אַשְׁמְעִינַן טַעְמָא, וְאַשְׁמְעִינַן דְּהִלְכְתָא כְּרַבָּנַן. אֶלָּא דַּאֲמַר ״מוֹצִיא״ מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? וְאִיהוּ דַּעֲבַד לְאַפּוֹקֵי נַפְשֵׁיהּ מִפְּלוּגְתָּא.
J’aurais compris que lui, par cela, nous a enseigné le sens du verset : « Celui qui t’a fait sortir d’Égypte », et lui, par cela, nous a enseigné que la halakha est conforme à l’opinion des Rabbins. Cependant, que nous a-t-il enseigné en récitant motzi ? Tout le monde s’accorde à dire qu’on s’acquitte de son obligation en récitant motzi. La Guemara explique : Le fils de Rav Zevid a fait cela afin de s’abstenir de prendre parti dans la dispute. Il a préféré formuler sa bénédiction d’une manière appropriée selon tous les avis, plutôt que d’enseigner un concept nouveau, qui n’est pas universellement accepté.
וְהִלְכְתָא ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״, דְּקַיְימָא לַן כְּרַבָּנַן, דְּאָמְרִי דְּאַפֵּיק מַשְׁמַע.
La Guemara conclut : Et la halakha est que l’on récite : Celui qui fait sortir [hamotzi] le pain de la terre, car nous staturons conformément à l’opinion des Sages qui disent que cela signifie aussi : Celui qui a fait sortir.
וְעַל הַיְּרָקוֹת אוֹמֵר וְכוּ׳. קָתָנֵי יְרָקוֹת דּוּמְיָא דְפַת — מָה פַּת שֶׁנִּשְׁתַּנָּה עַל יְדֵי הָאוּר, אַף יְרָקוֹת נָמֵי שֶׁנִּשְׁתַּנּוּ עַל יְדֵי הָאוּר. אָמַר רַבְנַאי מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי: זֹאת אוֹמֶרֶת שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶן ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. מִמַּאי? — מִדְּקָתָנֵי יְרָקוֹת דּוּמְיָא דְפַת.
Nous avons appris dans la michna que sur les légumes on récite : Celui qui crée les fruits de la terre. La Guemara commente : la michna a enseigné les légumes avec, et donc semblables au pain, et de cette analogie on peut déduire : De même que le pain est un aliment qui a été transformé par le feu, de même les légumes conservent la bénédiction : Celui qui crée les fruits de la terre, après avoir été transformés par le feu. Rabbenai a dit au nom de d’Abaye : Cela signifie que sur des légumes bouillis on récite : Celui qui crée les fruits de la terre. D’où cette règle est-elle déduite ? Du fait que la michna a enseigné les légumes comme semblables au pain.
דָּרַשׁ רַב חִסְדָּא מִשּׁוּם רַבֵּינוּ, וּמַנּוּ — רַב: שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. וְרַבּוֹתֵינוּ הַיּוֹרְדִין מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וּמַנּוּ — עוּלָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶן ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. וַאֲנִי אוֹמֵר: כֹּל שֶׁתְּחִלָּתוֹ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, שְׁלָקוֹ — ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. וְכֹל שֶׁתְּחִלָּתוֹ ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״, שְׁלָקוֹ — ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.
Rav Ḥisda enseigna au nom de Rabbeinu ; et la Guemara remarque incidemment : Qui est Rabbeinu ? Rav. Sur des légumes bouillis, on récite : Qui crée le fruit de la terre. Et nos Maîtres qui sont descendus d’Eretz Yisrael, et de nouveau la Guemara explique : Et qui est le Sage portant ce titre ? Ulla dit au nom de Rabbi Yoḥanan : Sur des légumes bouillis, on récite : Par la parole de qui toutes choses furent créées, puisqu’après avoir été bouillis, ils ne sont plus les mêmes qu’auparavant. Exprimant sa propre opinion, Rav Ḥisda dit : Et moi, je dis qu’il existe une opinion intermédiaire : Tout légume pour lequel, lorsqu’on le mange dans son état originel cru, on récite : Qui crée le fruit de la terre, lorsqu’on l’a bouilli, on récite : Par la parole de qui toutes choses furent créées, car l’ébullition l’altère qualitativement. Et tout légume pour lequel, lorsqu’on le mange dans son état originel cru, on récite : Par la parole de qui toutes choses furent créées, parce qu’il n’est pas habituellement mangé cru, lorsqu’on l’a bouilli, on récite : Qui crée le fruit de la terre.
