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אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: גְּדוֹלָה תְּפִלָּה יוֹתֵר מִמַּעֲשִׂים טוֹבִים, שֶׁאֵין לְךָ גָּדוֹל בְּמַעֲשִׂים טוֹבִים יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, אַף עַל פִּי כֵן לֹא נַעֲנָה אֶלָּא בִּתְפִלָּה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַל תּוֹסֶף דַּבֵּר אֵלַי״ וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״עֲלֵה רֹאשׁ הַפִּסְגָּה״.
Rabbi Elazar a dit : Cette histoire prouve que la prière est plus grande que les bonnes actions sans prière (Tosafot), car nul n’était plus grand dans l’accomplissement de bonnes actions que Moïse, notre maître ; néanmoins, sa demande fut exaucée, bien que de manière limitée, dans sa demande d’entrer en Eretz Yisrael, uniquement par la prière, lorsque Dieu lui permit de monter sur la montagne et de contempler le pays. Car, au début il est dit : « Ne Me parle plus », à côté de quoi il est dit : « Monte au sommet de la montagne. »
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: גְּדוֹלָה תַּעֲנִית יוֹתֵר מִן הַצְּדָקָה. מַאי טַעְמָא — זֶה בְּגוּפוֹ, וְזֶה בְּמָמוֹנוֹ.
Après avoir comparé et opposé la prière et les bonnes actions, la Guemara explore une autre comparaison. Rabbi Elazar a dit : Un jeûne est plus grand que la charité. Quelle en est la raison pour laquelle le jeûne est plus grand ? Parce qu’un jeûne est une mitsva accomplie avec son propre corps lorsqu’il s’afflige, tandis que la charité est accomplie seulement avec son argent.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: גְּדוֹלָה תְּפִלָּה יוֹתֵר מִן הַקָּרְבָּנוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר ״לָמָּה לִּי רֹב זִבְחֵיכֶם״, וּכְתִיב: ״וּבְפָרִשְׂכֶם כַּפֵּיכֶם״.
Dans une autre comparaison, Rabbi Elazar a dit : La prière est plus grande que les sacrifices, comme il est dit : « À quoi Me sert la multitude de vos sacrifices, dit le Seigneur. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des bêtes engraissées ; Je ne désire pas le sang des taureaux, des agneaux et des boucs » (Isaïe 1:11). Et plusieurs versets plus tard il est écrit : « Et quand vous étendez vos mains Je cacherai de vous Mes yeux, et même si vous multipliez votre prière, Je n’écouterai pas ; vos mains sont pleines de sang » (Isaïe 1:15). Non seulement les sacrifices d’Israël, mais même leurs prières, qui sont à un niveau spirituel plus élevé, ne seront pas acceptées.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל כֹּהֵן שֶׁהָרַג אֶת הַנֶּפֶשׁ — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְדֵיכֶם דָּמִים מָלֵאוּ״.
À propos de ce verset dans Isaïe, la Guemara cite que Rabbi Yoḥanan a dit : Tout prêtre qui a tué une personne ne peut pas lever ses mains lors de la Bénédiction sacerdotale comme il est dit : « Et lorsque vous étendez vos mains, Je détournerai de vous Mes yeux… vos mains sont pleines de sang. » Nous voyons ici que la Bénédiction sacerdotale, accomplie avec les mains étendues, n’est pas acceptée lorsqu’elle est accomplie par des prêtres dont les « mains sont pleines de sang ».
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נִנְעֲלוּ שַׁעֲרֵי תְּפִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּם כִּי אֶזְעַק וַאֲשַׁוֵּעַ שָׂתַם תְּפִלָּתִי״. וְאַף עַל פִּי שֶׁשַּׁעֲרֵי תְפִילָּה נִנְעֲלוּ, שַׁעֲרֵי דִמְעָה לֹא נִנְעֲלוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁמְעָה תְפִלָּתִי ה׳ וְשַׁוְעָתִי הַאֲזִינָה אֶל דִּמְעָתִי אַל תֶּחֱרַשׁ״.
