לְעַצְמוֹ טִהַרְנוּ.
nous avons déclaré ces objets purs pour l’am ha’aretz lui-même, et non pour les ḥaverim, puisque les ḥaverim, de toute façon, ne considèrent comme pur rien de ce qui a été touché par un am ha’aretz. Un ḥaver ne considérerait donc jamais la nourriture d’un am ha’aretz comme pure, et il n’utiliserait pas les récipients en terre cuite d’un am ha’aretz pour préparer de la nourriture pure, puisqu’un récipient en terre cuite ne peut pas être purifié par immersion. Cependant, il pourrait emprunter un récipient en métal, par exemple, et le purifier par immersion avant de l’utiliser pour de la nourriture pure.
אֲבָל נְטַהֵר אֶת הַכְּלִי, שֶׁטׇּהֳרָתוֹ לְךָ וָלוֹ?
Mais comment pouvons-nous purifier un récipient en métal et d’autres matériaux, dont la pureté serait pertinente à la fois pour toi et pour lui ? Un ḥaver peut un jour emprunter un récipient en métal au am ha’aretz sans se rendre compte qu’il s’est autrefois trouvé à l’intérieur d’un récipient en terre cuite dans la même pièce qu’un cadavre et qu’en conséquence il nécessite une purification approfondie de l’impureté du cadavre au moyen des cendres de la génisse rousse, plutôt qu’une simple immersion. Par conséquent, on informe le am ha’aretz que ses récipients en métal et en d’autres matériaux ont contracté l’impureté du cadavre et doivent subir le processus approfondi de purification, et une fois cela fait, ces récipients seront désormais aptes à l’usage du ḥaver après une simple immersion.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: בּוֹשַׁנִי מִדִּבְרֵיכֶם, בֵּית שַׁמַּאי! אֶפְשָׁר אִשָּׁה לָשָׁה בַּעֲרֵיבָה — אִשָּׁה וַעֲרֵיבָה טְמֵאִין שִׁבְעָה, וּבָצֵק טָהוֹר? לוֹגִין מָלֵא מַשְׁקִין — לוֹגִין טָמֵא טוּמְאַת שִׁבְעָה, וּמַשְׁקִין טְהוֹרִין?!
Il est enseigné dans une baraita au sujet de ce débat entre Beit Shammaï et Beit Hillel : Rabbi Yehoshua a dit : J’ai honte de vos paroles, Beit Shammaï, car elles sont illogiques. Est-il possible qu’il y ait un cadavre au premier étage, avec un récipient en terre cuite bloquant l’ouverture vers l’étage supérieur, et qu’une femme se tienne en haut en pétrissant de la pâte dans un bol en métal, et que la femme et le bol soient impurs pendant sept jours en raison de l’impureté du cadavre, tandis que la pâte à l’intérieur du pétrin est pure ? Car tel serait le résultat selon Beit Shammaï, qui distingue entre les aliments et les récipients en terre cuite, d’une part, et les récipients en métal, d’autre part. De même : est-il possible qu’il y ait une cruche en métal [login] pleine de liquide à l’étage supérieur, et que la cruche soit impure d’une impureté de sept jours, tandis que les liquides restent purs ?
נִטְפַּל לוֹ תַּלְמִיד אֶחָד מִתַּלְמִידֵי בֵּית שַׁמַּאי, אָמַר לוֹ: אוֹמַר לְךָ טַעְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי. אָמַר לוֹ: אֱמוֹר. אָמַר לוֹ: כְּלִי טָמֵא — חוֹצֵץ אוֹ אֵינוֹ חוֹצֵץ? אָמַר לוֹ: אֵינוֹ חוֹצֵץ. כְּלִי שֶׁל עַם הָאָרֶץ — טָמֵא אוֹ טָהוֹר? אָמַר לוֹ: טָמֵא. וְאִם אַתָּה אוֹמֵר לוֹ ״טָמֵא״, כְּלוּם מַשְׁגִּיחַ עָלֶיךָ? וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר לוֹ ״טָמֵא״, אוֹמֵר לְךָ: ״שֶׁלִּי טָהוֹר וְשֶׁלְּךָ טָמֵא״.
