שֶׁלֹּא תִּגְּעוּ בַּשֻּׁלְחָן.
que tu ne touches pas à la table des pains de proposition. Si tu la rends impure en la touchant, elle devrait être retirée pour immersion, et cela entraînerait la suspension temporaire de la mitsva des pains de proposition, qui devaient se trouver sur la table en permanence.
כׇּל הַכֵּלִים שֶׁהָיוּ בַּמִּקְדָּשׁ יֵשׁ לָהֶם שְׁנִיִּים וּשְׁלִישִׁים, שֶׁאִם נִטְמְאוּ הָרִאשׁוֹנִים — יָבִיאוּ שְׁנִיִּים תַּחְתֵּיהֶן. כׇּל הַכֵּלִים שֶׁהָיוּ בַּמִּקְדָּשׁ טְעוּנִין טְבִילָה, חוּץ מִמִּזְבַּח הַזָּהָב וּמִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת מִפְּנֵי שֶׁהֵן כַּקַּרְקַע, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מִפְּנֵי שֶׁהֵן מְצוּפִּין.
La michna continue : Tous les ustensiles qui se trouvaient dans le Temple avaient des ustensiles de remplacement de deuxième et de troisième rang, afin que, si les premiers devenaient impurs, on puisse apporter les seconds à leur place. Tous les ustensiles qui se trouvaient dans le Temple nécessitaient une immersion après la fête, sauf l’autel d’or et l’autel de bronze, parce qu’ils sont considérés comme le sol et donc, comme la terre elle-même, non susceptibles à l’impureté. C’est l’avis de Rabbi Eliezer. Et les Sages disent : C’est parce qu’ils sont plaqués.
גְּמָ׳ תָּנָא: הִזָּהֲרוּ שֶׁמָּא תִּגְּעוּ בַּשּׁוּלְחָן וּבַמְּנוֹרָה. וְתַנָּא דִּידַן, מַאי טַעְמָא לָא תָּנֵי מְנוֹרָה? שֻׁלְחָן כְּתִיב בֵּיהּ ״תָּמִיד״, מְנוֹרָה לָא כְּתִיב בַּהּ ״תָּמִיד״.
GUEMARA : Un tannaa enseigné dans une baraita qu’on disait aux prêtres am ha’aretz : Prenez garde de peur de toucher la table, comme expliqué ci-dessus, ou le candélabre, comme la Guemara l’expliquera. La Guemara demande : Et en ce qui concerne le tanna de notre michna, quelle est la raison pour laquelle il n’a pas enseigné qu’on leur disait aussi de ne pas toucher le candélabre ? La Guemara répond : Au sujet de la table, il est écrit : « Le pain de proposition devant Moi toujours » (Exode 25:30), ce qui indique que la table portant le pain de proposition doit toujours être à sa place, tandis que au sujet du candélabre, il n’est pas écrit “toujours”, et il peut donc être retiré pour immersion.
וְאִידָּךְ: כֵּיוָן דִּכְתִיב: ״וְאֶת הַמְּנוֹרָה נֹכַח הַשֻּׁלְחָן״, כְּמַאן דִּכְתִיב בַּהּ ״תָּמִיד״ דָּמֵי. וְאִידָּךְ: הָהוּא לִקְבּוֹעַ לָהּ מָקוֹם הוּא דַּאֲתָא.
La Guemara demande : Et concernant l’autre tanna, dans la baraita, pourquoi inclut-il le candélabre ? La Guemara répond : Puisqu’il est écrit : « Et tu placeras la table à l’extérieur du voile et le candélabre en face de la table » (Exode 26:35), ce qui indique que le candélabre doit toujours être placé en face de la table ; c’est comme s’il était écrit « toujours » au sujet du candélabre également. Et l’autre tanna, dans la michna, qui ne s’oppose pas au retrait du candélabre pour immersion, répondrait : Ce verset vient seulement établir une place pour le candélabre, pour décrire où il doit être positionné, mais il ne signifie pas qu’il doit être en face de la table à tout moment.
וְתִיפּוֹק לִי דִּכְלִי עֵץ הֶעָשׂוּי לְנַחַת הוּא, וְכׇל כְּלִי עֵץ הֶעָשׂוּי לְנַחַת לָא מְטַמֵּא. מַאי טַעְמָא — דּוּמְיָא דְשַׂק בָּעֵינַן: מָה שַׂק מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָם — אַף כֹּל מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָם!