Au sujet de la prière, Rabbi Elazar a également dit : Depuis le jour où le Temple a été détruit, les portes de la prière ont été fermées et la prière n’est plus acceptée comme autrefois, comme il est dit dans la lamentation sur la destruction du Temple : « Même si je supplie et crie, Il ferme l’accès à ma prière » (Lamentations 3:8). Pourtant, malgré le fait que les portes de la prière ont été fermées avec la destruction du Temple, les portes des larmes n’ont pas été fermées, et celui qui pleure devant Dieu peut être assuré que ses prières seront exaucées, comme il est écrit : « Écoute ma prière, Seigneur, et prête l’oreille à ma supplication, ne reste pas silencieux devant mes larmes » (Psaumes 39:13). Puisque cette prière est une demande pour que Dieu prête attention aux larmes de celui qui prie, il est certain qu’au moins les portes des larmes ne sont pas fermées.
רָבָא לָא גְּזַר תַּעֲנִיתָא בְּיוֹמָא דְעֵיבָא, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר ״סַכֹּתָה בֶעָנָן לָךְ מֵעֲבוֹר תְּפִלָּה״.
En ce qui concerne la fermeture des portes de la prière, la Guemara rapporte que Rava n’a pas décrété de jeûne un jour nuageux, car il est dit : « Tu T’es couvert d’un nuage, à travers lequel la prière ne peut passer » (Lamentations 3:44). Le verset indique que les nuages sont un mauvais présage, indiquant que Dieu a détourné Sa face (Rav Hai Gaon).
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נִפְסְקָה חוֹמַת בַּרְזֶל בֵּין יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה קַח לְךָ מַחֲבַת בַּרְזֶל וְנָתַתָּ אוֹתָהּ קִיר בַּרְזֶל בֵּינְךָ וּבֵין הָעִיר״.
Et Rabbi Elazar a dit : Depuis le jour où le Temple a été détruit, une muraille de fer sépare Israël de leur Père dans les cieux, comme cela est déclaré au prophète Ézéchiel, en lui ordonnant de symboliser cette séparation : « Prends pour toi une plaque de fer, et place-la comme une muraille de fer entre toi et la ville…ce sera un signe pour la maison d’Israël » (Ézéchiel 4:3).
אָמַר רַבִּי חָנִין אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: כׇּל הַמַּאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ, אֵין תְּפִלָּתוֹ חוֹזֶרֶת רֵיקָם. מְנָא לַן — מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָאֶתְפַּלֵּל אֶל ה׳״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וַיִּשְׁמַע ה׳ אֵלַי גַּם בַּפַּעַם הַהִיא״.
La Guemara cite d’autres déclarations à la louange de la prière : Rabbi Ḥanin a dit que Rabbi Ḥanina a dit : Quiconque prolonge sa prière a l’assurance que sa prière ne revient pas sans réponse ; elle sera certainement acceptée. D’où tirons-nous cela ? De Moïse, notre maître, comme il est dit que Moïse a dit : « Je me suis donc prosterné devant le Seigneur pendant les quarante jours et les quarante nuits durant lesquels je me suis prosterné ; et j’ai prié le Seigneur » (Deutéronome 9:26–27), et il est écrit ensuite : « Et le Seigneur m’a aussi exaucé cette fois-là, le Seigneur n’a pas voulu vous détruire » (Deutéronome 10:10).
