différentes. Ici, Rabbi Yoḥanan parle d’un cas où l’on n’a pas précisé quand on avait l’intention d’offrir ces offrandes, et l’on suppose donc qu’on voulait toutes les offrir le premier jour. Là-bas, Reish Lakish se réfère à un cas où l’on a explicitement dit dès le départ qu’on avait l’intention de les apporter tous les jours de la fête (Rabbeinu Ḥananel).
הַאי סְתָם הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דְּלֵיכָּא שְׁהוּת בַּיּוֹם לִקְרַב, הַאי דְּלָא אַקְרְבִינְהוּ — דְּלֵיכָּא שְׁהוּת בַּיּוֹם.
La Guemara demande : En ce qui concerne ce cas où il n’a pas précisé, quelles sont les circonstances ? Si nous disons qu’il ne restait pas de temps dans la journée pour offrir le sacrifice, c’est-à-dire qu’il a amené tous ses animaux le premier jour et s’est rendu compte qu’il ne restait pas assez de temps pour les offrir tous en sacrifice, on peut supposer que la raison pour laquelle il ne les a pas offerts est qu’il ne restait pas de temps dans la journée. Si tel est le cas, son offrande un autre jour est certainement considérée simplement comme l’achèvement des obligations du premier jour. Dans ce cas, le fait d’apporter les offrandes supplémentaires n’est pas interdit.
וְאֶלָּא דְּלֵית לֵיהּ אוֹכְלִין, הַאי דְּלָא אַקְרְבִינְהוּ — דְּלֵית לֵיהּ אוֹכְלִין.
Mais plutôt, il faut dire que cela fait référence à un cas où il n’a pas assez de convives dans sa maison, et puisqu’on ne peut pas laisser de restes, il n’a pas sacrifié les offrandes restantes. Ici aussi, le fait qu’il ne les a pas sacrifiées est dû au fait qu’il n’a pas assez de convives. Encore une fois, cela ne peut pas être le cas où il est interdit de sacrifier les offrandes supplémentaires.
לָא צְרִיכָא, דְּאִיכָּא שְׁהוּת בַּיּוֹם וְאִית לֵיהּ אוֹכְלִין, מִדִּבְקַמָּא לָא אַקְרְבִינְהוּ, שְׁמַע מִינַּהּ שַׁיּוֹרֵי שַׁיְּירִינְהוּ.
La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’enseigner cette décision seulement dans un cas où il reste du temps dans la journée et où il a des convives dans sa maison. Du fait qu’il ne les a pas sacrifiés le premier jour de la fête, on peut en conclure qu’il les a laissés intentionnellement. Par conséquent, il n’est plus autorisé à les sacrifier les autres jours de la fête.
וְהָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּכִי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הִפְרִישׁ עֶשֶׂר בְּהֵמוֹת לַחֲגִיגָתוֹ, הִקְרִיב חָמֵשׁ בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן — חוֹזֵר וּמַקְרִיב חָמֵשׁ בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי. קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי.
La Guemara commente : De même, il est raisonnable que Rabbi Yoḥanan soit d’accord pour dire que, si quelqu’un précise ses intentions, il peut sacrifier les offrandes les jours restants, comme lorsque Ravin vint d’Eretz Israël en Babylonie, il dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Si quelqu’un a mis à part dix animaux pour son offrande de paix de la fête, et en a sacrifié cinq le premier jour de la fête, il peut revenir et sacrifier les cinq autres le deuxième jour de la fête. Ces deux déclarations de Rabbi Yoḥanan, citées respectivement par Oulla et Ravin, se contredisent apparemment.
אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: כָּאן בִּסְתָם, כָּאן בִּמְפָרֵשׁ. שְׁמַע מִינַּהּ.
Au contraire, n’est-il pas correct de conclure de cette contradiction que cette déclaration ici traite d’un cas où l’on n’a pas précisé, tandis que là-bas il s’agit d’une situation où l’on a exprimé ses intentions explicitement ? La Guemara conclut : En effet, conclus d’ici qu’il en est ainsi.
אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן:
Il a également été déclaré que Rav Shemen bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit :