וְאֵין מְבָרְכִין עַל הַנֵּר עַד שֶׁיֵּאוֹתוּ.
Nous avons appris dans la michna : Et l’on ne récite pas la bénédiction sur la bougie tant que l’on n’en tire pas profit de sa lumière.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לֹא ״יֵאוֹתוּ״ יֵאוֹתוּ מַמָּשׁ, אֶלָּא כׇּל שֶׁאִילּוּ עוֹמֵד בְּקָרוֹב וּמִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ, וַאֲפִילּוּ בְּרִיחוּק מָקוֹם. וְכֵן אָמַר רַב אָשֵׁי: בְּרִיחוּק מָקוֹם שָׁנִינוּ.
Rav Yehouda dit que Rav dit : « Tirer profit » ne signifie pas que celui qui récite la bénédiction doive réellement tirer profit de la lumière de la bougie. Au contraire, tant que, si l’on se tenait près de la bougie, on pourrait utiliser sa lumière, s’il la voit, il peut réciter une bénédiction sur elle, même s’il se tient maintenant à distance.
מֵיתִיבִי: הָיְתָה לוֹ נֵר טְמוּנָה בְּחֵיקוֹ, אוֹ בְּפַנָּס, אוֹ שֶׁרָאָה שַׁלְהֶבֶת וְלֹא נִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ, אוֹ נִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ וְלֹא רָאָה שַׁלְהֶבֶת — אֵינוֹ מְבָרֵךְ עַד שֶׁיִּרְאֶה שַׁלְהֶבֶת וְיִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ.
La Guemara soulève une objection à partir d’une Tosefta : Celui qui avait une bougie cachée sur ses genoux ou l’avait placée à l’intérieur d’une lampe opaque, ou s’il a vu une flamme sans utiliser sa lumière, ou s’il a utilisé sa lumière sans voir de flamme, ne peut pas réciter une bénédiction avant de à la fois voir la flamme et utiliser sa lumière.
בִּשְׁלָמָא מִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ וְלֹא רָאָה שַׁלְהֶבֶת מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ — דְּקַיְימָא בְּקֶרֶן זָוִית. אֶלָּא רָאָה שַׁלְהֶבֶת וְלֹא נִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? לָאו דִּמְרַחֲקָא?!
La Guemara clarifie d’abord le contenu de la Tosefta elle-même : Soit, un cas où l’on utilise sa lumière sans voir de flamme peut se produire lorsque la flamme se trouve au coin d’une rue, éclairant la zone tout en étant cachée à sa vue. Mais comment peut-on trouver un cas où l’on a vu une flamme sans utiliser sa lumière ? N’est-ce pas le cas où l’on est éloigné ? Apparemment, il faut effectivement utiliser la flamme ; le simple fait d’avoir la possibilité de l’utiliser ne suffit pas.
לָא, כְּגוֹן דְּעָמְיָא וְאָזְלָא.
La Guemara rejette cela : Non. Cela fait référence à un cas où la flamme s’atténue progressivement. On voit la flamme, mais on est incapable d’utiliser sa lumière.
תָּנוּ רַבָּנַן: גֶּחָלִים לוֹחֲשׁוֹת — מְבָרְכִין עֲלֵיהֶן, אוֹמְמוֹת — אֵין מְבָרְכִין עֲלֵיהֶן. הֵיכִי דָּמֵי לוֹחֲשׁוֹת? אָמַר רַב חִסְדָּא: כׇּל שֶׁאִילּוּ מַכְנִיס לְתוֹכָן קֵיסָם וְדוֹלֶקֶת מֵאֵילֶיהָ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : On peut réciter une bénédiction sur des braises ardentes comme on le fait sur une bougie ; cependant, sur des braises qui s’éteignent [omemot], on ne peut pas réciter de bénédiction. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de braises ardentes ? Rav Ḥisda a dit : Des braises ardentes sont toutes braises telles que, si l’on place un copeau de bois parmi elles, il s’enflamme de lui-même sans attiser la flamme.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״אוֹמְמוֹת״ אוֹ ״עוֹמְמוֹת״?
