בָּצַר לֵיהּ שִׁיעוּרָא.
manque-t-il de la mesure requise ? La plus petite quantité de nourriture considérée comme une consommation est de la taille d’une olive, et une olive sans noyau est plus petite que cela.
אָמַר לֵיהּ: מִי סָבְרַתְּ כְּזַיִת גָּדוֹל בָּעֵינַן? כְּזַיִת בֵּינוֹנִי בָּעֵינַן (וְהָא אִיכָּא), וְהַהוּא דְּאַיְיתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן זַיִת גָּדוֹל הֲוָה, דְּאַף עַל גַּב דְּשַׁקְלוּהָ לְגַרְעִינוּתֵיהּ פָּשׁ לֵיהּ שִׁיעוּרָא.
Il lui dit : Soutiens-tu que nous exigeons une grosse olive comme mesure de nourriture nécessaire pour réciter une bénédiction après avoir mangé ? Nous exigeons une olive de taille moyenne, et cette olive avait cette taille, car l’olive qu’on apporta devant Rabbi Yoḥanan était une grosse olive. Même si l’on en retira le noyau, la mesure requise demeura.
דִּתְנַן: זַיִת שֶׁאָמְרוּ לֹא קָטָן וְלֹא גָּדוֹל, אֶלָּא בֵּינוֹנִי — וְזֶהוּ ״אֵגוֹרִי״. וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: לֹא ״אֵגוֹרִי״ שְׁמוֹ אֶלָּא ״אִבְרוֹטִי״ שְׁמוֹ, וְאָמְרִי לַהּ ״סִמְרוֹסִי״ שְׁמוֹ. וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ ״אֵגוֹרִי״ — שֶׁשַּׁמְנוֹ אָגוּר בְּתוֹכוֹ.
La Guemara cite une preuve que la mesure halakhique d’une olive n’est pas fondée sur une grosse olive, comme nous l’avons appris dans une michna : L’olive dont les Sages ont parlé au sujet des mesures halakhiques n’est ni petite ni grosse, mais moyenne, et cette olive est appelée aguri. Et Rabbi Abbahou a dit : Le nom de cette variété d’olives n’est pas aguri, mais son nom est avruti, et certains disent que son nom est samrusi. Et pourquoi, alors, est-elle appelée aguri ? Parce que son huile est accumulée [agur] à l’intérieur.
נֵימָא כְּתַנָּאֵי: דְּהָנְהוּ תְּרֵי תַּלְמִידֵי דַּהֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּבַר קַפָּרָא. הֵבִיאוּ לְפָנָיו כְּרוּב וְדוֹרְמַסְקִין וּפַרְגִּיּוֹת. נָתַן בַּר קַפָּרָא רְשׁוּת לְאֶחָד מֵהֶן לְבָרֵךְ, קָפַץ וּבֵרַךְ עַל הַפַּרְגִּיּוֹת. לִגְלֵג עָלָיו חֲבֵירוֹ. כָּעַס בַּר קַפָּרָא אָמַר: לֹא עַל הַמְבָרֵךְ אֲנִי כּוֹעֵס, אֶלָּא עַל הַמְלַגְלֵג אֲנִי כּוֹעֵס. אִם חֲבֵירְךָ דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁלֹּא טָעַם טַעַם בָּשָׂר מֵעוֹלָם, אַתָּה עַל מָה לִגְלַגְתָּ עָלָיו? חָזַר וְאָמַר: לֹא עַל הַמְלַגְלֵג אֲנִי כּוֹעֵס, אֶלָּא עַל הַמְבָרֵךְ אֲנִי כּוֹעֵס. וְאָמַר: אִם חָכְמָה אֵין כָּאן, זִקְנָה אֵין כָּאן?!
En ce qui concerne la bénédiction appropriée sur les légumes bouillis : Disons que cette controverse est parallèle à une controverse entre les tanna’im, comme le rapporte la Guemara : Deux étudiants étaient assis devant bar Kappara lorsque du chou cuit, des prunes damascènes cuites et des poulardes furent placés devant lui. Bar Kappara donna à l’un des étudiants la permission de réciter une bénédiction. Il se hâta et récita une bénédiction sur les poulardes et son compagnon se moqua de lui pour avoir gloutonnement récité d’abord la bénédiction qui aurait dû être récitée plus tard. Bar Kappara se mit en colère contre eux deux, et dit : Je ne suis pas en colère contre celui qui a récité la bénédiction, mais contre celui qui s’est moqué de lui. Si ton compagnon est comme quelqu’un qui n’a jamais goûté la saveur de la viande et qui, par conséquent, avait une préférence pour la poularde et s’est empressé de la manger, pourquoi t’es-tu moqué de lui ? Bar Kappara poursuivit et dit au second étudiant : Je ne suis pas contrarié contre celui qui s’est moqué de lui, mais c’est contre celui qui a récité la bénédiction que je suis en colère. Et il dit : S’il n’y a pas de sagesse ici, n’y a-t-il donc aucun ancien ici ? Si tu n’étais pas certain de la bénédiction à réciter en premier, n’aurais-tu pas pu me le demander, puisque je suis un ancien ?
