וְלֹא מִין דָּגָן הוּא, אוֹ מִין דָּגָן וְלֹא עֲשָׂאוֹ פַּת — רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים בְּרָכָה אַחַת. כֹּל שֶׁאֵינוֹ לֹא מִשִּׁבְעַת הַמִּינִין וְלֹא מִין דָּגָן, כְּגוֹן פַּת אוֹרֶז וְדוֹחַן — רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים וְלֹא כְלוּם.
et n’est pas une espèce de grain, mais l’un des fruits, ou qui est une espèce de grain et n’a pas été transformé en pain, il y a un différend. Rabban Gamliel dit que l’on récite les trois bénédictions de la Grâce après les Repas et les Sages disent que l’on récite une seule bénédiction. Et sur tout ce qui n’est ni l’une des sept espèces ni une espèce de grain, comme le pain de riz ou le pain de millet, Rabban Gamliel dit qu’après avoir mangé, on récite une bénédiction abrégée des trois bénédictions de la Grâce après les Repas, et les Sages disent qu’il n’est pas nécessaire de réciter aucune bénédiction, c’est-à-dire ni la Grâce après les Repas ni une bénédiction abrégée de trois, mais à la place on récite : Celui qui crée les nombreuses formes de vie. Si tel est le cas, la Tosefta, qui dit qu’après le riz on récite une bénédiction abrégée de trois, est conforme à la version de l’opinion de Rabban Gamliel selon Rabbi Yehuda.
בְּמַאי אוֹקִימְתָּא — כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל? אֵימָא סֵיפָא דְּרֵישָׁא, אִם אֵין הַפְּרוּסוֹת קַיָּימוֹת — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלֶיהָ ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלֶיהָ בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ. מַנִּי: אִי רַבָּן גַּמְלִיאֵל, הַשְׁתָּא אַכּוֹתָבוֹת וְאַדַּיְיסָא אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת, אִם אֵין הַפְּרוּסוֹת קַיָּימוֹת מִיבַּעְיָא?!
La Guemara objecte : Comment as-tu établi la Tosefta ? Conformément à l’opinion de Rabban Gamliel. Dis la clause finale de la première section de cette Tosefta, qui affirme que même pour du pain de blé, lorsque les tranches ne sont pas intactes, alors au début on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture, et à la fin on récite une bénédiction abrégée tirée des trois bénédictions du Birkat Hamazon. De qui est l’opinion reflétée dans cette section de la Tosefta ? Si c’est l’opinion de Rabban Gamliel, alors maintenant si au sujet des dattes et du blé concassé, Rabban Gamliel a dit qu’on récite les trois bénédictions du Birkat Hamazon, dans un cas où les tranches du pain ne sont pas intactes, est-il nécessaire de dire qu’on récite le Birkat Hamazon ?
אֶלָּא פְּשִׁיטָא רַבָּנַן. אִי הָכִי קַשְׁיָא דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן! אֶלָּא לְעוֹלָם רַבָּנַן, וּתְנִי גַּבֵּי אוֹרֶז: ״וּלְבַסּוֹף אֵינוֹ מְבָרֵךְ עָלָיו וְלֹא כְּלוּם״.
Au contraire, il est clair que la Tosefta est conforme à l’opinion des Sages. Si tel est le cas, il y a une contradiction entre une opinion des Sages et une seconde opinion des Sages. La Guemara résout la contradiction : Au contraire, en réalité, la Tosefta est conforme à l’opinion des Sages et corrige le texte et enseigne au sujet du riz : À la fin, on ne récite aucune bénédiction, conformément à leur opinion dans la baraita.
אָמַר רָבָא: הַאי רִיהֲטָא דְּחַקְלָאֵי דְּמַפְּשִׁי בֵּיהּ קִמְחָא, מְבָרֵךְ ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. מַאי טַעְמָא? — דִּסְמִידָא עִיקָּר. דְּמָחוֹזָא, דְּלָא מַפְּשִׁי בֵּיהּ קִמְחָא, מְבָרֵךְ עָלָיו ״שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ״. מַאי טַעְמָא? — דּוּבְשָׁא עִיקָּר. וַהֲדַר אָמַר רָבָא: אִידֵּי וְאִידֵּי, ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. דְּרַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִים מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״.
En ce qui concerne les bénédictions récitées sur divers types de bouillie, Rava a dit : Sur le mélange du fermier de farine et de miel, auquel on ajoute davantage de farine, on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Quelle en est la raison ? Parce que la farine est l’ingrédient principal du mélange. Sur ce même plat, cependant, lorsqu’il est préparé de la manière dont il est préparé à Meḥoza, où l’on n’ajoute pas davantage de farine, on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Quelle en est la raison ? Parce que dans ce plat, le miel est l’ingrédient principal. Et Rava s’est ravisé et a dit : Sur celui-ci, le mélange des fermiers, et celui-là, le mélange de Meḥoza, on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Comme Rav et Shmuel l’ont tous deux dit : Tout ce qui provient des cinq espèces de céréales, on récite sur cela : Qui crée les diverses sortes de nourriture.