En ce qui concerne la formulation de la baraita, la Guemara soulève un dilemme : la baraita dit-elle omemot commençant par un alef, ou omemot commençant par un ayin ?
תָּא שְׁמַע דְּאָמַר רַב חִסְדָּא בַּר אַבְדִּימִי: ״אֲרָזִים לֹא עֲמָמֻהוּ בְּגַן אֱלֹהִים״.
Viens et entends une résolution, comme l’a dit Rav Ḥisda bar Avdimi : La version correcte est omemot, commençant par un ayin, comme il est dit : « Les cèdres dans le jardin de Dieu ne pouvaient pas l’assombrir [amamuhu] » (Ézéchiel 31:8).
וְרָבָא אָמַר: ״יֵאוֹתוּ״ מַמָּשׁ.
Et quant à la question de savoir s’il faut réellement tirer profit de la lumière de la flamme pour réciter une bénédiction, Rava dit : Lorsque la michna a dit profit, cela signifiait qu’il devait réellement tirer profit de la lumière.
וְכַמָּה? אָמַר עוּלָּא: כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין אִיסָּר לְפוּנְדְּיוֹן. חִזְקִיָּה אָמַר: כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין מְלוּזְמָא שֶׁל טְבֶרְיָא לִמְלוּזְמָא שֶׁל צִפּוֹרִי.
La Guemara demande : À quelle distance faut-il être pour être considéré comme ayant tiré profit de la flamme ? Oulla a dit : À une distance telle qu’on puisse distinguer entre un issar et un pundeyon, deux pièces de cette époque. Ḥizkiya a dit : À une distance telle qu’on puisse distinguer entre un poids utilisé à Tibériade et un poids utilisé à Tzippori, qui étaient légèrement différents.
רַב יְהוּדָה מְבָרֵךְ אַדְּבֵי אַדָּא דַּיָּילָא, רָבָא מְבָרֵךְ אַדְּבֵי גּוּרְיָא בַּר חָמָא. אַבָּיֵי מְבָרֵךְ אַדְּבֵי בַּר אֲבוּהּ.
La Guemara rapporte que les amora’im se conduisaient conformément à leurs opinions susmentionnées. À la fin du Chabbat, Rav Yehuda récitait une bénédiction sur la lumière de la maison de Adda, le serviteur, qui était éloignée de sa maison. Rava récitait une bénédiction sur la lumière de la maison de Gurya bar Ḥama, qui était adjacente à sa maison. Abaye récitait une bénédiction sur la lumière de la maison de bar Avuh.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אֵין מְחַזְּרִין עַל הָאוּר כְּדֶרֶךְ שֶׁמְחַזְּרִים עַל הַמִּצְוֹת. אָמַר רַבִּי זֵירָא: מֵרֵישׁ הֲוָה מְהַדַּרְנָא, כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּרַב יְהוּדָה אָמַר רַב, אֲנָא נָמֵי לָא מְהַדַּרְנָא, אֶלָּא אִי מִקְּלַע לִי מִמֵּילָא — מְבָרֵיכְנָא.
Rav Yehouda a dit que Rav a dit un principe halakhique général : il n’est pas nécessaire de rechercher de la lumière à l’issue du Chabbat de la manière dont on recherche d’autres mitzvot. S’il n’y a pas de flamme disponible sur laquelle réciter une bénédiction, cela n’empêche pas de réciter la havdala. Et Rav Zeira a dit : Au début, je recherchais de la lumière ; une fois que j’ai entendu cette halakha selon laquelle Rav Yehouda a dit que Rav a dit, moi non plus je ne recherche pas de lumière. Cependant, si une bougie se trouve disponible pour moi, je récite une bénédiction sur elle.
מִי שֶׁאָכַל וְכוּ׳. אָמַר רַב זְבִיד וְאִיתֵּימָא רַב דִּימִי בַּר אַבָּא: מַחֲלוֹקֶת בְּשָׁכַח, אֲבָל בְּמֵזִיד, דִּבְרֵי הַכֹּל — יַחְזוֹר לִמְקוֹמוֹ וִיבָרֵךְ.