תָּנָא: וּשְׁנֵיהֶם לֹא הוֹצִיאוּ שְׁנָתָן.
La Guemara conclut que il a été enseigné : Et tous deux ne vécurent pas son année. En raison de la colère de bar Kappara, ils furent punis, et tous deux moururent dans l’année.
מַאי לָאו בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי, דִּמְבָרֵךְ סָבַר שְׁלָקוֹת וּפַרְגִּיּוֹת ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״, הִלְכָּךְ חַבִּיב עֲדִיף, וּמְלַגְלֵג סָבַר שְׁלָקוֹת ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, פַּרְגִּיּוֹת ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״, הִלְכָּךְ פֵּירָא עֲדִיף.
La Guemara tente de déduire de cette histoire le sujet en question : Quoi ? N’est-ce pas qu’ils étaient en désaccord au sujet de ce qui suit ? Celui qui a récité la bénédiction sur la poularde en premier soutenait que la bénédiction à réciter sur les deux, les légumes bouillis et la poularde, est : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, et, par conséquent, ce qu’il préfère a la préséance et est mangé en premier. Celui qui s’est moqué de lui soutenait que sur les légumes bouillis on récite : Qui crée le fruit de la terre, et sur la poularde on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, et, par conséquent, le fruit a la préséance, car sa bénédiction est plus spécifique et donc plus significative.
לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא שְׁלָקוֹת וּפַרְגִּיּוֹת ״שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ״, וְהָכָא בְּהַאי סְבָרָא קָא מִיפַּלְגִי: מָר סָבַר חַבִּיב עֲדִיף, וּמָר סָבַר כְּרוּב עֲדִיף, דְּזָיֵין.
La Guemara rejette cette explication : Non, tous s’accordent à dire que sur des légumes bouillis et une jeune poule on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, et ici ils débattent de ceci : Ce Sage, qui a récité la bénédiction, soutenait que l’aliment préféré a priorité et qu’on récite d’abord une bénédiction sur lui, et le Sage qui s’est moqué de lui soutenait : le chou a priorité, car il nourrit.
אָמַר רַבִּי זֵירָא, כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב הוּנָא אֲמַר לַן: הָנֵי גַּרְגְּלִידֵי דְלִפְתָּא, פַּרְמִינְהוּ פְּרִימָא רַבָּא — ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, פְּרִימָא זוּטָא — ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. וְכִי אֲתָאן לְבֵי רַב יְהוּדָה אֲמַר לַן: אִידֵּי וְאִידֵּי ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְהָא דְּפַרְמִינְהוּ טְפֵי, כִּי הֵיכִי דְּנִמְתִּיק טַעְמֵיהּ.
Rabbi Zeira a dit : Lorsque nous étions dans la maison d’étude de Rav Houna, il nous a dit : Ces têtes de navet, si quelqu’un les a coupées en tranches grosses, il récite sur elles : Qui crée le fruit de la terre, car ce faisant, il ne les a pas modifiées de manière significative. S’il les a coupées en morceaux petits, il récite sur elles : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence. Et lorsque nous sommes arrivés à la maison d’étude de Rav Yehouda, il nous a dit : Sur celles-ci comme sur celles-là, les grosses tranches et les petits morceaux, on récite : Qui crée le fruit de la terre, et le fait qu’il les ait beaucoup coupées était afin d’adoucir leur goût.
אָמַר רַב אָשֵׁי, כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אֲמַר לַן: תַּבְשִׁילָא דְסִלְקָא, דְּלָא מַפְּשׁוּ בַּהּ קִמְחָא — ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. דְּלִפְתָּא, דְּמַפְּשׁוּ בַּהּ קִמְחָא טְפֵי — ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. וַהֲדַר אָמַר: אִידֵּי וְאִידֵּי ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְהַאי דְּשָׁדֵי בַּהּ קִמְחָא טְפֵי — לְדַבּוֹקֵי בְּעָלְמָא עָבְדִי לַהּ.
Dans le même ordre d’idées, Rav Ashi a dit : Lorsque nous étions dans la maison d’étude de Rav Kahana, il nous a dit : Sur un plat cuit de betteraves auquel, en général, on n’ajoute pas une quantité significative de farine, on récite : Qui crée le fruit de la terre. Sur un plat cuit de navets auquel, en général, on ajoute une quantité plus significative de farine, on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Et Rav Kahana est revenu sur sa déclaration précédente et a dit : Sur les deux, ceux-ci, les betteraves, et ceux-là, les navets, on récite : Qui crée le fruit de la terre, et le fait qu’ils aient jeté de la farine supplémentaire avec les navets, ils l’ont fait simplement pour que les composants du plat cuit collent ensemble. L’ingrédient principal du plat reste les navets, et non la farine.