בִּשְׁלָמָא כֹּל שֶׁתְּחִלָּתוֹ ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ שְׁלָקוֹ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בִּכְרָבָא וְסִלְקָא וְקָרָא, אֶלָּא כֹּל שֶׁתְּחִלָּתוֹ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ שְׁלָקוֹ ״שֶׁהַכֹּל״, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּתוּמֵי וְכַרָּתֵי.
La Guemara demande : Soit, tout légume pour lequel, lorsqu’on le mange dans son état d’origine cru, on récite : Par la parole duquel toutes choses furent créées, lorsqu’on l’a fait bouillir, on récite : Qui crée le fruit de la terre, car tu peux trouver plusieurs légumes, par exemple le chou, la blette et la courge, qui sont pratiquement immangeables crus, et l’ébullition les rend comestibles. Cependant, dans quelles circonstances peux-tu trouver un cas où tout légume pour lequel, lorsqu’on le mange dans son état d’origine cru, on récite : Qui crée le fruit de la terre, lorsqu’on l’a fait bouillir, on récite : Par la parole duquel toutes choses furent créées, puisque l’ébullition altère qualitativement le légume ? Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Tu peux le trouver dans le cas de l’ail et des poireaux.
דָּרַשׁ רַב נַחְמָן מִשּׁוּם רַבֵּינוּ, וּמַנּוּ — שְׁמוּאֵל: שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. וַחֲבֵרֵינוּ הַיּוֹרְדִים מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וּמַנּוּ — עוּלָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶן ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״.
Rav Naḥman a enseigné au nom de Rabbeinu ; et qui est Rabbeinu ? Shmuel : Sur des légumes trop bouillis, on récite : Qui crée le fruit de la terre. Et nos collègues qui sont descendus d’Eretz Yisrael ; et qui est le Sage portant ce titre ? Ulla a dit au nom de Rabbi Yoḥanan : Sur des légumes bouillis, on récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence.
וַאֲנִי אוֹמֵר בְּמַחֲלוֹקֶת שְׁנוּיָה. דְּתַנְיָא: יוֹצְאִין בְּרָקִיק הַשָּׁרוּי וּבִמְבוּשָּׁל שֶׁלֹּא נִמּוֹחַ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יוֹצְאִים בְּרָקִיק הַשָּׁרוּי, אֲבָל לֹא בַּמְבוּשָּׁל, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִמּוֹחַ.
Rav Naḥman fit remarquer : Je dis que cela dépend de et est enseigné comme une controverse tannaïtique, comme cela a été enseigné dans une baraita au sujet des halakhot de la matza à Pessa'h : On s'acquitte de la mitsva de matza avec une galette trempée dans l'eau ou avec une galette bouillie, tant qu'elle ne s'est pas dissoute ; telle est l'opinion de Rabbi Meïr. Et Rabbi Yossei dit : On s'acquitte de la mitsva de matza avec une galette trempée mais non avec une galette bouillie, même si elle ne s'est pas dissoute. Rav Naḥman conclut que cette controverse au sujet de la matza bouillie reflète une controverse plus large au sujet de l'ébullition en général, à savoir si elle diminue ou non la saveur de ce qui est bouilli.
וְלָא הִיא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶן ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי הָתָם, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּבָעֵינַן טַעַם מַצָּה, וְלֵיכָּא, אֲבָל הָכָא אֲפִילּוּ רַבִּי יוֹסֵי מוֹדֶה.
