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מִכְּלָל דְּכִי קָנָה וְחָזַר וְקָנָה, דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ.
La Guemara déduit : Cela prouve par inférence que, s'il achète un nouvel objet puis achète un objet similaire, tout le monde est d'accord qu'il n'est pas tenu de réciter une bénédiction, puisqu'il a déjà récité une bénédiction pour l'achat de ce type d'article.
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא קָנָה וְחָזַר וְקָנָה, אֲבָל קָנָה וְחָזַר וְקָנָה — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ קָנָה חָזַר וְקָנָה — צָרִיךְ לְבָרֵךְ. מִכְּלָל דְּכִי יֵשׁ לוֹ וְקָנָה — דִּבְרֵי הַכֹּל צָרִיךְ לְבָרֵךְ.
Certains disent une version différente de cette dispute : Rav Houna a dit : Ils n’ont enseigné que l’on récite la bénédiction : Celui qui nous a donné la vie, sur un ustensile neuf s’il n’a pas acheté cet objet auparavant et a acheté l’objet maintenant, pour la première fois. Cependant, s’il a acheté cet objet auparavant et a acheté l’objet de nouveau, il n’a pas besoin de réciter une bénédiction. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Même si quelqu’un a acheté cet objet auparavant et a acheté un objet similaire de nouveau, il doit réciter une bénédiction. Cela prouve par inférence que si quelqu’un a déjà un ustensile et a ensuite acheté des ustensiles similaires, tout le monde est d’accord qu’il doit réciter une bénédiction.
מֵיתִיבִי: בָּנָה בַּיִת חָדָשׁ וְאֵין לוֹ כַּיּוֹצֵא בּוֹ, קָנָה כֵּלִים חֲדָשִׁים וְאֵין לוֹ כַּיּוֹצֵא בָּהֶם — צָרִיךְ לְבָרֵךְ. יֵשׁ לוֹ כַּיּוֹצֵא בָּהֶם — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ צָרִיךְ לְבָרֵךְ.
La Guemara soulève une objection sur la base de ce qui a été enseigné dans une baraita : Celui qui a construit une maison neuve et ne possède pas déjà une maison semblable, ou a acheté des ustensiles neufs et ne possède pas déjà des ustensiles semblables, doit réciter une bénédiction. Cependant, si il possède déjà quelque chose de semblable, il n’a pas besoin de réciter une bénédiction, telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda, en revanche, dit : Dans les deux cas, il doit réciter une bénédiction.
בִּשְׁלָמָא לְלִישָּׁנָא קַמָּא — רַב הוּנָא כְּרַבִּי מֵאִיר, וְרַבִּי יוֹחָנָן כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֶלָּא לְלִישָּׁנָא בָּתְרָא, בִּשְׁלָמָא רַב הוּנָא כְּרַבִּי יְהוּדָה, אֶלָּא רַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּמַאן? לָא כְּרַבִּי מֵאִיר וְלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה!
La Guemara demande : Soit, selon la première version du différend entre Rav Houna et Rabbi Yoḥanan, on pourrait dire que Rav Houna soutient conformément à l’opinion de Rabbi Meir, et que Rabbi Yoḥanan soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda. Cependant, selon la dernière version du différend, soit, Rav Houna soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda, mais conformément à l’opinion de qui Rabbi Yoḥanan a-t-il énoncé son opinion ? Sa déclaration n’est conforme ni à l’opinion de Rabbi Meir ni à l’opinion de Rabbi Yehuda.
אָמַר לָךְ רַבִּי יוֹחָנָן: הוּא הַדִּין דִּלְרַבִּי יְהוּדָה קָנָה וְחָזַר וְקָנָה — נָמֵי צָרִיךְ לְבָרֵךְ. וְהָא דְּקָא מִיפַּלְגִי בְּיֵשׁ לוֹ וְקָנָה, לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי מֵאִיר דַּאֲפִילּוּ קָנָה וְיֵשׁ לוֹ — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ, וְכׇל שֶׁכֵּן קָנָה וְחָזַר וְקָנָה דְּאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ.