אָמַר רַב יוֹסֵף: הַאי חֲבִיצָא דְּאִית בֵּיהּ פֵּרוּרִין כְּזַיִת — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלָיו שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת. דְּלֵית בֵּיהּ פֵּרוּרִין כְּזַיִת — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, וּלְבַסּוֹף בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ.
Rav Yosef a dit : Sur ce plat cuit, qui contient des morceaux de pain de la taille d'une olive, au début on récite : Celui qui fait sortir le pain de la terre, puis on récite les trois bénédictions de la Grâce après le repas, comme on le ferait pour du pain. Sur ce même plat cuit, qui ne contient pas de morceaux de pain de la taille d'une olive, au début on récite : Celui qui crée les diverses sortes de nourriture, et à la fin on récite une bénédiction abrégée des trois bénédictions de la Grâce après le repas, comme on le ferait pour un plat cuit.
אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אָמֵינָא לַהּ — דְּתַנְיָא: הָיָה עוֹמֵד וּמַקְרִיב מְנָחוֹת בִּירוּשָׁלַיִם — אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ שֶׁהֶחֱיָינוּ וְקִיַּמְנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה״. נְטָלָן לְאׇכְלָן — מְבָרֵךְ ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״. וְתָנֵי עֲלַהּ: וְכוּלָּן, פּוֹתְתָן כְּזַיִת.
Et Rav Yosef dit : D’où dis-je cettehalakha ? Comme cela a été enseigné dans une baraita : La première fois que le prêtre se tenait debout et offrait des offrandes de farine à Jérusalem, il récitait : Qui nous a donné la vie, nous a soutenus et nous a fait parvenir à ce moment, car c’était la première fois qu’il accomplissait la mitsva d’offrir ce sacrifice (Rachi). Lorsqu’il prenait les offrandes de farine afin de les manger, il récitait : Qui fait sortir le pain de la terre. Et il a été enseigné au sujet des offrandes de farine : Et toutes les offrandes de farine, il les émiette en morceaux, approximativement de la taille d’un volume d’olive. Cela prouve que sur des miettes de pain de la taille d’un volume d’olive, on récite : Qui fait sortir le pain de la terre.
אָמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אֶלָּא מֵעַתָּה, לְתַנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל דְּאָמַר פּוֹרְכָן עַד שֶׁמַּחְזִירָן לְסׇלְתָּן, הָכִי נָמֵי דְּלָא בָּעֵי בָּרוֹכֵי ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״?! וְכִי תֵּימָא הָכִי נָמֵי, וְהָתַנְיָא: לָקַט מִכּוּלָּן כְּזַיִת וַאֲכָלָן, אִם חָמֵץ הוּא — עָנוּשׁ כָּרֵת, וְאִם מַצָּה הוּא — אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח.
Abaye dit à Rav Yosef : Mais si ce que tu dis est ainsi, alors maintenant, selon le tanna de l’école de Rabbi Yishmael qui a dit au sujet des offrandes de farine : Il les broie jusqu’à les ramener à la forme qu’elles avaient lorsqu’elles étaient de la farine, dirais-tu que de même, dans ce cas, il n’a pas besoin de réciter : Qui fais sortir le pain de la terre ? Et si tu dis que c’est bien le cas, qu’on ne récite pas : Qui fais sortir le pain de la terre, sur ces offrandes de farine, n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita : Celui qui a rassemblé une portion de la taille d’une olive de toutes les miettes des offrandes de farine et les a mangées, si c’était une offrande de pain levé comme celle d’une offrande de reconnaissance, s’il les a mangées à Pessa'h, il est passible de karet. Et si c’était une offrande de pain azyme, il s’acquitte de son obligation de manger de la matzaà Pessa'h. Cela illustre que les miettes de pain, quelle que soit leur taille, sont toujours considérées comme du pain.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּשֶׁעֵרְסָן. אִי הָכִי אֵימָא סֵיפָא, וְהוּא שֶׁאֲכָלָן בִּכְדֵי אֲכִילַת פְּרָס — וְאִי בְּשֶׁעֵרְסָן, הַאי ״שֶׁאֲכָלָן״, ״שֶׁאֲכָלוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ?