Après que Rabbi Yehoshua eut posé cette question, un élève parmi les élèves de Beit Shammai s’approcha de lui et lui dit : Je vais te dire le raisonnement de Beit Shammai. Il lui dit : Parle. Il lui dit : Un récipient impur fait-il barrière à l’impureté d’un cadavre ou ne fait-il pas barrière ? Rabbi Yehoshua lui dit : Il ne fait pas barrière. L’élève demanda ensuite : Et un récipient d’un am ha’aretz est-il pur ou impur ? Il lui dit : Impur. L’élève répondit : Et si tu lui dis que son récipient est impur, te prêtera-t-il la moindre attention ? Clairement non. De plus, si tu lui dis qu’il est impur, il te dira : Au contraire, mon récipient est pur et le tien est impur.
וְזֶהוּ טַעְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי.
Et voici le raisonnement de Beit Shammai : Les aliments, les boissons et les récipients en terre cuite à l’intérieur d’un récipient en terre cuite scellé demeurent purs, car, puisqu’ils appartiennent à un am ha’aretz, un ḥaver ne mangera pas la nourriture et n’empruntera pas le récipient en terre cuite. Les récipients en métal ou en matériaux similaires, en revanche, pourraient un jour être empruntés par un ḥaver, et c’est pourquoi Beit Shammai les a déclarés impurs.
מִיָּד הָלַךְ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְנִשְׁתַּטַּח עַל קִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי, אָמַר: נַעֲנֵיתִי לָכֶם עַצְמוֹת בֵּית שַׁמַּאי! וּמָה סְתוּמוֹת שֶׁלָּכֶם כָּךְ, מְפוֹרָשׁוֹת — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אָמְרוּ: כׇּל יָמָיו הוּשְׁחֲרוּ שִׁינָּיו מִפְּנֵי תַּעֲנִיּוֹתָיו.
Dès qu’il entendit la logique derrière l’opinion de Beit Shammaï, Rabbi Yehoshua alla immédiatement se prosterner sur les tombes de Beit Shammaï, c’est-à-dire les élèves et partisans de Shammaï, et dit : Je m’humilie devant vous, ossements de Beit Shammaï. Si une telle clarté et sagesse se trouvent dans vos décisions qui ont été énoncées et laissées sans explication, à plus forte raison cela doit-il être le cas dans vos décisions lorsqu’elles ont été énoncées et expliquées. Les gens disaient de Rabbi Yehoshua : Tous les jours de sa vie, ses dents s’assombrirent à cause de tous ses jeûnes qu’il entreprit afin d’expier pour avoir parlé de manière inappropriée de Beit Shammaï.
קָתָנֵי מִיהַת ״לְךָ וָלוֹ״, אַלְמָא שָׁאֲלִינַן מִינַּיְיהוּ! כִּי שָׁיְילִינַן מִינַּיְיהוּ מַטְבְּלִינַן לְהוּ.
La Guemara revient à son point principal. En tout état de cause, cette michna enseigne que le statut des récipients d’un am ha’aretz est pertinent à la fois pour toi et pour lui. Apparemment, donc, nous, les ḥaverim, pouvons emprunter des récipients à des amei ha’aretz. La question se pose donc : pourquoi les Sages ne craignent-ils pas que les amei ha’aretz immergent des récipients à l’intérieur d’autres récipients d’une manière inappropriée, de sorte qu’ils restent non purifiés lorsqu’ils sont empruntés par un ḥaver ? La Guemara répond : Car lorsque nous, les ḥaverim, empruntons des récipients à eux, nous les immergeons avant de les utiliser. Il nous est donc indifférent que leurs récipients n’aient pas été immergés correctement auparavant.
אִי הָכִי, נַיהְדְּרוּ לְהוּ בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: כִּי שָׁאֲלִינַן מִינַּיְיהוּ מַטְבְּלִינַן לְהוּ! טְמֵא מֵת בָּעֵי הַזָּאָה שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי, וּמָנָא לְשִׁבְעָה יוֹמֵי לָא מוֹשְׁלִי אִינָשֵׁי.
La Guemara demande : Si c’est le cas, que Beit Hillel réponde à Beit Shammaï. Ils peuvent répondre ainsi : Lorsque nous empruntons des ustensiles à eux, nous les immergeons, et c’est pourquoi nous statuons que les ustensiles en métal ou en matériaux similaires sont purs. La Guemara explique : Cette controverse concerne l’impureté d’un cadavre. Et ce qui devient impur par proximité d’un cadavre nécessite une aspersion des cendres de la génisse rousse le troisième et le septième jours de sa purification, et les gens ne prêtent généralement pas des ustensiles pendant sept jours. La solution que le ḥaver met en œuvre en immergeant les ustensiles qu’il emprunte à un am ha’aretz n’est efficace que pour d’autres impuretés, mais non pour l’impureté transmise par un cadavre.