אִינִי?! וְהָא אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַמַּאֲרִיךְ בִּתְפִילָּתוֹ וּמְעַיֵּין בָּהּ — סוֹף בָּא לִידֵי כְּאֵב לֵב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תּוֹחֶלֶת מְמֻשָּׁכָה מַחֲלָה לֵב״. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעֵץ חַיִּים תַּאֲוָה בָאָה״, וְאֵין עֵץ חַיִּים אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עֵץ חַיִּים הִיא לַמַּחֲזִיקִים בָּהּ״. לָא קַשְׁיָא, הָא דְּמַאֲרֵיךְ וּמְעַיֵּין בַּהּ. הָא דְּמַאֲרֵיךְ וְלָא מְעַיֵּין בַּהּ
La Guemara soulève une objection : Est-ce bien ainsi ? Rabbi Ḥiyya bar Abba n’a-t-il pas dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quiconque prolonge sa prière et s’attend à ce qu’elle soit exaucée finira par éprouver un chagrin de cœur, car elle ne sera pas exaucée. Comme il est dit : « L’espoir différé rend le cœur malade » (Proverbes 13:12). Et quel est le remède pour celui qui est atteint de cette maladie ? Il doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit : « Mais le désir accompli est un arbre de vie » (Proverbes 13:12), et l’arbre de vie n’est rien d’autre que la Torah, comme il est dit : « Elle est un arbre de vie pour ceux qui s’y attachent, et ceux qui la soutiennent sont heureux » (Proverbes 3:18). Cela ne présente pas de difficulté. Ceci, la déclaration de Rabbi Ḥiyya bar Abba selon laquelle on finira par éprouver un chagrin de cœur, se rapporte à celui qui prolonge sa prière et s’attend à ce qu’elle soit exaucée ; cela, la déclaration de Rabbi Ḥanin selon laquelle celui qui prolonge sa prière est digne d’éloge, se rapporte à celui qui prolonge sa prière et ne s’attend pas à ce qu’elle soit exaucée.
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: אִם רָאָה אָדָם שֶׁהִתְפַּלֵּל וְלֹא נַעֲנָה — יַחְזוֹר וְיִתְפַּלֵּל. שֶׁנֶּאֱמַר: ״קַוֵּה אֶל ה׳ חֲזַק וְיַאֲמֵץ לִבֶּךָ וְקַוֵּה אֶל ה׳״.
De même, Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : une personne qui a prié et a vu qu’elle n’a pas été exaucée devrait prier de nouveau, comme il est dit : « Espère en l’Éternel, fortifie-toi, que ton cœur prenne courage, et espère en l’Éternel » (Psaumes 27:14). Il faut se tourner vers Dieu avec espoir et, si nécessaire, se tourner de nouveau vers Dieu avec espoir.
תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבָּעָה צְרִיכִין חִזּוּק, וְאֵלּוּ הֵן: תּוֹרָה, וּמַעֲשִׂים טוֹבִים, תְּפִלָּה, וְדֶרֶךְ אֶרֶץ.
En lien avec l’accent mis sur la nécessité de renforcer ses efforts dans la prière, la Guemara note que les Sages ont enseigné dans une baraita : quatre choses requièrent un renforcement, un effort constant pour s’améliorer, et ce sont : Torah, bonnes actions, prière et occupation.
תּוֹרָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים מִנַּיִן? — שֶׁנֶּאֱמַר: ״רַק חֲזַק וֶאֱמַץ מְאֹד לִשְׁמֹר וְלַעֲשׂוֹת כְּכׇל הַתּוֹרָה״, ״חֲזַק״ — בַּתּוֹרָה, ״וֶאֱמַץ״ — בְּמַעֲשִׂים טוֹבִים.
Pour chacun de ceux-ci, une preuve biblique est citée : D’où est-il dérivé que la Torah et les bonnes actions nécessitent un renforcement ? Comme il est dit dans l’instruction adressée à Josué : « Seulement, sois fort et très courageux, afin d’observer et d’accomplir toute la Torah que Moïse, Mon serviteur, t’a commandée ; ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu réussisses partout où tu iras » (Josué 1:7). Dans ce verset, observer renvoie à l’étude de la Torah et accomplir renvoie aux bonnes actions (Maharsha) ; le langage apparemment répétitif n’est pas superflu. La Guemara en déduit : Sois fort dans la Torah et courageux dans les bonnes actions.
תְּפִלָּה מִנַּיִן? — שֶׁנֶּאֱמַר ״קַוֵּה אֶל ה׳ חֲזַק וְיַאֲמֵץ לִבֶּךָ וְקַוֵּה אֶל ה׳״.