La Guemara répond : Rabbi Yoḥanan aurait pu te dire : Il en va de même selon l’opinion de Rabbi Yehuda ; dans un cas où quelqu’un a acheté un objet dans le passé et a acheté un objet similaire à nouveau, il doit réciter une bénédiction. Le fait qu’ils n’aient été en désaccord qu’au sujet de d’un cas où il possédait déjà des ustensiles similaires et a acheté de nouveaux n’indique pas qu’il s’agisse de leur seul désaccord. La controverse a été présentée de cette manière pour transmettre la portée considérable de l’opinion de Rabbi Meir ; même dans un cas où quelqu’un a acheté un objet alors qu’il possédait un objet similaire, il n’a pas besoin de réciter une bénédiction ; à plus forte raison dans un cas où il a acheté un objet puis a acheté un objet similaire à nouveau, il n’a pas besoin de réciter une bénédiction.
וְלִיפַּלְגוּ בְּקָנָה וְחָזַר וְקָנָה דְּאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ, לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי יְהוּדָה! כֹּחַ דְּהֶתֵּירָא עֲדִיף לֵיהּ.
La Guemara demande : Et si telle est la raison de présenter la controverse de cette manière, qu’ils soient en désaccord au sujet de un cas où quelqu’un a acheté un objet dans le passé et ensuite a acheté un objet similaire à nouveau, où, selon Rabbi Meir, il n’est pas nécessaire de réciter une bénédiction, afin de faire ressortir la portée de l’opinion de Rabbi Yehuda ; car Rabbi Yehuda exige une bénédiction dans ce cas. La Guemara répond : La Guemara a préféré la version que nous avons devant nous afin de démontrer jusqu’où Rabbi Meir s’est montré indulgent en n’exigeant pas de bénédiction, parce que la force de l’indulgence est préférable.
מְבָרֵךְ עַל הָרָעָה כּוּ׳.
Nous avons appris dans la michna : On récite une bénédiction pour le mal qui lui arrive tout comme on le fait pour le bien. Cela veut dire que l’on récite la bénédiction appropriée à la situation présente même si elle est mauvaise, malgré le fait qu’elle puisse évoluer vers une situation positive à l’avenir.
הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן דִּשְׁקַל בִּדְקָא בְּאַרְעֵיהּ, אַף עַל גַּב דְּטָבָא הִיא לְדִידֵיהּ, דְּמַסְּקָא אַרְעָא שִׂירְטוֹן וְשָׁבְחָא, הַשְׁתָּא מִיהָא רָעָה הִיא.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances ? La Guemara explique : Dans un cas où une digue s’est rompue et l’eau s’est écoulée sur le terrain de quelqu’un, malgré le fait que cela finira par lui être bénéfique, car sa terre sera recouverte de sédiments apportés par l’eau courante qui amélioreront la qualité de son sol, cela reste néanmoins mauvais pour le moment.
וְעַל הַטּוֹבָה כּוּ׳.
Il faut réciter une bénédiction pour le bien qui lui arrive tout comme pour le mal.
הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן דְּאַשְׁכַּח מְצִיאָה, אַף עַל גַּב דְּרָעָה הִיא לְדִידֵיהּ, דְּאִי שָׁמַע בַּהּ מַלְכָּא שָׁקֵיל לַהּ מִינֵּיהּ, הַשְׁתָּא מִיהָא טוֹבָה הִיא.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances ? La Guemara explique : Dans un cas où quelqu’un a trouvé un objet perdu, malgré le fait qu’en fin de compte cela est mauvais pour lui parce que si le roi en entendait parler, il le lui prendrait certainement. À cette époque, la loi considérait tous les objets trouvés comme la propriété du trésor du roi, et quiconque ne signalait pas un tel objet était puni. Néanmoins, à présent, cela lui est favorable.
הָיְתָה אִשְׁתּוֹ מְעוּבֶּרֶת וְאָמַר: ״יְהִי רָצוֹן שֶׁתֵּלֵד כּוּ׳״ — הֲרֵי זוֹ תְּפִלַּת שָׁוְא.