וְאַטְּבִילָה לָא מְהֵימְנִי? וְהָתַנְיָא: נֶאֱמָנִין עַמֵּי הָאָרֶץ עַל טׇהֳרַת טְבִילַת טְמֵא מֵת!
La Guemara pose une question au sujet de la halakha selon laquelle un ḥaver doit immerger les récipients qu’il emprunte à un am ha’aretz : Mais est-il vraiment vrai que les amei ha’aretzne sont pas dignes de confiance en ce qui concerne l’immersion ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Les amei ha’aretz sont dignes de confiance en ce qui concerne le processus de purification par immersion de ce qui est devenu impur par contact avec un cadavre ? En plus d’être aspergé d’eau de purification le troisième et le septième jours, une personne ou un objet ayant été en contact avec un cadavre doit également subir une immersion le septième jour. On croit un am ha’aretz lorsqu’il dit avoir effectué cette immersion.
אָמַר אַבָּיֵי, לָא קַשְׁיָא: הָא בְּגוּפוֹ, הָא בְּכֵלָיו. רָבָא אָמַר: אִידֵּי וְאִידֵּי בְּכֵלָיו, וְלָא קַשְׁיָא: הָא דְּאָמַר ״מֵעוֹלָם לֹא הִטְבַּלְתִּי כְּלִי בְּתוֹךְ כְּלִי״, וְהָא דְּאָמַר ״הִטְבַּלְתִּי, אֲבָל לֹא הִטְבַּלְתִּי בִּכְלִי שֶׁאֵין בְּפִיו כִּשְׁפוֹפֶרֶת הַנּוֹד״.
La Guemara présente deux réponses à cette question. Abaye a dit une réponse : Cela n’est pas difficile. Cette baraita, qui enseigne qu’un am ha’aretz est digne de confiance, se réfère à l’immersion de son corps, tandis que cet enseignement de la Guemara selon lequel les amei ha’aretz ne sont pas dignes de confiance concernant l’immersion traite de ses ustensiles. Rava a dit une réponse différente : Ceci et cela, à la fois la baraita et l’enseignement de la Guemara, se réfèrent aux ustensiles d’un am ha’aretz, et pourtant ce n’est pas difficile. Cette baraita, qui enseigne qu’un am ha’aretz est digne de confiance, se réfère à un am ha’aretz qui a dit : Je n’ai jamais immergé un ustensile dans un autre, ce qui est une déclaration que nous acceptons. Et cet enseignement de la Guemara selon lequel les amei ha’aretz ne sont pas dignes de confiance traite de quelqu’un qui a dit : J’ai immergé des ustensiles à l’intérieur d’autres ustensiles, mais je n’ai pas immergé avec un ustensile dont l’ouverture n’a pas la largeur du tube d’une outre à vin. C’est à l’égard de tels détails qu’un am ha’aretz ne peut pas être digne de confiance.
וְהָתַנְיָא: נֶאֱמָן עַם הָאָרֶץ לוֹמַר פֵּירוֹת לֹא הוּכְשְׁרוּ, אֲבָל אֵינוֹ נֶאֱמָן לוֹמַר פֵּירוֹת הוּכְשְׁרוּ אֲבָל לֹא נִטְמְאוּ.
Et ainsi il a été enseigné dans une baraita à cet effet : On fait confiance à un am ha’aretz lorsqu’il dit que le produit n’a pas été rendu susceptible à l’impureté, c’est-à-dire qu’il n’a jamais été en contact avec de l’eau, mais on ne lui fait pas confiance pour dire que le produit a été rendu susceptible à l’impureté mais n’est pas réellement devenu impur. Cette baraita montre que les amei ha’aretz sont jugés dignes de confiance concernant des faits élémentaires, mais non concernant des questions qui exigent une connaissance détaillée et une vigilance scrupuleuse.
וְאַגּוּפוֹ מִי מְהֵימַן? וְהָתַנְיָא: חָבֵר שֶׁבָּא לְהַזּוֹת — מַזִּין עָלָיו מִיָּד, עַם הָאָרֶץ שֶׁבָּא לְהַזּוֹת — אֵין מַזִּין עָלָיו עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה בְּפָנֵינוּ שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי!