D’où est-il dérivé que la prière nécessite du renforcement ? Comme il est dit : « Espère en le Seigneur, fortifie-toi, que ton cœur prenne courage, et espère en le Seigneur. »
דֶּרֶךְ אֶרֶץ מִנַּיִן? — שֶׁנֶּאֱמַר ״חֲזַק וְנִתְחַזַּק בְּעַד עַמֵּנוּ וְגוֹ׳״.
D’où est-il dérivé que l’occupation nécessite d’être renforcée ? Comme il est dit : « Soyez forts, et soyons forts pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu » (II Samuel 10:12). Tout le labeur d’une personne nécessite d’être renforcé.
״וַתֹּאמֶר צִיּוֹן עֲזָבַנִי ה׳ וַה׳ שְׁכֵחָנִי״. הַיְינוּ עֲזוּבָה, הַיְינוּ שְׁכוּחָה? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אָמְרָה כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אָדָם נוֹשֵׂא אִשָּׁה עַל אִשְׁתּוֹ רִאשׁוֹנָה, זוֹכֵר מַעֲשֵׂה הָרִאשׁוֹנָה. אַתָּה עֲזַבְתַּנִי וּשְׁכַחְתַּנִי.
La Guemara cite un midrash sur le verset suivant d’Isaïe, relatif au péché du Veau d’or et à la supplication de Moïse pour le pardon : « Mais Sion a dit : Le Seigneur m’a abandonnée, et le Seigneur m’a oubliée. Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir compassion du fils de son ventre ? Même si celles-ci oubliaient, Moi, Je ne t’oublierai pas » (Isaïe 49:14–15). La Guemara cherche à clarifier : Abandonnée, c’est la même chose qu’oubliée. Ce sont des synonymes ; pourquoi répéter deux fois la même idée ? Reish Lakish a dit : La communauté d’Israël a dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, même lorsqu’un homme épouse une seconde femme après sa première femme, il se souvient certainement des actes de sa première femme. Pourtant, Tu ne m’as pas seulement abandonnée, mais Tu m’as aussi oubliée.
אָמַר לָהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: בִּתִּי, שְׁנֵים עָשָׂר מַזָּלוֹת בָּרָאתִי בָּרָקִיעַ, וְעַל כׇּל מַזָּל וּמַזָּל בָּרָאתִי לוֹ שְׁלֹשִׁים חַיִל, וְעַל כׇּל חַיִל וְחַיִל בָּרָאתִי לוֹ שְׁלֹשִׁים לִגְיוֹן, וְעַל כׇּל לִגְיוֹן וְלִגְיוֹן בָּרָאתִי לוֹ שְׁלֹשִׁים רַהֲטוֹן, וְעַל כׇּל רַהֲטוֹן וְרַהֲטוֹן בָּרָאתִי לוֹ שְׁלֹשִׁים קְרָטוֹן, וְעַל כׇּל קְרָטוֹן וּקְרָטוֹן בָּרָאתִי לוֹ שְׁלֹשִׁים גַּסְטְרָא, וְעַל כׇּל גַּסְטְרָא וְגַסְטְרָא תָּלִיתִי בּוֹ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים וַחֲמִשָּׁה אַלְפֵי רִבּוֹא כּוֹכָבִים כְּנֶגֶד יְמוֹת הַחַמָּה. וְכוּלָּן לֹא בָּרָאתִי אֶלָּא בִּשְׁבִילֵךְ, וְאַתְּ אָמַרְתְּ ״עֲזַבְתַּנִי״ וּ״שְׁכַחְתַּנִי״?!
Le Saint, béni soit-Il, dit à Israël : Ma fille, J’ai créé douze constellations dans le firmament, et pour chacune d’elles J’ai créé trente armées, et pour chacune de ces armées J’ai créé trente légions [ligyon], et pour chacune de ces légions J’ai créé trente chefs de divisions d’infanterie [rahaton], et pour chacun de ces chefs de division d’infanterie J’ai créé trente chefs de camps militaires [karton], et pour chacun de ces chefs de camp militaire J’ai créé trente chefs de forteresses [gastera], et à chacun des chefs d’une forteresse J’ai suspendu trois cent soixante-cinq mille étoiles correspondant aux jours de l’année solaire. Et Je n’ai créé tout cela que pour toi ; et tu as dit le Seigneur m’a abandonnée et le Seigneur m’a oubliée ?