Rav Yosef répondit que ce n’est pas le cas, et l’on ne récite pas une bénédiction sur des miettes de pain comme on le ferait sur du pain à proprement parler. Au contraire, de quoi s’agit-il ici ? D’un cas où quelqu’un a mélangé les miettes de pain avec de l’eau et les a compactées en une seule masse. La Guemara objecte : Si c’est le cas, alors énonce la clause finale, dans laquelle nous apprenons que ce cas de quelqu’un qui mange les miettes parle précisément de lorsqu’il les a mangées, toutes les miettes constituant le volume d’une olive dans le temps nécessaire pour manger une demi-miche de pain. Et si cela renvoie à un cas où on les a compactées en une seule masse, cette expression : Lorsqu’il les a mangées, est inappropriée. Lorsqu’il l’a mangée est ce qu’il aurait fallu dire, puisqu’il s’agit d’un seul pain.
אֶלָּא הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּבָא מִלֶּחֶם גָּדוֹל.
Au contraire, cela peut s’expliquer d’une autre manière : De quoi s’agit-il ici ? D’un cas où chacune des miettes provenait d’un grand pain de pain sur lequel on est tenu de réciter : Celui qui fait sortir le pain de la terre. Cependant, pour des miettes qui n’ont jamais fait partie d’un pain assez grand pour exiger cette bénédiction, il suffit de réciter : Celui qui fait sortir le pain de la terre, si elles ont au moins la taille d’une olive.
מַאי הָוֵה עֲלַהּ? אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הַאי חֲבִיצָא, אַף עַל גַּב דְּלֵית בֵּיהּ פֵּרוּרִין כְּזַיִת — מְבָרֵךְ עָלָיו ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״. אָמַר רָבָא: וְהוּא דְּאִיכָּא עֲלֵיהּ תּוֹרִיתָא דְנַהְמָא.
Puisque toutes les preuves pour et contre cette opinion ont été rejetées, la Guemara demande : Quelle conclusion a été atteinte au sujet de cette halakha ? Rav Sheshet a dit : Sur ce plat cuit, qui contient des miettes de pain, bien qu’il ne contienne pas de miettes de la taille d’une olive, on récite : Qui fais sortir le pain de la terre. Rava a dit : Cela s’applique spécifiquement à un cas où les miettes ont encore l’apparence du pain et ne se sont pas complètement dissoutes.
טְרוֹקְנִין, חַיָּיבִין בַּחַלָּה. וְכִי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: טְרוֹקְנִין פְּטוּרִין מִן הַחַלָּה. מַאי טְרוֹקְנִין? אָמַר אַבָּיֵי: כּוּבָּא דְאַרְעָא.
Une autre question concernait les terokanin, au sujet desquels il a été dit qu'ils sont tenus par la mitsva de prélever la ḥalla, ce qui signifie que les terokanin ont le statut halakhique du pain. Et, lorsque Ravin vint de la Terre d’Israël en Babylonie, il dit que Rabbi Yoḥanan a dit : les terokanin sont exemptés de la mitsva de prélever la ḥalla. La Guemara demande : Que sont les terokanin ? Abaye dit : Les terokanin sont faits d’un mélange liquide de farine et d’eau rôti dans une cavité d’un four dans le sol et ne sont pas réellement du pain.
וְאָמַר אַבָּיֵי: טְרִיתָא פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה. מַאי טְרִיתָא? אִיכָּא דְּאָמְרִי גְּבִיל מְרַתַּח, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי נַהֲמָא דְהִנְדְּקָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי לֶחֶם הֶעָשׂוּי לְכוּתָּח.
Et Abaye a dit : terita est exemptée de la mitsva de prélever la ḥalla. La Guemara demande : Qu’est-ce que terita ? Il existe plusieurs avis : Certains disent qu’il s’agit de farine et d’eau pétries puis versées sur une plaque brûlante. Et certains disent qu’il s’agit de pain d’Inde, fait à partir d’une pâte enroulée autour d’une broche et recouverte d’huile ou d’œufs avant la cuisson. Et certains disent qu’il s’agit de pain préparé pour le kutaḥ, un pain cuit d’une manière inhabituelle afin qu’il devienne extrêmement levé et puisse servir d’ingrédient dans le condiment babylonien, le kutaḥ.
תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: לֶחֶם הֶעָשׂוּי לְכוּתָּח פָּטוּר מִן הַחַלָּה. וְהָא תַּנְיָא חַיָּיב בַּחַלָּה! הָתָם כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא — רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מַעֲשֶׂיהָ מוֹכִיחִין עָלֶיהָ. עֲשָׂאָן
Et de même, Rabbi Ḥiyya a enseigné : du pain préparé pour le kutaḥ ; on est exempt de la mitsva de prélever la ḥalla. La Guemara demande : N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que l’on est tenu de la mitsva de prélever la ḥalla sur du pain préparé pour le kutaḥ ? La Guemara répond : Là-bas, comme la raison a été enseignée selon laquelle Rabbi Yehuda dit : Il existe une distinction entre différents types de pain préparé pour le kutaḥ, car les actions entreprises dans sa préparation prouvent le but pour lequel il a été préparé. S’il les a faits