La Guemara soulève une question au sujet de l’opinion d’Abaye : Et un am ha’aretz est-il vraiment digne de confiance concernant son corps, lorsqu’il affirme s’être immergé ? N’est-il pas enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un ḥaver qui se présente devant ceux qui sont chargés de l’aspersion de l’eau de purification pour être aspergé de cette eau, et qui affirme que les trois jours requis se sont écoulés depuis sa contamination par un cadavre, ils peuvent l’asperger immédiatement. Mais en ce qui concerne un am ha’aretz qui se présente devant eux et affirme que trois jours se sont écoulés, ils ne peuvent pas l’asperger tant qu’il n’accomplit pas et ne compte pas en notre présence le troisième jour et le septième jour ? Cela montre qu’un am ha’aretz n’est pas digne de confiance concernant la pureté de son propre corps.
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: מִתּוֹךְ חוֹמֶר שֶׁהֶחְמַרְתָּ עָלָיו בִּתְחִילָּתוֹ, הֵקַלְתָּ עָלָיו בְּסוֹפוֹ.
Au contraire, Abaye dit, modifiant son explication précédente : En raison de la rigueur que tu as appliquée à l’am ha’aretz au début, c’est-à-dire au commencement du processus de purification, en ne lui permettant pas de se purifier sans d’abord t’assurer qu’il n’a pas été en contact avec un cadavre pendant trois jours, tu peux te montrer indulgent envers lui à la fin, en ce sens qu’on lui fait confiance quant au fait de s’être immergé à la fin des sept jours, supprimant l’impureté contractée par contact avec un cadavre.
אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ. מַאי אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ?
§ La michna enseigne : Les halakhot de l’arrière d’un ustensile et de son intérieur s’appliquent aux ustensiles utilisés pour la terouma, mais non pour la nourriture sacrificielle. La Guemara demande : Quel est le sens de : l’arrière et son intérieur ?
כְּדִתְנַן: כְּלִי שֶׁנִּטְמָא אֲחוֹרָיו בְּמַשְׁקִין — אֲחוֹרָיו טְמֵאִין, תּוֹכוֹ, אוֹגְנוֹ, אׇזְנוֹ, וְיָדָיו — טְהוֹרִין. נִטְמָא תּוֹכוֹ — כּוּלּוֹ טָמֵא.
La Guemara explique. Comme nous l’avons appris dans une michna (Keilim 25:6) : Un récipient dont la face arrière, par opposition à son intérieur, a été rendue impure par contact avec un liquide impur. Sa face arrière est impure, tandis que ses autres parties, telles que son intérieur, son bord, ses anses en forme d’oreille et ses poignées droites, sont pures. Selon la loi de la Torah, les aliments et les liquides ne peuvent pas du tout transmettre l’impureté rituelle à un récipient, mais selon la loi rabbinique les liquides le peuvent. Afin de préciser qu’il ne s’agit que d’un décret rabbinique, ils ont institué que l’impureté ainsi transmise, si le liquide touchait l’extérieur du récipient, n’affecterait que la partie touchée par le liquide, mais non son intérieur ni les autres parties de son extérieur. Cependant, si son intérieur a été rendu impur, même par une impureté seulement selon la loi rabbinique, il est entièrement impur. Cette halakha ne s’applique qu’à la terouma, mais en ce qui concerne les offrandes, la souillure de n’importe quelle partie du récipient le rend entièrement impur.
וּבֵית הַצְּבִיטָה וְכוּ׳. מַאי בֵּית הַצְּבִיטָה? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מָקוֹם שֶׁצּוֹבְטוֹ, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וַיִּצְבׇּט לָהּ קָלִי״. רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָקוֹם שֶׁנְּקִיֵּי הַדַּעַת צוֹבְעִין.
§ La michna enseigne : Et son endroit pour le saisir. La Guemara demande : Quel est le sens de : Endroit pour le saisir [beit hatzevita] ? Rav Yehouda a dit que Shmuel a dit : C’est l’endroit où il saisit le récipient afin de le faire passer [tzovet], une sorte d’encoche utilisée pour saisir le récipient. Et de même, il est dit : « Et il lui pinça [vayitzbat] un peu de grain grillé » (Ruth 2:14), ce qui signifie qu’il lui donna un peu de ce grain. Par conséquent, le terme désigne un endroit sur le récipient utilisé pour le saisir. Rabbi Asi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : C’est l’endroit que les personnes délicates utilisent pour tremper. Un petit réceptacle pour les épices et autres choses semblables était attaché aux côtés des récipients pour y tremper sa nourriture.