Notre michna a cité une divergence concernant celui qui a mangé et a oublié et n’a pas récité de bénédiction ; Beit Shammaï disent : il retourne à l’endroit où il a mangé et récite la bénédiction. Beit Hillel disent : cela n’est pas nécessaire. Il récite la bénédiction à l’endroit où il s’en est souvenu. Rav Zevid a dit, et certains disent Rav Dimi bar Abba, a dit : Cette divergence ne concerne qu’un cas où l’on a oublié de réciter la bénédiction, mais si on l’a fait intentionnellement, tous conviennent qu’il doit retourner à l’endroit où il a mangé et réciter une bénédiction.
פְּשִׁיטָא, ״וְשָׁכַח״ תְּנַן.
La Guemara demande : Cela est évident. Nous avons appris dans la michna : Et il a oublié, non s'il l'a fait intentionnellement.
מַהוּ דְתֵימָא הוּא הַדִּין אֲפִילּוּ בְּמֵזִיד, וְהַאי דְּקָתָנֵי ״וְשָׁכַח״ — לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחָן דְּבֵית שַׁמַּאי. קָמַשְׁמַע לַן.
La Guemara explique : De peur que tu ne dises que la même chose est vraie, que Beit Hillel permettent de réciter une bénédiction sans retourner à l’endroit où l’on a mangé, même dans un cas où l’on délibérément n’a pas récité de bénédiction, et que ce qui a été enseigné : Et a oublié, sert à transmettre la portée de l’opinion de Beit Shammai, qui exigent qu’il retourne à l’endroit où il a mangé même s’il a oublié, Rav Zevid nous enseigne qu’il n’y a pas de désaccord dans ce cas.
תַּנְיָא, אָמְרוּ לָהֶם בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: לְדִבְרֵיכֶם, מִי שֶׁאָכַל בְּרֹאשׁ הַבִּירָה וְשָׁכַח וְיָרַד וְלֹא בֵּרַךְ, יַחְזוֹר לְרֹאשׁ הַבִּירָה וִיבָרֵךְ?! אָמְרוּ לָהֶן בֵּית שַׁמַּאי לְבֵית הִלֵּל: לְדִבְרֵיכֶם מִי שֶׁשָּׁכַח אַרְנָקִי בְּרֹאשׁ הַבִּירָה לֹא יַעֲלֶה וְיִטְלֶנָּה? לִכְבוֹד עַצְמוֹ הוּא עוֹלֶה, לִכְבוֹד שָׁמַיִם לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?!
Il a été enseigné dans une baraita que Beit Hillel dit à Beit Shammai : Selon votre déclaration, celui qui a mangé au sommet du mont du Temple, lieu de résidence choisi par Dieu, et a oublié puis est descendu sans réciter une bénédiction, doit-il retourner au sommet du mont du Temple, lieu de résidence choisi par Dieu, pour réciter une bénédiction ? Beit Shammai dit à Beit Hillel : Pourquoi pas ? Et selon votre déclaration, celui qui a oublié sa bourse au sommet du mont du Temple, lieu de résidence choisi par Dieu, ne remonterait-il pas pour la récupérer ? Si l’on monte par égard pour ses propres besoins, à plus forte raison doit-on monter par égard pour le Ciel.
הָנְהוּ תְּרֵי תַּלְמִידֵי, חַד עֲבַד בְּשׁוֹגֵג כְּבֵית שַׁמַּאי וְאַשְׁכַּח אַרְנְקָא דְּדַהֲבָא, וְחַד עֲבַד בְּמֵזִיד כְּבֵית הִלֵּל וְאַכְלֵיהּ אַרְיָא.
La Guemara raconte : il y avait ces deux étudiants qui ont mangé et n’ont pas récité de bénédiction. L’un d’eux l’a fait involontairement, et, conformément à l’opinion de Beit Shammai, il est retourné à l’endroit où il avait mangé et a trouvé une bourse d’or. L’un d’eux l’a fait intentionnellement, et, conformément à l’opinion de Beit Hillel, bien que dans des circonstances où ils sont d’accord avec Beit Shammai, il n’est pas retourné et un lion l’a dévoré.