Nous avons appris dans la michna : Celui dont la femme était enceinte et qui a dit : Que ce soit la volonté de Dieu que ma femme donne naissance à un garçon, c’est une prière vaine.
וְלָא מַהֲנֵי רַחֲמֵי? מֵתִיב רַב יוֹסֵף: ״וְאַחַר יָלְדָה בַּת וַתִּקְרָא אֶת שְׁמָהּ דִּינָה״: מַאי ״וְאַחַר״? אָמַר רַב: לְאַחַר שֶׁדָּנָה לֵאָה דִּין בְּעַצְמָהּ וְאָמְרָה: שְׁנֵים עָשָׂר שְׁבָטִים עֲתִידִין לָצֵאת מִיַּעֲקֹב, שִׁשָּׁה יָצְאוּ מִמֶּנִּי וְאַרְבָּעָה מִן הַשְּׁפָחוֹת, הֲרֵי עֲשָׂרָה. אִם זֶה זָכָר, לֹא תְּהֵא אֲחוֹתִי רָחֵל כְּאַחַת הַשְּׁפָחוֹת, מִיָּד נֶהֶפְכָה לְבַת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּקְרָא אֶת שְׁמָהּ דִּינָה״. אֵין מַזְכִּירִין מַעֲשֵׂה נִסִּים.
Une prière, dans ce cas, est-elle inefficace ? Rav Yosef soulève une objection sur la base d’une baraita : Il est dit : « Et ensuite elle enfanta une fille, et appela son nom Dina » (Genèse 30:21). La Guemara demande : Que signifie l’ajout du mot : Ensuite ? Que cherche à transmettre le verset en soulignant qu’après la naissance de Zévouloun elle enfanta Dina ? Rav a dit : Après que Léa s’est jugée elle-même et a dit : Douze tribus sont destinées à descendre de Jacob, six sont venues de moi et quatre des servantes, cela fait dix, et si ce fœtus est mâle, ma sœur Rachel ne sera pas même comme l’une des servantes ; immédiatement le fœtus fut transformé en fille, comme il est dit : Et elle appela son nom Dina ; c’est-à-dire qu’elle la nomma d’après son jugement [din]. La Guemara rejette cela : On ne mentionne pas des actes miraculeux pour enseigner une halakha générale.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מַעֲשֶׂה דְּלֵאָה בְּתוֹךְ אַרְבָּעִים יוֹם הֲוָה. כִּדְתַנְיָא: שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים — יְבַקֵּשׁ אָדָם רַחֲמִים שֶׁלֹּא יַסְרִיחַ. מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד אַרְבָּעִים יְבַקֵּשׁ רַחֲמִים שֶׁיְּהֵא זָכָר. מֵאַרְבָּעִים יוֹם וְעַד שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים — יְבַקֵּשׁ רַחֲמִים שֶׁלֹּא יְהֵא סַנְדָּל. מִשְּׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים וְעַד שִׁשָּׁה — יְבַקֵּשׁ רַחֲמִים שֶׁלֹּא יְהֵא נֵפֶל. מִשִּׁשָּׁה וְעַד תִּשְׁעָה — יְבַקֵּשׁ רַחֲמִים שֶׁיֵּצֵא בְּשָׁלוֹם.
La Guemara présente une explication alternative : Et si tu veux, dis plutôt que l’histoire de Leah et sa prière au sujet du fœtus eut lieu dans les quarante jours suivant la conception. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Pendant les trois premiers jours après le rapport, il faut prier pour que la semence ne se putréfie pas, afin qu’elle féconde l’ovule et se développe en fœtus. Du troisième jour jusqu’au quarantième, il faut prier pour qu’il soit mâle. Du quarantième jour jusqu’à trois mois, il faut prier pour qu’il ne soit pas difforme, ayant la forme d’un poisson plat, car lorsque le fœtus ne se développe pas, il prend une forme quelque peu semblable à celle d’une sole plate. Du troisième mois jusqu’au sixième, il faut prier pour qu’il ne soit pas mort-né. Et du sixième mois jusqu’au neuvième, il faut prier pour qu’il vienne au monde sain et sauf. Par conséquent, pendant les quarante premiers jours suivant la conception, on peut encore prier pour influer sur le sexe du fœtus.