Cette approche est rejetée par la Guemara : Il n’en est pas ainsi ; car tous s’accordent à dire que sur des légumes trop cuits on récite : Qui crée le fruit de la terre. Rabbi Yossei n’a dit que la halakha, à savoir que l’on s’acquitte de son obligation de matza si elle est trempée, mais non si elle est bouillie, là-bas, parce que pour accomplir la mitsva, nous exigeons le goût de la matza, et il fait défaut. Cependant, ici, même Rabbi Yossei reconnaît que faire bouillir des légumes ne les altère pas qualitativement.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְרַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁלָקוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: קְבַע עוּלָּא לְשַׁבֶּשְׁתֵּיהּ כְּרַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת.
La déclaration de Oulla au nom de Rabbi Yoḥanan concernant les légumes bouillis a été citée plus haut. La Guemara cite deux traditions contradictoires concernant la déclaration de Rabbi Yoḥanan. Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Sur les légumes bouillis, on récite : Qui crée le fruit de la terre, et Rabbi Binyamin bar Yefet a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Sur les légumes bouillis, on récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence. Commentant cela, Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Oulla a fondé son erreur conformément à l’opinion de Rabbi Binyamin bar Yefet, qui était en conflit avec l’opinion dominante parmi les Sages de Babylonie.
תָּהֵי בַּהּ רַבִּי זֵירָא: וְכִי מָה עִנְיָן רַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת אֵצֶל רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא? רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא דָּיֵיק וְגָמַר שְׁמַעְתָּא מֵרַבִּי יוֹחָנָן רַבֵּיהּ, וְרַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת לָא דָּיֵיק. וְעוֹד, רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא כֹּל תְּלָתִין יוֹמִין מַהְדַּר תַּלְמוּדֵיהּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן רַבֵּיהּ, וְרַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת לָא מַהְדַּר. וְעוֹד, בַּר מִן דֵּין וּבַר מִן דֵּין, דְּהָהוּא תּוּרְמְסָא דְּשָׁלְקִי לֵיהּ שְׁבַע זִמְנִין בִּקְדֵרָה וְאָכְלִי לֵיהּ בְּקִנּוּחַ סְעוּדָה, אֲתוֹ וּשְׁאִלוּ לְרַבִּי יוֹחָנָן, וְאָמַר לְהוּ: מְבָרְכִין עִלָּוֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.
Rabbi Zeira s’interrogea au sujet de l’approche de Oulla : Qu’a donc à faire Rabbi Binyamin bar Yefet dans la même discussion avec Rabbi Ḥiyya bar Abba ? Rabbi Ḥiyya bar Abba était méticuleux et a appris la halakha de Rabbi Yoḥanan, son maître ; tandis que Rabbi Binyamin bar Yefet n’était pas méticuleux. De plus, tous les trente jours, Rabbi Ḥiyya bar Abba revoit ses études devant Rabbi Yoḥanan, son maître, tandis que Rabbi Binyamin bar Yefet ne revoit pas ses études. En outre, indépendamment de ces raisons concernant la différence entre un élève sage et méticuleux comme Rabbi Ḥiyya bar Abba et un élève comme Rabbi Binyamin bar Yefet, on peut aussi apporter une preuve de la coutume de Rabbi Yoḥanan, car le lupin est bouilli sept fois dans une marmite et mangé en dessert à la fin d’un repas. Ils vinrent demander à Rabbi Yoḥanan quelle bénédiction il fallait réciter sur ce lupin, et il leur dit : On récite sur lui : Qui crées le fruit de la terre, indiquant que cette bénédiction se récite sur les légumes bouillis.
וְעוֹד, אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי יוֹחָנָן שֶׁאָכַל זַיִת מָלִיחַ, וּבֵרַךְ עָלָיו תְּחִלָּה וָסוֹף. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא שְׁלָקוֹת בְּמִילְּתַיְיהוּ קָיְימִי — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלָיו בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ שְׁלָקוֹת לָאו בְּמִילְּתַיְיהוּ קָיְימִי, בִּשְׁלָמָא בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — אֶלָּא לְבַסּוֹף מַאי מְבָרֵךְ?