רַבָּה בַּר בַּר חָנָה הֲוָה קָאָזֵל בְּשַׁיַּירְתָּא, אֲכַל וְאִשְׁתְּלִי וְלָא בָּרֵיךְ. אֲמַר: הֵיכִי אַעֲבֵיד? אִי אָמֵינָא לְהוּ ״אִנְּשַׁאי לְבָרֵךְ״, אָמְרוּ לִי: בָּרֵיךְ, כׇּל הֵיכָא דִּמְבָרְכַתְּ — לְרַחֲמָנָא מְבָרְכַתְּ. מוּטָב דְּאָמֵינָא לְהוּ: אִנְּשַׁאי יוֹנָה דְּדַהֲבָא. אֲמַר לְהוּ: אִנְטַרוּ לִי, דְּאִנְּשַׁאי יוֹנָה דְּדַהֲבָא. אָזֵיל וּבָרֵיךְ וְאַשְׁכַּח יוֹנָה דְּדַהֲבָא.
La Guemara poursuit son récit : Rabba bar bar Ḥana voyageait un jour avec une caravane. Il mangea, oublia et ne récita pas de bénédiction. Il se dit à lui-même : Que dois-je faire ? Si je leur dis : J’ai oublié de réciter une bénédiction, ils me diront de réciter une bénédiction ici, car où que tu récites une bénédiction, tu récites une bénédiction à Dieu. Il vaut mieux que je leur dise : J’ai oublié une colombe d’or. Alors ils m’attendront pendant que je la récupère. Il leur dit : Attendez-moi, car j’ai oublié une colombe d’or. Il alla réciter une bénédiction et trouva une colombe d’or.
וּמַאי שְׁנָא יוֹנָה? דִּמְתִילִי כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לְיוֹנָה. דִּכְתִיב: ״כַּנְפֵי יוֹנָה נֶחְפָּה בַכֶּסֶף וְאֶבְרוֹתֶיהָ בִּירַקְרַק חָרוּץ״ — מָה יוֹנָה אֵינָהּ נִיצּוֹלֶת אֶלָּא בִּכְנָפֶיהָ, אַף יִשְׂרָאֵל אֵינָן נִיצּוֹלִין אֶלָּא בְּמִצְוֹת.
La Guemara demande : Qu’a de différent une colombe, pour qu’il ait dit précisément que c’était l’objet qu’il avait oublié ? La Guemara répond : Parce que la communauté d’Israël est comparée à une colombe, comme il est écrit : « Les ailes d’une colombe, couvertes d’argent, et ses plumes avec l’éclat de l’or » (Psaumes 68:14). La Guemara explique la parabole : De même qu’une colombe est sauvée de ses ennemis uniquement par ses ailes, de même Israël n’est sauvé que par le mérite des mitzvot.
עַד אֵימָתַי הוּא וְכוּ׳.
Nous avons appris dans la michna : Et jusqu’à quand récite-t-il la bénédiction ? Jusqu’à ce que la nourriture soit digérée dans ses intestins.
כַּמָּה שִׁיעוּר עִכּוּל? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל זְמַן שֶׁאֵינוֹ רָעֵב. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: כׇּל זְמַן שֶׁיִּצְמָא מֵחֲמַת אֲכִילָתוֹ.
La Guemara demande : Quelle est la durée de la digestion ? Rabbi Yoḥanan a dit : Tant qu’il n’a pas encore faim de nouveau. Et Reish Lakish a dit : Tant qu’il a soif à cause de son repas.
אֲמַר לֵיהּ רַב יֵימַר בַּר שֶׁלֶמְיָא לְמָר זוּטְרָא וְאָמְרִי לַהּ רַב יֵימַר בַּר שֵׁיזְבִי לְמָר זוּטְרָא: מִי אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ הָכִי? וְהָאָמַר רַב אַמֵּי אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כַּמָּה שִׁיעוּר עִכּוּל? — כְּדֵי לְהַלֵּךְ אַרְבַּע מִילִין!
Rav Yeimar bar Shelamya dit à Mar Zutra, et certains disent que c’était Rav Yeimar bar Sheizevi qui dit à Mar Zutra : Reish Lakish a-t-il dit cela ? Rav Ami n’a-t-il pas dit que Reish Lakish a dit : Quelle est la durée de la digestion ? Aussi longtemps qu’il faut pour marcher quatre mil ?