וּמִי מַהֲנֵי רַחֲמֵי? וְהָאָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב אַמֵּי: אִישׁ מַזְרִיעַ תְּחִלָּה — יוֹלֶדֶת נְקֵבָה, אִשָּׁה מַזְרַעַת תְּחִלָּה — יוֹלֶדֶת זָכָר. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִשָּׁה כִּי תַזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר״! הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן שֶׁהִזְרִיעוּ שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת.
La Guemara demande : La prière est-elle efficace à cette fin ? Rav Yitzḥak, fils de Rav Ami, n’a-t-il pas dit : La tradition enseigne que le sexe du fœtus est déterminé au moment de la conception. Si l’homme émet la semence en premier, sa femme donne naissance à une fille ; si la femme émet la semence en premier, elle donne naissance à un garçon, comme il est dit : « Lorsqu’une femme émet une semence et enfante un garçon » (Lévitique 12:2). La Guemara répond : De quoi parlons-nous ici ? Nous parlons d’un cas où ils émettent tous deux la semence simultanément. Dans ce cas, le sexe est indéterminé et la prière peut être efficace.
הָיָה בָּא בַּדֶּרֶךְ.
Nous avons appris dans la michna : Celui qui marchait en chemin et entendit un cri venant de la ville, et dit : Que ce soit la volonté de Dieu que ce cri ne vienne pas de ma maison, c’est une prière vaine.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּהִלֵּל הַזָּקֵן שֶׁהָיָה בָּא בַּדֶּרֶךְ וְשָׁמַע קוֹל צְוָחָה בָּעִיר, אָמַר: מוּבְטָח אֲנִי שֶׁאֵין זֶה בְּתוֹךְ בֵּיתִי. וְעָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״מִשְּׁמוּעָה רָעָה לֹא יִירָא נָכוֹן לִבּוֹ בָּטֻחַ בַּה׳״. אָמַר רָבָא: כׇּל הֵיכִי דְּדָרְשַׁתְּ לְהַאי קְרָא מֵרֵישֵׁיהּ לְסֵיפֵיהּ — מִדְּרִישׁ, מִסֵּיפֵיהּ לְרֵישֵׁיהּ — מִדְּרִישׁ: מֵרֵישֵׁיהּ לְסֵיפֵיהּ מִדְּרִישׁ — ״מִשְּׁמוּעָה רָעָה לֹא יִירָא״, מַה טַּעַם? — ״נָכוֹן לִבּוֹ בָּטֻחַ בַּה׳״. מִסֵּיפֵיהּ לְרֵישֵׁיהּ מִדְּרִישׁ — ״נָכוֹן לִבּוֹ בָּטֻחַ בַּה׳, מִשְּׁמוּעָה רָעָה לֹא יִירָא״.
Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident impliquant Hillel l’Ancien, qui venait sur la route lorsqu’il entendit un cri dans la ville. Il dit : Je suis certain que le cri ne vient pas de ma maison. Et à son sujet, le verset dit : « Il ne craindra pas de mauvaises nouvelles ; son cœur est ferme, confiant dans le Seigneur » (Psaumes 112:7). Rava a dit : Quelle que soit la manière dont tu interprètes ce verset, son sens est clair. Il peut être interprété du début à la fin ou il peut être interprété de la fin au début. La Guemara explique : Il peut être interprété du début à la fin : Pourquoi est-ce que : « Il ne craindra pas de mauvaises nouvelles » ? Parce que son cœur est ferme, confiant dans le Seigneur. La Guemara poursuit : Et il peut être interprété de la fin au début : Celui dont le cœur est ferme, confiant dans le Seigneur est une personne qui ne craindra pas de mauvaises nouvelles.