La Guemara soulève une question concernant l’exigence de tenir les amei ha’aretz éloignés de la table : Et dérivons-le, c’est-à-dire qu’il soit établi qu’il n’est pas nécessaire de se prémunir contre le contact avec la table, puisqu’elle est incapable de contracter l’impureté rituelle. Cela est parce qu’il s’agit d’un ustensile en bois destiné à rester dans un endroit fixe, et la halakha est que tout grand ustensile en bois, destiné à rester dans un endroit fixe, ne peut pas devenir impur. Quelle est la raison de cette halakha ? Puisque les ustensiles en bois et les sacs sont juxtaposés dans le verset décrivant leur impureté (Lévitique 11:32), nous exigeons qu’un ustensile en bois soit semblable à un sac pour être capable de contracter l’impureté, de la manière suivante : De même qu’un sac est transporté lorsqu’il est à la fois plein et vide, de même tout ustensile en bois qui est transporté plein et vide peut contracter l’impureté, par opposition aux ustensiles, tels que la table, qui sont destinés à rester dans un endroit fixe. La table ne devrait donc pas être susceptible à l’impureté du tout.
הַאי נָמֵי מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָם הוּא, כִּדְרֵישׁ לָקִישׁ. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַאי דִּכְתִיב: ״עַל הַשֻּׁלְחָן הַטָּהוֹר״, מִכְּלָל שֶׁהוּא טָמֵא.
La Guemara répond : la table aussi était en effet transportée pleine et vide, conformément aux paroles de Reish Lakish. Car Reish Lakish a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Tu les placeras en deux rangées, six par rangée, sur la table pure » (Lévitique 24:6) ? Les mots « table pure » enseignent par inférence qu’elle est susceptible de devenir impure, et c’est pourquoi la Torah nous avertit de veiller à ce qu’elle soit pure lorsque les douze pains y sont placés.
וְאַמַּאי? כְּלִי עֵץ הֶעָשׂוּי לְנַחַת הוּא, וְאֵינוֹ מְקַבֵּל טוּמְאָה! אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁמַּגְבִּיהִין אוֹתוֹ וּמַרְאִין בּוֹ לְעוֹלֵי רְגָלִים לֶחֶם הַפָּנִים, וְאוֹמְרִים לָהֶם: רְאוּ חִיבַּתְכֶם לִפְנֵי הַמָּקוֹם, סִילּוּקוֹ כְּסִידּוּרוֹ. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: נֵס גָּדוֹל נַעֲשָׂה בְּלֶחֶם הַפָּנִים, כְּסִידּוּרוֹ כָּךְ סִילּוּקוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָשׂוּם לֶחֶם חוֹם בְּיוֹם הִלָּקְחוֹ״.
Et pourquoi donc la table est-elle effectivement susceptible d’impureté rituelle, alors que c’est un ustensile en bois destiné à rester en un lieu fixe et ne devrait donc pas être susceptible d’impureté ? Plutôt, ce verset enseigne qu’ils soulevaient la table avec les pains de proposition dessus afin de montrer les pains de proposition aux pèlerins qui se tenaient dans la cour du Temple, car il était interdit aux Israélites d’entrer dans le Sanctuaire, où se trouvait la table, et ils leur disaient : Voyez votre affection devant Dieu, qui accomplit un miracle perpétuel avec le pain, car lorsqu’il est retiré de la table le Chabbat, il est tout aussi frais que lorsqu’il avait été disposé le Chabbat précédent. Comme l’a dit Rabbi Yehoshua ben Levi : Un grand miracle était accompli avec les pains de proposition : Tel était son état au moment de sa disposition, tel était son état au moment de son retrait, comme il est dit : « Pour mettre du pain chaud le jour où il fut enlevé » (I Samuel 21:7), indiquant qu’il était aussi chaud le jour de son retrait que le jour où il avait été placé.
וְתִיפּוֹק לִי מִשּׁוּם צִיפּוּי. דְּהָתְנַן: הַשֻּׁלְחָן וְהַדּוּלְפְּקֵי שֶׁנִּפְחֲתוּ, אוֹ שֶׁחִיפָּן בְּשַׁיִישׁ, וְשִׁיֵּיר בָּהֶם מְקוֹם הַנָּחַת כּוֹסוֹת — טָמֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מָקוֹם הַנָּחַת הַחֲתִיכוֹת.
