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וְהָתַנְיָא: הֲרֵי שֶׁהָיוּ חֲמָרָיו וּפוֹעֲלָיו טְעוּנִין טְהָרוֹת, אַף עַל פִּי שֶׁהִפְלִיג מֵהֶן יוֹתֵר מִמִּיל — טַהֲרוֹתָיו טְהוֹרוֹת. וְאִם אָמַר לָהֶם: ״לְכוּ וַאֲנִי אָבוֹא אַחֲרֵיכֶם״, כֵּיוָן שֶׁנִּתְעַלְּמוּ עֵינָיו מֵהֶן — טַהֲרוֹתָיו טְמֵאוֹת.
Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : En ce qui concerne quelqu’un dont les conducteurs d’ânes et les ouvriers, qui étaient des amei ha’aretz, transportaient de la nourriture pure, sans toucher la nourriture pure elle-même mais seulement les récipients en terre cuite qui la contenaient, même s’il s’est éloigné d’eux pendant qu’ils marchaient de plus d’un mil, ses aliments purs sont purs. Puisque les ouvriers ne sont pas conscients de son départ, il est toujours considéré comme surveillant la nourriture en leur possession et il n’a pas à craindre qu’ils aient pu toucher les aliments purs. Mais s’il leur a dit : Allez, et je vous suivrai, alors, dès qu’ils ne sont plus dans son champ de vision, ses aliments purs sont impurs.
מַאי שְׁנָא רֵישָׁא וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: רֵישָׁא בִּמְטַהֵר חֲמָרָיו וּפוֹעֲלָיו לְכָךְ.
La Guemara demande : Quelle est la différence dans la première clause de la baraita, où la nourriture reste pure, et quelle est la différence dans la dernière clause, où la nourriture est impure ? Rabbi Yitzḥak Nappaḥa a dit : La première clause fait référence à quelqu’un qui purifie ses conducteurs d’ânes et ses ouvriers à cette fin, c’est-à-dire qu’il s’est assuré qu’ils s’immergent et se purifient à l’avance, de sorte que la crainte d’impureté a été écartée.
אִי הָכִי, סֵיפָא נָמֵי! אֵין עַם הָאָרֶץ מַקְפִּיד עַל מַגַּע חֲבֵירוֹ.
La Guemara soulève cette question : Si tel est le cas, dans la clause finale ils devraient eux aussi être purs. La Guemara répond : Un am ha’aretz n’est pas scrupuleux quant au contact de son collègue, et il y a donc lieu de craindre qu’ils aient rencontré en chemin un autre am ha’aretz, qui a touché le produit et l’a ainsi rendu impur.
אִי הָכִי, רֵישָׁא נָמֵי! בְּבָא לָהֶם דֶּרֶךְ עֲקַלָּתוֹן.
La Guemara objecte : Si tel est le cas, dans la première clause de la baraita, il devrait également y avoir lieu de craindre qu’ils aient rencontré un am ha’aretz, et malgré l’avertissement de l’employeur à ses ouvriers de rester rituellement purs, ils ne font pas attention à l’impureté d’un autre am ha’aretz. La Guemara répond : La première clause se réfère à une situation où il les rejoint par un chemin détourné. Puisqu’il ne marche pas directement derrière eux mais peut apparaître sur les côtés, ils ne peuvent pas toujours le voir. Par conséquent, ils craignent qu’il ne revienne à tout moment. C’est pourquoi ils veillent à ne pas se rendre rituellement impurs, et ils se méfient aussi du contact d’autres amei ha’aretz, bien qu’en général ils ne soient pas pointilleux quant au contact de leurs collègues.
אִי הָכִי, סֵיפָא נָמֵי! כֵּיוָן דַּאֲמַר לְהוּ ״לְכוּ וַאֲנִי אָבוֹא אַחֲרֵיכֶם״ — מִיסְמָךְ סָמְכָא דַּעְתַּיְיהוּ.
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, dans la dernière clause également, puisqu’il peut surgir au détour d’un coin à tout moment, ils devraient certainement être prudents. La Guemara répond : Puisqu’il leur a dit : Allez, et je vous suivrai, ils se fient à cela et ne se considèrent pas comme étant sous surveillance. Par conséquent, ils ne sont pas scrupuleux quant au contact d’un autre am ha’aretz.