תָּנֵי רַב בִּיבִי קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן: כׇּל הַכֵּלִים אֵין לָהֶם אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ, אֶחָד קׇדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ וְאֶחָד קׇדְשֵׁי הַגְּבוּל. אֲמַר לֵיהּ: קׇדְשֵׁי הַגְּבוּל מַאי נִינְהוּ — תְּרוּמָה, וְהָתְנַן: אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ וּבֵית הַצְּבִיטָה לִתְרוּמָה!
Rav Beivai a enseigné la baraita suivante devant Rav Naḥman : Les récipients n’ont pas cette différence entre l’arrière et l’intérieur, qu’il s’agisse de récipients utilisés pour des aliments consacrés du Temple ou de ceux utilisés pour des aliments consacrés des régions périphériques, c’est-à-dire en dehors du Temple. Dans ces cas, si l’une des parties du récipient a été rendue impure par des liquides impurs, le récipient entier devient impur. Rav Naḥman lui dit : Que sont ces aliments consacrés des régions périphériques mentionnés dans la baraita ? Ce terme s’applique généralement à la terouma, mais si c’est le cas, la baraita contredit la michna. Car n’avons-nous pas appris dans la michna : Les halakhot de l’arrière d’un récipient et de son intérieur et de sa zone de préhension s’appliquent aux récipients utilisés pour la terouma ?
דִּלְמָא לְחוּלִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טׇהֳרַת הַקּוֹדֶשׁ קָאָמְרַתְּ.
Rav Naḥman poursuivit : Peut-être que, lorsque tu as parlé des aliments consacrés des régions périphériques, tu ne faisais pas référence à la teruma, mais plutôt tu parles d’aliments non sacrés préparés selon les normes de pureté des aliments sacrificiels, et tu les as appelés aliments consacrés des régions périphériques parce que ce niveau de pureté peut aussi être observé en dehors du Temple.
אַדְכַּרְתַּן מִילְּתָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אַחַת עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת שָׁנוּ כָּאן; שֵׁשׁ רִאשׁוֹנוֹת — בֵּין לַקּוֹדֶשׁ, בֵּין לְחוּלִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טׇהֳרַת הַקּוֹדֶשׁ, אַחֲרוֹנוֹת — לַקּוֹדֶשׁ, אֲבָל לֹא לְחוּלִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טׇהֳרַת הַקּוֹדֶשׁ.
Au cours de cette discussion, Rav Naḥman dit à Rav Beivai : Tu viens de me rappeler quelque chose que Rabba bar Avuh a dit au sujet de cette question : Ils ont enseigné ici onze rigueurs concernant les aliments sacrificiels ici dans la michna. Les six premières s’appliquent à la fois aux aliments sacrificiels et aux aliments profanes préparés selon les normes de pureté des aliments sacrificiels, tandis que les cinq dernières s’appliquent seulement aux aliments sacrificiels et non aux aliments profanes préparés selon les normes de pureté des aliments sacrificiels. La déclaration de Rabba bar Avuh corrobore donc l’interprétation de la baraita comme traitant d’aliments profanes préparés selon les normes de pureté des aliments sacrificiels.
הַנּוֹשֵׂא אֶת הַמִּדְרָס — נוֹשֵׂא אֶת הַתְּרוּמָה, אֲבָל לֹא אֶת הַקּוֹדֶשׁ. קוֹדֶשׁ, מַאי טַעְמָא לָא? מִשּׁוּם מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁהָיָה מַעֲבִיר חָבִית שֶׁל יֵין קוֹדֶשׁ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם,
§ La michna enseigne : Celui qui porte un objet foulé par un zav peut porter de la terouma en même temps, s’il veille à ce que ni lui ni l’objet impur n’entrent en contact avec la terouma, mais cela ne peut pas être fait avec de la nourriture sacrificielle. La Guemara demande : En ce qui concerne la nourriture sacrificielle, quelle est la raison pour laquelle il ne peut pas la porter ? Tant que le contact avec la nourriture est évité, pourquoi ne porterait-il pas aussi de la nourriture sacrificielle ? La Guemara répond : Ce décret a été institué à cause d’un incident qui s’est produit. Comme Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Il y eut un jour un incident impliquant quelqu’un qui transportait un tonneau de vin sacrificiel d’un endroit à un autre,