״הֲתִשְׁכַּח אִשָּׁה עוּלָהּ״, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: כְּלוּם אֶשְׁכַּח עוֹלוֹת אֵילִים וּפִטְרֵי רְחָמִים שֶׁהִקְרַבְתְּ לְפָנַי בַּמִּדְבָּר?! אָמְרָה לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, הוֹאִיל וְאֵין שִׁכְחָה לִפְנֵי כִּסֵּא כְבוֹדֶךָ, שֶׁמָּא לֹא תִּשְׁכַּח לִי מַעֲשֵׂה הָעֵגֶל? אָמַר לָהּ: ״גַּם אֵלֶּה תִשְׁכַּחְנָה״.
Le verset continue en disant : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, au point de ne pas avoir compassion de l’enfant de son ventre ? Même si celles-ci oubliaient, Moi, Je ne t’oublierai pas. » Le sens de ce verset est que le Saint, béni soit-Il, dit à la communauté d’Israël : Ai-Je oublié les béliers des offrandes et les animaux premiers-nés que vous avez offerts devant Moi dans le désert ? La communauté d’Israël Lui répondit : Maître de l’Univers, puisqu’il n’y a pas d’oubli devant le Trône de Ta Gloire, peut-être n’oublieras-Tu pas mon péché du Veau d’or ? Dieu répondit à Israël : « Même celles-ci [eleh] seront oubliées. » « Celles-ci » est une référence au péché du Veau d’or, au sujet duquel Israël a dit : « Celles-ci [eleh] sont tes dieux. »
אָמְרָה לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, הוֹאִיל וְיֵשׁ שִׁכְחָה לִפְנֵי כִּסֵּא כְבוֹדֶךָ, שֶׁמָּא תִּשְׁכַּח לִי מַעֲשֵׂה סִינַי? אָמַר לָהּ: ״וְאָנֹכִי לֹא אֶשְׁכָּחֵךְ״.
La communauté d’Israël dit devant Lui : Maître de l’Univers, puisqu’il y a de l’oubli devant le Trône de Ta Gloire, peut-être oublieras-Tu aussi les événements entourant la révélation au Sinaï ? Dieu dit à Israël : Moi [anokhi] je ne t’oublierai pas la révélation au Sinaï, qui a commencé par : « Moi [anokhi] suis le Seigneur ton Dieu. »
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: מַאי דִּכְתִיב ״גַּם אֵלֶּה תִשְׁכַּחְנָה״ — זֶה מַעֲשֵׂה הָעֵגֶל, ״וְאָנֹכִי לֹא אֶשְׁכָּחֵךְ״ — זֶה מַעֲשֵׂה סִינַי.
La Guemara note : C’est ce que Rabbi Elazar a dit que Rav Oshaya a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ceux-ci aussi seront oubliés » ? C’est le péché du Veau d’or. Et quel est le sens de « Je ne t’oublierai pas » ? Ce sont les événements qui se sont produits au Sinaï.
חֲסִידִים הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ שׁוֹהִין שָׁעָה אַחַת:
Nous avons appris dans la michna que les générations anciennes d’hommes pieux attendaient une heure afin d’atteindre l’état d’esprit solennel approprié à la prière.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, אָמַר קְרָא: ״אַשְׁרֵי יוֹשְׁבֵי בֵיתֶךָ״.
La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils déduits ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Cela est suggéré lorsque le verset déclare : « Heureux ceux qui demeurent dans Ta Maison » (Psaumes 84:5), immédiatement après quoi il est dit : « Ils Te loueront encore, Sélah. »
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ לִשְׁהוֹת שָׁעָה אַחַת אַחַר תְּפִלָּתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַךְ צַדִּיקִים יוֹדוּ לִשְׁמֶךָ יֵשְׁבוּ יְשָׁרִים אֶת פָּנֶיךָ״.