הֲדַרַן עֲלָךְ אֵין דּוֹרְשִׁין

חוֹמֶר בַּקֹּדֶשׁ מִבִּתְרוּמָה, שֶׁמַּטְבִּילִין כֵּלִים בְּתוֹךְ כֵּלִים לִתְרוּמָה, אֲבָל לֹא לַקֹּדֶשׁ. אֲחוֹרַיִים וָתוֹךְ וּבֵית הַצְּבִיטָה בִּתְרוּמָה, אֲבָל לֹא בַּקֹּדֶשׁ.
MICHNA : À plusieurs égards, il y a une plus grande rigueur à l’égard de la nourriture sacrificielle qu’à l’égard de la terouma, une portion de la récolte destinée au prêtre. Cela s’exprime de nombreuses façons, la première étant qu’on peut immerger des récipients à l’intérieur d’autres récipients afin de les purifier pour la terouma ; mais non pour la nourriture sacrificielle, pour laquelle il faut immerger chaque récipient séparément. Une autre différence est que les halakhot concernant l’arrière d’un récipient, son intérieur et sa zone de préhension s’appliquent aux récipients utilisés pour la terouma, ce qui signifie que chaque partie du récipient a son propre usage et est considérée comme un récipient distinct en ce sens qu’elle ne transmet pas l’impureté aux autres parties du récipient lorsqu’elle devient impure ; mais non à la nourriture sacrificielle, pour laquelle une section impure du récipient transmet bien l’impureté à toutes les autres sections.
הַנּוֹשֵׂא אֶת הַמִּדְרָס, נוֹשֵׂא אֶת הַתְּרוּמָה, אֲבָל לֹא אֶת הַקֹּדֶשׁ. בִּגְדֵי אוֹכְלֵי תְרוּמָה, מִדְרָס לַקֹּדֶשׁ.
De même, celui qui porte un objet foulé par un zav, un homme souffrant de gonorrhée, peut porter de la teruma en même temps, s’il veille à ce que ni lui ni l’objet impur n’entrent en contact avec la teruma, mais cela ne peut pas être fait avec de la nourriture sacrificielle. Les vêtements de ceux qui mangent de la teruma sont comme un objet foulé par un zav en ce qui concerne la nourriture sacrificielle.
לֹא כְּמִדַּת הַקֹּדֶשׁ מִדַּת הַתְּרוּמָה. שֶׁבַּקֹּדֶשׁ: מַתִּיר וּמְנַגֵּב וּמַטְבִּיל, וְאַחַר כָּךְ קוֹשֵׁר. וּבִתְרוּמָה: קוֹשֵׁר, וְאַחַר כָּךְ מַטְבִּיל.
La michna énumère d’autres rigueurs qui s’appliquent aux aliments sacrificiels mais non à la teruma : Les caractéristiques de la teruma ne sont pas comme les caractéristiques de la nourriture sacrificielle, comme dans le cas des ustensiles utilisés avec de la nourriture sacrificielle ; si quelqu’un a un vêtement ou un ustensile attaché, il doit le détacher et le sécher s’il y avait la moindre humidité dessus, car à la fois un nœud et l’humidité absorbée sont considérés comme des interpositions qui empêchent l’eau du bain rituel d’atteindre tout le vêtement. Et il peut ensuite les immerger, et ensuite il peut les rattacher s’il le souhaite. Mais en ce qui concerne la teruma, il peut, s’il le souhaite, attacher le vêtement puis l’immerger sans aucune crainte que le nœud soit considéré comme une interposition.
כֵּלִים הַנִּגְמָרִים בְּטָהֳרָה, צְרִיכִין טְבִילָה לַקֹּדֶשׁ, אֲבָל לֹא לִתְרוּמָה. הַכְּלִי מְצָרֵף מַה שֶּׁבְּתוֹכוֹ לַקֹּדֶשׁ, אֲבָל לֹא לִתְרוּמָה.
Des récipients qui ont été fabriqués et achevés en pureté requièrent néanmoins une immersion pour être considérés comme purs pour les aliments sacrificiels, mais non pour la terouma. Un récipient associe toute la nourriture qui s’y trouve en ce qui concerne les aliments sacrificiels, ce qui signifie que si un morceau de nourriture devient impur, tous les autres morceaux deviennent également impurs ; mais non en ce qui concerne la terouma, pour laquelle chaque morceau est traité indépendamment.
הָרְבִיעִי בַּקֹּדֶשׁ פָּסוּל, וְהַשְּׁלִישִׁי בִתְרוּמָה. וּבִתְרוּמָה, אִם נִטְמֵאת אַחַת מִיָּדָיו — חֲבֶירְתָּהּ טְהוֹרָה, וּבַקֹּדֶשׁ — מַטְבִּיל שְׁתֵּיהֶן, שֶׁהַיָּד מְטַמֵּא אֶת חֲבֶירְתָּהּ בַּקֹּדֶשׁ אֲבָל לֹא בִתְרוּמָה. אוֹכְלִין אוֹכָלִים נְגוּבִין בְּיָדַיִם מְסוֹאָבוֹת בִתְרוּמָה, אֲבָל לֹא בַּקֹּדֶשׁ.
La michna poursuit la liste des différences entre les aliments sacrificiels et la terouma. Un aliment sacrificiel qui est impur d’une impureté de quatrième degré est disqualifié, c’est-à-dire que l’aliment sacrificiel devient impur mais ne transmet pas l’impureté à d’autres éléments. La terouma est disqualifiée lorsqu’elle est impure d’une impureté de troisième degré ; elle n’est aucunement susceptible à une impureté de quatrième degré. Et en ce qui concerne la terouma, si l’une des mains d’une personne est devenue impure selon une loi rabbinique qui ne rend impures que les mains, sa contrepartie, c’est-à-dire l’autre main, reste pure. Mais en ce qui concerne l’aliment sacrificiel, si une main devient impure, il doit immerger les deux, car une main rend sa contrepartie impure en ce qui concerne l’aliment sacrificiel mais non en ce qui concerne la terouma. On peut manger des aliments secs, c’est-à-dire des aliments qui n’ont jamais été en contact avec un liquide et qui ne sont donc pas susceptibles à l’impureté, avec des mains impures lorsqu’il s’agit de terouma, mais non lorsqu’il s’agit d’un aliment sacrificiel.

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