הַהוּא תַּלְמִידָא דַּהֲוָה קָא אָזֵיל בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי בְּשׁוּקָא דְצִיּוֹן. חַזְיֵיהּ דְּקָא מְפַחֵיד. אֲמַר לֵיהּ: חַטָּאָה אַתְּ, דִּכְתִיב: ״פָּחֲדוּ בְצִיּוֹן חֲטָאִים״. אֲמַר לֵיהּ: וְהָכְתִיב ״אַשְׁרֵי אָדָם מְפַחֵד תָּמִיד״! אֲמַר לֵיהּ: הַהוּא בְּדִבְרֵי תוֹרָה כְּתִיב.
La Guemara raconte : Un jour, cet étudiant marchait derrière Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, sur le marché de Sion. Rabbi Yishmael vit que l’étudiant avait peur. Il lui dit : Tu es un pécheur, comme il est écrit : « Les transgresseurs en Sion ont peur, le tremblement a saisi les impies » (Isaïe 33:14). L’étudiant répondit : N’est-il pas écrit : « Heureux l’homme qui craint toujours » (Proverbes 28:14) ? Rabbi Yishmael lui dit : Ce verset a été écrit au sujet des questions de Torah, qu’on doit craindre d’oublier. Pour tout le reste, il faut avoir confiance en Dieu.
יְהוּדָה בַּר נָתָן הֲוָה שָׁקֵיל וְאָזֵיל בָּתְרֵיהּ דְּרַב הַמְנוּנָא. אִתְּנַח. אֲמַר לֵיהּ: יִסּוּרִים בָּעֵי הַהוּא גַּבְרָא לְאֵתוּיֵי אַנַּפְשֵׁיהּ? דִּכְתִיב: ״כִּי פַחַד פָּחַדְתִּי וַיֶּאֱתָיֵנִי וַאֲשֶׁר יָגֹרְתִּי יָבֹא לִי״! וְהָא כְּתִיב: ״אַשְׁרֵי אָדָם מְפַחֵד תָּמִיד״! הָהוּא בְּדִבְרֵי תוֹרָה כְּתִיב.
Dans le même esprit, la Guemara rapporte : Yehuda bar Natan allait et venait derrière Rav Hamnuna. Yehuda bar Natan soupira ; Rav Hamnuna lui dit : Souhaites-tu attirer la souffrance sur toi-même ? Comme il est dit : « Car ce que je craignais m’est arrivé, et ce que je redoutais m’a atteint » (Job 3:25) ? Il répondit : N’est-il pas dit : « Heureux l’homme qui craint toujours » ? Rav Hamnuna répondit : Ce verset a été écrit au sujet des questions de Torah.
הַנִּכְנָס לִכְרַךְ.
Nous avons appris dans la michna : Celui qui entre dans une grande ville récite deux prières ; Ben Azzai dit qu’il récite quatre prières.
תָּנוּ רַבָּנַן: בִּכְנִיסָתוֹ מַהוּ אוֹמֵר? — ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁתַּכְנִיסֵנִי לִכְרַךְ זֶה לְשָׁלוֹם״. נִכְנַס, אוֹמֵר: ״מוֹדֶה אֲנִי לְפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁהִכְנַסְתַּנִי לִכְרַךְ זֶה לְשָׁלוֹם״. בִּקֵּשׁ לָצֵאת, אוֹמֵר: ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי, שֶׁתּוֹצִיאֵנִי מִכְּרַךְ זֶה לְשָׁלוֹם״. יָצָא, אוֹמֵר: ״מוֹדֶה אֲנִי לְפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁהוֹצֵאתַנִי מִכְּרַךְ זֶה לְשָׁלוֹם. וּכְשֵׁם שֶׁהוֹצֵאתַנִי לְשָׁלוֹם, כָּךְ תּוֹלִיכֵנִי לְשָׁלוֹם, וְתִסְמְכֵנִי לְשָׁלוֹם, וְתַצְעִידֵנִי לְשָׁלוֹם, וְתַצִּילֵנִי מִכַּף כׇּל אוֹיֵב וְאוֹרֵב בַּדֶּרֶךְ״.
Les Sages ont enseigné les détails de l’enseignement de Ben Azzai dans une baraita :
À son entrée dans la ville, que récite-t-il ?
Puisse-t-il être Ta volonté, ô Seigneur mon Dieu, que Tu me fasses entrer dans cette ville en paix.
