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מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בָּעֲרָבִין? מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִים לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן. עַד סוֹף הָאַשְׁמוּרָה הָרִאשׁוֹנָה. דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.
Le début du traité Berakhot, le premier traité du premier des six ordres de la Michna, s’ouvre par une discussion sur la récitation du Shema, car la récitation du Shema englobe l’acceptation du joug du Ciel et des mitsvot et, à ce titre, constitue la base de tous les enseignements ultérieurs. La Michna s’ouvre sur les lois concernant le moment approprié pour réciter le Shema :

MICHNA :À partir de quand, c’est-à-dire à partir de quelle heure, récite-t-on le Shema le soir ? À partir du moment où les prêtres entrent pour prendre leur terouma. Jusqu’à quand s’étend le temps de la récitation du Shema du soir ? Jusqu’à la fin de la première veille. Le terme employé dans la Torah (Deutéronome 6:7) pour indiquer le temps de la récitation du Shema du soir est beshokhbekha, « quand tu te couches », ce qui renvoie au moment où les gens vont dormir. Par conséquent, le temps de la récitation du Shema est la première partie de la nuit, lorsque les gens se préparent habituellement à dormir. Telle est l’opinion de Rabbi Eliezer.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַד חֲצוֹת.
Les rabbins disent : Le moment pour la récitation du Shema du soir est jusqu’à minuit.
רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר.
Rabban Gamliel dit : On peut réciter le Shema jusqu’à l’aube, ce qui indique que beshokhbekha doit être compris comme une référence à toute la durée pendant laquelle les gens dorment dans leurs lits, toute la nuit.
מַעֲשֶׂה וּבָאוּ בָנָיו מִבֵּית הַמִּשְׁתֶּה, אָמְרוּ לוֹ: לֹא קָרִינוּ אֶת שְׁמַע, אָמַר לָהֶם: אִם לֹא עָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר חַיָּיבִין אַתֶּם לִקְרוֹת. וְלֹא זוֹ בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל מַה שֶּׁאָמְרוּ חֲכָמִים ״עַד חֲצוֹת״, מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר.
La michna rapporte que Rabban Gamliel agissait conformément à sa décision. Il y eut un incident où les fils de Rabban Gamliel revinrent très tard d’une salle de mariage. Ils lui dirent, car ils avaient été occupés à se réjouir avec le marié et la mariée : Nous n’avons pas récité le Shema. Il leur dit : Si l’aube n’est pas encore arrivée, vous êtes tenus de réciter le Shema. Puisque l’opinion de Rabban Gamliel différait de celle des Sages, il expliqua à ses fils que les Sages étaient en réalité d’accord avec lui, et que cela ne concerne pas seulement la halakha de la récitation du Shema, mais plutôt, partout où les Sages disent jusqu’à minuit, la mitsva peut être accomplie jusqu’à l’aube.
הֶקְטֵר חֲלָבִים וְאֵבָרִים, מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר וְכָל הַנֶּאֱכָלִים לְיוֹם אֶחָד, מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר. אִם כֵּן, לָמָה אָמְרוּ חֲכָמִים ״עַד חֲצוֹת״ — כְּדֵי לְהַרְחִיק אָדָם מִן הָעֲבֵירָה:
Rabban Gamliel cite plusieurs cas à l’appui de son affirmation, tels que la combustion des graisses et des membres sur l’autel. En raison de la quantité d’offrandes chaque jour, les prêtres étaient souvent incapables d’achever la combustion de toutes les graisses et de tous les membres, de sorte qu’ils continuaient à brûler pendant la nuit, comme il est écrit : « Voici la loi de l’holocauste : l’holocauste restera sur le bûcher de l’autel toute la nuit jusqu’au matin, tandis que le feu de l’autel le consumera » (Lévitique 6:2). Et, en ce qui concerne tous les sacrifices, tels que les sacrifices expiatoires et les sacrifices de culpabilité, qui sont mangés pendant un jour et une nuit ; bien que les Sages disent qu’ils ne peuvent être mangés que jusqu’à minuit, selon la loi de la Torah ils peuvent être mangés jusqu’à l’aube. Cela est conforme au verset : « Le jour où il est offert, vous le mangerez. N’en laissez rien jusqu’au matin » (Lévitique 7:15). Si tel est le cas, pourquoi les Sages ont-ils dit qu’ils ne peuvent être mangés que jusqu’à minuit ? C’est afin d’éloigner la personne de la transgression, car si l’on pense avoir jusqu’à l’aube pour accomplir la mitsva, on risque d’être négligent et de la repousser jusqu’à ce que l’occasion d’accomplir la mitsva soit passée.