לָא קַשְׁיָא: כָּאן בַּאֲכִילָה מְרוּבָּה, כָּאן בַּאֲכִילָה מוּעֶטֶת.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ici, là où Reish Lakish a dit que la durée est le temps nécessaire pour marcher quatre mil, c’est dans un cas où il a mangé un repas copieux ; ici, là où Reish Lakish a dit que la durée est tant qu’il reste assoiffé, c’est dans un cas où il a mangé un repas frugal.
בָּא לָהֶן יַיִן וְכוּ׳.
Nous avons appris dans la michna une controverse tanaïtique concernant un cas où du vin fut apporté devant les convives après le repas, et nous avons également appris dans la michna que l’on répond amen après qu’un Juif récite une bénédiction, même s’il n’a pas entendu toute la bénédiction.
לְמֵימְרָא דְּיִשְׂרָאֵל אַף עַל גַּב דְּלָא שָׁמַע כּוּלָּהּ בְּרָכָה עוֹנֶה? וְכִי לָא שָׁמַע הֵיכִי נָפֵיק?
La Guemara demande : Est-ce à dire que, si un Juif récite une bénédiction, même si l’on n’a pas entendu toute la bénédiction, on répond amen ? Si l’on n’a pas entendu toute la bénédiction, comment s’est-on acquitté de son obligation ?
אָמַר חִיָּיא בַּר רַב: בְּשֶׁלֹּא אָכַל עִמָּהֶן, וְכֵן אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ בְּשֶׁלֹּא אָכַל עִמָּהֶן. אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ: בְּרִי, חֲטוֹף וּבָרֵיךְ. וְכֵן אֲמַר רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: חֲטוֹף וּבָרֵיךְ.
Ḥiyya bar Rav dit : Ce n’est pas un cas où quelqu’un cherche à s’acquitter de son obligation en répondant amen ; c’est plutôt un cas où il n’a pas mangé avec eux et souhaite néanmoins répondre amen à leur bénédiction. Et ainsi Rav Naḥman dit que Rabba bar Avuh dit : C’est un cas où il n’a pas mangé avec eux. La Guemara raconte : Rav dit à son fils, Ḥiyya : Mon fils, saisis l’occasion et récite une bénédiction rapidement. Et de même Rav Huna dit à son fils, Rabba : saisis l’occasion et récite une bénédiction.
לְמֵימְרָא דִּמְבָרֵךְ עֲדִיף מִמַּאן דְּעָנֵי ״אָמֵן״? וְהָתַנְיָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: גָּדוֹל הָעוֹנֶה ״אָמֵן״ יוֹתֵר מִן הַמְבָרֵךְ.
La Guemara demande : Cela veut-il dire que celui qui récite une bénédiction est préférable à celui qui répond amen ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei dit : La récompense de celui qui répond amen est plus grande que la récompense de celui qui récite la bénédiction ?
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי נְהוֹרַאי: הַשָּׁמַיִם, כֵּן הוּא. תִּדַּע — שֶׁהֲרֵי גּוּלְיָירִין יוֹרְדִין וּמִתְגָּרִין בַּמִּלְחָמָה, וְגִבּוֹרִים יוֹרְדִין וּמְנַצְּחִין!
Rabbi Nehorai lui dit : Par les Cieux, un serment au nom de Dieu, il en est ainsi. Sache que cela est vrai, de même que les assistants militaires [gulyarin] descendent sur le champ de bataille et engagent la guerre et les puissants descendent et l’emportent. L’amen qui suit une bénédiction est comparé aux puissants qui rejoignent la guerre après les assistants, illustrant que répondre amen est plus significatif que réciter la bénédiction initiale.
תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: אֶחָד הַמְבָרֵךְ וְאֶחָד הָעוֹנֶה ״אָמֵן״ בַּמַּשְׁמָע, אֶלָּא שֶׁמְּמַהֲרִין לַמְבָרֵךְ יוֹתֵר מִן הָעוֹנֶה אָמֵן.