De plus, Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit : J’ai vu Rabbi Yoḥanan manger une olive salée, qui, du point de vue halakhique, est considérée comme cuite, et il a récité une bénédiction sur elle à la fois avant et après. Soit, si vous dites que les légumes bouillis restent dans leur état d’origine et que la cuisson ne les altère pas qualitativement, alors certainement au début on récite sur elle : Qui crée le fruit de l’arbre, et à la fin on récite sur elle une bénédiction abrégée tirée des trois bénédictions de la Grâce après les repas, comme on le ferait pour l’une quelconque des sept espèces pour lesquelles Eretz Yisrael a été louée. Cependant, si vous dites que les légumes bouillis ne restent pas dans leur état d’origine, soit, au début on récite : Par la parole duquel toutes choses sont venues à l’existence. Cependant, à la fin, quelle bénédiction récite-t-il ? Plusieurs opinions soutiennent qu’aucune bénédiction n’est récitée après avoir mangé quelque chose dont la bénédiction initiale était : Par la parole duquel toutes choses sont venues à l’existence.
דִּילְמָא ״בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת וְחֶסְרוֹנָן עַל כׇּל מַה שֶּׁבָּרָא״.
La Guemara rejette cela : Ce n’est pas une preuve, car peut-être Rabbi Yoḥanan soutenait-il que pour les aliments sur lesquels, au début, on récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence, à la fin on récite : Qui crée les nombreuses formes de vie et leurs besoins, pour tout ce que Tu as créé.
מֵתִיב רַב יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל: יְרָקוֹת שֶׁאָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח — יוֹצֵא בָּהֶן וּבַקֶּלַח שֶׁלָּהֶן, אֲבָל לֹא כְּבוּשִׁין, וְלֹא שְׁלוּקִין, וְלֹא מְבוּשָּׁלִין. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּמִילְּתַיְיהוּ קָאֵי — שְׁלוּקִין אַמַּאי לָא?
Rabbi Yitzḥak bar Shmuel souleva une objection à la décision selon laquelle, tant pour les légumes bouillis que pour les légumes crus, on récite la même bénédiction, à partir d’une baraita concernant les halakhot de la consommation d’herbes amères à Pessa'h : Avec des légumes par lesquels on peut s’acquitter de son obligation dans la mitsva des herbes amères à Pessa'h, on s’acquitte de son obligation avec les légumes eux-mêmes ainsi qu’avec leurs tiges. Cependant, on ne peut ni s’acquitter de son obligation avec des légumes marinés, ni avec des légumes bouillis ni avec des légumes cuits. Et s’il te venait à l’esprit qu’ils demeurent dans leur état d’origine, pourquoi les légumes bouillis ne sont-ils pas aptes à l’accomplissement de la mitsva des herbes amères ?
שָׁאנֵי הָתָם, דְּבָעֵינַן טַעַם מָרוֹר, וְלֵיכָּא.
La Guemara répond : Là-bas, c’est différent, car même si nous affirmons que les légumes bouillis restent dans leur état d’origine, nous exigeons le goût des herbes amères, et il fait défaut. Il n’y a aucune preuve que l’ébullition altère qualitativement le légume.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: רַבִּי יוֹחָנָן הֵיכִי מְבָרֵךְ עַל זַיִת מָלִיחַ? כֵּיוָן דִּשְׁקִילָא לְגַרְעִינֵיהּ
La Guemara a rapporté ci-dessus que Rabbi Yoḥanan a récité une bénédiction sur une olive salée. À propos de cette histoire, Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : Comment Rabbi Yoḥanan a-t-il récité une bénédiction sur une olive salée après l’avoir mangée ? Puisque le noyau avait été retiré, c’est-à-dire qu’il ne l’a pas mangée,