La Guemara pose une autre question : Dérivons ce fait, c’est-à-dire que la table peut contracter l’impureté rituelle, non parce qu’elle est transportable mais en raison de son revêtement en or. N’avons-nous pas appris dans une michna (Kelim 22:1) : Concernant une table et un dulpaki dont une partie de la surface s’est brisée, ou qui a été revêtue de marbre, c’est-à-dire de pierre, qui n’est pas susceptible à l’impureté : Si l’on y a laissé un endroit sur la surface resté intact ou non revêtu, assez grand pour y poser des coupes, elle demeure susceptible à l’impureté en tant qu’ustensile en bois. Rabbi Yehuda dit : Il faut qu’il y ait un endroit intact et non revêtu, assez grand pour y poser des morceaux de viande et de pain également, afin de maintenir la susceptibilité à l’impureté en tant qu’ustensile en bois. Il ressort clairement de cette michna que si une table est entièrement revêtue de pierre, elle n’est pas susceptible à l’impureté, ce qui montre que le statut d’un ustensile suit son revêtement extérieur, et non sa matière principale. La table du Temple, qui était revêtue d’or, devrait avoir le statut d’un ustensile en métal.
וְכִי תֵּימָא: שָׁאנֵי עֲצֵי שִׁטִּים דַּחֲשִׁיבִי וְלָא בָּטְלִי, הָנִיחָא לְרֵישׁ לָקִישׁ, דְּאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּכְלֵי אֶכְּסְלָגֵים הַבָּאִין מִמְּדִינַת הַיָּם, אֲבָל בִּכְלֵי מְסִמֵים — לָא בָּטְלִי, שַׁפִּיר. אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר: אֲפִילּוּ בִּכְלֵי מְסִמֵים נָמֵי בָּטְלִי, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
La Guemara propose une réponse possible : Et si tu disais que le bois d’acacia, dont la table du Temple était faite, est différent, car c’est un type de bois important et précieux et n’est donc pas annulé par un revêtement, cela s’accorde bien selon Reish Lakish, qui a dit : Ils ont enseigné qu’un ustensile en bois est annulé par son revêtement seulement en ce qui concerne les ustensiles faits de bois bon marché de akhselag qui vient d’outre-mer, mais les ustensiles faits de bois coûteux de masmi ne sont pas annulés par un revêtement. Selon cet avis, cela va bien, car nous pouvons dire que le bois d’acacia de la table non plus n’est pas annulé par son revêtement d’or. Mais selon Rabbi Yoḥanan, qui a dit : Même les ustensiles coûteux de masmi sont eux aussi annulés par un revêtement, que peut-on dire ?
וְכִי תֵּימָא: כָּאן בְּצִיפּוּי עוֹמֵד, כָּאן בְּצִיפּוּי שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד — הָא בְּעָא מִינֵּיהּ רֵישׁ לָקִישׁ מֵרַבִּי יוֹחָנָן: בְּצִיפּוּי עוֹמֵד, אוֹ בְּצִיפּוּי שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד? בְּחוֹפֶה אֶת לְבִזְבְּזָיו, אוֹ בְּשֶׁאֵינוֹ חוֹפֶה אֶת לְבִזְבְּזָיו?
La Guemara propose une autre réponse possible : Et si tu disais que la michna n’est pas applicable parce qu’ici, dans la michna, le bois est annulé par son revêtement, puisqu’il s’agit d’un revêtement fixe, tandis que là-bas, dans le cas de la table du Temple, le revêtement d’or n’est pas fixe sur le bois, cela est impossible. Car Reish Lakish n’a-t-il pas demandé à Rabbi Yoḥanan : Cette règle selon laquelle les ustensiles suivent leur revêtement ne concerne-t-elle que un revêtement fixe ou même un revêtement qui n’est pas fixe ? Et il lui demanda en outre : ne concerne-t-elle que un revêtement qui couvre le rebord de la table ainsi que la table elle-même, ou même un revêtement qui ne couvre pas son rebord ?
וַאֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁנָא בְּצִיפּוּי עוֹמֵד וְלָא שְׁנָא בְּצִיפּוּי שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד, לָא שְׁנָא בְּחוֹפֶה אֶת לְבִזְבְּזָיו וְלָא שְׁנָא בְּשֶׁאֵינוֹ חוֹפֶה אֶת לְבִזְבְּזָיו. אֶלָּא: שָׁאנֵי שֻׁלְחָן —
Et Rabbi Yoḥanan lui dit en réponse : Il n’y a pas de différence si c’est un revêtement fixe et il n’y a pas de différence si c’est un revêtement qui n’est pas fixe ; et il n’y a pas de différence si le revêtement couvre le bord de la table et il n’y a pas de différence s’il ne couvre pas son bord. Par conséquent, puisque le revêtement détermine toujours le statut de l’ustensile, la table du Temple, avec son revêtement d’or, devrait être susceptible à l’impureté. Au contraire, nous devons donner une explication différente de la raison pour laquelle le revêtement ne rend pas la table susceptible à l’impureté : La table est différente