Après qu’il est entré dans la ville, il récite : Je Te remercie, ô Seigneur mon Dieu, de m’avoir fait entrer dans cette ville en paix.
Lorsqu’il cherche à quitter la ville, il récite : Puisse-t-il être Ta volonté, ô Seigneur mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, que Tu me fasses sortir de cette ville en paix.
Après qu’il est sorti, il récite : Je Te rends grâce devant Toi, ô Seigneur mon Dieu, de m’avoir fait sortir de cette ville en paix ;
et de même que Tu m’as fait sortir en paix,
de même conduis-moi en paix, soutiens-moi en paix, dirige mes pas en paix,
et sauve-moi de la main de tout ennemi ou de ceux qui guettent en embuscade sur le chemin.
אָמַר רַב מַתְנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּכְרַךְ שֶׁאֵין דָּנִין וְהוֹרְגִין בּוֹ, אֲבָל בִּכְרַךְ שֶׁדָּנִין וְהוֹרְגִין בּוֹ — לֵית לַן בַּהּ.
Rav Mattana a dit : Cela n’a été enseigné qu’au sujet d’une ville où les criminels ne sont ni jugés ni exécutés, car dans un tel endroit il peut être tué sans procès. Cependant, dans une ville où les criminels sont jugés et exécutés, ces prières ne s’appliquent pas, car si quelqu’un n’est pas coupable, il ne subira aucun mal.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב מַתְנָא: אֲפִילּוּ בִּכְרַךְ שֶׁדָּנִין וְהוֹרְגִין בּוֹ, זִימְנִין דְּלָא מִתְרְמֵי לֵיהּ אִינָשׁ דְּיָלֵיף לֵיהּ זְכוּתָא.
Certains disent que Rav Mattana a dit le contraire : Même dans une ville où les criminels sont jugés et exécutés, il faut prier pour la miséricorde, car parfois il peut ne pas rencontrer une personne qui plaidera en sa faveur.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַנִּכְנָס לְבֵית הַמֶּרְחָץ, אוֹמֵר: ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁתַּצִּילֵנִי מִזֶּה וְכַיּוֹצֵא בּוֹ, וְאַל יֶאֱרַע בִּי דְּבַר קַלְקָלָה וְעָוֹן. וְאִם יֶאֱרַע בִּי דְּבַר קַלְקָלָה וְעָוֹן — תְּהֵא מִיתָתִי כַּפָּרָה לְכׇל עֲוֹנוֹתַי״.
Les Sages ont enseigné : Celui qui entre dans un bain romain, où un feu brûle sous le bassin d’eau utilisé pour se baigner, et où il existe un risque d’effondrement, dit :
Que telle soit Ta volonté, ô Seigneur mon Dieu, de me sauver de cela et de choses semblables,
et ne permets pas que ruine ou iniquité m’atteignent,
et si ruine ou iniquité m’atteignent, que ma mort soit expiation pour toutes mes transgressions.
אָמַר אַבָּיֵי: לָא לֵימָא אִינָשׁ הָכִי, דְּלָא לִפְתַּח פּוּמֵּיהּ לְשָׂטָן. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ, וְכֵן תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יוֹסֵי: לְעוֹלָם אַל יִפְתַּח אָדָם פִּיו לַשָּׂטָן.
Abaye a dit : Il ne faut pas dire : Si le malheur s’abat sur moi, afin de ne pas ouvrir sa bouche à Satan et de le provoquer. Comme l’a dit Rabbi Shimon ben Lakish et comme cela a été enseigné dans une baraitaau nom de Rabbi Yossei : On ne doit jamais ouvrir sa bouche à Satan en évoquant, de sa propre initiative, la possibilité d’un malheur ou de la mort.
אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קְרָאָה — דִּכְתִיב: ״כִּמְעָט כִּסְדֹם הָיִינוּ לַעֲמֹרָה דָּמִינוּ״, מַאי אַהְדַּר לְהוּ נָבִיא — ״שִׁמְעוּ דְּבַר ה׳ קְצִינֵי סְדֹם וְגוֹ׳״.