La Guemara répond : Cela fait l’objet de une controverse tanaïtique, comme cela a été enseigné dans une baraita : Celui qui récite une bénédiction et celui qui répond amen sont inclus parmi ceux qui « se lèvent et bénissent » (Néhémie 9:5), mais on se hâte de donner une récompense, c’est-à-dire à celui qui récite la bénédiction, plus qu’à celui à qui l’on se hâte de donner une récompense, c’est-à-dire celui qui répond amen.
בְּעָא מִינֵּיהּ שְׁמוּאֵל מֵרַב: מַהוּ לַעֲנוֹת ״אָמֵן״ אַחַר תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן? אֲמַר לֵיהּ: אַחַר הַכֹּל עוֹנִין אָמֵן, חוּץ מִתִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן, הוֹאִיל וּלְהִתְלַמֵּד עֲשׂוּיִין. וְהָנֵי מִילֵּי בִּדְלָא עִידָּן מִפְטְרַיְיהוּ, אֲבָל בְּעִידָּן מִפְטְרַיְיהוּ — עוֹנִין.
Shmuel souleva un dilemme devant Rav : quelle est la halakha concernant le fait de répondre amen après les bénédictions des écoliers ? Rav lui dit : On répond amen après toute personne que nous entendons réciter une bénédiction, sauf les écoliers, car ils récitent des bénédictions uniquement pour les apprendre, et non comme expressions de gratitude. Cela s’applique précisément à un moment où ils ne s’acquittent pas de leur obligation par la récitation de la bénédiction, mais apprennent simplement. Cependant, à un moment où ils s’acquittent de leur obligation par la récitation d’une bénédiction, on répond amen après leur béniction.
תָּנוּ רַבָּנַן: שֶׁמֶן מְעַכֵּב אֶת הַבְּרָכָה, דִּבְרֵי רַבִּי זִילַאי. רַבִּי זִיוַאי אוֹמֵר: אֵינוֹ מְעַכֵּב. רַב אַחָא אוֹמֵר: שֶׁמֶן טוֹב מְעַכֵּב. רַבִּי זוּהֲמַאי אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁמְּזֹוהָם פָּסוּל לַעֲבוֹדָה, כָּךְ יָדַיִם מְזוֹהָמוֹת פְּסוּלוֹת לִבְרָכָה.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Si quelqu’un n’a pas d’huile pour s’en enduire et se nettoyer les mains après avoir mangé, cela l’empêche de réciter la bénédiction de la Grâce après le repas ; telle est la déclaration de Rabbi Zilai. Rabbi Zivai dit : L’absence de cette huile n’empêche pas quelqu’un de réciter la Grâce après le repas. Rav Aḥa dit : L’absence d’huile fine empêche quelqu’un de réciter la Grâce après le repas. Il faut attendre jusqu’à ce qu’il se frotte les mains avec de l’huile. Rav Zuhamai dit : De même qu’une personne sale est inapte au service du Temple, de même des mains sales sont inaptes à réciter la bénédiction de la Grâce après le repas .
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֲנָא לָא זִילַאי וְלָא זִיוַאי וְלָא זוּהֲמַאי יָדַעְנָא אֶלָּא מַתְנִיתָא יָדַעְנָא. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: ״וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם״ אֵלּוּ מַיִם רִאשׁוֹנִים, ״וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים״ אֵלּוּ מַיִם אַחֲרוֹנִים, ״כִּי קָדוֹשׁ״ — זֶה שֶׁמֶן, ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״ — זוֹ בְּרָכָה.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit à ce sujet : Je ne connais ni Zilai, ni Zivai, ni Zuhamai ; plutôt, je connais une baraita, comme Rav Yehuda a dit que Rav a dit, et certains disent que cela a été enseigné dans une baraita : Il est dit : « Vous vous sanctifierez, et vous serez saints, car Je suis saint, le Seigneur votre Dieu » (Lévitique 20:26). À propos de ce verset, les Sages ont dit : Et vous vous sanctifierez, ce sont les premières eaux avec lesquelles on se lave les mains avant le repas ; et vous serez saints, ce sont les dernières eaux ; car saint, c’est l’huile que l’on étale sur les mains ; Je suis le Seigneur votre Dieu, c’est la bénédiction de la Grâce après les repas .
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