Et Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Celui qui prie doit aussi attendre une heure après sa prière, comme il est dit : « Assurément les justes rendront grâce à Ton nom ; les hommes droits siégeront devant Toi » (Psaumes 140:14), ce qui signifie qu’après avoir remercié Dieu par la prière, on doit rester et s’asseoir devant Lui.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּשְׁהֶא שָׁעָה אַחַת קוֹדֶם תְּפִלָּתוֹ, וְשָׁעָה אַחַת אַחַר תְּפִלָּתוֹ. קוֹדֶם תְּפִלָּתוֹ, מִנַּיִן? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי יוֹשְׁבֵי בֵיתֶךָ״. לְאַחַר תְּפִלָּתוֹ מִנַּיִן? — דִּכְתִיב: ״אַךְ צַדִּיקִים יוֹדוּ לִשְׁמֶךָ יֵשְׁבוּ יְשָׁרִים אֶת פָּנֶיךָ״.
Cet avis a également été enseigné dans une baraita : Celui qui prie doit attendre une heure avant sa prière et une heure après sa prière. D’où est-il déduit qu’il faut attendre une heure avant sa prière ? Comme il est dit : « Heureux ceux qui demeurent dans Ta Maison. » Et d’où est-il déduit qu’il faut rester une heure après sa prière ? Comme il est écrit : « Assurément, les justes rendront grâce à Ton nom ; les hommes droits demeureront devant Toi. »
תָּנוּ רַבָּנַן: חֲסִידִים הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ שׁוֹהִין שָׁעָה אַחַת, וּמִתְפַּלְּלִין שָׁעָה אַחַת, וְחוֹזְרִין וְשׁוֹהִין שָׁעָה אַחַת. וְכִי מֵאַחַר שֶׁשּׁוֹהִין תֵּשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם בִּתְפִלָּה, תּוֹרָתָן הֵיאַךְ מִשְׁתַּמֶּרֶת, וּמְלַאכְתָּם הֵיאַךְ נַעֲשֵׂית?
Les Sages ont enseigné dans une baraita au sujet de l’attente avant et après la prière : Les premières générations d’hommes pieux attendaient une heure, priaient une heure, puis attendaient encore une heure. Cela soulève la question : Puisque les premiers hommes pieux passaient neuf heures par jour occupés soit à la prière, soit aux périodes d’attente requises avant et après la prière, trois heures pour chacune des prières du matin, de l’après-midi et du soir, comment leur Torah était-elle préservée ? Il restait peu de temps pour revoir leurs études. Et comment leur travail était-il accompli ?
אֶלָּא מִתּוֹךְ שֶׁחֲסִידִים הֵם — תּוֹרָתָם מִשְׁתַּמֶּרֶת, וּמְלַאכְתָּן מִתְבָּרֶכֶת.
La Guemara répond : Plutôt, parce qu'ils étaient pieux, ils ont mérité que leur Torah soit préservée et leur travail soit béni.
אֲפִילּוּ הַמֶּלֶךְ שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹמוֹ לֹא יְשִׁיבֶנּוּ.
De plus, nous avons appris dans la michna : Même si le roi le salue pendant qu'il prie, il ne doit pas lui répondre, car on ne peut pas interrompre sa prière.
אָמַר רַב יוֹסֵף, לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְמַלְכֵי יִשְׂרָאֵל, אֲבָל לְמַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם — פּוֹסֵק.
En limitant l’application de ce principe, Rav Yosef a dit : Ils n’ont enseigné cette michna qu’en ce qui concerne les rois d’Israël, car un roi juif comprendrait que la personne n’a pas omis de répondre à sa salutation par manque de respect envers le roi. Cependant, en ce qui concerne les rois des nations du monde, il interrompt sa prière et répond à leur salutation en raison du danger potentiel.