גְּמָ׳ תַּנָּא הֵיכָא קָאֵי דְּקָתָנֵי ״מֵאֵימָתַי״?
GUEMARA : La Michna s’ouvre sur les lois concernant le moment approprié pour réciter le Shema avec la question : À partir de quand récite-t-on le Shema le soir ? À propos de cette question, la Guemara demande : Sur la base de quelle connaissance préalable le tanna de notre michna pose-t-il la question : À partir de quand ? Il semblerait, d’après sa question, que l’obligation de réciter le Shema le soir ait déjà été établie, et que le tanna cherche seulement à en clarifier les détails. Mais notre michna est la toute première michna du Talmud.
וְתוּ: מַאי שְׁנָא דְּתָנֵי בְּעַרְבִית בְּרֵישָׁא? לִתְנֵי דְּשַׁחֲרִית בְּרֵישָׁא!
La Guemara demande : Et de plus, qu’est-ce qui distingue leShema du soir, pour qu’il ait été enseigné en premier ? Que le tanna enseigne d’abord au sujet de la récitation du Shema du matinShema. Puisque la plupart des mitsvot s’appliquent pendant la journée, le tanna devrait traiter du Shema du matin avant de traiter du Shema du soir, tout comme l’offrande quotidienne du matin est traitée avant l’offrande du soir (Tosefot HaRosh).
תַּנָּא אַקְּרָא קָאֵי, דִּכְתִיב: ״בְּשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ״. וְהָכִי קָתָנֵי: זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע דִּשְׁכִיבָה אֵימַת? — מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן.
La Guemara apporte une seule réponse aux deux questions : Le tanna s’appuie sur le verset tel qu’il est écrit : « Tu en parleras quand tu seras assis dans ta maison et quand tu marcheras en chemin, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras » (Deutéronome 6:7). En enseignant d’abord les lois du Shema du soir, le tanna a établi que les enseignements de la Torah orale correspondent à ce qui est enseigné dans la Torah écrite. Et sur la base de la Torah écrite, le tanna enseigne la loi orale : À partir de quand est le moment de la récitation du Shema du coucher, comme cela est ordonné dans la Torah ? À partir du moment où les prêtres entrent pour prendre part à leur terouma. De même que la Torah écrite commence par le Shema du soir, de même la Torah orale doit commencer ainsi.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: יָלֵיף מִבְּרִיָּיתוֹ שֶׁל עוֹלָם, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד״.
Cependant, il existe une autre explication possible au fait que la michna s’ouvre sur le Shema du soir plutôt que sur le Shema du matin. Si vous le souhaitez, on peut dire à la place que le tanna déduit la préséance du Shema du soir de l’ordre de la création du monde. Comme il est écrit dans le récit de la création : « Il y eut un soir, et il y eut un matin : un jour » (Genèse 1:5). Selon ce verset, le jour commence par le soir et non par le matin. Pour ces deux raisons, il convenait d’ouvrir la discussion des lois de la récitation du Shema par le Shema du soir.
אִי הָכִי, סֵיפָא דְּקָתָנֵי ״בַּשַּׁחַר מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וְאַחַת לְאַחֲרֶיהָ, בָּעֶרֶב מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וּשְׁתַּיִם לְאַחֲרֶיהָ״, לִתְנֵי דְּעַרְבִית בְּרֵישָׁא!
La Guemara demande : Si c’est le cas, pourquoi la clause finale de la michna, qui apparaît plus loin dans le chapitre, enseigne-t-elle : Le matin, on récite deux bénédictions avant leShemaet une bénédiction après, et le soir on récite deux bénédictions avant leShemaet deux après ? D’après le raisonnement ci-dessus, la michna aurait dû enseigner d’abord la bénédiction récitée avant et après le Shema du soir.