אָמַר רַב חִסְדָּא: תַּבְשִׁיל שֶׁל תְּרָדִין יָפֶה לַלֵּב, וְטוֹב לָעֵינַיִם, וְכׇל שֶׁכֵּן לִבְנֵי מֵעַיִם. אָמַר אַבָּיֵי: וְהוּא דְּיָתֵיב אַבֵּי תָפֵי וְעָבֵיד ״תּוֹךְ תּוֹךְ״.
En marge de cette mention d’un plat de navet, Rav Ḥisda ajouta, et dit : Un plat cuit de betteraves est bénéfique pour le cœur, bon pour les yeux et, à plus forte raison, pour les intestins. Abaye dit : Cela vaut précisément lorsque le plat reste sur le feu et fait un bruit de tukh tukh, c’est-à-dire qu’il bout.
אָמַר רַב פָּפָּא: פְּשִׁיטָא לִי מַיָּא דְסִלְקָא — כְּסִלְקָא, וּמַיָּא דְלִפְתָּא — כְּלִפְתָּא, וּמַיָּא דְּכוּלְּהוּ שִׁלְקֵי — כְּכוּלְּהוּ שִׁלְקֵי. בָּעֵי רַב פָּפָּא: מַיָּא דְשִׁיבְתָּא מַאי? לְמַתּוֹקֵי טַעְמָא עָבְדִי, אוֹ לְעַבּוֹרֵי זוּהֲמָא עָבְדִי לַהּ?
Rav Pappa a dit : Il est clair pour moi que l’eau de betterave, l’eau dans laquelle des betteraves ont été bouillies, a le même statut que les betteraves, et l’eau de navet a le même statut que les navets, et l’eau dans laquelle tous les légumes cuits ont été bouillis a le même statut que tous les légumes cuits. Cependant, Rav Pappa a soulevé un dilemme : Quel est le statut de l’eau dans laquelle de l’aneth a été bouilli ? L’utilise-t-on, l’aneth, pour adoucir le goût, ou l’utilise-t-on pour enlever la saleté résiduelle ? Si l’aneth a été ajouté pour donner du goût à l’aliment, alors l’eau dans laquelle il a été bouilli doit être traitée comme l’eau dans laquelle n’importe quel autre légume a été bouilli. Cependant, si l’aneth a été ajouté seulement pour absorber le résidu de la soupe, alors il n’y a jamais eu l’intention de donner du goût au plat, et on ne doit pas réciter de bénédiction sur elle.
תָּא שְׁמַע: הַשֶּׁבֶת מִשֶּׁנָּתְנָה טַעַם בַּקְּדֵירָה אֵין בָּהּ מִשּׁוּם תְּרוּמָה, וְאֵינָהּ מְטַמְּאָה טוּמְאַת אוֹכָלִים. שְׁמַע מִינַּהּ לְמַתּוֹקֵי טַעְמָא עָבְדִי לַהּ. שְׁמַע מִינַּהּ.
Viens et entends une résolution à ce dilemme à partir de ce que nous avons appris dans une michna du traité Okatzin : L’aneth, une fois qu’il a déjà donné sa saveur dans la marmite, n’a plus aucune valeur et n’est plus soumis aux lois de la terouma et, puisqu’il n’est plus considéré comme un aliment, il ne peut plus devenir impur par l’impureté rituelle des aliments. Apprends de cela qu’ils utilisaient l’aneth pour adoucir le goût. La Guemara conclut : En effet, apprends de cela.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי: פַּת צְנוּמָה בִּקְעָרָה מְבָרְכִין עָלֶיהָ ״הַמּוֹצִיא״. וּפְלִיגָא דְּרַבִּי חִיָּיא, דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא: צָרִיךְ שֶׁתִּכְלֶה בְּרָכָה עִם הַפַּת.
Rav Ḥiyya bar Ashi a dit : Sur du pain sec qui a été placé dans un bol pour tremper, on récite : Qui fais sortir le pain de la terre, même s’il y a un autre pain devant lui, car il est considéré comme du pain à tous égards. Cette halakha est en désaccord avec l’opinion de Rabbi Ḥiyya, car Rabbi Ḥiyya a dit : La bénédiction doit se conclure avec le début de la rupture du le pain de la miche. Le pain sec avait déjà été tranché et séparé de la miche.
מַתְקִיף לַהּ רָבָא: מַאי שְׁנָא צְנוּמָה דְּלָא, מִשּׁוּם דְּכִי כָּלְיָא בְּרָכָה — אַפְּרוּסָה קָא כָּלְיָא? עַל הַפַּת נָמֵי, כִּי קָא גָמְרָה — אַפְּרוּסָה גָּמְרָה!
Rava s’oppose vivement à cette hypothèse : Qu’y a-t-il de différent dans le pain sec, pour que l’on ne récite pas sur lui : Celui qui fait sortir le pain de la terre, parce que lorsque la bénédiction s’achève, elle s’achève sur une tranche ? Dans un cas où il récite une bénédiction aussi sur une miche de pain, lorsqu’il achève la bénédiction, il l’achève sur une tranche, car on coupe le pain avant la bénédiction.