מֵיתִיבִי: הַמִּתְפַּלֵּל וְרָאָה אַנָּס בָּא כְּנֶגְדּוֹ, רָאָה קָרוֹן בָּא כְּנֶגְדּוֹ — לֹא יְהֵא מַפְסִיק, אֶלָּא מְקַצֵּר וְעוֹלֶה!
La Guemara a soulevé une objection à la déclaration de Rav Yosef : Celui qui prie et a vu une personne violente, crainte de tous, venir vers lui, ou un chariot venir vers lui alors qu’il se trouve sur le chemin, il ne doit pas interrompre sa prière, mais plutôt l’abréger et se déplacer pour se mettre hors du chemin.
לָא קַשְׁיָא, הָא דְּאֶפְשָׁר לְקַצֵּר (יְקַצֵּר. וְאִם לָאו — פּוֹסֵק).
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Au contraire, cela qui enseigne à abréger sa prière plutôt que de l’interrompre se réfère à un cas où il est possible d’abréger sa prière et de la terminer à temps, auquel cas il doit l’abréger. Et si ce n’est pas une situation où il peut abréger sa prière, il interrompt sa prière.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּחָסִיד אֶחָד שֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל בַּדֶּרֶךְ. בָּא הֶגְמוֹן אֶחָד וְנָתַן לוֹ שָׁלוֹם, וְלֹא הֶחְזִיר לוֹ שָׁלוֹם. הִמְתִּין לוֹ עַד שֶׁסִּייֵּם תְּפִלָּתוֹ. לְאַחַר שֶׁסִּייֵּם תְּפִלָּתוֹ, אָמַר לוֹ: רֵיקָא, וַהֲלֹא כָּתוּב בְּתוֹרַתְכֶם ״רַק הִשָּׁמֶר לְךָ וּשְׁמֹר נַפְשְׁךָ״, וּכְתִיב ״וְנִשְׁמַרְתֶּם מְאֹד לְנַפְשֹׁתֵיכֶם״. כְּשֶׁנָּתַתִּי לְךָ שָׁלוֹם לָמָּה לֹא הֶחְזַרְתָּ לִי שָׁלוֹם? אִם הָיִיתִי חוֹתֵךְ רֹאשְׁךָ בְּסַיִיף, מִי הָיָה תּוֹבֵעַ אֶת דָּמְךָ מִיָּדִי?!
Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident semblable, impliquant un homme pieux particulier qui priait alors qu’il voyageait sur son chemin, lorsqu’un officier [hegmon] vint et le salua. L’homme pieux ne s’interrompit pas dans sa prière et ne répondit pas au salut. L’officier attendit qu’il ait terminé sa prière.
Après qu’il eut terminé sa prière, l’officier lui dit : Espèce de bon à rien. Tu t’es mis en danger ; j’aurais pu te tuer.
N’est-il pas écrit dans ta Torah : « Prends grand soin de toi et garde-toi diligemment » (Deutéronome 4:9) ?
Et n’est-il pas aussi écrit : « Prenez donc bien garde à vous-mêmes » (Deutéronome 4:15) ? Pourquoi as-tu ignoré le danger pour ta vie ?
Quand je t’ai salué, pourquoi n’as-tu pas répondu au salut ?
Si je t’avais tranché la tête avec une épée, qui me tiendrait pour responsable de ton sang versé ?
אָמַר לוֹ: הַמְתֵּן לִי עַד שֶׁאֲפַיֶּיסְךָ בִּדְבָרִים. אָמַר לוֹ: אִילּוּ הָיִיתָ עוֹמֵד לִפְנֵי מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם, וּבָא חֲבֵרְךָ וְנָתַן לְךָ שָׁלוֹם — הָיִיתָ
L'homme pieux lui dit : Attends-moi jusqu'à ce que je t'apaise par mes paroles.
Il lui dit : Si tu te tenais devant un roi de chair et de sang et que ton ami vienne te saluer, lui
rendrais-tu sa salutation ?

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