Rav Yosef dit : Quel est le verset qui fait allusion à cela ? Comme il est écrit : « Nous avons failli être comme Sodome, nous aurions été semblables à Gomorrhe » (Isaïe 1:9), après quoi que leur répondit le prophète ? « Écoutez la parole du Seigneur, chefs de Sodome ; prêtez l’oreille à la Torah de notre Dieu, peuple de Gomorrhe » (Isaïe 1:10). Après que l’analogie avec Sodome a été évoquée, elle s’est réalisée.
כִּי נָפֵיק מַאי אוֹמֵר? אָמַר רַב אַחָא: ״מוֹדֶה אֲנִי לְפָנֶיךָ ה׳ שֶׁהִצַּלְתַּנִי מִן הָאוּר״.
Revenant au sujet du bain public romain, la Guemara demande : Lorsqu’il sort du bain public, que dit-il ? Rav Aḥa a dit : Je Te rends grâce, Seigneur, de m’avoir sauvé du feu.
רַבִּי אֲבָהוּ עָל לְבֵי בָנֵי. אִפְּחִית בֵּי בָנֵי מִתּוּתֵיהּ, אִתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא קָם עַל עַמּוּדָא, שֵׁזִיב מְאָה וְחַד גַּבְרֵי בְּחַד אֵבְרֵיהּ. אֲמַר: הַיְינוּ דְּרַב אַחָא.
La Guemara rapporte : Rabbi Abbahu entra dans un bain public lorsque le sol du bain public s’effondra sous lui, et un miracle se produisit en sa faveur. Il se tint sur un pilier et sauva cent un hommes d’un seul bras. Il tenait une ou deux personnes avec son bras, tandis que d’autres s’agrippaient à elles, et ainsi de suite, de sorte que tous furent sauvés. Il dit : Ceci est une confirmation de la déclaration de Rav Aḥa, qui a dit qu’il faut rendre grâce lorsqu’on sort du bain public sain et sauf.
דְּאָמַר רַב אַחָא: הַנִּכְנָס לְהַקִּיז דָּם, אוֹמֵר: ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁיְּהֵא עֵסֶק זֶה לִי לִרְפוּאָה, וּתְרַפְּאֵנִי. כִּי אֵל רוֹפֵא נֶאֱמָן אָתָּה וּרְפוּאָתְךָ אֱמֶת, לְפִי שֶׁאֵין דַּרְכָּן שֶׁל בְּנֵי אָדָם לְרַפּאוֹת אֶלָּא שֶׁנָּהֲגוּ״.
Comme l’a dit Rav Aḥa : Celui qui entre pour une saignée dit :
Que telle soit Ta volonté, ô Seigneur mon Dieu,
que cette démarche soit pour la guérison et que Tu me guérisses.
Car Tu es un Dieu fidèle de guérison et Ta guérison est vérité.
Car ce n’est pas la voie des hommes de guérir, mais ils s’y sont habitués.
Rav Aḥa dit que les gens ne devraient pas pratiquer la médecine, car ils n’ont pas la capacité de guérir ; au contraire, la guérison devrait être laissée à Dieu.
אָמַר אַבָּיֵי: לָא לֵימָא אִינָשׁ הָכִי, דְּתָנֵי דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְרַפֹּא יְרַפֵּא״ — מִכָּאן שֶׁנִּיתְּנָה רְשׁוּת לָרוֹפֵא לְרַפּאוֹת.
Abaye répondit et dit : Il ne faut pas dire cela, car il a été enseigné dans l’école de Rabbi Yishmaël qu’à partir du verset, « et il le fera complètement guérir » (Exode 21:19), d’ici nous déduisons qu’il a été accordé au médecin la permission de guérir. La pratique de la médecine est conforme à la volonté de Dieu.
כִּי קָאֵי מַאי אוֹמֵר? — אָמַר רַב אַחָא: ״בָּרוּךְ … רוֹפֵא חִנָּם״.
Quant à la saignée, la Guemara demande : Lorsqu’on se lève après avoir subi une saignée, que dit-on ? Rav Aḥa a dit : On récite en remerciement : Béni… Celui qui guérit sans paiement.

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