תַּנָּא פָּתַח בְּעַרְבִית, וַהֲדַר תָּנֵי בְּשַׁחֲרִית, עַד דְּקָאֵי בְּשַׁחֲרִית, פָּרֵישׁ מִילֵּי דְשַׁחֲרִית, וַהֲדַר פָּרֵישׁ מִילֵּי דְעַרְבִית.
La Guemara répond : En effet, le tanna a commencé par traiter des lois relatives à la récitation du Shema du soir, puis a enseigné les lois relatives à la récitation du Shema du matin. Une fois qu’il traitait déjà du Shema du matin, il a expliqué les questions relatives au Shema du matin, puis a expliqué les questions relatives au Shema du soir.
אָמַר מָר מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִים לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָתָן. מִכְּדִי כֹּהֲנִים אֵימַת קָא אָכְלִי תְּרוּמָה? — מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹכָבִים, לִתְנֵי: ״מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹכָבִים״!
La Guemara poursuit en clarifiant le reste de la michna. Le Maître a dit dans la michna que le début de la période où l’on récite le Shema le soir est lorsque les prêtres entrent pour prendre leur terouma. Cependant, cela ne précise pas un moment définitif. Quand les prêtres entrent-ils pour prendre leur terouma ? À partir du moment de l’apparition des étoiles. Si tel est le cas, alors que le tannaenseigne que le moment de la récitation du Shema du soir est à partir du moment de l’apparition des étoiles.
מִלְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָמַשְׁמַע לַן — כֹּהֲנִים אֵימַת קָא אָכְלִי בִּתְרוּמָה — מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹכָבִים. וְהָא קָמַשְׁמַע לַן דְּכַפָּרָה לָא מְעַכְּבָא. כִּדְתַנְיָא: ״וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ וְטָהֵר״ — בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ מְעַכַּבְתּוֹ מִלֶּאֱכוֹל בִּתְרוּמָה, וְאֵין כַּפָּרָתוֹ מְעַכַּבְתּוֹ מִלֶּאֱכוֹל בִּתְרוּמָה.
La Guemara répond : En effet, il aurait été plus simple de dire que le moment de la récitation du Shema du soir commence avec l’apparition des étoiles, mais l’expression particulière employée par le tanna nous enseigne une autre chose au passage : Quand les prêtres prennent-ils part à leur terouma ? À partir du moment de l’apparition des étoiles. Et le tanna nous enseigne incidemment une nouvelle halakha : le fait de ne pas apporter une offrande d’expiation n’empêche pas un prêtre de manger de la terouma. Dans les cas où un prêtre impur doit s’immerger dans un bain rituel et apporter une offrande d’expiation, même s’il s’est déjà immergé, il n’est pas complètement pur sur le plan rituel tant qu’il n’a pas apporté l’offrande d’expiation. Néanmoins, il lui est toujours permis de prendre part à la terouma. Enseigné au passage dans notre michna, cela est pleinement formulé dans une baraita, sur la base d’une lecture attentive des passages bibliques. Comme cela a été enseigné dans une baraita au sujet des lois de l’impureté rituelle, il est dit : « Celui qui y touche reste impur jusqu’au soir. Il ne doit pas manger des choses consacrées et il doit laver sa chair avec de l’eau. Et le soleil se couche et il est purifié. Ensuite, il peut manger de la terouma, car c’est son pain » (Lévitique 22:6–7). Du passage : « Et le soleil se couche et il est purifié, » on peut déduire que l’absence de son coucher de soleil l’empêche de prendre part à la terouma, mais le fait de ne pas apporter l’offrande d’expiation ne l’empêche pas de prendre part à la terouma,.
וּמִמַּאי דְּהַאי ״וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ״ בִּיאַת הַשֶּׁמֶשׁ, וְהַאי ״וְטָהֵר״ — טְהַר יוֹמָא.
La Guemara discute la preuve apportée dans la baraita : D’où savons-nous que l’expression : « Et le soleil se couche » renvoie au coucher complet du soleil, et que, par conséquent, « et il est purifié » renvoie au fait que le jour est pur, c’est-à-dire que « et le soleil se couche et il est purifié » constitue une seule expression signifiant que le soleil se couchera, que l’air s’éclaircira et que les étoiles apparaîtront (Rav Haï Gaon) ?

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